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 payback is a bitch, you owe me a coffee ft. Jae Hwa

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     Dim 5 Mar - 16:16
 
payback is a bitch, you owe me a coffee
JAE HWA & HEAVEN

Le premier baiser avait été une erreur, diable, la première parole sortie de sa bouche. Une stupidité, un acte posé dans l’ensemble du désespoir qui lui broyait l’âme depuis des mois. Et pourtant… elle était déjà trop loin pour reculer. Cette sensation amère de trahir l’homme qui avait volé son cœur, de faire quelque chose de mal, elle l’avait savouré avec l’appréciation de la condamnée, se vautrant dans cette nouvelle sensation avec délice parce que, quelle qu’elle soit, elle serait toujours préférable au vide béant qu’était son cœur, à la douleur cuisante qui l’enveloppait depuis qu’il l’avait abandonné. Se sentir minable de souiller son souvenir, de détruire les vestiges de cette époque heureuse qu’ils avaient partagé était de loin préférable à l’insupportable agonie d’avoir besoin de lui. La vérité, c’est que Kazuya lui manquait, à chaque seconde, à chaque parcelle de son être, et qu’elle ne savait tout bonnement plus quoi faire pour que cette douleur s’évapore. Elle avait l’impression que quelque chose s’était brisé en elle, que ses nerfs étaient coincés en mode agonie pré-mortem et que quoi qu’elle puisse faire, ils le seraient toujours. Elle cherchait sans arrêt son regard sombre, ou l’étreinte de ses bras autour d’elle… que n’aurait-elle pas donnés pour entendre sa voix lui murmurer à l’oreille…

De chevalier servant, il était devenu son plus grand démon et elle était tout bonnement coincée dans cette chute sans fin. Et ça ne s’arrêtait pas parce qu’elle échangeait un baiser fiévreux avec un parfait inconnu. Oh non. Elle ne ressentait rien, rien de plus qu’une nouvelle cuvée de dégoût, une vague violente de mal de cœur qui l’avait poussé à approfondir l’échange comme si de rien était. Elle se sentait comme un champ de bataille, comme si elle n’était qu’une ruine et que ce minable petit puceau était l’archéologue maladroit qui allait bousiller les derniers lambeaux des jours heureux. Elle aurait dû l’arrêter…. Sauf que s’il y avait quelque chose de moins agréable que ses mains sur sa peau, ses lèvres sur les siennes, c’était bien d’ouvrir les yeux et de se faire écraser par la réalité. Là, comme ça, une minute, un instant, elle pouvait s’accrocher à ses cheveux, et prétendre. Prétendre que ses phalanges se perdaient dans la tignasse de son ex petit-ami. Elle pouvait même renverser sa nuque vers l’arrière et lui offrir son cou pour plus de baisers… Dans l’instant, dans la perdition du moment, ses lèvres pressées sur sa peau, elle pouvait se mentir et leur imaginer un autre propriétaire.

C’était mal, dégoutant, horrible, chaque portion de cet échange auquel elle participait malgré elle, malgré le mal de cœur, malgré l’envie de fondre en larme était erroné. Et ça ne faisait que raviver le manque cuisant qui lui broyait les entrailles. Ses doigts s’étaient fait un chemin vers le dos de son compagnon de sport, elle s’étaient mise à parcourir ses épaules musclées en prenant bien soin d’enfouir son visage contre son épaule pour qu’il s’imagine que les sons qui franchissaient ses lèvres étaient des gémissements appréciatifs et non plus une façon détournée de masquer les larmes qui lui avait brûlé les yeux pour glisser sur ses joues. Il n’avait pas à voir, l’expression de tristesse infinie qui s’était faufilée sur ses traits…. Si elle n’avait rien à dire contre la technique, elle était simplement incapable d’apprécier l’acte. Ça lui faisait l’effet d’un bain brûlant, comme s’était n’était rien de plus qu’un antiseptique utilisé pour retirer de son corps toute trace de cet homme qu’elle avait tant aimé.

Son âme lui hurlait d’arrêter, son cœur se compressait et quelque part, elle priait pour que ce supplice prenne fin. Quelle mauvaise idée! Comment pouvait-elle avoir envie de s’offrir à quelque d’autre … Naïvement, elle avait pensé que sa tortue serait le dernier, le seul… et la réalisation que ce ne serait jamais le cas. Et Kazuya ne lui manquait que d’avantage… Lorsqu’après une éternité, la connerie qu’elle avait elle-même entamée pris fin, Heaven s’était dégagée des bras de sa victime. Il jouait encore au con… à moins qu’il ne le soit. Elle était restée allongée, cachant son propre visage de son bras sans rien dire. Il l’énervait, il lui donnait envie de l’assommer. Pourquoi l’avait-il laissé faire hein?! C’était encore pire qu’avant… carrément. La brume s’était dissipée, et le manque de l’homme de sa vie était de retour en puissance dix. Et c’était pire, pire que tout… parce que maintenant, elle devait se rendre à l’évidence que sa vie continuait, qu’elle était condamnée à des relations sans sentiments, sans attirances… la sensation était suffocante. Elle aurait voulu crever. Son cœur avait repris un rythme douloureux et elle avait posé une main sur son poitrail… Et si elle crevait ici, il aurait l’air con, Kazuya, de la trouver mort dans ses draps… Il l’aurait bien mérité ! La douleur la rendait méchante … et pour une fois, elle s’en fichait.

Et ce mec… avec sa voix douce, son sourire timide………BEURK. Là, maintenant, son innocence, son sourire bête, elle avait envie de lui arracher. Si elle avait été souriante, douce même, lors de leur première rencontre, elle n’était qu’un bloc de glace. Une véritable tempête brillait dans ses yeux. Elle avait soupiré, lui accordant vaguement plus qu’un regard dégouté avant de se relever et d’enfiler ses vêtements comme si soudainement, exposer sa peau immaculée était déplacée…. Un peu stupide quand on sait qu’elle s’était elle-même mis dans cette situation. « … Pas maintenant. Rhabilles toi. On dégage. » … Elle avait ramassé son T-Shirt sur le sol et lui avait lancé dans un : « … Ce n’est pas chez moi ici. » …Et c’est maintenant que tu lui dis? Idiote! Alors qu’elle allait en rajouter un peu plus, les pas qu’elle n’avait jusque-là pas entendu s’étaient rapprochés et, lorsqu’elle avait pivoté pour voir leur source, dans le cadre de porte, elle l’avait vu ………… lui. Son cœur avait tout bonnement cessé de battre et son visage s’était contorsionné dans une expression de pure surprise…………puis dans un sourire, forcé, faux, comme si elle tentait de se convaincre que c’était exactement ça le plan… « … Kazuya?! » …


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     Jeu 9 Mar - 0:49
 
payback is a bitch, you owe me a coffee
JAE HWA & HEAVEN

Rien n’allait comme il le voulait. Il avait beau faire croire le contraire, faire semblant, continuer de sourire et de jouer à l’idiot qu’il était, ce n’était que des mensonges. Comment pourrait-il aller alors qu’il avait clairement tout perdu ? Ce n’était pas qu’Heaven... Kazuya n’était pas ce genre d’hommes à se rendre misérable juste à cause d’une femme et ce, peu importait à quel point il aimait cette dernière. Parce que oui, il l’aimait énormément, plus qu’il n’avait déjà aimé par le passé. Le manque n’avait jamais été aussi atroce que depuis qu’elle n’était plus à ses côtés. Hors, il aurait pu le surmonter comme il l’avait toujours fait. Il aurait pu se battre, tenter de remonter la pente puis être heureux car il savait que sa petite amie n’aurait jamais souhaité qu’il sombre pour elle. Sauf qu’à l’heure actuelle, le chanteur ne savait plus comment faire... Il ne savait plus comment se relever, comment affronter toutes ces choses qui lui tombaient dessus les unes après les autres. Il avait porté tellement de poids sur ses épaules depuis qu’il était jeune, certainement plus que nombreuses personnes ignoraient et il avait tout le temps fait de son mieux afin d’avancer, afin de ne pas s’effondrer. Lui non plus n’était pas invincible. Il ne pouvait pas tout supporter. Pas lorsque son groupe, sa plus précieuse famille, son pilier, tombait en miette année après année, qu’il n’avait pas été fichu de retenir ses propres collègues, qu’il n’avait pas su les protéger comme il se l’était toujours promis. Pas quant la femme qu’il aimait risquait de mourir à n’importe quel moment et qu’il n’avait pas su être présent au moment le plus important de son existence, qu’il l’avait laissé suffoquer, paniquer, tout ça parce qu’il travaillait. Pas quant, à cause de lui, à cause de son insouciance, cette même femme avait perdu leur enfant et qu’il n’attendait que ça. Personne ne devrait l’approcher, c’était préférable. Il n’était pas en mesure de s’occuper de qui que ce soit, il ne créait que du mal autour de lui et c’était la raison pour laquelle, les uns après les autres, ils l’abandonnaient. Probablement que Yuichi et Tatsuya ne tarderaient plus à s’en aller eux aussi... Kazuya était préparé, il n’était plus à ça près désormais puis peut-être que c’était mieux ainsi. Peut-être était-ce la punition qu’on lui infligeait pour ne pas avoir su s’occuper de ses proches, pour avoir été égoïste, n’avoir songé qu’à son propre bonheur sans prêter attention au danger qui l’entourait, tout simplement parce qu’il en était effrayé. Qu’on lui dise, lui aussi aimerait aller mieux, réussir à s’en sortir néanmoins c’était la première fois qu’il ignorait comment faire, qu’il avait beau essayé, la douleur dans le creux de son coeur ne s’estompait jamais. Elle ne faisait que s’agrandir de jour en jour, se tordant à l’intérieur alors que littéralement, il avait perdu le fil. Ce qui était bien, ce qui était mal... Ce qu’il devait faire, ne pas faire. Tout ceci ne semblait plus l’importait, il n’était plus réellement lui-même. Peut-être un peu puisque du mieux qu’il le pouvait, le garçon tentait de ne pas inquiéter ses proches, portant ce masque souriant lorsqu’il était au travail ou avec sa famille, cependant ses traits fatigués le trahissaient certainement. Son manque d’attention aussi.

Devoir travailler était également devenu difficile, épuisant. Déjà qu’il peinait à trouver le sommeil, qu’il avait beaucoup minci à cause de cette nourriture qu’il ne mangeait pas, il était à l’exténuer rien qu’à l’idée de devoir promouvoir constamment son nouveau film qui sortirait dans les salles à la fin du mois. Il était si enthousiaste au début du tournage et maintenant, c’était à peine si l’artiste ne désirait pas que tout soit annulé, qu’on déteste la représentation puis qu’on le laisse tranquille. On pouvait lui en vouloir d’être lâche, d’abandonner si facilement seulement il n’était pas un héro, il avait du tant supporter jusque là. Ne pouvait-on pas le laisser se reposer un peu ?

Apparemment pas. Dans un soupir, ayant enfin terminé sa journée, caché derrière un chapeau et une écharpe, le jeune homme avait pris la direction de chez lui, n’éprouvant aucune envie de traîner dans les rues à cette heure. Ce n’était pas qu’il était très tard toutefois la nuit était déjà tombé et quitte à perdre son temps, il préférait le perdre chez lui.

Il était fatigué et son unique envie était simplement de s’écrouler dans son lit, dormir pendant longtemps puis ne plus penser à rien. Hors, il n’en fit rien. A peine eut-il déposé chacune de ses affaires que le garçon s’était rendu dans la cuisine où, sans la moindre hésitation, il s’était servi à verre d’alcool qu’il avala cul sec. Ah... Ca aussi, cela faisait partie de ses habitudes désormais. A croire qu’il n’était plus en mesure de s’en passer mais au moins, ça avait l’art de lui permettre d’oublier. Un peu. La raison pour laquelle il avait bu un second verre avant d’hausser un sourcil à l’entente d’un bruit provenant de sa chambre. Avait-il rêvé ?

Il n’aurait pas du poser le récipient sur la table, encore moins la bouteille. Il n’aurait pas du se retourner puis commencer à marcher en direction de cette pièce. Il aurait dû mettre ce bruit sur son imagination puis continuer à boire. De toute façon, vu le niveau pour lequel il tenait à l’alcool, ça n’aurait pas été si grave. Il n’aurait pas du ouvrir cette porte. Non, vraiment, il n’aurait pas du... Certainement qu’il aurait été plus judicieux de dormir au studio ce soir... Il n’aurait pas eu à éprouver cette sensation cruelle de recevoir des milliers de poignard en plein coeur, de sentir le monde entier s’écroulait sous ses pieds, d’avoir son sang qui s’échauffait au point qu’il avait envie d’hurler et tout saccager. Tant de questions circulaient dans son esprit... Comment ? Pourquoi ? Etait-ce un cauchemar ?

Choqué, son regard fixait les deux personnes, à présent debout dans la pièce, et qui se rhabillaient. Pas besoin d’être sobre, pour les reconnaître. Celle qu’il aimait avec... C’était qui déjà ? Il avait déjà vu ce garçon quelque part mais dans l’état actuel des choses, Kazuya n’éprouvait aucunement l’envie de savoir. Il était du genre calme, oui. Peut-être même un peu trop parfois. Seulement, à cet instant là, il n’avait pas su contrôler toute cette rage qui s’était infiltré en lui, à en faire pâlir ses jointures qui se compressaient sur la paume de sa main. Qu’est-ce que... Il n’avait pas besoin d’un dessin pour saisir ce qu’il s’était passé ici cependant, il ne comprenait pas. Qu’Heaven décide de voir quelqu’un d’autre que lui, il n’avait rien à dire là-dessus même si c’était douloureux puisqu’il était celui qui avait choisi de mettre un terme à leur histoire, de prendre tout le blâme. Mais qu’elle le fasse devant ses yeux, dans son appartement, dans sa propre chambre, il ne saisissait pas l’intérêt. Et il ne pardonnait pas non plus. Il avait ses fautes, il l’admettait. Elles n’étaient pas pardonnables non plus, sinon il ne prendrait pas la peine de s’infliger tout ce mal néanmoins ça ne justifiait pas le fait qu’on le poignarde de la sorte. Il était sincère avec elle, il l’aimait énormément, il l’avait aimé sincèrement et aurait tant fait pour elle. Il n’avait toujours souhaité que son bonheur mais malgré tout, elle s’était trouvée là... Dans son lit. Avec un autre homme que lui. Pourquoi ? Voulait-elle qu’il souffre plus qu’il ne souffrait déjà ? Voulait-elle qu’il se rende compte de tout ce qu’il avait perdu ? Ce n’était pas nécessaire. Kazuya en avait déjà pleinement conscience... Il n’avait pas besoin d’elle pour s’infliger des souffrances cependant c’était à croire qu’Heaven ressentait réellement l’envie de le détruire pour de bon.

Il était resté silencieux, ne détachant pas ses yeux d’eux alors que la jeune femme paraissait avoir enfin remarqué sa présence. La lueur dans ses prunelles était indescriptible, glaciale, brillant de toute cette rancoeur qui l’habitait, et de toute cette déception qu’il éprouvait. Un instant, juste quelques secondes, son regard s’était posé sur ce cadre posé sur sa table de nuit avant de s’égarer à nouveau sur ses vis-à-vis. Il aurait voulu rire tant il avait l’impression d’être en plein cauchemar. Pour sûr, à présent, il avait bel et bien perdu celle qu’il aimait.

- Dégage.

Son ton avait été impartiale, plus froid qu’il ne l’avait jamais été et la brillance dans ses pupilles en était sincèrement effrayante. Il n’avait jamais été aussi furieux. Tout en rétorquant ce mot, le chanteur avait observé l’autre garçon présent dans la pièce, signe qu’il s’adressait à lui. Non, le photographe ne lui faisait pas peur. Pas en cet instant. Qu’il soit plus grand, qu’il est beaucoup plus de muscle et une carrure imposante ne l’impressionnait pas. C’était à peine s’il était capable de discerner la totalité de la situation de toute façon ! Et vu que le jeune homme ne semblait pas avoir envie de bouger, Kazuya avait répété dans son ordre d’une voix bien plus forte, s’exclamant alors que ses poings se serraient de plus en plus. Jae Hwa n’avait fait qu’hocher la tête, dans des « Je... », « Euuh.. », « Oui... Pardon » avant de se saisir prestement de ses vêtements puis quitter la pièce, ainsi que la maison. Cela n’avait, apparemment, pas été trop compliqué de le mettre à la porte mais la vérité était que ce dernier ne souhaitait pas assister à une dispute de couple, il ne souhaitait pas se créer plus de problèmes qu’il n’avait déjà donc la manière la plus simple était tout bonnement de s’échapper. Il n’avait que faire de la galère dans laquelle la demoiselle s’était mise, ça ne le concernait pas et il ne la verrait sûrement plus jamais après cela.

L’idole n’avait pas attendu une seconde de plus que d’un coup brusque, il avait fait tomber les albums ainsi que les bouquins qui se trouvaient sur son bureau. Il était furieux. Vraiment. Il tant souhaité tout balancer, tout détruire puis juste oublier ce qu’il venait de voir. Prenant appuie sur le rebord de la table, ses phalanges se compressant avec puissance à ce niveau, il ne put le retenir, qu’un rire jaune, complètement nerveux finit par s’échapper de ses lèvres. Et peu importait à quel point il avait essayé de se maîtriser, il n’avait pas été capable de contenir cette larme de rage qui s’était écoulé le long de son visage. Ses pupilles brillaient, sa vision se troublait à cause de ces gouttes qu’il tentait de ne pas laisser couler. Elle ne méritait pas, pas en cet instant, à ce qu’il se montre face à elle.

- Toi aussi... Dégage de chez moi, Dit-il d’un ton beaucoup trop calme.

Il n’était pas d’humeur à discuter. Il n’avait pas envie de discuter. Qui aurait-il eu à dire de toute manière ? Elle avait voulu le briser pour de bon, c’était réussi. La jeune femme n’avait pas eu le temps de répondre que sans la laisser prononcer le moindre mot, le chanteur avait donné un violent coup de pied dans la corbeille situé au sol, s’écriant ensuite :

- Dégage putain !!

Il n’y avait rien à ajouter d’autre. C’était fini. Complètement fini.



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     Dim 12 Mar - 0:50
 
payback is a bitch, you owe me a coffee
JAE HWA & HEAVEN

Elle n’aurait pas dû se lever ce matin-là … lorsqu’elle avait ouvert les yeux, dans la chambre d’amis de Daisuke, il aurait été préférable qu’elle s’enfile une quantité effrayante de pilules jusqu’à retrouver un sommeil forcé… tout sauf poser les pieds sur le sol et partir en quête de café. Rien de bon de pouvait naître de cette sensation désagréable, brutale d’abandon qui l’enveloppait. Depuis cette soirée-là sur le bateau, depuis que son ex-petit ami avait conservé un silence brutal en confirmant son plus grand doute, à savoir qu’il ne l’ait jamais vraiment aimé – elle avait l’impression que l’univers tout entier s’ouvrait sous ses pieds et qu’elle n’avait aucune chance de s’en sortir sans basculer… Ça faisait tellement mal, c’était une agonie dont elle se serait bien passée. Pourquoi diable avait-il fallu qu’il éveille les sentiments qu’elle avait si bien refoulé hein? De quel droit avait-il ravivé cette flamme combattante alors qu’elle venait enfin de se résigner à l’avenir tracé d’avance que sa famille avait toujours voulue pour elle hein? Depuis ce soir-là, elle n’arrivait à rien faire de concret, rien de plus que fixer le vide en contenant cette brûlure qui l’empêchait de formuler la moindre phrase. C’était insoutenable, ça faisait tellement, tellement mal, cette sensation qu’on arrachait son organe vitale pour mieux le piétiner, elle avait connu des crises moins souffrantes… et en toute franchise, elle espérait presque que sa pompe à sang lâche. L’avenir sans lui, elle ne voulait pas le connaître…

… Mais non, elle était sortie du lit, en sachant fort bien qu’elle était souffrante triste, et en était pleinement consciente qu’elle avait des antécédents nombreux de faire des conneries sous le poids de la douleur. N’avait-elle pas largué copain, appartement et vie sur un coup de tête à l’apprise de sa condition médicale? Pourquoi diable s’était-elle imaginé que ça serait différent cette fois hein? Elle avait perdu d’un coup les deux personnes les plus importantes à ses yeux, trois si on comptait l’enfant qu’elle portait… Du jour au lendemain, elle s’était retrouvée isolée, abandonnée, seule avec sa peine et sa honte, contrainte de se relever sans aide… Kazuya avait rompu toutes ses promesses d’éternité et Haley s’était volatilisée… Elle n’avait ni la force ni l’endurance requise pour se remettre de ça… Et à l’heure actuelle, plus que de la peine, plus que de l’abandon, ce qui l’habitait c’était une colère sans nom. Elle en voulait – de façon insensée – à cet enfant de ne pas s’être accroché à la vie, elle en voulait à Haley d’être partie sans prévenir, de l’avoir laissée toute seule… et autant elle aurait aimé hurler sur les deux coupables, elle était assez brillantes pour savoir qu’ils ne le méritaient pas… Ça laissait Kazuya. Kazuya qui l’avait laissé vivre toute seule les pires moments de sa vie…

Kazuya qui n’était pas venue, ni pendant, ni après, la voir à l’hôpital. Kazuya qui n’en avait rien à faire qu’elle soit encore vivante, et que son cœur se soit brisé en morceaux… Oui. Sur le coup, la colère était tellement grande qu’elle n’avait pu la contenir. Et plutôt que de crier, ou de frapper – ça aurait été soft- elle avait attrapé le premier moche sur sa route, de s’infiltrer chez son ex et de s’envoyer en l’air dans son lit. Elle s’imaginait quoi hein? Franchement, sur le coup, c’était plutôt pour la satisfaction de bousiller son appartement si en ordre. Au fond, elle ne s’était pas arrêtée à penser plus loin, à anticiper qu’il pourrait arriver, chancelant, défoncé par l’alcool, encore, pour la surprendre sur le faits avec…………. Un horrible étranger! Lorsque l’idole avait franchi la porte, lorsqu’il s’était immobilisé devant le crime qu’elle venait de commettre, elle oubli instantanément sa victime sans nom. De toute façon, elle ne pensait pas vraiment le revoir un jour, pas après une si mauvaise partie de jambes en l’air. Non, dès le moment où elle l’avait aperçu, avec ses traits délicats, ses mains de taille parfaite, et sa crinière de princesse, rien au monde n’était perceptible… rien d’autre que lui. Et le rythme infernal de son cœur.

Vaguement consciente que le coréen venait de prendre la fuite, elle avait posé ses prunelles océaniques sur le propriétaire des lieux. Il était chancelant, clairement intoxiqué – encore, il avait le teint gris… Comment pouvait-il s’imposer ça à lui-même hein? Il avait décidé de tout bousiller, de la répudier, il l’avait laisser seule avec ses soucis… alors comment osait-il avait l’air si mal? N’avait-il pas compris qu’elle aurait été là, pour lui, à chaque seconde, pour le remonter des soucis de son groupe, pour le couver d’attention lorsqu’il revenait de longues journées de tournage. Elle aurait tout fait, pour l’aider à porter son rêve…. Et il l’avait jeté comme un vieux torchon, il l’avait laissé s’enfouir dans sa honte d’échouer, là encore, à un truc simple. Elle était minable pour vivre – son temps étant compté – et clairement, elle ne pouvait même pas mener à terme une grossesse. Son fils était mort, par sa faute, par son incapacité… et Kazuya… elle en était certaine, lui en tenait rigueur.

Elle s’était pétrifiée devant lui, sentant son pauvre cœur reprendre un rythme douloureux, sentant la gorge lui brûler des larmes qu’elle refusait de laisser s’échapper. Jamais. Il ne méritait pas de voir combien il lui faisait mal. Il méritait simplement de ressentir toute la douleur qu’il lui imposait. Aussi, plutôt que de s’adoucir, lorsqu’il se mit à balancer des choses sur le sol en pleine crise de nerfs… elle avait………. Sourit. Bravo, idiote, comment jeter de la poudre sur le feu. Elle ne voulait que pleurer, pleurer et le supplier de revenir, de ne pas la laisser toute seule… Mais c’était impossible. Interdit. S’ils avaient encore des chances, elle les avait immolés dans ce lit des minutes plus tôt. Heaven n’avait jamais aimé la violence, elle y réagissait même plutôt mal. Elle aurait pu se figer devant cet homme qui faisait de la casse, mais plutôt que de reculer, elle était demeurée immobile, sa voix bien assurée malgré le sanglot retenu qu’on y percevait. « Ah parce que cette fois, t’as les couilles de me le dire en face? » … oui, elle était clairement masochiste. Mais ça faisait tellement, tellement mal… Elle s’était dit qu’elle ne serait jamais de ces femmes qui détruisaient leurs ex… qu’elle n’était pas aussi immature…

C’était faux. Un veux pieux. Elle sentait ses entrailles se compresser sous la douleur, sa gorge de nouer, l’air lui manquer et finalement, les larmes lui brouiller les yeux alors qu’elle ajoutait, en mode furie blonde : « T’es vraiment un connard! Le pire des salauds! » elle avait attrapé un coussin sur le lit, premier objet qui lui tombait sous la main, et lui avait balancé en pleine gueule, montant le ton, sentant cette agonie grimper en flèche alors qu’elle faisait un pas vers lui. « Je te détestes! J’te déteste tellement si tu savais!   » tout démolir, tout saboter, qu’il n’y ait jamais de chance d’y retourner, à cette belle époque… c’est tout ce dont elle avait besoin pour crever en paix, sans regret. Les larmes avaient finalement trouvé leur chemin sur ses joues alors qu’elle lui lançait un autre coussin, puis un oreiller, toujours aussi furax. « Comment t’as pu me faire ça! Comment t’as pu me laisser toute seule! T’es qu’un menteur! Un manipulateur dégueulasse! T’as pas de cœur, comment t’as pu … » elle avait agrippé sa chemise, en sérieux dilemme à savoir si elle allait le frapper…  « pourquoi t’étais pas là hein? … t’es jamais venu! JAMAIS. Je l’ai bercé du sais… il était tellement… tellement petit… Et toi, t’était où?!? Je l’ai enterré toute seule je….   » cette boule était présente dans sa gorge, ses phalanges serrées autour du tissus prenaient une teinte blanche avant qu’elle ne soupire en le relâchant, sentant à nouveau son cœur s’emporter, la douleur était tellement poignante…  « j’tai cru quand tu m’as promis pour toujours…   » un peu brusquement, elle l’avait libéré, n’ayant même pas la décence de retenir ses sanglots. Sa respiration était difficile…  « J’aurais voulu crever avant de réaliser que c’était du bluff…   »


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     Dim 12 Mar - 3:43
 
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Heaven & Kazuya

Il n’avait pas de mots pour décrire la douleur qu’il ressentait en cet instant. Encore moins ô combien il était furieux et qu’il devait lutter pour ne pas exploser. Il avait conscience de chacune de ses fautes, du garçon pitoyable, lâche qu’il était, des choix qu’il avait fait néanmoins était-ce une raison pour le rendre plus misérable qu’il ne l’était déjà ? Kazuya avait beau être rancunier, il n’avait jamais été pour la vengeance, songeant que cela n’apporterait jamais rien de bon d’agir de la sorte et qu’au bout du compte, un jour ou l’autre ça finissait par nous retomber dessus. Il était difficile de dire pourquoi une personne nous avait trahi, quelles véritables raisons l’avaient poussé à nous quitter et prendre un chemin différent. C’était normal de leur en vouloir mais se venger... Il n’était pas ce genre d’individu aussi puéril... Il savait tout le mal qu’il avait causé à la jeune femme, à quel point elle avait du souffrir par sa faute cependant n’était-ce pas assez jouissif de penser qu’en réalité, il se détruisait tout seul. Il ne lui demandait pas de se mettre à sa place puisque ses choix, il les avait fait de son grès. Puis de toute façon, on essayait jamais de le comprendre alors que pourtant, Heaven le connaissait mieux que quiconque. Elle aurait du savoir qu’il l’aimait plus que tout, plus qu’il ne lui avait jamais avoué et que c’était à cause de tout cet amour qu’il avait pris la fuite. Parce que c’était trop douloureux à supporter, que plus qu’avoir peur de la perdre, il ne s’était plus estimé méritant de se tenir à ses côtés, que malgré le manque, malgré ce désir immense de la vouloir auprès de lui, il était trop rongé par la culpabilité pour oser quoi que ce soit.

Ne l’avait-elle pas vu heureux comme jamais lorsqu’ils étaient ensemble, lorsqu’ils cherchaient des nouveaux produits pour bébé et qu’ils concevaient tout un tas de projet pour leur futur enfant ? Même à la télévision, le chanteur n’avait jamais affiché un tel éclat, encore moins ses paillettes qui brillaient dans ses pupilles par tout ce bonheur qu’il éprouvait. Hors, c’était sûrement trop beau pour être vrai et aveuglé par ses sentiments qu’il lui portait, il avait probablement cru en elle plus qu’il ne l’aurait du. Il comprenait qu’il l’avait blessé, certainement plus encore... Il avait déjà pu le remarquer la dernière fois qu’ils s’étaient vu, ce qui ne faisait qu’accentuer son sentiment de culpabilité mais... Ca. Il n’acceptait pas. Comment le pourrait-il ? Il voulait bien admettre ses tords, se ronger les sangs pour tout le mal qu’il avait commis toutefois il y avait des limites à ce qu’il pouvait supporter. Et retrouver sa bien aimée chez lui dans les bras d’un autre, ce n’était pas quelque chose qu’il était capable de prendre avec calme. Surtout pas dans son état actuel. Les morceaux de son coeur qui se décomposaient en petits morceaux, il avait assurément du les entendre tant il avait senti son monde s’écroulait en un instant.

Si elle le détestait, Heaven n’avait pas idée d’ô combien il la détestait en retour. Parce qu’elle ignorait tout de lui, elle ignorait le fin fond de ses pensées et à l’heure actuelle, il était bien trop fier, bien trop en colère, pour lui révéler chaque vérité à haute voix. Ce n’était pas qu’il ne lui avait pas rendu visite ou qu’il n’avait pas eu le courage de lui dire en face qu’il ne souhaitait plus la voir. Parce que c’était tout le contraire, il avait toujours éprouvé cette envie folle et dévastatrice de se tenir à ses côtés et le courage qu’il n’avait pas trouvé était d’affronter ses propres démons, de ne pas réussir à surmonter sa culpabilité puis de la regarder en face alors qu’il n’avait pas su montrer ce présent au bon moment.

Sincèrement, il aurait du être touché par ses larmes, par cette rage qui émanait de sa vis-à-vis, qui n’avait aucune honte à l’insulter, encore moins à l’asséner à coup de coussin. Hors, dés la minute où Kazuya avait fait irruption dans la chambre, son âme s’était transformée en glace et plus aucun bon sentiment n’habitait son être.
Sans broncher, la fixant de cet air froid, emplis d’amertume, il l’avait laissé se défouler, le frapper si ça l’enchantait tant et l’écouter lui clamer ô combien il était un homme détestable. Chaque mot lui faisait l’effet d’un coup de poignard en pleine poitrine parce que plus la jeune femme s’exprimait, plus il prenait conscience de la réalité. Il était là. Il avait tout vu. Il l’avait vu pleurer la perte de cet enfant, il l’avait vu briser par sa faute... Et si elle ne le croyait pas, il avait pleuré lui aussi. Puisqu’il avait compris à ce moment que sa vie ne serait plus jamais la même, qu’une partie de lui s’était probablement envolé dieu ne savait où.

C’était l’occasion, vraiment. Il aurait du lui dire la vérité, qu’il était venu tous les jours, qu’il l’observait à l’extérieur de la chambre ou restait simplement à attendre dans la salle d’attente parce que ça lui était impossible de rentrer à l’intérieur, qu’il avait trop honte puis que ça lui faisait tout aussi mal. Il aurait du lui dire qu’elle se voilait la face, qu’il ne lui avait jamais menti, qu’il était sincère, et qu’il l’aimait énormément, qu’il se voyait réellement finir sa vie à ses côtés et ce, même si elle devait l’abandonner en premier. Il aurait du être honnête, ne pas la rendre plus folle, plus malheureuse qu’elle ne l’était déjà seulement sa rancune était bien trop forte pour qu’il ne lui donne ce qu’elle attendait.

Après plusieurs minutes, exaspéré, il avait repoussé brusquement la pression que la jeune femme avait sur lui, la lueur au sein de ses prunelles étant indescriptible.

- Je t’ai dit de dégager !! S’exclama le chanteur, essoufflé à cause de toutes ses émotions qui l’encombraient et qui étaient en train de le rendre fou, Sort de chez moi !!

Avant qu’il ne pète sérieusement un câble et ne se contrôle plus. Ses poings étaient fortement serrés, ses jointures étaient blanches tant il les compressait avec puissance. Oui, il était furieux et il n’était pas sûr d’être capable de pardonner un tel acte, peu importait ô combien il avait ses torts dans l’histoire...
Son regard s’était instinctivement détourné sur les murs de la pièce autour de lui, la détaillant dans chaque détail et alors que ses yeux se posèrent de plus bel sur ce cadre situé sur la table nuit, sur cette photographie que tous les deux avaient prises quelques mois auparavant, le garçon n’avait pu résisté une seconde de plus que, la rancoeur dominant tout son être, il s’en était approché pour le balancer par terre. Le verre se cassa instantanément et c’était exactement la même situation qui se déroulait dans son coeur. Il était brisé. Vraiment. Et si on lui donnait le choix, il aurait aimé ne jamais être tombé amoureux de cette femme. Pour la première fois de sa vie, il le regrettait.

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     Dim 26 Mar - 15:14
 
payback is a bitch, you owe me a coffee
JAE HWA & HEAVEN

Qu’est-ce qu’elle avait pu être conne! La pire des idiotes! Elle l’avait cru, chaque mot, chaque mensonge qui avait franchi ses lèvres, chaque promesse qu’il ne tiendrait jamais, sans discernement, elle avait gobée ses paroles et s’était bêtement imaginé que ce n’était pas que du vent. Le futur heureux qu’il lui avait dépeint, elle avait pu le visualiser, le toucher du bout des doigts… avant qu’il ne lui dérobe en disparaissant au moment où elle avait le plus besoin de lui. Ce rêve, il s’était dissipé en fumée, comme la majorité des mirages, la laissant là, étouffée dans sa propre douleur, coincée dans cette bulle de souffrances dont elle n’arrivait pas à se défaire. Avant Kazuya, Heaven avait toujours été très terre à terre, réaliste avec sa maladie, sa vie, et le peu de joies que lui réservait son existence. Elle n’avait jamais osé espérer plus qu’une autre journée à gâcher, elle n’avait jamais voulu viser plus loin que son minable appartement, son boulot dégradant et quelques moments moins pénibles avec ses proches. Jamais. Pendant des années, elle s’était lentement mais surement faite à l’idée, qu’elle aurait comme seul compagnon sa solitude, qu’elle n’aurait jamais de famille, et qu’au moment fatidique, elle serait toute seule avec sa maladie. De toute façon, elle n’avait pas spécialement cherché à recoller les morceaux de son cœur brisé une décennie plus tôt. Elle était résignée, elle vivait comme une morte et, quel que soit les tentatives que son frère utilisait pour lui donner cette petite étincelle d’espoir, que ça ne soit pas si horrible, rien n’y faisait…

Puis il y avait eu Kazuya. Et elle avait complètement perdu la tête. Elle aurait dû le savoir, que la moindre réflexion positive à son égard était le début de sa damnation. S’il avait croisé son chemin, des années après qu’elle l’avait observé à la dérobé comme l’adolescente avec un gros faible pour lui, ça n’avait rien du destin, c’était un terrible hasard et elle aurait dû prendre ses jambes à son cou, au moment même où elle sentait son cœur s’emballer. Mais voilà, elle ne l’avait pas fait, elle s’était laissée sombrer à chacun de ses regard, envoutée par lui… jusqu’à s’immoler complètement sur cette plage en cédant à cette attirance qu’elle savait déjà déplacée. Et maintenant? Maintenant elle devait vivre avec le sevrage, comme une junky sans sa dose, elle devait sentir son cœur se tordre et les larmes lui brûler les yeux, alors qu’elle réalisait, hors de tout doute, qu’il venait de lui filer entre les doigts pour toujours, et qu’elle devrait le laisser partir… Quoi qu’elle en dise, elle doutait d’en avoir la force. Après tout, ce chanteur-là, il l’avait irrémédiablement brisé. Kazuya… avec son romantisme contagieux, avec ses rêves gros comme le monde, ses projets… et ses mensonges. Elle avait voulu y croire, comme si une partie d’elle était tellement désespérée, brisée, tordue au point de se laisser embobiner par le premier homme à bien vouloir d’elle.

… Elle s’en voulait au moins qu’elle lui en voulait. Le pire dans tout ça, c’était certainement que, s’il était revenu des semaines plus tard, s’il s’était expliqué, elle l’aurait pardonné. Elle n’était pas sans cœur, elle pouvait comprendre que la perspective de la perdre elle, que la perte de leur fils était un couteau en plein poitrail pour lui. Elle pouvait s’imaginer qu’il ait besoin d’un peu de temps seul pour mettre de l’ordre dans sa douleur…. Elle lui aurait accordé. Mais disparaitre aussi simplement? Ne jamais rompre en bonne et due forme alors que des mois plus tôt, ils parlaient de vivre ensemble, de débuter une famille? L’incompréhension était au moins aussi grande que sa fureur… La colère qu’il ait été lâche au point de ne pas lui dire en face, qu’il avait atteint sa limite! Et il n’allait apparemment pas abandonner ce mutisme, cette nouvelle habitude de ne rien dire, de ne rien faire, et de s’intoxiquer avec de l’alcool bon marché. Pourquoi il faisait ça hein? S’il ne voulait pas de sa vie, de sa carrière, de son succès, elle la prendrait elle! Le temps qu’il avait et qu’il gâchait, elle le voulait! Elle n’avait pas ce luxe, et qu’il ose gaspiller ce précieux cadeaux l’exaspérait… En même temps, elle venait de s’envoyer un moche dans son lit, sa fureur était compréhensible…

« Dégages, c’est tout ce que tu sais dire?!   » … Oui bon, elle était peut-être triste, en miette, au bord du gouffre, mais elle n’allait quand même pas lui donner aisément le dernier mot. Elle avait déjà tellement de regrets, tellement, qu’elle n’allait pas en rajouter une couche en gardant secrets l’agonie qu’il lui infligeait. « Je suis pas une tâche sur ton plancher que tu peux juste faire disparaître ! » Elle avait serré ses poings, ayant terminé de lui balancer tous les coussins au visage, sa respiration était douloureuse, sa gorge nouée, et les larmes coulaient librement sur ses joues alors qu’elle tentant de garder assez de calme pour lui cracher son venin. « On traite pas les gens comme ça! T’es qu’un lâche, dégueulasse! Je t’ai pas enchainé, mais je méritais une explication! Je pensais vraiment qu’après tout ce temps, t’allais pas me larguer par le silence comme si j’étais un one night stand! »… et dire qu’elle s’était fait un sang d’encre, qu’elle avait vraiment eu de la peine, qu’elle s’était inquiétée de ce qu’il devenait… la grave erreur… Toujours aussi furieuse, elle avait même ajouté un : « Finalement, t’es pas aussi différent de lui que tu le penses hein… partir, abandonner les gens derrière, égoïstement. Ça me surprend que tu ne sois pas d’avantage pote avec Jin! »… Oui, elle savait où frapper pour que ça fasse mal.

Et s’il ne l’avait pas suffisamment détruite avec ses paroles et son regard froid, lorsqu’il avait balancé le cadre sur le sol, lorsqu’elle avait enfin posé les yeux sur le verre brisé et ce qui avait été un jour, une photo d’eux… ça avait suffi à lui retourner les entrailles et à calmer une seconde sa furie. Son regard bleuté avait passé du cadre au chanteur, puis au cadre, sans qu’elle ne dise un mot. Là, sur l’instant, plus que de s’être fait un coréen, plus que d’avoir dit des choses horribles, elle regrettait de l’avoir rencontré, elle regrettait d’être tombée amoureuse de lui, elle regrettait d’avoir un jour croisé son regard. Heaven avait soupiré, consciente que leur relation était au moins aussi irréparable que la vitre. Elle avait fait un pas vers la porte. « Tu sais quoi, je m’en fiche. On crève tous tout seul de toute façon. C’était con de ma part, de vouloir plus de temps avec toi. J’espère juste y rester bientôt! »…Cela avoué, elle était sortie de  la chambre, claquant la porte derrière elle. Elle allait partir, mais , au dernier moment, elle avait aperçu les bouteilles d’alcool sur le comptoir de la cuisine et les avait vidées, toutes, dans l’éviter, sans se soucier qu’il ait voulu en boire le contenu. Après ça, elle avait tourné les talons et quitté l’appartement… Et après Heaven, tu vas vous faire croire que tu t’en fiches de lui? … Silence!


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     Lun 27 Mar - 4:03
 
payback is a bitch, you owe me a coffee
Heaven & Kazuya

Si c’était ça l’amour, Kazuya aurait préféré ne jamais le vivre. Il l’avait déjà pensé avec ses relations passées néanmoins il s’en était toujours relevé, songeant avec optimisme. Mais à présent, lorsqu’il observait la douleur qui lui martelait le coeur, cette sensation de morceaux qui se brisaient, qui se déchiraient puis le torturaient avec une violence atroce, il regrettait. Il regrettait d’avoir laissé cette jeune femme entrait dans sa vie, de l’avoir rendu aussi vulnérable qu’il ne l’avait jamais été et de faire naître toute cette haine, toute cette rage en lui. Il la haïssait. Plus que tout, en cet instant, habité par toute cette amertume, il ne parvenait pas à percevoir cet amour fort qui l’avait hanté chaque jour, qui l’avait détruit au point de sombrer dans l’alcool et l’obscurité... C’était vrai qu’il avait été lâche, qu’il n’avait pas su l’affronter correctement, qu’il aurait du mettre des mots sur ses sentiments puis s’expliquer mais il n’avait jamais su trouver le courage car dans le fond, il ne voulait pas la perdre. Il ne voulait pas mettre un point final à leur histoire néanmoins paradoxalement, il n’était tout simplement plus en mesure de la regarder en face. Il ne s’estimait pas capable de se tenir à ses côtés, de l’aimer comme il se le devait et ce, même si Heaven répétait qu’elle n’avait juste besoin de lui, que c’était tout ce qu’elle demandait... Le chanteur n’avait jamais réussi à se pardonner plutôt que de rester auprès d’elle, il s’en était allé. Il n’avait jamais cessé de l’aimer, pas même une seconde. Il avait continué de penser à elle, chaque seconde, de s’interroger sur sa santé, sur ce qu’elle faisait et si elle était arrivé à l’oublier, si elle était heureuse désormais. Il avait, comme à son d’habitude, garder tous ses fardeaux sur ses épaules, sur son coeur, sans jamais expliquer à qui que ce soit qu’il souffrait terriblement. Qu’il souffrait parce que le manque était insupportable, parce qu’il faisait des cauchemars chaque nuit de cet enfant qui n’était plus là et qu’il avait tant attendu... Qu’il souffrait parce qu’il imaginait la jeune femme à ses côtés et qu’il la voyait mourir jour après jour, par sa faute. Ce qu’il s’était passé était que Kazuya n’avait fait que culpabiliser, qu’il s’était mis chaque erreur sur le dos et qu’il avait vu son monde entier s’effondrait le jour où on lui avait annoncé la disparation de celui qui aurait du être son futur fils. Il avait réalisé à quel point cet amour ne marcherait jamais, qu’ils avaient des vies trop différentes et qu’à cause de lui, Heaven pourrait perdre tellement plus encore. C’était peut-être par lâcheté qu’il n’avait jamais réussi à franchir la porte de cette chambre d’hôpital, qu’il n’avait pas su lui tenir la main puis la réconforter cependant... C’était aussi, assurément, par amour. Volontairement, il s’était éloigné de sa vie. Si lui avait mal ce n’était pas grave, si à côté, sa bien aimée était heureuse.

Hors, il n’avait pas fait ça pour la retrouver dans son propre lit avec un autre homme. Il n’avait pas fait ça pour voir tout cet amour s’envoler dans un amas de poussière et finir piétiner au point que chaque parcelle de son être ne soit envahi par la rancoeur. Il avait ses torts, certes, il ne les cacherait pas, il ne le nierait pas, seulement est-ce qu’une fois, la jeune femme avait-elle essayé de se mettre à sa place ?
Aujourd’hui, plus que n’importe quel autre jour, quoi qu’elle puisse dire, Kazuya refusait d’en prendre la responsabilité. Peu importait ô combien elle avait du être blessé, est-ce que cela valait la peine à ce qu’elle se venge de la sorte ? Elle l’avait vu, sur ce bateau... Elle avait vu que de lui-même, il se mettait des bâtons dans les roues donc en quoi était-ce plus gratifiant de remuer le couteau, et chercher à le bousiller pour de bon ?

Il n’avait pas prononcé un mot, se contentant de la fixer avec ce regard empli de rancune alors qu’un faible rictus, jaune, s’était échappé de ses lèvres à la mention de Jin. Si ça lui plaisait de songer ainsi, qu’elle le fasse... Oui il était égoïste, il était lâche et le dernier des « cons ». C’était tout à fait pour cette raison qu’il était parti, qu’il n’avait pas eu la force de l’affronter. Quelle idiote. De toute façon, c’était trop tard désormais. Il ne pardonnerait pas.

Il aurait du être touché, il aurait du s’inquiéter et la rattraper en lui disant qu’elle n’avait pas le droit de se morfondre, qu’elle devait être heureuse puis l’oublier. Qu’il la pardonnerait encore moins si elle se laissait mourir néanmoins il n’en avait rien fait. Il était trop furieux, trop en colère pour chercher à la plaindre... A la place, le garçon s’était laissé glisser contre la porte, ses doigts se crispant violemment à ses cheveux avant qu’il ne donne un puissant coup de pied dans la chaise face à lui. Des larmes de rage naquirent sous ses yeux et si, avant il aurait réfléchi, il n’avait pas hésité. Pas même une seconde lorsque, se saisissant de la photographie sortie du cadre, il l’avait contemplé un instant pour l’arracher et la balancer sur le sol. C’était fini. Définitivement.


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