Bring him back to me ◊ Ft. Daisuke

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     Jeu 12 Jan - 23:16



Bring him back to me

- Daisuke & Mikio -



- Septembre - Après avoir pianoté un ultime remerciement à la soeur de son ami, Mikio entra immédiatement l’adresse sur son téléphone. Il s’efforça de continuer à respirer calmement tandis qu’il fixait désormais le résultat affiché sur l’écran. Il déglutit nerveusement. Qu’est-ce qu’il attendait ? Rien. Il n’avait rien à attendre… il en avait marre d’attendre… il ne pouvait plus attendre. Agir, c’était tout ce qu’il comptait à présent. Il n’avait pas besoin de réfléchir plus longtemps, il ne voulait pas perdre plus de temps à tergiverser pour rien. Tout ce qui lui importait désormais… c’était de le retrouver.

Attrapant les clés de la voiture qui n’était pas à lui, il lui fallut moins d’une minute pour la rejoindre et démarrer le contact. Mais comme à chaque fois qu’il rentrait dans le véhicule depuis quelques temps, son coeur loupa un battement et il chercha à emplir ses poumons entièrement de ce parfum qui embaumait l’habitacle. Combien de temps allait-il rester lui ? Combien de temps avant que, comme l’odeur sur son oreiller qui commençait déjà à s’estomper, celle-ci ne s’efface peu à peu…? Il trouvait presque criminelle d’emprunter cette voiture.
Mais il n’y avait probablement rien de plus cruel que la douleur qui s’était logé au creux de sa poitrine depuis des jours. Naoki était parti comme un voleur. Il n’avait rien pu faire pour le retenir… il n’avait surtout rien su faire. Mais le pire était sans doute que les jours passaient et que la douleur ne se calmait pas. Au contraire, elle ne cessait de croitre à mesure que la dernière fois qu’il avait vu son visage s’éloignait du présent. Ca ne disparaissait pas. Ca ne disparaitrait probablement jamais… Si. Quand il le retrouverait. Oui, ça irait mieux quand il l’aurait en face de lui. Quand il verrait qu’il n’avait pas totalement disparu de sa vie…
Oui.. c’était bien ça le pire.. c’est qu’au fond, ces derniers jours, Mikio n’avait pas arrêté d’espérer. S’il n’en dormait pas la nuit, il se retournait bien trop de fois vers la porte de sa chambre comme s’il s’attendait à ce que l’étudiant la pousse naturellement et retrouve ses bras aussi vite qu’il l’avait déjà fait ce soir-là… Oui, peut-être que Nao allait se raviser… Peut-être qu’il allait revenir…
Il ne s’était même pas écoulé 24 heures cette fois-là. Aujourd’hui, cela faisait plus d’une semaine et personne n’avait poussé la porte de sa chambre.

Il était bien aller trouver les Kotani très vite, et plus particulièrement Ren. Il aurait souhaité ne voir que Yasuo pour que ce dernier lui dise que Naoki était parti le veille sur un coup de tête avec son ami. Il l’aurait même laissé le juger pour son inquiétude maladive et… le reste. Mais c’était bien Ren qu’il avait vu, et pas de Naoki. Et celui qu’il voyait comme un crétin insupportable lui avait paru bien inquiet à la mention d’un Nao envolé… Ren ne savait rien. Il n’était pas sûr. Mikio non plus. Mais il en avait marre d’attendre. Et la dernière personne qui lui restait… c’était son oncle.
En temps normal, l’idée de lui rendre une petite visite n’aurait pas enchanté le Coréen. Et d’accord, ça ne l’excitait pas plus que ça. Mais il était sa seule piste… Si même Ren ignorait où Naoki se trouvait, il ne pouvait y avoir que Daisuke. C’était même évident… Ce passeport qu’il avait trouvé à Rome, s’il était faux - ce qui semblait faire plus de sens - ça ne pouvait être que lui qui l’avait fourni à son neveu. Parce qu’il était yakuza ? Oui… non, Mikio ne savait même plus s’il croyait toujours à cette connerie. Serizawa Daisuke avait l’air d’être un homme douteux avec un gout prononcé pour les jeunes filles - qu’est-ce qu’il plaignait cette pauvre Maiko… - et un taux de connerie terriblement élevé. Leur première et unique rencontre n’avait jamais laissé une forte impression au chanteur qui s’était sérieusement demandé si Nao et lui étaient réellement de la même famille… Remarquez, dans son genre à lui, Daisuke avait lui aussi l’air de venir d’une galaxie lointaine, très lointaine… Oui, dans un genre plus Jabba le Hutt - vraiment il la plaignait Maiko…
Mais quoiqu’il en soit, yakuza ou non, il semblait assez influent pour obtenir sans mal ce genre de papiers frauduleux et les fournir à Naoki… Et quoiqu’il puisse penser de lui, Daisuke semblait réellement attaché au garçon, tout comme Nao tenait au moins tout autant à son oncle… Même si Mikio n’avait plus entendu parlé de lui depuis cette dispute, même s’il ignorait ce qui se tramait entre eux… Il ne doutait pas une seconde que si Nao était quelque part, Daisuke saurait où. Et Mikio le trouverait.

C’est ainsi que le Coréen s’était retrouvé devant la demeure du dit Serizawa et qu’il lui avait fallu aussi peu de temps pour sortir de sa voiture que pour y entrer. En quelques pas, plus rapides qu’il n’aurait cru, il avait rejoint ce qui ne pouvait être que l’entrée principale et sans réfléchir plus longtemps, il avait frappé. Là aussi, plus vigoureusement qu’il ne l’aurait pensé…
Son estomac se serra immédiatement, terriblement nerveux, non pas à l’idée de rencontrer l’oncle de Nao, mais bien de patienter. Il n’avait pas le temps. Il voulait le voir au plus vite… Il voulait trouver Naoki… Daisuke allait l’y aider, il n’avait pas d’autre option. Cependant, Mikio n’eut même pas besoin de taper du pied la mesure de son coeur angoissé : la porte s’ouvrit étonnamment rapidement mais ce ne fut pas sur le visage qu’il attendait. C’était un homme d’un certain âge, élégamment habillé qui laissa le chanteur dans une légère hésitation. Est-ce que c’était un genre de… majordome ? Bien que légèrement déstabilisé, sa réflexion prit fin aussitôt que l’homme s’adressa à lui pour lui demander s’il pouvait l’aider… Oui, il pouvait. Il devait.

« Je dois parler à Serizawa Daisuke, c’est urgent. » Son ton était pressant et il essaya de ne pas montrer outre mesure sa nervosité, s’efforçant de desserrer ses poings. « Je suis… un ami de Naoki, » précisa-t-il peu après, incertain sur la stabilité de sa voix qui trahissait sûrement le désespoir dans lequel il se noyait depuis quelques jours, invalidant entièrement ce terme sous lequel il venait de se présenter…

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     Ven 13 Jan - 20:36
 
Bring him back to me
Daisuke & Mikio

Décidément, sa vie partait en cacahuète depuis des mois, et si d’ordinaire son nom de famille, les responsabilités et cette cuisante appartenance à un monde à part l’étranglait, l’étau se refermait autour de lui bien plus cruellement dernièrement. Certains diront qu’il l’avait mérité, à prendre mauvaise décision sur mauvaise décision, après tout, n’était-il pas l’architecte de son propre malheur? Un peu… certes il avait commis des bévues monumentales, notamment dans le volet de sa vie sentimentale, mais il s’était toujours dit que ses airs désinvoltes et son attrait pour la chair fraiche – idéalement tout juste majeure et portant le même nom de famille que sa première épouse, ne pourrait pas avoir de répercussions si désastreuses. Il ne s’était pas trompé… Là où il avait été d’un niveau jamais égal d’abruti, c’était devant son frère ainé. Daisuke avait longtemps tenté de trouvé des côtés positifs à Makoto, comme si, de se consoler en constatant qu’il menait l’entreprise familial avec une main de fer, vers une prospérité rarement égalée, suffisait à faire oublier qu’il n’était rien de plus qu’un individu sans morale et franchement … un sociopathe. Cette belle naïveté était derrière lui, désormais. Depuis ce soir maudit où il avait, de peine et de misères, fournies à son neveu de faux papiers, une porte de sortie, il ne pouvait plus fermer les yeux sur le personnage horrible qu’était son frère…

Et c’était précisément pour cette raison qu’il n’avait pas tenté de retracer Naoki, quoi qu’en dise l’angoisse qui lui nouait les tripes et la crainte constante qu’il lui arrive quelque chose. Non. Daisuke était étrangement soumis aux directives de sa conscience chinoise sur ce coup là : aucun contact, aucune mention, et interdiction d’envoyer Alfred en mission repérage. Naoki, s’il devait prendre le large sans être repéré, devait demeurer aussi mort aux yeux de son père, qu’il l’était aux yeux de ses oncles… D’ordinaire, notre crétin national aurait tenté de contourner les règles de jeu, c’était ce à quoi il excellait, sortir des chemins forcés… mais pas cette fois-ci. Qui sait… peut-être que le regard meurtrier que lui avait jeté Makoto avait porté fruit, peut-être était-ce la certitude poignante qui lui nouait les entrailles et l’empêchait parfois de dormir, pétrifié par la crainte que quelque chose de tragique lui arrive… toujours est-il que ce soir-là, une fraction de seconde de trop, alors qu’il usait de toute sa volonté pour mentir effrontément à son frère, il l’avait su : s’il se dressait sur son chemin, il n’y aurait rien ni personne qui empêcherait l’héritier des Serizawa d’éliminer la vermine qu’on le forçait à voir comme un frère. Et cette constatation qu’il avait toujours essayé de nier, ne pouvait que le contraindre à un détachement buté. Il ne serait pas le pion de trop, le jeu raté, qui forcerait Naoki à revenir au pays…

Encore heureux que cette résolution soit catégorique, parce que depuis cette altération, Makoto redoublait de bonnes idées pour lui pourrir la vie. Que ça soit par la montagne de travail insignifiant qu’il lui acheminait, par le remplacement de toute assistante moindrement mignonne par de vieilles moches d’une cinquantaine d’année, en passant par, ô outrage, les manigances dont il avait assurément du ruser pour forcer Xialei à être prisonnier de sa chine natale, pour cause de soucis de passeport, Daisuke payait le mensonge qu’il était pourtant certain que son ainé avait gobé. S’Il avait eu le moindre doute, ce jour-là, il aurait usé de plus de force pour le faire flancher, il aurait mis plus d’effort que les voitures douteuses qu’il remarquait parfois, suivant ses moindres déplacements… Alors oui, il endurait son sort, sans rechigner, parce que quelque part, son plan avait marché… Ce qui de l’empêchait pas de sentir cette existence vachement lourde… Il était plus difficile, de jouer la carte de connard arrogant, quand vous n’avez, à toute fin pratique, personne pour voir derrière ce masque…

Ces journées étaient toutes les mêmes, et les rares divertissements qu’il s’offrait consistaient à visiter une droguée en rémission – anciennement sa belle-mère, qu’il avait discrètement fait interner dans un village paumé. Veillez à ce que rien ne vienne ternir la bonne étoile de Maiko, c’était certainement la seule corvée qu’il effectuait avec un réel enthousiasme dernièrement. Ses rendez-vous d’affaire, ses voyages, tout semblait si las, si vide de sens… et rien ni personne ne parvenait à faire taire les démons qui embuaient son esprit et lui rappelaient sans cesse que celui qu’il considérait comme un fils était seul, quelque part sur le globe, et qu’il ne pourrait rien faire pour l’aider, rien. Cette pensée suffit à lui faire chiffonner sa feuille de note en soupirant assez fort pour rompre le silence de son bureau. Il n’avait jamais autant travaillé que maintenant, comme si, les colonnes de chiffres et les rapports sans fins étaient la seule chose qui le gardait un minimum accroché à la réalité. Daisuke passa une main dans ses cheveux en soupirant, lorsque du bruit provenant de la porte d’entrée attira son attention.

Il aurait pu se lever… seulement, ses rares visiteurs, dernièrement, étaient principalement un couple de maniaque qui voulaient sans arrêt ‘’s’inviter à souper’’. Mieux valait laisser Alfred s’en charger, il trouverait une excuse, une nouvelle, pour éviter à son employeur de se faire agresser sous son propre toit. Curieux, pourtant, il tendit l’oreille, prêt à fuir par la fenêtre, au besoin, si Ursula et son tentacule monster de mari forçaient leur entrée… Oh, on a vu pire. À quelque pièce de là, bien droit, c’est un Alfred un brin surpris qui détailla de la tête aux pieds le jeune bridé qui se tenait à sa porte, ne sachant trop que faire. Dans ces âges-là, normalement, c’était des femmes qui se pointaient, et pas besoin de demander pourquoi… mais lui? Qui était ce type dont le style vestimentaire lui rappelait vaguement un certain maitre Li? « Monsieur Serizawa est absent pour le mo----- » À la mention de Naoki, les yeux du vieil homme s’arrondirent et, toussant nerveusement, il laissa entrer le visiteur. Que Daisuke lui pardonne cette dérogation à ses consignes… mais parler du cadet de la famille sur le pas de la porte, alors que Makoto pouvait surgir à tout moment, ou envoyer un de ses sbires, c’était inconscient. « Suivez-moi monsieur… »

Alfred guida le nouveau venu vers la pièce du fond, vers le bureau duquel émergea immédiatement le maître des lieux, comme si les pas s’approchant de lui l’avaient alerté que sa présence serait requise. Son regard était glacé, un sourire de chieur flottait sur ses lèvres et c’est un pinçant l’arrête de son nez, d’un air profondément énervé, qu’il posa ses iris sombres sur…… c’était qui lui déjà? N’était-ce pas un des abrutis d’amis de son neveu qui étaient présent au bal de Noël? À moins que ça ne soit un copain de Maiko? … Cette idée aussi, de draguer dans une école. Il avait fixé les deux hommes, d’un air impatient, alors qu’Alfred ouvrait la bouche pour expliquer : « Ce jeune homme dit être un ami de Naoki… » … Depuis quand Alfred manquait aussi rapidement de jugement hein? Avait-il un faible pour les moches coréens? – Ok, on n’est pas du tout objectif ici … Toujours est-il qu’il ne pouvait pas, il ne devait pas, dire quoi que ce soit qui dérogerait aux directives… « Un ami de Naoki? C’est bien. Pas que je m’en soucis, je n’ai aucune idée d’où ce bon à rien a filé, bon débarras… » Chaque mot lui tordait le cœur et pourtant, il n’avait pas le choix. Pas le choix de jouer l’oncle qui s’en fiche, qui ne sait pas… Il le devait bien à Naoki, et il n’y a rien qu’il n’aurait pas fait pour son neveu. Alfred pris un air nerveux en quittant la pièce, alors qu’un Daisuke au comble de la crétinerie enchaina : « Tu sais, pas besoin d’inventer une histoire, je l’ai su tout de suite à ton habillement……. Original. Tu es ici pour Xialei? Je me suis toujours douté qu’il avait ce genre de penchant… Mais il va falloir repasser si tu voulais manger chinois, il est absent. » …….. T’es con? … Oh, vous n’avez rien vu. « Tu ne devrais pas draguer des types de ton âge? Ce n’est pas ton prof toujours? »


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     Dim 15 Jan - 0:32



Bring him back to me

- Daisuke & Mikio -



Prendre la voiture sur un coup de tête et se rendre chez Seirzawa Daisuke était une chose. Obtenir une entrevue avec lui en était une autre. Surtout si cet homme avait des domestiques pour faire une chose aussi simple qu’ouvrir la porte… Non, ce n’était pas aujourd’hui que Mikio forcerait le passage en bousculant le pseudo yakuza. Il ne comptait pas bousculer ce vieil homme - qui Mikio avait-il déjà bousculer en fait ? Naoki… il était probablement le seul à avoir déjà fait les frais de sa colère…
Mais quoiqu’il en soit, il n’avait surtout pas envie d’entendre que le maitre des lieux était absent. Oh non, non ! Ca ne pouvait pas être possible ça. Il attendrait s’il le fallait. Il était hors de question qu’il bouge d’ici sans avoir pu parler à l’allumé qui vivait là. Oui, Mikio était quelqu’un de patient après tout…. même si sa patience, il commençait à la perdre depuis que son protégé avait disparu…
Refusant donc de baisser les bras, il s’apprêta à insister mais le majordome sembla se raviser à la mention de Naoki et telle une formule magique, les portes de la demeure Serizawaienne s’ouvrirent à lui. Quelque peu étonné d’entrer finalement si facilement, il ne s’en plaignit évidemment pas et suivit le guide sans se faire prier, non sans le remercier d’une courbette polie.

Nerveux, il lui emboita le pas à travers cette demeure un peu trop grande pour lui au point qu’il s’en sentit paradoxalement oppressé. Il ne savait pas trop si c’était l’angoisse de ces derniers jours ou de cette confrontation à l’improviste, mais Mikio était loin d’être à son aise ici. Et ce sentiment ne s’arrangea pas dès lors que son regard intercepta la silhouette désagréablement familière de celui qu’il était venu voir. Marquant une pause le temps que le majordome l’annonce, il prit très peu de temps pour détailler le Serizawa en question, mais assez pour qu’un frisson remonte son échine. Il ne craignait pas cet air courroucé sur son visage. Il se fichait bien que sa visite l’importune ou non, sinon il aurait pris le temps de s’annoncer… C’était autre chose qui le mettait mal à l’aise. Il ne savait pas très s’il s’agissait de qu’il pensait connaitre de lui ou tout simplement de cette sorte d’aura singulière qu’il semblait dégager… mais celui qui n’était plus l’aîné dans cette maison aimait mieux ne pas avoir à faire à lui trop souvent. Mikio se demandait réellement et de plus en plus comment lui qui semblait si différent de son neveu pouvait être aussi proche de lui.

Les sourcils de Mikio se froncèrent aussitôt que Daisuke prit la parole. S’il n’aimait pas du tout le mots qu’il employait, il aimait encore moins qu’on le prenne pour un idiot et n’était pas prêt de croire une seconde à ce discours qu’il pensait préparé… Il n’y croirait pas, à vrai dire, qu’il mente ou non. « Gardez votre discours pour vous, je sais que c’est vous qui… » Qui ? Mikio n’eut pas le temps de fulminer entièrement sa réplique qu’à peine le majordome quittait le navire - le Coréen se rendit compte alors qu’il était bien la seule personne qui le mettait un tant soit peu à l’aise ici en dépit de sa profession quelque peu déstabilisante pour un mendiant comme Mikio - l’autre s’était lancé dans un nouveau discours totalement incompréhensible. Qu’est-ce qu’il racontait cet abruti ? De quoi il parlait ? Son « habillement » ? Il baissa les yeux une demi seconde sur sa tenue… Bah quoi ? Elle avait quoi sa veste léo et son t-shirt au motif de crâne ? Est-ce qu’il tenait vraiment à parler de ses fringues … ? Et c’était qui Xialei ? … Wait…. Est-ce qu’on allait enfin arrêter de le prendre pour un gay un jour ? Ca devenait vexant à la fin…
Mikio, tu veux vraiment t’aventurer sur ce terrain là avec ta conscience ?
… Non. Surtout quand lui, c’était plus de l’italien qu’il voulait manger et non du chinois. Enfin…  « manger » …. herm… non.. bon…. Ce n’était pas la question !!
Secouant la tête, sa langue émit un claquement sonore contre son palais dans le but de ne plus avoir à entendre une seulement inepties de plus. Il avança d’un pas pour marquer sa détermination à se faire entendre au dessus des paroles proférées par la bouche de cet idiot.

« Ah la ferme ! J’ai pas le temps pour vos conneries ! C’est Naoki que je cherche et je sais que vous l’avez aidé à partir ! Dites-moi où il est, c’est tout ce que je veux savoir. »

Son ton était déjà plus élevé que celui qu’il avait l’habitude d’employer, frôlant le grondement. Son poings était serré si fort que ses phalanges avaient blanchies tandis qu’il sentait battre trop bruyamment sa tempe. Etait-il nerveux à cause de Naoki ou bien cet homme avait-il vraiment un don pour le mettre hors de lui ? Le bal de Noël aurait pu être un excellent argument pour la seconde option, néanmoins… A bout de nerf il l’était déjà… Perdu, affolé… et ça ne faisait que quelques jours que Nao était parti… Le retrouver était une priorité absolue. S’accrocher à cet espoir qu’il n’avait pas entièrement disparu de sa vie, qu’il pourrait bientôt le revoir et le serrer dans ses bras en se maudissant de l’avoir laissé partir encore une fois… C’était tout ce qui lui permettait de se tenir debout à présent devant Daisuke. Et ce dernier était également son ultime espoir…

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     Dim 15 Jan - 18:42
 
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Daisuke & Mikio

C’était un peu ironique quand on y pensait, Daisuke n’avait jamais été vraiment doué pour anticiper les imprévus, pour surfer sur les catastrophes qui risquaient de gâcher un plan soigneusement mis en place. C’était Xialei, le cerveau de toute opération, c’était le chinois, qui avait des scénarios catastrophe pour tout ce qui pourrait tourner mal, et des solutions déjà songées… Pas lui. Lui, il se contentait d’obéir, de suivre les directives de ne surtout pas contacter son neveu, de ne pas donner la moindre parcelle d’information à Makoto, et de se convaincre, en son for intérieur, que c’était la meilleure chose à faire parce que ce n’était pas une décision qu’il avait prise lui-même… Paradoxalement, être l’ingrédient impossible à cerner, le ‘wild card’ était généralement sa plus grande marque de commerce. Son niveau de connerie était généralement hors norme, si bien qu’il fait sans équivoque l’effet de surprise escompté, à chaque moment… Mais quand la situation était retournée… il ne pouvait se demeurer immobile, avec ce sourire de chieur, cet air décontracté et faussement indifférent, alors qu’un coréen hors de tout doute gay venait de faire irruption dans sa demeure…

Comment ce type avait-il fait 1+1 ? Était-ce un camarade de classe? Naoki avait bien mentionné des colocataires… c’était peut-être l’un d’eux? Est-ce qu’il était dans cet état de nerfs parce que son neveu avait quitté sans payer sa part du loyer? Oublié de faire la vaisselle? Ses yeux sombres scrutaient le visage du jeune homme, avec une inquiétude certaine alors qu’il passait une main dans ses cheveux, tenant de faire fonctionner sa cervelle en mode survie. Il ne devait parler avec hâte, il ne pouvait pas se le permettre. Certes, Makoto avait cessé sa surveillance, semblant gober l’excuse comme laquelle son frère était trop stupide pour lui mentir, mais Daisuke savait, il en avait l’intime conviction, que cette accalmie ne durerait pas et, qu’à tout moment, son ainé pouvait surgir chez lui et le questionner à nouveau. Il valait mieux qu’aucun vestige de la vie japonaise de Naoki ne soit sur les lieux lorsque ça se produirait… Il n’avait pas besoin de faire fonctionner son cerveau longtemps pour anticiper ce que risquait tout civile sur le chemin de son frère… Il suffisait qu’il pense à Reina. Et pourtant, il ne pouvait pas chasser cette angoisse qui lui tordait l’estomac, et si son neveu avait des soucis? S’il avait contacté ce type, s’il était dans le pétrin? C’était tout bonnement impossible à supporter,  

Il jonglait avec les possibilités, le questionner ? Trop risqué. Jouer le con? Beaucoup plus intégré dans son répertoire… « Tu sais très bien… Quoi donc? Rien, certainement rien. Clairement, si tu cherches mon neveu ici, te ne sais rien à rien.  » Il avait dévisagé l’intrus en regardant Alfred prendre la fuite, il n’avait jamais aimé les engueulades et, Daisuke le savait, son majordome était probablement parti s’assurer qu’il n’y avait personne près du portique, que le nom fatidique de son neveu était demeuré muet pour tous sauf eux. C’était une véritable torture, de causer chez quelqu’un le même désespoir qui ne le quittait pas depuis qu’il avait perdu de vue son neveu, il aurait aimé lui raconter des bribes de vérité, un minimum…mais ça aussi, s’était proscrit. En voyant l’intrus s’approcher, notre bridé avait bombé le torse – combat de mâle? – et avait fait un pas vers ce culoté de garde-robe de cougar ambulant. « Ok. Premièrement, tu vas la fermer et ne plus jamais prononcer ce nom devant moi.    » Pourquoi il avait à gérer ça? N’avait-il pas assez de soucis?

Il avait soupiré, passant une main dans ses cheveux déjà en bataille. Mentir, il savait le faire, et qu’importe combien ça lui coutait. Alors pourquoi cette-fois, il avait l’impression que c’était la mauvaise chose à faire? Quel autre choix avait-il hein? Il ne pouvait pas prendre le risque que ce crétin qui parlait visiblement trop, gâcher le plan savamment mis en place. D’ailleurs, c’était qui ce type? On aurait dit un amoureux transit en manque de sa fiancée et……………OH. OH. Se pourrait-il que ce type ait une relation plus qu’amicale avec son neveu? Telle une illumination (ou une idée stupide en puissance dix), Daisuke avait emboité des pièces de puzzle comme un sombre crétin. Naoki en fuite, en froid avec son père… se pourrait-il que son orientation sexuelle soit à remettre en question? Ça expliquerait tellement de chose… tellement de craintes………Daisuke… Comme si quelqu’un pouvait l’arrêter. Il avait soupiré à nouveau, gardant ce sourire accroché sur ses lèvres alors qu’il s’approchait à nouveau de son potentiel gendre – étrangement, ça ne le rebutait pas plus que ça, d’imaginer son neveu jouer dans cette équipe, qui l’eut cru, il était ouvert d’esprit! « Écoutes-moi bien. Vraiment bien.  » À ces mots, il avait saisi le coréen par le collet de son abominable veste en léopard. Ses iris accroché aux siens, plus apr habitude que parce qu’il voulait vraiment le voir. « Je ne sais PAS où il est. Et pour son bien, crois-moi sur parole, il est préférable que je continue de l’ignorer.  » Il avait resserré sa poigne, sa voix plus rauque, plus pressée, il ne pouvait qu’espérer que ce débile était moins stupide que sa garde-robe. « Maintenant, tu vas tourner les talons, ne plus jamais mettre les pieds ici, et t’assurer que personne au monde ne fasse de lien entre toi et moi. Je te jure que si tu t’associe à mon ‘’équipe’’, tu rentres directement dans la liste des chanceux qu’il ne contactera plus jamais.  »


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     Dim 22 Jan - 13:50



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- Daisuke & Mikio -



Evidemment qu’il ne savait rien… C’était bien ça le problème ! Mikio ignorait presque tout de Naoki. Mais celui dont il avait douté jusqu’à sa réelle identité restait quand même la personne la plus précieuse à ses yeux.. et à son coeur. Seulement, maintenant, elle s’était évaporée brusquement et le chanteur n’avait pas la moindre idée par où il devait commencer ses recherches… Sinon, il ne serait certainement pas dans cette demeure trop grande pour lui, face à cet homme qui ne l’aidait pas une seconde à calmer sa nervosité au contraire grandissante. Non, ça ne lui faisait pas juste plaisir de rendre visite à tonton… S’il avait eu le choix, il se serait probablement débrouillé pour l’éviter jusqu’à la fin de sa vie et ne l’aurait rencontré que si Nao le souhaitait… Or, Nao n’était plus là. Il ne savait rien, c’est vrai… et tout ce qu’il demandait, c’était comprendre. Et Serizawa Daisuke pouvait l’aider, il en était certain. Oui, s’il y avait bien une chose dont il ne doutait pas c’est que cet homme avait les moyens de faire disparaitre son neveu, alors il devait forcément savoir quelque chose. Tout ce qu’il devait faire à présent, c’était le convaincre de lui répondre…
Bon. Même l’optimisme dont Mikio s’efforçait à faire preuve en général n’aurait su l’aider à croire un temps soit peu qu’il était bien parti… Clairement, les réponses qu’il cherchait, il allait devoir les prendre de force.

Enfin de force… Ce n’était pas Mikio de se montrer violent ou agressif. Néanmoins, la nervosité ne savait le quitter depuis quelques jours, s’ajoutant à elle, l’agacement dû à un discours insupportable et subi. Les sourcils irrémédiablement froncés, le Coréen n’était pas loin de grogner.
Il ne se laisserait pas intimider par ce Serizawa, yakuza ou non. Il était venu pour une raison et le Mikio était un animal têtu. Surtout quand la question concernait un certain Naoki…
Alors non, il n’avait pas reculé quand l’autre s’était avancé, menaçant et au ton véhément. Son coeur n’avait peut-être que plus furieusement battu contre sa tempe et son poing s’était davantage serré. La fermer… Qui était-il pour lui parler sur ce ton ?
Ne venait-il pas de lui balancer la même chose à la figure précédemment ?
Probablement que le fait qu’il détestait qu’on le prenne de haut le lui avait fait oublier. Assez pour que ses petits yeux brillants d’une détermination certaine se plantent dans ceux de son vis-à-vis, tout aussi furieux. « Je n’en ai pas l’intention, » rétorqua-t-il. Qu’on pardonne son insolence, il n’aimait pas non plus les ordres. Mais surtout, il avait un objectif qu’il ne perdait pas de vue et qui surpassait toutes les menaces que cet homme pouvait perpétrer envers lui. « Pas tant que je ne saurais pas où se trouve Nao. » Peut-être que Mikio était doté d’un fort esprit de contradiction… Et s’il n’avait pas haussé le ton, ce dernier était ferme. Il n’était pas venu ici pour rien et il n’avait l’intention non plus de repartir sans savoir… Il retrouverait Nao, quoiqu’il arrive. Et son oncle ne serait pas un obstacle.

Problème… S’il était convaincu de ne reculer devant rien, il n’avait pas prévu que tonton se montre le plus échauffé des deux. Ainsi, la surprise avait saisi son regard au même titre que cette main avait saisi le col de sa veste. Pris de court, Mikio attrapa le poignet du Serizawa non sans un « Hé ! » plus que réprobateur, serrant sa prise pour l’inciter à le lâcher. Ses yeux le fusillèrent, trahissant toute la colère et l’amertume qui le traversait à cet instant… voire depuis quelque temps. Si les tambourinements dans sa poitrine s’étaient accéléré, il n’avait pas cherché à se dégager tout de suite. Lui tenir tête, ne pas fuir… Est-ce qu’ils voulaient vraiment en venir là tous les deux ? Est-ce qu’ils étaient aussi stupides ? Ils étaient peut-être tous les deux différents, mais une chose, ou plutôt quelqu’un les rapprochait certainement… Seulement, le cerveau du Coréen était peut-être trop embrumé pour voir une telle évidence à cet instant.
Resserrant sa prise en même temps que celle de Daisuke, ses sourcils s’étaient un peu plus froncés et ses yeux se plissèrent sous cette incitation. « Son bien ? » Sans détacher son regard, Mikio avait cherché le moindre début de réponse dans celui de son opposant. Qu’est-ce que ça signifiait ? Est-ce que Nao risquait quelque chose ? Quels étaient ses risques ? Et de quoi devait-il avoir peur ? Ce que Nao fuyait depuis des mois…. Alors Daisuke était forcément au courant !

« Mais qu’est-ce que vous en savez de son bien ? » C’était sorti seul. Craché, était même plus juste. Il avait beau être son oncle, Mikio ne l’avait pas vu très présent dans la vie de Nao alors que ce dernier allait mal. Amer, sa tête bougea à peine dans un signe désapprobateur tandis que ses yeux jetaient des éclairs de reproches. « C’est facile d’ignorer… » Moins de faire face. Mikio en savait quelque chose.. il avait mis trop de temps à réagir et ils avaient frôlé la catastrophe. Naoki n’allait pas bien et il n’avait vu personne le tirer vers le haut… Et par personne, il entendait le Serizawa qu’il avait en face de lui. « Ne croyez surtout pas que ça fait de vous un oncle parfait. » Aider son neveu aveuglément… Non, ce n’était pas ce dont Nao avait besoin.
Et de quoi avait-il besoin selon le Coréen ?
De lui…. Il avait besoin de lui….
L’inverse était sans doute plus vrai. Surtout quand le chanteur se torturait depuis des jours pour s’en convaincre… Se raccrochant à des mots de son protégé, désespérément. Parce que c’était probablement ce dont lui avait le plus besoin…

La conclusion de Daisuke fut loin de satisfaire le Coréen. D’un coup brusque à l’intérieur du bras du japonais, Mikio se dégagea mais sans rompre le contact visuel. Partir ? Alors qu’il avait à présent plus de question qu’en entrant ? « Pas question. » Non, il ne partirait pas. Pas comme ça… Pas quand cet homme lui assénait ce genre de paroles qui en disaient trop sans rien dire. Qu’est-ce qu’il risquait s’il restait là ? Qu’est-ce le Serizawa lui réservait comme châtiment ? Faisait-il réellement ça pour son neveu ou parce qu’il ne voulait pas être importuné ? Du bluff ? C’était possible… Intimider le Coréen pour le dissuader de continuer ses recherches… Après tout, si le pseudo yakuza était de mèche avec Naoki, il pouvait inventer n’importe quoi pour que le chanteur leur foute la paix…
… Mais il n’y croyait pas. Est-ce que c’était son instinct ? Ou son coeur qui le poussait à vouloir retrouver Nao à tout prix… Au delà de la raison ou du bon sens… Il ne pouvait pas abandonner. Abandonner, c’était en crever à coup sûr.

« Vous savez des choses… Vous savez pourquoi il est parti ! » La gorge du métis se noua. Pour la première fois depuis qu’il avait mis les pied dans ce bureau, son poing se desserra mais ce fut uniquement pour mieux se resserrer dans sa propre crinière. Nerveusement. Tentant d’enrayer la panique qui menaçait bien trop de l’envahir… Il réprima un soupire avant de secouer la tête. « Tout ce que je veux, c’est comprendre et le retrouver. »

Il ne demandait rien de plus. Avoir les clés pour le ramener près de lui… Pour ne plus avoir à ressentir ce vide atroce dans sa poitrine. C’était peut-être égoïste, mais il savait, il n’en doutait pas, non, que Nao souffrait de son côté. Ca ne pouvait pas être autrement, n’est-ce pas ? Pas quand dix jours de séparation avaient déjà été un supplice pour eux. Pas quand, après avoir essayer de fuguer une première fois, il était revenu le supplier de ne plus jamais le laisser faire ça…
… Il avait échoué…
Pourquoi ? Qu’est-ce qui avait poussé Nao à quitter le navire pour de bon cette fois ? La véhémence de Daisuke n’était pas anodine. Il savait forcément quelque chose… Sinon, prononcerait-il de telles paroles ?
« La liste des chanceux » ? Qu’est-ce que ça voulait dire ??
… Est-ce qu’il l’avait entendu, Daisuke ?
Le bruit des restes de son coeur qui s’étaient un peu plus brisés dans sa poitrine… Son regard s’était troublé un instant et s’il avait tenté de rien montrer, il n’avait pas été capable d’ignorer la douleur fulgurante d’une telle possibilité. Ne plus revoir Nao… plus jamais…c’était totalement inconcevable pour son organe vital. Ca l’avait perturbé bien plus qu’il n’avait souhaité le montrer au Serizawa… L’ennuie était que Mikio n’avait pas la même capacité que les autres pour cacher ce qu’il ressentait. La souffrance avait dû se lire sur son visage… à moins qu’elle n’y soit déjà depuis le début..
Prenant sur lui comme il le pouvait, ses doigts s’étaient de nouveau resserrés entre eux comme s’il chercher à étouffer toute cette émotion qui lui échappait, qu’elle soit colère ou souffrance…

« Dites moi ce que vous savez. »

Tout ce qui pourrait l'aider à retrouver celui qui lui manquait cruellement... Même s'il y avait probablement des choses qu'il n'était pas supposé apprendre de la bouche de son oncle.
Les dents aussi serré que ses poings, le regard plus incandescent que jamais… les battements de son coeur affolé ne lui avait peut-être pas permis de s’entendre grogner.

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     Dim 5 Mar - 15:42
 
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Daisuke & Mikio

Le coréen qui venait de s’infiltrer chez lui – guidé par le manque de jugement flagrant d’un Alfred un peu trop attaché – était tenace, une qualité qu’il admirait généralement chez ses vis-à-vis. Généralement, parce qu’à l’heure actuelle, le refus immuable de partir, d’abandonner du coréen était un danger croissant, un risque qu’il ne pouvait tout simplement pas prendre dans les circonstances présentes. Aussi acharné soit le jeune homme, Daisuke n’était pas dupe, chaque information révélée était une de trop, une nouvelle menaces qui pouvait parvenir aux oreilles de Makoto… Parce que oui, si l’intrus était déterminé et presque… désespéré à retrouver son neveu, le géniteur du dit neveux gagnait la palme d’or dans l’obsessif. Après tous ses efforts, tous ses mensonges, après s’en être sorti avec il ne savait quelle chance, il était hors de question qu’il parle maintenant. Surtout que rien ne lui assurait que la douleur qu’il croyait lire sur le visage de son vis-à-vis, était sincère, comment savoir que ce n’était pas une source du problème hein? Peut-être que Naoki était dans la merde avec des gens comme lui, des membres de gang avec un sens vestimentaire flamboyant – et que c’est pour cela qu’il avait voulu prendre le large… Autant sauter sur cette conclusion était tentante, il ne parvenait pas à chasser de ses songes le souvenir de son neveu, secoué, réellement angoissé, à l’idée d’avoir été dans la pièce voisine de son paternel… Et si Makoto était la source du problème? … Le doute qu’il avait toujours tenté de rationaliser remontait en flèche et il ne parvenait pas à le dissiper.

Ses lèvres s’étaient serrées dans un silence buté, sa décision étant prise, alors qu’il relâchait son emprise sur le col du visiteur. Franchement, il aurait aimé le croire, traduire son empressement par un attachement, donner l’absolution au regard franc qu’il semblait voir, à la perdition qu’il lisait dans ses prunelles… Une partie de lui-même lu hurlait que ce type avait l’air sincère… mais était-ce suffisant? Il avait dégluti, passant lui-même une main dans ses cheveux. Il était conscient que Naoki était un puzzle, un mystère dont il n’avait apparemment que la moitié des pièces. … Ce coréen, avait-il l’autre portion de l’équation? Son neveu avait semblé fuir, et de façon un peu trop intense pour une poursuite de liberté. Daisuke avait voulu quitter cette vie, cette famille, cette cage, mais il était à peu près certain de ne jamais avoir été aussi empressé que Naoki à le faire. Et s’il avait mal compris l’urgence dans la demande de son neveu? Ses doigts s’étaient serrés en poings alors qu’il dévisageait l’intrus, son rythme cardiaque ayant grimpé d’un cran, assez pour qu’un début de migraine lui martèle les tempes…. Que fuyait donc le cadet de la famille avec autant d’urgence? « … Oui. Son bien. » … sa voix était sans équivoque, parfaite opposition avec la peur qui lui nouait l’estomac.

Qu’est-ce qu’il en savait du bien de Naoki hein? Il lui avait donné une porte de sortie, une chance de fuir, mais était-ce vraiment ce dont il avait besoin? Avait-il simplement pris la solution facile sans oser poser de question? … Il revoyait ce soir-là, dix ans plus tôt, alors que son neveu s’était pointé à la porte, l’air paniqué, brisé. Cette fois-là non plus, il n’avait pas été assez rapide à demander la source, ce soir-là… il s’était imaginé que de mettre un droit à son frère ainé suffirait… Comment est-ce que ça aurait pu hein… L’enfant avait fait des kilomètres en bus pour venir le voir et il le renvoyait à l’abattoir… C’était-il enfoncé la tête dans le sable à ce point-là? Le mélange de culpabilité et d’angoisse lui retournait les entrailles, et ses craintes, ses accusations silencieuses, il lui entendait formulées de la bouche d’un parfait inconnu. Ses prunelles sombres s’étaient posées sur le visage de l’intrus alors que son sourire quittait ses traits. Les mots, les brutales vérités l’atteignaient en plein poitrail…. Et encore, le doute persistait. Est-ce que ce type avait des parcelles de l’équation qu’il lui manquait ?

« … Tu manques pas d’air de me juger comme ça. Aux dernières nouvelles, il t’a laissé derrière aussi. Alors dans la catégorie d’ignorants, t’as surement ta place aussi… » Il n’y avait eu aucun sourire cette fois, il avait simplement soupiré et fait quelque pas vers son bureau avant de s’assoir dans sa chaise, ou plutôt de s’y laisser tomber. Son bureau était exempt de microphone, il savait ça, il le faisait fouiller par Alfred sur une base quotidienne depuis la visite de Makoto. Et les fenêtres étaient voilées de rideau… c’était un endroit sécuritaire pour parler… le pire, c’était quand le coréen partirait… mais que pouvait-il y faire maintenant… c’était déjà un problème. De la tête, il avait désigné la chaise en face de lui dans un : « … C’est bon. Je marche. Assis-toi. » Son cerveau roulait en vitesse grand V. Il ne devait rien dire, il ne pouvait rien dire, la sécurité de Naoki en dépendait… mais il voulait savoir. Ce type avait clairement des informations manquantes, il devait savoir… il ne pouvait quand même pas feindre un tel attachement, une telle douleur… non? Daisuke avait tendance à donner le bénéfice du doute aux gens, à être un peu trop naïf… il espérait que pour une fois, suivre son instinct n’était pas une erreur.

Sa voix était grave, blasée, alors qu’il s’appuyait sur son bureau en dévisageant le jeune homme avec tout le sérieux d’un joueur de poker : illisible. « Commences déjà par le début. Tu es qui? Et d’où connais mon neveu? Tu étais là aussi…  à Noël…. » Son ami? Son petit ami? Les idées loufoques traversaient son esprit à toute vitesse et il ne pouvait les arrêter. Et si Naoki était gay… ça expliquerait la fureur de Makoto que Daisuke savait très conventionnel…. Il avait probablement même une femme de choisie pour son héritier… alors s’il avait avoué ça à son père…. Il avait cessé de se faire des films, ça ne servait à rien. Naoki était parti, et il doutait de le revoir un jour. Si c’était le prix de la liberté, de faux papiers, des mensonges, il le ferait. « … Les informations, c’est donnant-donnant… » Il avait croisé les bras, son regard posé avec intensité sur le jeune homme alors qu’il proposait un troc dans un : « Il est possible que je sache comment il est parti. Mais toi, clairement, tu sais pourquoi. »


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     Mer 12 Avr - 23:06



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- Daisuke & Mikio -


Le bien de Nao, Mikio le voulait plus que quiconque. Plus que son oncle qui le prétendait alors qu’il ne s’était jamais montré quand Naoki était au plus mal.
Oui ?
Et de quel droit pouvait-il affirmer ça ?
Qu’est-ce qui le rendait plus légitime que l’homme qu’il avait en face de lui et qui en plus partageait un lien de sang avec celui qu’il appelait « son protégé » ? Il débarquait sans prévenir, exigeait des réponses sans même justifier sa demande et se permettait de balancer des mots que n’importe qui aurait trouvé blessant à la tête de cette personne qu’il ne connaissait pas. Tout… Il ignorait finalement tout de Daisuke, encore plus que de son neveu qui pourtant restait son plus grand mystère. Il y avait seulement cette farce qu’il n’était même plus sûr de croire.
La vérité c’est qu’il n’était plus certain de rien. Il ne savait plus. Il était perdu. Son jugement était totalement altéré par la douleur, la peur, la colère et ce sentiment d’injustice qui le traquait. Pourquoi Nao était parti ? Pourquoi avait-il disparu de sa vie ? Il n’y avait plus que cette obsession de retrouver le garçon avant de se faire bouffer par le désespoir…. Et que cet homme puisse lui cacher des informations capitales pour le retrouver le rendait fou….
Mais quel droit avait-il de plus que Daisuke finalement ? Sous prétexte qu’il aimait Naoki plus que n’importe qui, il pouvait débarquer chez son oncle et lui grogner dessus ? A quel point était-il con ?
S’il ne s’en rendait pas tout à fait compte, son aîné eut le mérite de le remettre à sa place en lui renvoyant la balle en pleine figure….

Les mots eurent l’effet de violentes lances transperçant son coeur. Si brutalement que le Coréen fut incapable de répondre, le souffle momentanément coupé par cette écrasante vérité. Ca faisait mal, si mal… encore plus de la bouche d’un homme qu’il n’appréciait pas. Mais ça n’empêchait pas que Daisuke avait raison… Non, il ne savait rien. Il ne serait pas là sinon, si perdu et paniqué. Naoki était parti. Et plus que ça, Naoki était parti… sans lui. Pas un mot, pas un indice. Il s’était simplement envolé… Et si son comportement s’était trouvé changé avant son départ, Mikio n’avait pas su le retenir quand même. Alors oui, son oncle avait raison. Dans cette catégorie, il avait parfaitement sa place. Trop. Depuis le début.
Il n’était personne. Qu’un idiot laissé derrière qui n’avait pas plus d’importance qu’un autre…
Vraiment ? C’était vraiment la triste vérité ?
Ce qu’ils avaient vécu ensemble, ce n’était rien ? Ces mois, ce temps passé ensemble, ces gestes, ces mots, ces promesses… Rien du tout ?
Non. Ca ne pouvait pas n’être que du vent. Daisuke n’était pas là, il n’avait pas vécu ce qu’il avait vécu avec son neveu - et heureusement… ! Alors il ne pouvait pas comprendre. S’il avait l’air d’un pauvre fou désespéré abandonné par un amant, il n’en était rien.
Quoiqu’il était pauvre, fou, désespéré… et bien abandonné. C’était un fait.
Pour autant, Mikio refusait d’abandonner. C’était impensable… Il retrouverait Naoki et le ramènerait… Parce que, sans lui, sa vie…. elle n’aurait plus aucune saveur.

S’il ne manquait pas de réparti, le chanteur était néanmoins resté silencieux. Il était peut-être déterminé mais il ne niait pas que les mots du Japonais lui avait flanqué un sacré coup. Cependant, en le suivant de yeux, il s’était secoué en s’interdisant de laisser le dernier mot au plus vieux. Il ne repartirait pas d’ici bredouille ! Prenant une inspiration il s’apprêta à insister mais Daisuke lui ôta les mots de la bouche. «  » Il marchait ? Mikio considéra un instant la chaise qu’il lui désignait, troublé. Il ne s’y attendait pas… pas après ce qu’il venait de lui balancer…. De plus, qu’est-ce que ça signifiait ? Il allait lui livrer ce qu’il voulait savoir… aussi facilement ?
Non… C’était trop facile. Et finalement, la suite fut probablement le premier début d’échange normal qu’ils eurent depuis que Mikio avait débarqué… Après tout, oui… Si Daisuke était un tant soit peu consciencieux il était normal qu’il commence par savoir qui souhaitait de telles informations. Si le Coréen était pressé, c’était tout à l’honneur du Japonais. Alors, peinant à déglutir, il accepta un peu tard l’invitation mais pris place en hochant la tête.

« En effet… » Au moins, l’oncle de Naoki se souvenait de sa tête. Qu’il se rappelle du bal en revanche, il ne savait pas s’il démarrait avec un bon point. Lui, après tout, n’avait pas gardé un bon souvenir de cette première rencontre. « Park Mikio. Je vis avec Naoki depuis presque un an maintenant. Lui et le frère de la jeune Kotani. » Peut-être qu’évoquer son employée attirerait son attention…. Quoiqu’il en soit, pensait-il que cette seule présentation était suffisante ? Clairement non.

Au moins, il comprenait désormais l’intention de son vis-à-vis. Il fronça les sourcils… Donnant-donnant ? Qu’attendait-il de lui au juste ? C’était Mikio qui avait besoin de réponse pas Daisuke… Mais il semblait qu’il n’était pas le seul à qui Naoki faisait des cachoteries…

« Non. »

C’était clair et probablement un peu trop honnête. Certainement pas la bonne stratégie non plus… Si Mikio voulait des informations, il avait tout intérêt à coopérer et lui donner ce que son aîné réclamait…. Mais Mikio n’avait tristement rien à lui dire. Il ne pouvait pas mentir… Parce qu’il ne savait pas et quand bien même, il ne voyait pas quoi inventer. « Si je savais pourquoi Naoki était parti, je ne serais probablement pas ici… » Non, s’il savait quel était le problème, Mikio aurait tenté de l’aider depuis longtemps. S’il savait ce qui rongeait son protégé…. Tout ce qu’il ignorait sur lui… bien sûr que c’était lié. Mais ça ne l’aidait pas plus…
Un soupire lui échappa et il passa une main sur son visage en se penchant légèrement sur le bureau, écrasé par la douleur qui l’accablait depuis des jours.

« Ecoutez… tout ce que je peux vous dire c’est que… Naoki compte énormément pour moi. » Pas sûr que cette sincérité là allait jouer en sa faveur…. « Là où vous avez raison, c’est que j’ignore effectivement beaucoup de chose sur lui. Mais j’en suis conscient… Et je sais qu’il ne me dit pas tout… Il n’empêche qu’il est très important à mes yeux… » S’il savait à quel point… probablement que même lui n’arrivait pas à s’en rendre compte. « Je ne vous apprendrais sûrement rien que vous ne savez déjà… Et si vous l’avez aidé sans même savoir pourquoi… » C’était parfaitement idiot. Et irresponsable…. Mais Mikio eut l’intelligence de se mordre l’intérieur de la joue pour se retenir. S’il voulait des informations il devait se tenir… « … ce n’est pas moi qui vous apporterais cette réponse là… Je ne m’attends pas à ce que vous compreniez mais je… tout ce que je veux c’est le retrouver… Je dois m’assurer qu’il va bien, je dois veiller sur lui… » La gorge de Mikio s’était nouée quand sa voix s’était emballée dans une émotion qu’il avait peiné à contrôler. Son ultime souffle, il l’avait eut le regard un peu trop bas, trahissant son cuisant désespoir : « Nao a besoin de moi… » Ce n’était pas prétentieux, c’était la seule vérité. Naoki avait besoin de lui…. autant que lui avait besoin de Naoki.
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     Dim 30 Avr - 15:30
 
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Daisuke & Mikio

Daisuke le savait pourtant, qu’il aurait dû mettre ce jeune homme à la porte à la minute même où il avait tenté de la franchir. C’était pure folie que de s’afficher avec un type comme ça, de cet âge surtout, et dans les circonstances actuelles. Connaissant son ainé, s’il voyait pareille association, il aurait tôt fait de poser des questions, de scruter, de chercher le moindre lien avec Naoki et, en l’absence d’une telle conclusion, de trouver une façon de faire payer son frère pour ce nouvel échec en invoquant dieu sait quel scandale impliquant le coréen assis devant lui. Ça, c’était l’univers dans lequel il évoluait, l’univers de masque, de mensonge et de menaces… et plus les années filaient, plus il atteignait son point de saturation. Il n’y avait, à vrai dire, qu’une seule raison pour laquelle il avait campé sur ses positions, enduré Makoto, cette famille tant haïe, ce boulot misérable qui l’empêchant de développer sa propre compagnie loin du joug familial… et cette attache, c’était son neveu. Il était hors de question qu’il le laisse seul, il se l’était promis : ce gamin-là était ce qu’il avait de plus précieux au monde.

On se serait attendu à ce qu’il tienne dur comme fer à sa résolution de silence, de ne jamais trahir l’emplacement du cadet et pourtant, devant la mine franchement affolée de son visiteur, il l’avait invité à s’assoir dans son bureau en soupirant. On lui avait dit pourtant, qu’il avait de terribles instincts, il suffisait de voir les lots de femmes qu’il avait approché en les ‘’croyant’’ majeures…. Comment pouvait-il reposer sa confiance sur ce sentiment absolu au creux de son cœur, que ce type-là était signe de confiance? Il ne le pouvait pas. Quoi qu’il en pense. Il fallait user de prudence. Il n’était pas paranoïaque au point de penser que son frère aurait engagé un gamin pour traquer Naoki –ou l’était-il? – mais il ne pouvait pas non plus exclure le fait que cette information, lorsque divulguée, serait un nouveau risque pour la sécurité de son protégé. Et ce, quand bien même son invité osa mentionner son ancienne employée et lui rappeler, de façon virulente, combien elle lui manquait depuis ce jeu de silence radio post maman kotani ivre morte. « Depuis presque qu’un an? » il avait haussé un sourcils. Naoki ne vivait-il pas en chambre sur le campus d’Eita? Il avait un appartement? « Et tu l’as rencontré … à l’école? » Fréquentait-il au moins cette école ou est-ce que son neveu l’avait déjoué sur cela également? Décidément, il ignorait lui aussi des éléments fondamentaux. Avait-il même cherché à en apprendre plus? Encore une fois, il se disait qu’il avait du avoir la tête bien enfoncée dans le sable pour ne pas voir à travers les mensonges de son cadet.

Notre bridé avait jointes ses mains en s’inclinant par-dessus le bureau, observant de ses iris sombres le type en face de lui. Ainsi, lui aussi avait égaré quelques pièces du puzzle, il était au moins autant dans le néant que lui. Un nouveau soupire avait franchi ses lèvres, alors qu’il poursuivait d’un ton calme – contrôlé. « … Alors nous sommes deux. Il compte énormément pour moi, plus que tout le reste – comme mon propre fils. » … par prudence. Pour ne surtout pas attirer les regards vers eux. Après tout, il en était certain, son affection pour le plus jeune était la source de tous ses maux… Il était loin de se douter de l’enfer que dissimulait son frère ainé. Il avait gardé le silence un moment, jonglant avec l’idée de parler… ou de ne pas parler. « Et c’est précisément pour ce motif que je n’ai posé aucune question... » … Il avait soupiré à nouveau, s’appuyant au dossier de la chaise. Il fallait se la jouer prudent ici, donner moins qu’il recevrait.

« Et si j’avais … hypothétiquement… un moyen de le retracer. Tu répondrais à mes questions? » … parce que oui, il aurait pu traquer la carte de crédit qu’il avait donné à son neveu, suivre la dernière transaction et déterminer dans quel pays il se trouvait… il aurait pu. Mais faire cela ici, lui, c’était laisser une tracer, donner une piste à Makoto… mais un inconnu comme ce coréen… ça ne serait jamais découvert… non? Il avait demandé, alors, allant droit au but. « … Qu’est-ce que tu sais de notre famille? » … probablement des trucs de Yakuza? Naoki aimait étrangement faire cette comparaison entre ses oncles et la mafia… pour des raisons qui échappaient à Daisuke. Franchement. Avec son manque flagrant de jugement, il ne tiendrait pas longtemps dans le crime organisé… Mais il fallait trouver, ce que son neveu avait bien pu inventer pour le type en face de lui.


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     Ven 5 Mai - 20:27



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- Daisuke & Mikio -


« J’ai emménagé en octobre dernier… » Ca ne l’enchantait guère, cet interrogatoire. C’était lui qui avait des questions. C’était Daisuke qui devait y répondre. … Cependant, malgré l’impatience, l’anxiété et la folie qui le traquaient depuis bien trop de jours, le poussant à débarquer comme un malade chez un homme qu’il n’avait vu qu’une fois… il comprenait bien pourquoi il devait se plier à cet exercice. C’était même normal… Plus lucide, Mikio en aurait même voulu à Daisuke s’il ne l’avait pas fait, non ? Il se montrait prudent… Prudent pourquoi ? De quoi - ou qui - devait-on protéger Naoki ? Qu’est-ce que Daisuke, dans son ignorance, savait ?
C’était tant de questions qui se bousculaient dans sa tête mais qu’il chercha à calmer… Pour le moment. Jouer le jeu, répondre aux interrogations du Japonais… c’était ce qu’il devait faire. Alors il ravala la nervosité et la peine qui lui tordait le ventre chaque jour un peu plus depuis que Naoki avait mis les voiles. Il tenta de convaincre son coeur de ne pas plus se serrer si fort tandis que les souvenirs de tous ces mois passés avec son protégé lui revenaient en mémoire. Tout était passé si vite… Sa vie avec lui, ces joies, ces douleurs, ces sentiments… Nao était rentré dans sa vie pour la bouleverser entièrement. Et ça faisait mal… si mal… l’idée qu’il puisse le perdre… Il refusait que ça arrive. « Non, je… » Il se rendit compte que sa gorge était particulièrement nouée. Il prit une grande inspiration pour se donner de la contenance. « Je n’étudie pas à Eita. C’est Kô, l’autre colocataire, qui nous a plus ou moins présenté. Je… je connaissais pas Naoki avant ça. » Et trop souvent, de plus en plus, il le regrettait…. Parce qu’il avait beau prétendre connaitre Naoki, il avait beau se penser important dans sa vie…. celle-ci lui était toujours aussi obscure. Parfois, dans ses excès de prétention où les mots ivres ou fiévreux de son cadet lui revenait en tête, quand de toute son âme naïve il se persuadait que Nao l’avait vraiment attendu depuis qu’il était gosse… il se maudissait de l’avoir rencontré si tard. Oui, c’était totalement idiot parce qu’improbable, pourtant il s’en voulait vraiment d’avoir tardé tandis qu’il imaginait ce gosse perdu sans lui…. S’il avait été dans sa vie plus tôt, cette vie dont il ne connaissait rien… Est-ce qu’il aurait été capable de le retenir aujourd’hui ? Serait-il parti avec lui ? Est-ce qu’il aurait été capable de l’aider ?
Seraient-ils toujours aussi proches ?
Lui, il l’aurait aimé quand même. Il le savait.

Ses yeux n’avaient pas quitté son vis-à-vis en dépit de la réflexion qui tournait à toute vitesse dans sa tête. De tout ce qu’il lui avait dit, il ne s’attendait pas à ce que son oncle le comprenne. Probablement parce qu’il avait lui-même encore du mal à en saisir tous les tenants et aboutissants. Néanmoins, un vague sourire, si l’on pouvait appeler ça comme ça, avait étiré le coin de sa lèvre. Un rictus teinté d’ironie dont il n’aurait su dire s’il avait été visible ou non. Aimer Naoki plus que tout… Non. Daisuke était peut-être un super tonton dans sa tête, il pouvait bien prétendre aimer son neveu de tout son coeur et même le croire sincèrement… Mais il ne savait pas. Mikio, oui. Parce qu’il savait qu’il aimait Naoki plus que n’importe qui et comme personne ne l’aimerait jamais… Probablement parce que personne n’aurait la folie de l’aimer comme il le faisait. A s’en arracher le coeur quand celui qui le possédait réellement l’emporter au loin sans mot dire. Il en crevait chaque jour de se réveiller seul dans cette chambre froide, si tant est qu’il avait réussi à fermer l’oeil de la nuit. Cette absence lui pesait et plus que le manque, l’inquiétude le rendait fou….
Et c’était bien pour ces raisons qu’il ne pouvait pas valider la justification de Daisuke. S’il aimait son neveu autant qu’il le disait, alors il aurait dû lui poser plus de questions. Il aurait dû savoir que lâcher Naoki dans la nature, ce n’était pas là sa meilleure action… Et pourtant, ce super tonton semblait nager - presque - autant dans le flou que celui qui n’était qu’un inconnu il y avait à peine quelques mois de ça. Qu’est-ce que c’était que cette famille qui faisait autant de secret ??
Que Nao lui cache des choses à lui… même s’il avait dû mal à l’accepter, Mikio pouvait le comprendre… mais pourquoi être aussi taiseux avec, ce que le Coréen pensait être, sa seule famille ?

Lorsque l’aîné reprit la parole, Mikio arqua un sourcil. Sa réflexion ne dura qu’une demi-seconde tandis qu’il appréhendait l’importance de cette donnée…. avant qu’un rire plus franc mais toujours jaune ne s’échappe de sa gorge. « Qu’est-ce que ça veut « hypothétiquement » ? Que vous vous accordez le droit de ne rien me dire si mes réponses ne vous satisfont pas ? » Ce fut plus fort que lui, sa langue claqua contre son palais. Son impatience faisait peur à voir pour n’importe qui qui connaissait le chanteur… Parce qu’il n’existait probablement pas beaucoup de personne plus calme que lui en temps normal. Naoki avait ce don de rafler toutes ses exceptions. A cet instant, c’était ce sentiment d’impuissance qui le mettait en colère. Il n’avait aucun contrôle sur la situation et ça le rendait malade… Daisuke avait le pouvoir de faire avancer son enquête ou de le foutre dehors sans un indice de plus…. Même s’il ne se laisserait certainement pas faire si facilement.
Mais se battre ou exiger des réponses avec plus de véhémence… Mikio savait que c’était parfaitement stupide. Il n’était pas homme violent et malgré la confusion, il avait assez de réflexion pour savoir que c’était tout en son intérêt de ne pas contrarier son vis-à-vis. Parce que comme il venait de le dire, il avait le pouvoir. S’il était incapable de dissimuler la contrariété qui brûlait au fond de ses pupilles, il poussa une sorte de soupire résolu : « Est-ce que j’ai le choix ? » Question réthorique. Il connaissait la réponse. Mais il n’avait pas pu s’empêcher de souligner l’aberration de sa proposition…

Cependant la première question que Daisuke posa était loin d’être attendue par le chanteur. La surprise passa dans son regard et il considéra l’homme en face de lui un instant… Ce qu’il savait sur la famille de Naoki ? Autrement dit sur lui, puisqu’il était supposé être le seul… non ?
Nao n’avait jamais mentionné de frère ou de soeur. Il aurait pu en avoir que le Coréen ne l’aurait appris que le jour de leur rencontre… en admettant qu’il ou elle était vivant. Mais, l’hypothèse ne lui avait jamais effleuré l’esprit dans la mesure où Mikio avait appris une chose depuis longtemps sur Naoki : il avait toujours été seul. Du moins, enfant…. C’est ce qu’il croyait. C’était cette facette de sa personnalité qu’il avait appris à connaitre au fil des mois… Ce gamin seul et craintif… Il était toujours là, derrière le sourire de l’Italien. Celui qui avait besoin de lui… celui pour qui sa main se tendait….
Les raisons de ce passé sombre et douloureux, Mikio les ignorait. Il y avait des tas de raisons pour lesquelles Naoki aurait pu se retrouver seul enfant. L’une d’elle lui avait longuement parut crédible un temps… Il jaugea Daisuke. Si Naoki avait toujours, même indirectement, trempé dans la pègre, cela pouvait expliquer des choses. Beaucoup de choses…. Mais cette hypothèse présentait de trop nombreux défauts et imperfections… Daisuke n’avait peut-être pas l’allure d’un Yakuza mais il reconnaissait que son aura pouvait être inquiétante. Il n’était toujours pas très à l’aise dans cette baraque et le majordome lui manquait…. Et même si son goût pour la chaire fraiche était des plus douteux, la première preuve évidente contre cette croyance, c’était Naoki. Il avait l’air réellement attaché à son oncle… Les Yakuza avaient peut-être un code d’honneur, il n’en restait pas moins des criminels. Or, Serizawa Naoki était la personne la plus gentille que cette planète ait porté… Lui et le crime organisé, aujourd’hui, ça ne lui semblait pas aller très bien ensemble.
Peut-être qu’il se trompait. Peut-être qu’il se faisait tellement de films aujourd’hui qu’il ne savait plus lequel était le plus crédible. Obtenir des faux-papiers devaient être un jeu d’enfant pour un haut placé de la pègre…. mais n’était-ce pas encore plus simple quand on était juste blindé de fric ?

Mikio prit son temps pour répondre. Il fallut une dizaine de secondes et une inspiration pour qu’il déclare finalement : « Concrètement pas grand-chose. »Superbe réponse pour un suspens aussi insoutenable…. Il soupira puis pinça de nouveau l’arête de son nez avant d’ébouriffer ses cheveux nerveusement. « Je ne suis plus sûr de rien…» Si tant est qu’il l’avait déjà été un jour… « J’ai toujours assumé pour trempiez dans la Mafia à cause de Naoki… J’sais même pas si je préfèrerais que ce soit une connerie ou non… » Cette fois sa main vint frotter sa nuque tout aussi tendue. « A vrai dire… Yakuza, banquier, clown ou escroc, j’en aurais rien eu à foutre il y a quelques mois… mais aujourd’hui, ça m’importe si la vie de Naoki est en danger à cause de vos affaires. » Le Japonais n’avait-il pas lui-même évoqué le bien de Naoki ? Il avait semblé impératif que le lieu de sa fuite reste secrète…. Néanmoins, quelque chose clochait avec cette hypothèse… Si Nao était parti à cause des affaires de son oncle, ce dernier n’était pas censé l’ignorer. Ou alors il était complètement con. Et qu’il apprécie ou non cet homme, Mikio pouvait bien admettre qu’il n’avait pas non plus l’air totalement demeuré…. De ce fait, les yakuzas lui semblaient aujourd’hui peu probables concernant le départ de Nao. En fait, il était à peu près sûr que les deux hommes tomberaient d’accord sur le fait que la raison de leur protégé était on ne peut plus personnel… Aussi, il ne comprit pas très bien pourquoi Daisuke parlait de leur famille…

« Je ne sais rien de vous. Rien à part que les parents de Naoki sont morts. »

Ils ne pouvaient donc pas être impliqués dans cette fuite précipitée, n’est-ce pas ? Si Nao n’aimaient pas ses parents, il n’avait aucune raison de chercher de ce côté puisqu’ils n’étaient plus de ce monde.
C’était sûrement pour ça que l’homme naïf qu’était Park Mikio, ramait aujourd’hui encore sur cette océan obscure qu’était le coeur de Serizawa Naoki.
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     Mar 13 Juin - 23:02
 
Bring him back to me
Daisuke & Mikio

Mikio… et maintenant Kô, était-il aveugle depuis des mois, pour n’avoir pas remarqué avec qui trainait son neveu? Ou alors, peut-être qu’il avait voulu lui donner cette liberté, cette petite pause avant de retourner à la vie trop accaparante de famille qui l’attendait quoi qu’il fasse? Maintenant qu’il se retrouvait face à un bridé en panique, et que malgré tout le scepticisme qu’il avait face à cette histoire, il regrettait presque d’avoir laissé son  neveu sans surveillance. Surtout s’il était pour être pris de court par un coréen énervé qui ne semblait pas spécialement enclin à marcher avec sa proposition. Notre bridé avait serré les lèvres en signe d’énervement, ajoutant un : « Précisément. » … avant de sourire un brin, tentant un peu d’humour pour détendre l’atmosphère.« Je savais bien que tu avais l’air futé. » … raté. Bah… le tout c’était d’essayer?

« Oui. Tu peux toujours tourner les talons et demander à Alfred de te raccompagner vers la sortie… » son ton était sans équivoque, froid. Il ne prêtait pas à rire, disons que dernièrement, tout allait plutôt mal pour lui et la patience était une denrée dont il manquait cruellement. Un soupire avait franchi ses lèvres alors qu’il se callait d’avantage contre le dossier de sa chaise, son regard sombre ne quittant pas son « invité ». Quel choix avait-il lui hein? Toute cette histoire était compliquée, savoir où était Naoki posait un danger, pas parce que quelqu’un voulait le tuer, pas parce que le travail de notre oncle par excellente était problématique… mais bien parce que quelque part, Makoto Serizawa remuait ciel et terre pour retrouver son héritier. Et il n’y avait rien de plus dangereux que son frère ainé à qui on refusait l’objet de sa convoitise. Daisuke avait passé une main dans ses cheveux, comme pour mettre de l’ordre dans ses idées. « … Je veux dire, mets-toi à ma place un peu. Certaines informations ne peuvent être données à la légère. » Et ça, c’était peu dire. C’était certainement stupide, naïf même, mais il y avait quelque chose chez son visiteur qui inspirait la confiance : la lueur d’angoisse bien réelle dans son regard?

… Il aurait aimé que Xialei soit présent, comme trop de fois dernièrement. Son chinois préféré avait un bien meilleur flair en ce qui a trait aux personnalités des gens, il aurait su quoi faire lui… Daisuke ? Il était laissé seul avec son jugement et dieu seul sait qu’il était déficient! Le mieux qu’il pouvait faire, c’était probablement de la fermer… mais cette tête que tirait le jeune coréen…« Clown? »  avait-il répété,  incrédule. Dans l’état actuel des choses, il ignorait si c’était une tentative d’humour ou une réelle occupation que lui avait attribué le plus chieur du clan. Il revoyait le sourire moqueur de Naoki… tout était possible. Vraiment tout. Il avait joints ses mains en écoutant les spéculations abracadabrantes de son vis-à-vis. Mafieux? Vraiment? Quelque part, ça ne l’étonnait pas, il du réprimer un sourire. C’était bien le genre de Naoki, de lui donner ce genre de background. Et était-ce totalement faux? Il ne baignait pas dans l’illégalité, non, mais il avait suffisamment d’argent pour obtenir des papiers truqués et faire disparaître quelqu’un. Alors oui, d’accord, soit. Il avait pourtant secoué la tête devant les nouvelles accusations à peine dissimulées. « Je ne suis ni un escroc, ni un banquier, et certainement pas un Yakuza. » cette simple rumeur ferait trop plaisir à son ainé, il sauterait dessus pour le faire virer du clan, il n’en doutait pas. Il fallait donc être prudent, s’assurer que ce genre de connerie n’était jamais mentionnée tout haut. « Je suis un homme d’affaire, je suis assez certain que tu peux me retrouver sur google. Et non, pas pour une carrière de clown. Et le reste, ça ne te concerne pas. » Délicatement, il s’était pincé l’arrête du nez, profondément énervé.

Il faisait quoi là? Marchander avec un gamin, risquer de dévoiler à plus que nécessaire la location de son neveu? Mystère. Mais une expression réellement choquée avait traversé son visage alors que le plus jeune mentionnait les soucis qui apparemment, provenait de lui et touchaient Naoki. Sérieusement? Il avait serré les poings, perdant un instant son air aimable alors qu’il remettait les point sur les « i ». « Je peux t’assurer que je ne suis pas celui qu’il fuit. Mais que je suis certainement la première place où cette personne viendra frapper. Tu n’es pas le seul à soupçonner l’oncle. » Cette personne… genre les parents morts que Naoki semblait s’être inventé? Daisuke avait eu envie de démentir ça… mais à quoi bon. Peut-être que son neveu espérait réellement que ça soit le cas. Il avait longuement observé le jeune coréen, ne sachant trop quoi faire. Finalement, il avait soupiré. « Si je te donnes une façon de le retracer. Peux-tu me jurer que tu ne me diras ni où il est, ni où il va… je ne veux savoir qu’une chose : s’il va bien. » il avait tourné dans son esprit cette idée, lui donner la fausse identité, le numéro de carte de crédit et le laisser se démerder… que de bonnes idées. Le hic? Le plus futé de tous, il était en chine. Et il avait dès le jour un, crypté cette carte pour que personne ne retrouve leur neveu. Mais ça, même Daisuke l’ignorait. 1-0 Xialei.


electric bird.
 
Bring him back to me ◊ Ft. Daisuke
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