Just a spoonful of sugar - Naomi ♥

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     Sam 18 Fév - 0:07
Just a spoonful of sugar
EXORDIUM.
Ce n'était pas lui. Il se l'était répété dans cette demi conscience. Mais parce qu'il n'avait pas la force, ou pas le courage, il n'avait pas cherché à le vérifier. Ses yeux ne s'étaient pas relevés et puis... et puis il ne savait plus trop. Peut-être qu'il avait perdu connaissance à nouveau. Il n'en n'était pas certain... quand il ne savait même pas s'il était véritablement éveillé depuis tout à l'heure, c'était difficile à dire. Il ne se sentait jamais tout à fait conscient et quand il l'était... les cauchemars cherchaient visiblement à faire partie davantage de sa réalité. Ils tentaient de se faire une place plus certaine. S'il se laissait trop aller, il n'y aurait bientôt plus aucune différence entre ces deux mondes. Oui, ils se mélangeaient probablement trop souvent mais c'était différent maintenant.
Il avait senti que son corps quittait le sol mais aucun son n'avait franchi ses lèvres. Dans son lit, seule une faible plainte lui avait échappée. Il lui avait fallu quelques secondes, peut être un peu plus pour que son regard ne retrouve le visage de Mikio. Oui, évidemment... ça ne pouvait pas être lui... parce qu'il préférait le voir sur le sol... c'était là qu'il l'aimait le plus. Sa faiblesse, il aimait la regarder et il ne faisait aucun doute que maintenant, il aurait bien trop apprécié cette scène. Il aurait passé un moment à la contempler sans doute... avant de se faire plus participatif pour voir s'il ne pouvait pas la rendre meilleure à ses yeux.

Son regard avait peiné à suivre les mouvements de Mikio, il lui avait semblé que sa vision s'était obscurcie une fois de plus avant qu'un mouchoir pressée sur son nez ne provoque un faible sursaut. Et là, enfin, tandis qu'il regardait à nouveau Mikio, il avait semblé assimiler un peu plus les choses dans un « C'est toi... » oui, évidemment, et s'il regardait maintenant autour de lui, il ne trouverait aucune trace de la présence de son père, il pouvait en être sûr.
... et pourtant, il ne l'avait pas fait. A la place, il s'était ordonné de ne regarder que Mikio.
Tremblante, sa main était venue chercher difficilement le poignet de Mikio pour s'y serrer. Mais il ne l'avait pas fait bouger, il n'avait pas pu.
C'était idiot de toute manière. S'il y réfléchissait quelques secondes, empêcher Mikio d'arrêter ce sang ne changerait rien au fait qu'il l'avait vu. C'était une autre chose qu'il aurait souhaité ne jamais lui montrer. Pourquoi est-ce qu'aujourd'hui il devait avoir l'air si faible en face lui ?
Ecouter. Non, il ne le faisait pas... parce qu'il savait mieux... il connaissait la seule solution acceptable à cette situation et sa tête s'était hochée pour répondre silencieusement il ne savait trop quoi. Peut-être qu'il écoutait. Peut-être qu'il n'était pas supposé le faire. Mais ça accompagnait aussi bien ce « C'est rien... » prononcé ensuite. Ce n'était rien... qu'un peu de sang... pas de quoi s'inquiéter... pas de quoi le prétendre malade...
Toujours sans parvenir à éloigner la main de Mimi de ce qu'il semblait vouloir définir comme "non préoccupant" la sienne avait tenté de se serrer un peu plus sur ce poignet dans un « Laisse ça.... » et puis, ses yeux s'étaient fermés quelques secondes avant que les doigts de sa main libre ne viennent se poser sur sa tempe.
ça aiderait... si cette migraine n'était pas si violente maintenant, ce serait probablement plus simple de jouer la comédie.

Il aurait dû insister plus.
Oui. Parce qu'un instant, son esprit embrumé avait laissé passer l'idée que Mikio n'était pas confortable avec ça.
Il avait bien essayé à vrai dire, mais sa bouche qui s'était ouverte ne l'avait finalement fait que pour prendre un souffle pénible. Il respirait trop vite. Alors il s'était répété de reprendre le contrôle là-dessus et de se retenir pour ne pas être trop bruyant. Ce n'était pas une crise non ? Non... bien sûr. C'était juste ses forces qui l'abandonnaient jusqu'à rendre la moindre action difficile.
Ou alors c'était le stress. L'idée que Mikio ne le laisserait vraiment pas sortir ne faisait que l'angoisser un peu plus quand il redoutait toujours de regarder autour de lui dans sa propre chambre.
Qu'importe comment. Il devait partir. Il trouverait une solution... Mikio ne pourrait pas toujours rester vigilant... Il devait profiter d'un moment d'inattention. Y penser alors qu'il venait juste de tomber, oui... pour certaines personnes ça pouvait sembler irresponsable. Mais pas pour lui. Parce que lui, ce n'était pas important. Qu'importe s'il souffrait tant qu'il gardait ses plus grosses souffrances cachées au fond de lui, tant qu'il ne faisait pas de mal à Mikio, c'était ça l'essentiel.

« Je dois... juste...» du vent, c'était la seule réponse à la question de Mikio « ... vraiment sortir... » il pouvait le dire encore cent fois, ça ne marcherait pas manifestement. Aujourd'hui, Mikio avait décidé de se montrer borné.
Oui. On ne le répéterait pas à nouveau ce "pourquoi" qu'il avait pensé. A la place, il avait préféré s'obstiner dans des réponses peu crédibles... « J'ai la force... » et s'il était tombé, c'était parce que... ? Il avait voulu aller trop vite sûrement... mais en s'y prenant mieux... « J'ai juste... j'ai... trébuché... » dans une autre situation, ça aurait presque pu être une plaisanterie amusante. Pas maintenant. Regarder Mikio suffisait à admirer les dégâts de son oeuvre. A moitié inconscient il le voyait bien... autrement son visage n'aurait pas pris des traits peinés au milieu du reste. Et sa voix ne se serait pas élevée malgré lui pour une attitude plus juste... « Pardon Michan... » et c'était probablement la seule phrase sincère qu'il avait formulée jusque là. Parce qu'il se sentait vraiment désolé pour lui... pour tant de raisons. Si désolé que cette main qui retenait son poignet faiblement avait laissé glisser quelques doigts contre celui-ci.
Ce n'était pas bien, tout ce qu'il faisait subir à Mikio aujourd'hui. Le coréen ne méritait pas ça. Il méritait tellement mieux.... il ne méritait pas en tout cas qu'un abruti lui gâche la vie.

Laissant sa main se faire guider jusqu'à son nez, il avait maintenu le mouchoir contre celui-ci et sa tête s'était hochée sans protestation. Evidemment, on doutait qu'il soit véritablement devenu sage et la prévention de Mikio était sans aucun doute une bonne idée. Si l'italien s'était assagi, il n'aurait pas soupiré à voir son bébé faire office de prison.
Pourtant. Quand ses yeux s'étaient relevés vers Mikio, une fraction de seconde il y avait eu une crainte, une fraction de seconde les mots "s'il te plait, ne me laisse pas" s'y étaient lus....
Et s'il s'était vite repris, la peur ne l'avait pas quitté quand il s'était retrouvé seul dans sa chambre avec son chien « Il n'est pas là... il n'est pas là... » en réponse, Umberto avait pigné une nouvelle fois. Les doigts de sa main libre s'étaient tendus pour caresser doucement l'animal quelques secondes avant de céder sur le retour. Ils avaient attiré les draps plus haut, laissant une fraîcheur qui n'existait pas vraiment dans cette pièce se glisser dans le lit tandis qu'ils les relevaient pour leur permettre de monter jusqu'à son cou. Et enfin, il avait cédé à grelotter. En italien, il s'était plaint d'un « J'ai si froid bébé... » étouffé à moitié par ce mouchoir. Et parce que Mikio n'était plus là, parce que quelque part il avait l'impression qu'il courait plus de risques à halluciner celui qu'il ne voulait pas voir, il s'était borné à ne fixer que son chien.
Il ne voulait pas le voir... pas de cette manière... pas ici... est-ce qu'il ne pouvait pas trouver une inconscience entièrement noire ? Il aurait tellement aimé... simplement du vide... juste un rien...
Le cerveau qui ne fonctionnait pas plus clairement, il avait eu cette réaction stupide au retour de son coréen. Il avait suffi que ses yeux ne le remarquent pour qu'il ne rejette cette couverture avant de se forcer à arrêter ses tremblements. Oui... comme si Mikio n'avait pas eu le temps de voir.

La fraîcheur du gant l'avait bien fait tressaillir sur le moment mais il avait fait des efforts de concentration tristement visibles sur ses traits pour tenter de retrouver un visage et un corps moins faibles. Peine perdue oui.
Particulièrement quand aux gestes de Mikio, comme si ce dernier l'avait poussé, il s'était enfoncé davantage dans le matelas sans lâcher le mouchoir. Mais c'était une autre forme de faiblesse peut-être. C'était en tout cas de ça dont il s'agissait maintenant que ses yeux s'efforçaient de ne plus quitter le visage de Mikio.
Protester. Ne pas le laisser faire ça.
Il l'avait pensé et puis... non, il n'était pas là, il n'y avait que Mikio. En se concentrant, ou plutôt en se perdant, sur cette tendresse dont son aîné faisait preuve, il avait l'impression d'y croire un peu mieux à l'absence de son cauchemar.
Et pendant plusieurs secondes, il était devenu un autre Naoki. Sa main s'était tendue jusqu'à se poser sur la jambe de Mikio et doucement ses doigts y avaient glissé. Il avait été pris d'une envie qu'il avait retenu de se serrer fort contre lui. L'attirer. Se blottir dans ses bras. Grelotter un peu oui mais Mikio le réchaufferait et puis surtout... ses bras... c'était bien mieux qu'un monde imaginaire pour se cacher.

Oui... non... évidemment il ne pouvait pas... son coeur était bien obligé de le comprendre et d'accepter de devoir s'épuiser. Alors il avait retenu de nouvelles excuses. Ses doigts ne s'étaient pas arrêtés pour autant, c'est vrai, mais sa main ne lui obéissait plus vraiment et puis...
... non, c'était idiot, évidemment qu'il ne pouvait pas réconforter Mikio de cette manière.
Sans un mot, il avait laissé ce gant se poser sur son front. Il avait pensé qu'il n'était pas malade. Il le souhaitait en réalité. Il voulait que ce ne soit qu'un moment de faiblesse qui passerait rapidement.
Même si le mal était fait. Mikio n'aurait pas posé cette question autrement. Et lui n'aurait pas eu à secouer la tête. Evidemment que ça ne lui arrivait pas souvent ! C'était même probablement la première fois !
Et dans la version sincère, la réponse était un "oui"... accompagné d'un "trop souvent..." parce qu'une fois par jour en moyenne... oui, c'était un nombre à ne pas négliger. Mais lui, il avait préféré l'ignorer et ne pas y prêter attention. Ce n'était pas rare qu'il saigne du nez avant. Il avait juste un peu trop forcé maintenant et avec un peu de repos, tout irait miraculeusement mieux.
Sauf qu'il dormait mal... très mal... et au final les vertiges, les saignements, les migraines... tout ça, il faisait avec tous les jours depuis trop longtemps maintenant... « Non, jamais... » à cette question là aussi, il ne pouvait avoir qu'une réponse.

Tout comme il ne pouvait y avoir qu'une seule réaction maintenant que Mikio s'était emparé de son téléphone. Son coeur s'était serré, et l'angoisse s'était lue à nouveau plus certainement sur son visage. Pour lui demander ce qu'il faisait, sa bouche s'était ouverte mais le chanteur lui avait répondu avant que la question ne soit formulée à haute voix.
A plusieurs reprises, sa tête s'était secouée avant que sa voix ne se fasse à nouveau plus suppliante « S'il te plaît Michan... me fais pas ça.... » quel genre de souffrance c'était voir un médecin au juste ? ... Mikio n'avait pas le droit de lui faire ça et pour le demander mieux, sa main s'était pressée sur sa jambe. Il avait probablement l'air d'exagérer maintenant « Toi tu peux pas... me faire ça... ne le fais pas... s'il te plait.... » tout sauf le médecin. Il irait mieux... il... « ça va aller... je ne me lève plus... je reste un peu dans mon lit... juste les médicaments... et dormir un peu... ça ira... le médecin, c'est pas la peine... » et à présent, il gaspillait ses dernières forces face à un visage qui ne semblait pas vouloir lui accorder une requête qui avait pourtant l'air vitale pour l'italien... « S'il te plait... » ça ne servait à rien... « Michan... » même prononcer son surnom de cette manière suppliante, il ne le ferait pas flancher... il le savait non ?
C'était la fièvre, uniquement la fièvre qui lui avait embrumé un peu plus le regard qu'il avait baissé sur la jambe de Mikio maintenant.
Ce n'était pas juste. Il n'avait pas le droit de lui faire ça. Il était grand... il savait très bien comment se gérer... il n'était plus un enfant.
... en fait, parce qu'il ne l'avait jamais été... il le serait toujours...

« C'est toi... qui n'écoute pas... » Mais de culot, il en était toujours capable. Devait-on lui rappeler qui était tombé ? Pas la peine « Je n'ai même pas le choix... » oui mais ça... ça ne changerait jamais non plus. Dans le fond, il était habitué à ne jamais l'avoir le choix. Autrement, aujourd'hui, il n'en serait pas là. Poussant un soupir plus désespéré que boudeur, sa main avait quitté la jambe de Mikio pour se tendre vers un point dans la chambre tandis que l'autre avait abandonné son nez, l'effleurant du bout des doigts l'instant suivant pour les ramener devant ses yeux et constatait que le saignement s'était arrêté.
Il perdait cette partie là mais il y avait bien une solution pour que la défaite se passe mieux « Mon téléphone... si je n'ai pas le choix... laisse-moi au moins appeler la mienne... » il ne savait pas ce qui l'embêtait le plus. Faire ouvrir ce sac pour l'hôtel à Mikio. Sac dans lequel en dehors de sa tablette, d'affaires de rechange, il trouverait d'autres médicaments et notamment des somnifères.
Ou faire venir Saeko ici....
Si. La deuxième chose. Mais il s'était répété que c'était moins pire pour lui. Mikio ne verrait rien. Quand Saeko quitterait sa chambre, il aurait une ordonnance et c'est tout ce que le coréen verrait. Parce que dans sa tête, il ne resterait pas pour voir une auscultation qui n'existerait pas réellement.
Et si Mikio comprenait certaines choses ?
S'il découvrait qu'il vendait son corps contre des médicaments, au moins, il le laisserait tranquille.... C'était ce qu'il avait pensé alors que dans le fond, il le savait qu'il ne voulait pas que son aîné l'apprenne. Il avait honte... il le niait, même à lui-même, mais il avait honte.
Alors il s'était répété que Mikio ne saurait pas. ça irait... il se débrouillerait pour que les choses se passent de la manière dont il voulait qu'elles se passent parce que... aujourd'hui... il avait déjà donné suffisamment de pathétisme à contempler.



   
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     Sam 25 Fév - 1:22

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Naomi

Ce gosse... Il était révoltant. Comment faisait-il pour pouvoir continuer à prétendre que c'était rien ? Rien... Mais ce n'était pas rien, mon dieu !! Ce n'était plus du déni à ce niveau, il ne devait même pas s'en rendre compte, ce n'était pas possible.... Il tenait à peine droit, Mikio devait le retenir pour lui éviter de piquer du nez ; à son regard embrouillé et sa question précédente, le Coréen devinait qu'il luttait à distinguer la réalité... Et il avait littéralement un mouchoir imbibé de son sang sous le nez... !! Que lui fallait-il de plus ?? Dans quel état Mikio devait-il le retrouver pour qu'il admette enfin que non, ça n'allait pas ?!
Combattant l'angoisse et la frustration, il avait fait au mieux pour ignorer le pincement au coeur qu'avait provoqué cette main faiblarde sur son poignet. Borné, il n'avait pas écouté sa plainte, ou plutôt il avait fait semblant, et il avait continué de presser ce mouchoir contre sa narine avec cette seule idée d'arrêter l'écoulement. Non, il ne devait pas l'écouter... il ne devait plus l'écouter... Ou la prochaine fois, Mikio n'aurait pas la chance de retrouver Naoki étendu sur le sol de sa chambre.
Néanmoins, le chanteur pouvait difficilement - pour ne pas dire pas - ignorer chacun des gestes de son protégé et il avait laissé son regard l'observer un instant en le voyant se toucher la tête. « Tu as mal ? » avait-il naturellement demandé en se doutant de la réponse. De l'officielle comme de la vraie. Et il n'avait pas attendu que Nao lui en fasse part pour délicatement vérifier d'où venait cette douleur... Il craignait qu'il se soit de nouveau cogné. A priori, il ne détecta aucun autre bosse que celle qu'il avait déjà.... S'il laissa échapper un soupire de semi-soulagement, il se doutait bien de l'autre option tandis qu'il se souvenait avoir lu la mention "maux de tête" sur l'un des médicaments que Nao lui avait indiqué. La fatigue, la fièvre, d'autres causes.... Naoki pouvait avoir des migraines pour des tas de raisons mais il redoutait surtout que ces douleurs là ne soient pas isolées... C'était une véritable guerre dans la tête du Coréen pour contenir sa nervosité mais il s'y était efforcé, s'interdisant de céder à la panique qui le menaçait toujours.... Tout ce qu'il devait faire c'était lui donner ses comprimés pour le soulager un peu. Il le ferait dès que le saignement aurait cessé.

Mais retenir entièrement son anxiété, Mikio n'en était pas capable. En témoignait cette main qui s'était immédiatement posée sur la joue du plus jeune, bien incapable de dissimuler cette expression inquiète sur le visage. Nao avait l'air si mal... Son coeur se serra. Il ne pouvait pas le laisser comme ça... « Hé... Doucement... Force pas... » Sa voix s'était faite très douce, contrastant largement avec les grognements qu'il avait pu pousser auparavant pour le gronder. Sa main s'était mue en une caresse un peu trop tendre sans doute, comme si ça pouvait aider Nao à mieux respirer tandis qu'il semblait réellement peiner.... Peu importe ce qu'il avait l'intention de faire... Parler, bouger... Il n'avait pas à le forcer. Il avait seulement à laisser son corps un peu en paix.

Malheureusement, la douceur et la tentative de coopération passive n'avait pas duré. Si jamais elle avait existé à un moment... Quoiqu'il en soit, un soupire excédé s'était échappé des lèvres de Mikio tandis que ses yeux roulèrent vers le ciel. Mais c'est pas vrai ! C'était une obsession ! « Non Nao, tu ne peux pas sortir dans ton état. » Combien de refus allait-il devoir essuyer pour se fatiguer ? Est-ce qu'il allait se faire une raison un jour ? Aujourd'hui, ça serait bien... « Tu n'as qu'à prévenir si tu as un rendez-vous... j'ai apporté ton téléphone. » Il le plaça sur son chevet à porté de main si Nao en avait besoin. Mais au moins, le message était clair : Nao ne sortirait pas.
Son obstination n'en restait pas moins incroyable. Il avait trébuché... « Nao, tu es tombé... » Il le savait pas vrai ? Mikio était sûr qu'il le savait.... Il ne pouvait être dans le déni à ce point. C'était seulement de l'entêtement... Non... « C'est plus de l'entêtement à ce stade, c'est du suicide ! » ne put-il plus s'empêcher de s'insurger. S'il l'avait fait avec cet air de Mimi grondant, le boule qui nouait son ventre était réelle. Du suicide.... Non. Il ne devait pas y penser.... Nao ne pouvait pas se moquer de lui-même à ce point.... Si... Si bien sûr, il le savait... et ça lui faisait mal.
A cette excuse... il osa à peine y croire. Il lui fallu quelques secondes et un lourd cognement contre la poitrine pour qu'un nouveau soupire lui échappe. Mais celui-ci contrairement aux autres n'était pas agacé... Il se rapprochait plus d'un soupire las et fatigué. Il ne répondit pas vraiment mais son attention se porta sur cette faible caresse que lui avaient procuré les doigts de Naoki sur sa peau.... Il se rendit compte alors qu'il avait fixé son bras avec un peu trop d'attention sans doute, mais lorsque ses iris se reposèrent sur le visage de l'étudiant, une sorte de soulagement sembla y poindre. Est-ce que Naoki comprenait ? Qu'il était malade, que Mikio devait l'aider... que ça faisait atrocement mal de le voir aussi borné ? Il ne savait pas, mais il lui semblait bien que qu'il s'agissait de la première phrase sincère qui avait franchi sa bouche depuis qu'il s'était écroulé... peut-être même plus... Et toute réponse que l'aîné avait pu fournir était ce regard suppliant, lui priant de se laisser faire à présent... c'était tout ce qu'il lui demandait. Qu'il le laisse l'aider....

Pour cela, il devait aller récupérer ce qu'il avait abandonné dans la salle de bain plus tôt. Et au soupire contrarié du garçon, il comprit que la complicité d'Umberto n'était pas de trop. Est-ce qu'il devait aussi allait réveiller Kô pour s'assurer d'un troisième chaperon ? Et il ne pensait même pas exagérer... Parce que Mikio désespérait réellement de cet agacement mal placé dont avait fait preuve Naoki. Sérieusement, il comptait réellement se lever encore une fois ? Avec quelle force ? Ne sous-estimant pas celle de sa volonté, le chanteur s'était d'autant plus promis de faire revenir rapidement seulement.... Lorsque ses yeux croisèrent ceux de Nao, son coeur loupa un battement et le nœud de son estomac se resserra. Il ne sut pas très bien ce qu'il devait comprendre réellement mais... ce regard lui avait tout l'air effrayé... Naoki avait... peur d'être seul ? Alors qu'il venait de passer ces dernières dix minutes à le pousser à le laisser tranquille... ? Mikio marqua un temps d'arrêt, une pause, une hésitation... qui dura peut-être une seconde où l'incertitude demeura. Mais où sa main finit par trouver doucement la tête du plus jeune pour l'effleurer dans une brève caresse qu'il voulu rassurante : « Je reviens vite, promis... » Il ne savait toujours pas très bien pourquoi il avait senti le besoin de lui dire ça.... Comme s'il avait senti celui de Naoki de l'entendre... Ca ne le motiva que davantage à revenir deux fois plus vite.

A son retour, il fut surpris de retrouver Naoki sous le draps. Mais il n'eut pas vraiment le temps de se réjouir à le voir céder que sa réaction suivante le fit soupirer intérieurement. Naoki comptait jouer la comédie avec lui tout le long ? S'efforçant de ne pas relever la bêtise du malade, il avait seulement demandé en revenant vers lui : « Tu as froid ? Tu veux quelque chose de plus chaud ? » Mikio pouvait lui apporter un t-shirt au cas où mais il songeait surtout à lui rapporter la couverture de leur chambre. C'était peut-être un peu idiot de réfléchir de cette façon, comme si Naoki était un enfant, mais... il y avait leur odeur à tous les deux dessus. C'était familier et rassurant... C'était autre chose que des draps froids et sans odeur dans lesquelles Naoki ne dormait pas.
Mais pour l'instant, Mikio s'était occupé de son visage sur lequel il avait passé ce gant frais et humide. Avec plus que tendresse que nécessaire probablement... ou pas. Il n'y avait jamais assez de tendresse pour Naoki. Néanmoins, si Mikio se perdit, il se surprit un instant à ne récolter aucune protestation. Pas que ça le dérangeait mais... Un instant, le Coréen pensa que Nao s'était laissé bercé par les caresses de son âiné, ou plus probablement, qu'il était retombé dans l'inconscient.... Mais non. Il le fixait. Et en croisant son regard, le coeur de Mikio rata un battement. « ... » Avant d'en louper un autre sous des caresses qu'il n'avait pas attendu... mais sur lesquelles il s'était simplement concentré avant de reprendre sa tâche. Naoki était si sage tout à coup... Tout paraissait si calme autour d'eux. Un instant, Mikio avait presque trouvé l'ambiance reposante. L'angoisse n'avait pas disparu, mais il ne pouvait nier que ce moment particulier l'avait quelque peu apaisé au point que le Coréen avait retrouvé un semblant de calme...
Mikio avait souhaité que cela dure. Si Nao pouvait resté aussi docile et sage... Mais c'était trop beau, n'est-ce pas ? Les miracles se produisaient rarement deux fois à la suite et à la question du plus vieux, il n'avait bien sûr obtenu qu'une réponse tristement prévisible.
Nao ne saignait jamais du nez.
Qu'est-ce qu'il aurait aimé le croire. De toutes ses forces, il en avait eu envie.... Mais ses sourcils s'étaient froncés et son expression avait trahi son doute. Pour ne pas dire le fond de sa pensée... Parce que dans sa tête, ce n'était pas "jamais" qu'il avait entendu, mais bien "trop souvent"... Même une fois de temps en temps, c'était déjà trop. Mais il n'avait pas essayé de contester. En fait, il n'avait même pas répondu... Nao était buté. Si pour lui, la réponse était "jamais", alors il n'obtiendrait rien d'autre que cette réponse là. Alors il avait seulement replacé correctement sur son front le gant qui avait glissé au mouvement de tête de Naoki...
La question allait de toute façon être réglée : Mikio appelait le médecin.

Bien sûr, il s'était attendu à ce que Naoki proteste cette fois. A vrai dire, un silence de sa part l'aurait même inquiété... mais il n'avait pas anticipé une telle supplication. Elle avait été si déchirante que Mikio avait marqué une pause pour le dévisager... Ne pas lui faire ça... ? Mais c'était un médecin qu'il appelait, pas un bourreau ! A entendre le garçon, Mikio s'apprêtait à l'envoyer à la torture... Il voulait le soigner, seulement le soigner ! Naoki ne voulait pas guérir à ce point ? Déglutissant avec difficulté il tenta une première réponse : « Nao j'ai pas le ch-... » sans succès. Parce que la surenchère de son cadet lui avait tellement serré le coeur, au même titre que cette main désespérément accroché à sa jambe, que sa voix s'était perdue dans sa gorge nouée. Il ne comprit que davantage à quel point Naoki était terrorisé à l'idée de voir un médecin dès l'instant où il se mit à faire quelques compromis. S'il tendait à se montrer raisonnable, ce n'était malheureusement pas suffisant... Et Mikio avait dû se faire violence pour secouer la tête. « Je ne peux pas Nao, c'est pas raisonnable... Tu dois voir quelqu'un... » Lui tenir tête était pénible. Et s'il s'était borné à ne plus fixer que l'écran de son téléphone pour ne pas voir l'expression désespérée de son protégé, il pouvait difficilement ignorer les lacérations de son coeur à chaque nouvelle plainte... Il ne pouvait pas céder. Il s'était vu le faire pourtant à cette énième supplication trop douloureuse pour sa pompe à sang... Si ses yeux avaient croisé ceux de Nao, à cet instant, s'il avait vu les larmes briller dans son regard... Mikio aurait peut-être reposer son téléphone. Parce que c'était insupportable d'être la cause d'une telle souffrance.... Mais c'était céder qui était un tort. S'il avait quitté l'appareil, ça n'aurait été que pour le reprendre plus tard et lui refaire du mal.... Retarder l'inévitable n'était pas une bonne chose. Nao avait une forte fièvre, il devait voir quelqu'un au plus vite. Alors il s'efforça de continuer.

Ce qui ne l'empêcha pas de culpabiliser au point de ne pas relever le culot dont fit preuve Naoki ensuite. Évidemment qu'il l'écoutait... son coeur l'avait bien entendu. Mais il n'avait pas le choix. Est-ce qu'il devait lui répéter ? Mais au soupire de Nao, Mikio crut à un début de renoncement. Tant mieux... ça ne servait à rien de protester... à part lui rendre la tâche plus difficile. Et il s'apprêtait enfin à appuyer sur le bouton vert quand Nao trouva le moyen pour l'interrompre une nouvelle fois. Son visage se tourna vers lui, incrédule. La sienne ? Un docteur ? Mikio le scruta un instant, un brin méfiant, mais surtout surpris.... Parce qu'au vu de cette phobie qu'il avait semblé développer pour les médecins, c'était étonnant qu'il en ait une.... Mais en dépit de cette mauvaise impression qui lui tordit le ventre, Mikio finit par céder. « D'accord... » Puisque Nao semblait autant redouter une consultation, il pouvait au moins lui accorder ce choix s'il se sentait plus à l'aise avec elle.

Il déposa son téléphone sur le chevet avant de se lever pour rejoindre le sac indiqué par Naoki. En s’accroupissant pour fouiller l’intérieur, ses yeux se froncèrent. Qu'est-ce que c'était que ce sac ? Il n'avait pas vraiment eu envie d'analyser tout le contenu seulement, il ne put ignorer qu'il semblait y avoir tout le nécessaire pour découcher... Nao devait-il finalement réellement se rendre quelque part ? Mais quand ne dormait pas là, il en parlait toujours à Mikio. Or ce sac ne fut pas sans lui rappeler cette valise qu'il avait défait peu après le faux départ du garçon. Il ne comprenait pas ce que signifiait son contenu mais son ventre persista à rester noué... Nao ne comptait quand même pas... ? A cette idée, déglutir lui fit soudainement impossible. Il devait lui poser la question. Pas tout de suite, mais il n'attendrait pas une nouvelle fugue cette fois-ci... Et aussitôt qu'il mit la main sur ce qu'il cherchait, Mikio referma le sac et retourna vers le malade, tentant de cacher en vain une nervosité qu'il ne savait pas dissimuler. Plus tard... la priorité était d'appeler un medecin....
Tendant le téléphone à Naoki, il prit quand même la peine de demander « Tu veux que j'appelle moi ? » Si Nao se sentait trop faible à cause de la fièvre, il le ferait bien évidemment. Mais comprenant que le sujet était délicat avec Naoki, ce qu'il aurait fait spontanément, il préféra prendre des pincettes avec lui....   
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     Sam 25 Fév - 15:49
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EXORDIUM.
Est-ce que c'était si compliqué que ça pour lui d'être honnête ?
A le voir secouer la tête, de la même manière que pour ce "tu as mal ?" plus tôt, au retour de Mikio dans la chambre, il fallait le croire. Evidemment qu'il n'avait pas froid.
Mais est-ce qu'il n'en n'était vraiment pas capable ? Juste dire "Oui Michan, j'ai mal. Oui Michan, j'ai froid. En fait... ça ne va pas du tout. Je ne me sens vraiment pas bien." ?
Oui... il ne savait... et dans son monde, les mots "ça ne va pas" étaient même interdits. Il ne les avait jamais prononcé, alors pourquoi le faire aujourd'hui ? Parce qu'il était malade ?
Il n'était pas malade. Il avait juste besoin de tromper un peu son monde pour s'aménager un temps supplémentaire pour trouver du repos qui ne serait jamais suffisant. Une route qu'il pratiquait déjà de manière différente enfant. Il avait l'habitude de faire ça. C'était probablement plus facile avant avec un complice comme son père pour protéger ses secrets et la honte de cette faiblesse dont son fils faisait toujours preuve. C'était plus simple quand on n'avait pas face à soi un Mikio visiblement peu disposé à rentrer dans vos mots pour vous permettre de faire selon vos habitudes.
Il ne pouvait pas vraiment le blâmer. Sans doute ne jouait-il pas la comédie assez bien aujourd'hui. Son père le lui aurait fait remarquer, il lui aurait dit de se reprendre et ces simples mots l'auraient aidé à mentir mieux sous les effets d'une pression à laquelle il réagissait bien.

Mais aujourd'hui, s'il mentait, ce n'était pas pour s'éviter d'autres punitions, d'autres souffrances. Non. Mais il y avait bien des raisons communes à son passé. La honte en était un excellent exemple. A ce sentiment familier qu'il ressentait par dessus tout venait s'ajouter la plus grosse différence de sa vie aujourd'hui, de son petit rêve : Mikio.
Mikio avait beau demandé la vérité, il mentait pour lui sous différentes raisons. Le protéger, ne pas l'inquiéter... ne pas lui faire voir non plus de cette chose misérable qu'il cachait en lui.
Il en avait tellement de raisons pour se contenter d'un "ça va". C'était le mieux pour lui. Le mieux pour Mikio. Le mieux pour tout le monde. Et aujourd'hui, s'il faisait correctement semblant, il pourrait... non, il faudrait faire les choses en douce manifestement s'il souhaitait faire comme à son habitude.
Deux chutes n'avaient pas été suffisantes pour le détourner de l'idée de s'éclipser de cet appartement pour se rendre à l'hôtel. Evidemment, il prendrait sa voiture. Il en avait une, à quoi ça servirait autrement ? Que la décision soit raisonnable ou non n'entrait pas en ligne de compte quand il était le principal concerné. Oui, parce que tout se justifiait sous le peu d'importance qu'il s'accordait. Il n'en n'avait aucune.

On ne pouvait ceci dit pas retirer à Mikio qu'il avait un certain talent pour le faire dévier de son obstination. Parce que pendant un instant, les gestes du coréen l'avaient perdu et ses pensées s'étaient embrouillées pour devenir des souhaits qu'il devait pourtant rejeter.
C'était certain. Son coeur n'avait pas besoin de lui souffler. Il le savait que ce serait bien plus agréable. Même simplement de poser sa tête sur ses jambes comme pour demander silencieusement qu'il le berce, qu'il le rassure, en caressant ses cheveux de la manière dont il avait l'habitude de le faire.
Oui, il s'en doutait que ce serait moins douloureux d'ouvrir la bouche maintenant pour demander à Mikio si ça ne le dérangeait pas de venir près de lui, dans ce lit, et de le retenir un instant dans ses bras. Il aurait même pu ajouter une chanson à la requête, quelques câlins et des mots rassurant mais sa bouche était restée close jusqu'à ce qu'il prononce ce mensonge.

ça pourrait aller encore moins bien. ça devrait aller pour les apparences. Il n'avait pas le choix, c'était comme ça. Il y avait des choses qu'il n'était pas en droit de demander.
La seule option possible était de retrouver la sécurité de sa solitude pour être capable de se reposer un peu sans se fatiguer davantage à tenir des apparences auxquelles il avait du mal à s'accrocher maintenant.
Le portable sur son chevet prouvait que c'était idiot si le but était de convaincre Mikio de le laisser sortir dans peu de temps. Mais des raisons pour persister, il y en avait toujours tellement. Et il y en avait autant pour insister maintenant. Même si ça ne semblait servir à rien. Même si malgré ses supplications, Mikio l’appellerait ce médecin. Alors, dans son abdication, parmi les quelques arguments qu'il avait laissé placer à Mikio, le seul auquel il avait répondu c'était cette évidence qu'il avait soulignée dans un souffle « Non... apparemment... c'est moi qui ne l'ai pas... le choix... » il ne pouvait s'en prendre qu'à lui-même pour ça. Parce que s'il s'était mieux débrouillé, il serait parti de cet appartement et Mikio ne l'aurait pas trouvé dans cette salle de bain.
Mais il pouvait très bien s'occuper de lui tout seul. Pourquoi Mikio ne voulait pas le comprendre ? Est-ce qu'il devait montrer sa carte d'identité pour prouver qu'il était majeur ?
Laquelle ?
... il était majeur sur les deux de toute façon...

Mais au moins, il avait le droit d'appeler Saeko.
Oui... il n'y avait pas franchement de quoi se réjouir. Et là encore, il en avait des tas de raisons de ne pas sabrer le champagne. La plus évidente était l'une de ses règles d'italien. Saeko serait bien la première à venir ici. Et s'il fallait transgresser ce règlement, ce n'était pas elle qu'il aurait désigné en premier choix, ni dans les dix premiers d'ailleurs. En fait, elle était même très probablement son dernier.
Evidemment, c'était son portable pour le "travail" qu'il réclamait maintenant. Mais rares étaient ceux à figurer dans celui posé sur son chevet. Ses deux colocataires, trois numéros qu'il n'avait plus le droit de composer mais qui entraient toujours dans sa liste...., Keira, Ji Hoon, Kazuya, et le répertoire ne s'allongeait que de peu après ces noms là.
Donner ce numéro à Saeko était une idée au moins aussi grotesque que... de la faire venir ici par exemple.
Il n'avait pas suivi des yeux Mikio au cours du trajet jusqu'à son sac. Ce n'était qu'un faux pas de plus et pas le pire de la journée. Et puis oui... il n'était toujours qu'un idiot qui préférait limiter son regard dans les déplacements de cette chambre. Il n'était qu'un idiot qui se remettait manifestement à y penser un peu trop sitôt le coréen éloigné du lit...
Il avait beau se répéter qu'il n'était qu'un imbécile et que c'était comme ça qu'il le ferait revenir, ses pensées restaient bloquées sur une paire de chaussures qu'il essayait de chasser par des paroles de logique qui n'entraient probablement plus tellement en compte quand on avait autant de fièvre que lui.

Naturellement, sa tête s'était secouée à la question de son aîné et sa main s'était tendue vers son téléphone « Non... je vais le faire... » lui ? Qui d'autres ? Il y en avait d'autres des types comme lui dans cette pièce qui échangeait leur corps contre des ordonnances ? Sa main s'était donc saisie du téléphone. Il était encore capable de prononcer quelques phrases sans s'évanouir non ?
Rien n'était certain au vu de son pathétisme de la journée.
Passant une main libre sur son front, puis sur sa tempe, le geste s'était arrêté en se souvenant d'une question précédente et il avait allumé son téléphone en tentant de garder une contenance. Un minimum. Si sa vision ne semblait pas disposée à être moins flou, il s'était efforcé de la concentrer sans sembler le faire.
Et puis, il avait attendu deux minutes. Non pas parce qu'il voulait argumenter avec son aîné. C'était ce qu'il faisait toujours quand il allumait ce téléphone là. Il le laissait vibrer, recevoir ses messages et puis il s'y intéressait à nouveau. Oui, il travaillait beaucoup.
Est-ce qu'il ne voulait pas embaucher une secrétaire ?
Il était sûr que Minoru serait ravi de prendre le poste s'il en venait à un tel degrès de... hum... il n'avait pas vraiment de mots.

Mais qu'il reçoive autant de messages en une nuit n'avait pas vraiment son importance ici. Non, ce qui en avait, c'était la présence ou non de Mikio. Un instant, ses yeux s'étaient relevés vers lui et il avait semblé attendre bien au-delà du dernier message reçu.
Inutile de lui demander s'il comptait rester là. Manifestement, c'était son attention.
ça allait être pratique... donner des consignes précises à Saeko devenait impossible.... Il devrait faire sans.
Aucun mot n'avait quitté ses lèvres lorsqu'il avait baissé ses yeux à nouveau vers l'écran. Quelques secondes plus tard, il engageait l'appel et posait le téléphone contre son oreille, le regard rivé sur son chien. C'était plus simple de cacher ce qu'il ressentait maintenant à son chien... c'était certain.
Au bout de la troisième sonnerie, il avait entendu la voix de sa docteure qu'il avait salué avant d'entrer dans le vif du sujet sans d'abord reconnaître l'évidence que Mikio était visiblement le seul à voir « Est-ce qu'on peut se voir ? » "oui bonjour, j'aurai aimé prendre un rendez-vous s'il vous plait"... ouais, ça aurait pu être marrant ceci dit... dans une autre vie « On ne devait pas se voir demain ? T'as hâte ? » au moins Saeko gardait son humour elle « Je sais... » comment lui dire, sans lui dire ? Comment formuler les choses sans les formuler ? « ça va, je devrai pouvoir m'absenter. Pas avant une vingtaine de minutes ceci dit... T'es déjà à l'hôtel ? » si seulement... « Ah non... c'est que... » "Je suis malade" Naoki, c'est peut-être les mots que tu cherches. Mais c'était certain, ça risquait de lui faire un choc à Saeko qu'il lui demande une vraie consulation... du moins dans les apparences « T'es bizarre... » les propos, ou le ton de sa voix probablement faiblarde malgré ses efforts, il ne lui avait pas laissé le temps de se montrer plus précise lorsqu'il avait ajouté « Tu peux venir chez moi ? » il ne savait pas vraiment si Saeko avait fait une crise cardiaque à l'autre bout du fil, mais ça lui avait pris plusieurs secondes pour répondre un étonné « Chez toi ? » normalement, ce n'était jamais supposé arriver mais ce n'était très certainement pas elle que ça dérangeait « Hum... » chez lui... est-ce qu'il était vraiment obligé de faire ça ? Il ne pouvait pas raccrocher et dire à Mikio qu'il était une grande personne, qu'il ne verrait pas de médecin et que si l'idée ne lui plaisait pas, c'était pareil ? « T'es tout seul ? » là encore... si seulement... « Non... » elle le comprenait bien ce que ça impliquait ? Ils n'allaient pas devoir tourner en rond encore longtemps comme ça, n'est-ce pas ? « Est-ce qu'on joue aux devinettes ? »

... Oui, c'était à peu près ça. Sans qu'il ne lui dise, Saeko devait comprendre qu'elle devait venir ici, sans espérer quelque chose en retour de sa part. Elle lui ferait bien une ordonnance mais n'obtiendrait son paiement que plus tard. Bien sûr, elle devrait faire semblant d'être un vrai médecin, ce qu'elle était mais pas dans les formes avec lui... elle devrait faire comme si elle l'avait ausculté puis repartir. ça donnait quoi aux charades ?
Jetant un coup d'oeil à Mikio, son attention s'était reportée ensuite sur son chien qui, rassuré de ne plus voir son maître bouger, avait reposé sa tête sur ses jambes, prêt à entamer une sieste.
Il était obligé de dire quelque chose s'il voulait que la situation ne soit pas mal comprise... ou plutôt bien comprise par Mikio. Et il devait le dire maintenant de manière à ce que Saeko le comprenne avant d'arriver ici. Entendant son prénom à l'autre bout du fil, il avait fini par se lancer pour un grotesque « Je pense... je pense que je couve quelque chose.... rien de grave... » Saeko l'avait peut-être pensé, mais elle ne l'avait pas prononcé ce "sans blague"... il peinait... à l'hôtel il aurait pu renoncer... et chercher un sommeil qu'il détesterait « Tu veux que je vienne pour une vraie consultation ? » il pouvait le comprendre, oui, que ce soit choquant, ça n'était jamais arrivé après tout « Non... » enfin... "un peu"... « Je me disais bien... » ça devenait trop long. Et tandis qu'il songeait aux mots qui écourteraient ce coup de téléphone, Saeko l'avait devancé pour s'inquiéter de la seule chose qui l’intéressait vraiment « Ce sera une avance j'imagine ? » il payait toujours, ça n'avait pas à être une source d'inquiétude pour elle. Elle le savait bien alors il s'était contenté d'un simple « Oui. »    
avant qu'enfin ce coup de fil ne parvienne à sa fin « Bon ça va. Je vais venir. C'est quoi l'adresse ? » il aurait pu poussé un soupir de soulagement, s'il avait été soulagé... mais cette épreuve était loin d'être terminée, il n'avait fait que l'engager.

Envoyer un message, il ne l'avait considéré que quelques secondes. Il en était probablement capable oui... mais en combien de temps ? Pour tout ce qu'il aurait eu à dire... et sans éveiller les soupçons de Mikio.... Alors, malgré l'angoisse, il lui avait donné l'adresse directement avant de raccrocher et de déposer son téléphone sur le matelas.
Son regard avait retrouvé les traits de son coréen et il n'avait pas su vraiment quoi lui dire.
Il n'était pas partant pour un "satisfait ?" ou un "t'es content ?" non... il n'avait pas non plus envie de lui demander un cookie pour avoir été un gentil Naoki. Il n'était clairement pas un gentil Naoki de toute manière... « Je pense qu'elle sera là dans moins d'une heure. »

ça leur laissait tout juste le temps de fêter ça avec une coupe de champagne.
A quoi ils trinqueraient ?
A sa vie de dépravé probablement.
   
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     Dim 26 Fév - 2:40

just a spoonful of sugar
Naomi

Non, en effet. Naoki n'avait pas le choix. Mikio ne pouvait pas le lui laisser... Il ne pouvait pas céder. Même avec cette douleur lancinante dans sa poitrine qui se ravivait aux supplications du garçon qui lui tournaient en boucle dans la tête. Il avait l'impression de faire une chose atroce. Il n'avait jamais entendu Nao le supplier de cette façon... Il ne l'avait jamais senti si paniqué autrement qu'après un cauchemar... C'est ça. Mikio avait cette terrible impression de devoir lui faire vivre un cauchemar et parce qu'il en était plus ou moins la cause, il était tout simplement incapable de le rassurer.... Mais pourquoi avoir à le faire quand a priori il faisait ça pour son bien ?
Il ne savait pas. Le doute l'avait assaillit... Comment était-il censé réagir ? Nao ne voulait pas. Il allait probablement lui en vouloir mais... quoi ? Il devait s'arrêter ? Poser ce téléphone et laisser son cadet dans cet état ? Nao le remercierait peut-être mais après ? Que se passera-t-il ensuite ? Quand il le retrouverait par terre une nouvelle fois. Si sa tête heurtait le sol plus violemment. Ou s'il parvenait à sortir ? Quand il prendrait la voiture....
Le frisson d'horreur qui lui parcourut le dos suffit à le convaincre. Naoki ne quitterait pas cette chambre. Mikio ne referait pas la même erreur. Il n'en ferait pas de pire non plus.... Ce médecin, il allait l'appeler.

Ou du moins, il allait laisser Naoki le faire. Ce dernier l'avait convaincu de lui accorder au moins ça... Si, l'étudiant préférait son médecin, , alors soit. Il pouvait comprendre. C'était normal, non ? Surtout si on était déjà angoissé de voir un docteur. Oui. Mais cette appréhension ? Déglutissant une énième fois, le chanteur avait mis ça sur le compte de la nervosité et de ce sac qui n'avait pas participé à le rassurer. Il n'allait pas le questionner maintenant... mais il le ferait. Il se l'était promis. Il ne le laisserait plus lui filer entre les doigts parce qu'il avait trop peur de froisser le garçon... Ce gosse, décidément... Il n'y avait que pour lui que le Coréen était capable de se prendre la tête. Il n'avait jamais eu autant de tact qu'avec lui. Pour un autre, il n'aurait eu aucun mal à poser la question parce qu'il voulait savoir. Pour un autre, il aurait aussi très bien pu ne même pas vouloir la poser cette question... Parce qu'il n'aimait pas se mêler de ce qu'il ne le regardait pas. Mais Naoki.... Naoki, c'était différent. Tout était différent. Avec lui, le chanteur dérailler trop vite. Son coeur, son cerveau... Il n'y avait aucune part de lui qui ne s’affolait pas quand il était proche de l'étudiant. Si c'était une bonne ou une mauvaise chose... Mikio s'en moquait. Il savait qu'il était déjà atteint. Qu'il était déjà dingue.... Et il savait aussi qu'il n'avait pas envie de l'être moins. Que tout ce qui l'importait c'était protéger cette personne si chère et précieuse à ses yeux parce qu'elle avait donné un tout autre sens à sa vie. Elle y avait apporté de jolies couleurs. D'autres perspectives.... Et parce qu'il s'accrochait désespérément à tout ça, Mikio ne pouvait prendre le risque de le perdre. Il s'y était mal pris jusque là. Très mal pris... Il n'avait fait qu'aggraver les choses en faisant semblant de le préserver... Désormais, il allait réellement prendre soin de lui. C'était pour cette raison que Naoki verrait un médecin. Et pour cette raison aussi qu'il lui demanderait ce qu'il comptait faire avec ce sac plus tard.

S'il avait laissé Naoki prendre son téléphone, il n'avait pu ignorer que son appréhension ne disparaissait pas. Au fond, il y avait peut-être aussi de la méfiance.
Envers Nao ? Il ne le croyait pas pour son médecin ?
Si... enfin, peut-être. Naoki avait l'air prêt à tout pour lui fausser compagnie. Tomber deux fois ne lui avait suffit. Saigner du nez n'avait pas semblé lui poser problème. Même alors que ses forces l'abandonnaient, le garçon continuait de nier. Certes, Mikio ne lui donnait plus le choix de coopérer mais et si... ?
Non... Nao n'irait pas jusqu'à lui mentir ouvertement de cette façon...
....
En faisant semblant d'appeler un médecin ?
....
Nao était culotté. Il ne manquait de ruse et il savait largement s'y prendre pour avoir le Coréen, mais... Non. Il ne devait pas trop réfléchir. Naoki allait appeler sa doc'. De toute façon, Mikio finirait bien par le voir si quelqu'un arrivait ou non. Ca irait. Oui, ça irait....
Au moins, il put constater que son cadet allumait bien son téléphone. Oh ça, Mikio ne put pas en douter puisqu'il se mit à vibrer. Beaucoup. Trop. Tiquant à la énième vibration, le Coréen se racla la gorge et se borna à fixer le coin de la chambre. C'était un peu gênant. Mais il n'émettrait aucun commentaire... Aussi bien extérieurement qu'intérieurement. Il s'y obligeait. Ca ne le regardait pas. Naoki pouvait recevoir des messages de qui il voulait. D'amis. De filles.... Ca ne le regardait pas. Et il n'était pas contrarié. Non, pas du tout. Pourquoi le serait-il ? Parce qu'il venait de renifler typiquement et exactement de la même façon que lorsqu'il était contrarié ? Non. Bien sûr que non, ça ne voulait rien dire. Lui aussi il avait un rhume. Tout allait bien.
Oui, tout allait bien et lui, qu'est-ce qu'il était con.

Mais même après la dernière vibration, il remarqua du coin de l’œil que Naoki n'avait toujours rien fait. Tournant le visage vers lui, il fut un instant surpris de rencontrer ce regard. Il marqua une pause en le soutenant avant de.... Oh non, jeune homme, même pas en rêve ! Les sourcils de Mikio se froncèrent en croyant comprendre ce que l'étudiant attendait de lui. Il ne bougerait pas. Qu'il n'espérait même pas lui demander de sortir. C'était hors de question. Le chanteur s'apprêta à ouvrir la bouche pour le prévenir mais... il n'eut pas à le faire. Naoki sembla comprendre seul et lorsque son regard retrouva l'écran de son téléphone, Mikio réprima un soupire soulagé. Tant mieux s'il n'insistait pas... Toujours lui dire non, c'était fatiguant... Il avait l'impression d'être un tortionnaire.

Mikio était peut-être un peu trop parano pour tendre discrètement l'oreille dans l'espoir d'entendre la sonnerie du téléphone... mais quand lointainement le bip significatif lui était parvenu, il s'était bêtement senti soulagé. Évidemment que Nao ne faisait pas semblant. Crétin.
Non en revanche, quand le garçon ouvrit la bouche.... quelque chose le chiffonna. Et s'il fit mine de ne pas trop épier Naoki, ses sourcils se froncèrent malgré lui. Qu'est-ce que c'était que cette conversation ? C'était tellement... informel. D'accord, Mikio était le premier à ne pas respecter les règles trop conformes de la société mais là, c'était Naoki. Il appelait bien un médecin ? Peut-être qu'il se prenait la tête pour un rien. L'échange n'avait rien de très professionnel mais cela signifiait peut-être juste que Naoki connaissait cette femme. En fait, c'était le plus logique. Et ça n'était pas une mauvaise chose en soi, non ? Non, pas vraiment... Mais quelque chose le faisait tiquer.
Il y avait toujours cette mauvaise impression, logée là dans son ventre. Ou alors, ça avait peut-être avoir avec le fait que cette "doc'" soit dans le répertoire "travail" de Naoki.....
Afin de couvrir son mal aise, Mikio avait fini par se lever. Cédant à cette manie d'ébouriffer ses cheveux, il s'était éloigné vers la commode où il avait laissé la pharmacie de Naoki. Pendant que ce dernier appelait son docteur, le chanteur pouvait déjà préparer les comprimés. Ca serait ça de fait. S'affairant à la rechercher les cachets que Nao lui avait indiqué plus tôt, il mentirait s'il niait qu'il l'avait fait sans écouter. S'il feignait se concentrer sur ses recherches, il ne perdait pas une miette de l'échange.... abondant... de son cadet. Mh. Non, on lui enlèverait pas que cette conversation était particulière pour ne pas dire bizarre.... Nao n'avait donné aucun symptôme encore, comme si cette femme à l'autre bout du fil était parfaitement disposé à se déplacer pour lui de toute façon. D'accord, il pouvait mettre ça sur le compte du déni incroyable de son protégé mais... Ah ? Mikio ne put s'empêcher de tourner le regard vers lui tandis qu'il évoquait très péniblement l'éventualité de "couvrir quelque chose". Arquant un sourcil, Mikio n'eut pas le temps de se "réjouir" plus que ça, et roula finalement les yeux au ciel. Rien de grave.... Ce gosse, décidément. Il ne lâchait rien. Secouant la tête pour lui-même, Mikio avait reporté son attention sur la boite de comprimé qui feraient normalement baisser la fièvre de Naoki.

Quand l'appel coupa, le Coréen revint près du plus jeune, comprimé en main. Doucement, il se rassit au bord du lit et son regard se posa sur lui. Est-ce qu'il devait le féliciter ? Mh. Nao penserait qu'il se moquait de lui. Alors à sa précision, l'aîné hocha seulement la tête d'un air entendu. Elle allait donc bien venir. « Bien. » Moins d'une heure... Est-ce qu'elle était en consultation ? Ca restait relativement correct. Mais en attendant, c'était à lui de s'occuper de Naoki... De ce fait, il tendit le verre d'eau et les médicaments au garçon. « Prend ça en attendant. » Il espérait que ça le soulagerait un peu avant l'arrivé du médecin. Ca n'excluait évidemment pas la nécéssité d'en consulter un....

« Je vais chercher une couverture, je reviens, » avait-il finalement déclaré avant de se redresser, non sans s'être assuré qu'Umberto était toujours en place sur les jambes du potentiel fugueur. Oh, il se souvenait bien de la réponse de l'étudiant quand il lui avait demandé s'il avait froid, mais comme toutes les autres, il n'y avait évidemment pas cru. Pas quand il l'avait retrouvé péniblement emmitouflé dans son draps à son retour. Mikio n'allait pas attendre qu'il se montre honnête pour s'occuper de lui.
Alors une nouvelle fois il avait quitté la chambre en se pressant. Umberto surveillait Naoki mais il ne voulait pas prendre de risque. Alors une fois dans leur chambre, Mikio s'était dépêché de tirer leur couette du lit et l'avait négligemment enfilé sur son dos comme une sorte de voile, voire de carapace un peu trop confortable. Mais traîner, il ne l'avait pas fait, même s'il n'était pas sorti immédiatement. Il avait rapidement cherché un t-shirt et avait fini par mettre la main sur un vêtement. Probablement un appartenant à Naoki qu'il l'avait laissé dans sa chambre parce que cette pièce était désormais la sienne aussi.
Mikio n'avait cependant pas mis plus d'une minute à revenir dans celle qui appartenait officiellement au plus jeune. Il ne soucia pas d'avoir l'air ridicule avec cette couverture sur la tête et l'enleva de toute façon rapidement pour pouvoir l'étaler soigneusement sur le lit. Il sourit en remarquant la bosse formée par un Umberto qui venait de se faire ensevelir soudainement. « Tu devrais sortir de là bébé, tu vas avoir chaud. » Il souleva le tissus pour laisser un passage au chien qui s'y engagea en jappant, remontant vers Naoki. Mikio profita que leur fils soit distrait avec son papa italien après s'être secoué une fois à l'air libre, pour placer correctement la couverture sur ce dernier. Une fois tout installé, Umberto se recoucha docilement sur le malade sans que le Coréen ne le lui demande. Doucement, il le flatta d'une caresse sur la tête non sans un petit sourire fier. Leur fils était vraiment parfait.
Rapidement, il vérifia que Naoki était bien installé, tapotant son coussin, et posant le t-shirt qu'il avait ramené près lui en lui préconisant de le mettre si jamais il avait trop froid. Remontant la couette sur lui d'une main affectueuse, cette dernière dispensa des caresses à travers la literie sans trop faire attention. Il put également difficilement la retenir quand elle se perdit un instant sur la tête du garçon dans une nouvelle caresse trop tendre, prétextant réajuster le gant sur son front. « Dis moi si tu as trop chaud. Repose toi en attendant... » avait-il doucement soufflé.

Un soupire lui avait échappé et s'il s'était fait violence pour obligé sa main à le laisser tranquille, elle reposa près de son ventre par dessus la couverture. Son regard retrouva malgré lui le sac toujours dans un coin de la pièce. Sa gorge se noua. Nao devait se reposer, oui... Seulement, s'il ne l'interrogeait pas maintenant, il savait qu'il ne le ferait plus après. Intérieurement, Mikio se répéta d'arrêter d'être lâche et il s'obligea à remplir ses poumons d'air avant de tourner de nouveau le visage vers son cadet. « Naoki.... » Il expira nerveusement. « Ce sac.... C'est pour quoi ? » Il ne voulait pas entendre "pour rien". Il ne voulait pas que Nao lui mente. Ses yeux s'étaient baissé sur sa main qui s'était resserré nerveusement.... et la suite lui avait échappé. « Tu n'as pas l'intention de... partir... encore... ? » Son ventre se noua si fort qu'il dû réprimer une grimace. Il se rendit compte alors que son coeur battait excessivement vite à cette crainte évoquée à haute voix qu'il gardait au fond de lui depuis trop de semaines.... Nao ne pouvait pas... Il était revenu... Mikio lui avait promis de ne plus le laisser partir... de l'Australie, il était revenu... alors, ce n'était pas maintenant qu'il allait partir... n'est-ce pas ? 
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     Dim 26 Fév - 3:57
Just a spoonful of sugar
EXORDIUM.
Il ne venait pas vraiment d'inviter Saeko à venir chez lui ?
Si, il l'avait bien fait cette connerie là.
ça se passerait bien. Il mettrait ses forces à faire en sorte que tout se déroule sans accroc. Mikio ne devinerait rien et il pourrait continuer à avoir secrètement honte de lui.
Evidemment, il n'était pas capable de se mentir en pensant que ça ne changerait rien. Cette décision, moins pire que de laisser Mikio appeler un autre médecin, restait une belle connerie. Saeko devait déjà être ravie de son côté. Il lui permettait un peu plus et il craignait de mal gérer l'affaire de son côté.
Et si elle se mettait à se pointer ici sans raison ?
Elle ne le ferait pas. Elle ne le ferait pas parce qu'elle tenait à leur petit accord. Il ne devait pas s'en inquiéter, c'était à lui de définir à nouveau les barrières quand ils se retrouveraient à l'hôtel. Quitte à lui offrir un peu plus de son temps pendant un moment. Il pouvait bien faire ça si ça le sauvait de visites surprises dans cet appartement où il faisait semblant d'être quelqu'un de bien et de presque fréquentable.

... à quel point Mikio serait déçu s'il comprenait ?
Cette question, il se l'était posé en relevant les yeux vers lui.
Sincèrement, il se sentait triste pour lui. Il lui donnait de l'affection, il était bien trop gentil avec lui et il ignorait qu'il lui mentait ouvertement. Il ignorait que celui dont il prenait soin aujourd'hui était bien loin d'être celui qu'il appréciait avec tendresse. S'il savait que l'homme qui dormait contre lui chaque nuit vendait son corps pour quelques médicaments... il espérait qu'au moins, à cause de ses mensonges, Mikio ne se sentirait pas sali.... Il le comprendrait bien sûr.... Et il était parfaitement normal pour lui de culpabiliser. Il l'aimait, oui, mais il n'était même pas capable de faire preuve d'honnêteté avec lui. Non, il en avait bien profité de cette place... même parfois en rentrant d'un de ses rendez-vous avec Saeko... « Michan... » d'avance, il avait probablement pensé à s'excuser mais les mots n'étaient pas venus et son regard avait dérivé vers le verre d'eau.
Qu'est-ce qu'il pourrait bien dire ? Lui qui pensait que le mieux était encore de lui cacher la vérité et de faire en sorte qu'il ne découvre rien aujourd'hui.... Ce n'était que des excuses pour la forme, il ne se sentirait même pas moins coupable si c'était ce qu'il cherchait ... « ... merci... »

Sa main s'était tendue vers le verre, l'autre vers les médicaments et ses pensées avaient dévié un instant vers d'autres préoccupations. Silencieux d'abord, il avait détaillé les deux cachets dans sa main. Repliant les doigts, il les avait fait rouler quelques secondes dans sa paume.
Il s'attendait vraiment à ce que Mikio lui donne simplement sans détailler de quoi il s'agissait ?
... il s'était montré raisonnable au cas où... il n'avait demandé que l'essentiel pour tenir un peu...
Sans relever les yeux, il s'était mordu la lèvre sans être capable de cacher que quelque chose l'embêtait dans le contenu de sa main.
Il ne voulait pas s'endormir... pas ici... et pas comme ça...
« C'est pas ce que... » c'était cette phrase là qu'il ne devait pas terminer. Les excuses auraient été plus justifiées qu'un : « ... j'ai demandé... » il le savait non ? Que ce n'était pas une erreur involontaire de la part de Mikio ?
Relevant les yeux vers ce dernier, il l'avait regardé quelques secondes, peiné. Et puis il avait fini par ajouter « C'est pas grave... » ... ça ne servait à rien d'insister... il devrait s'en contenter. Et c'était ce qu'il avait fait en portant les cachets à sa bouche avant de boire plusieurs gorgées d'eau.

Faiblement, il avait hoché la tête à l'annonce de Mikio et ses yeux avaient retrouvé son chien. Il ne comptait pas lui demander de bouger. C'était juste cette nouvelle technique stupide et inutile. Mikio était bien là quand il avait vu Tetsuo alors....
Avec nervosité, ses doigts avaient tapoté le verre plusieurs secondes.
Pourquoi est-ce qu'il était comme ça aujourd'hui ?
Il avait fait de son mieux pourtant. Avec ses capacités. C'est vrai, elles n'étaient pas aussi bonnes que celles des autres mais il aurait au moins aimé être capable de tenir jusqu'à l'hôtel. Pourquoi il ne savait jamais faire les choses correctement ? Tout particulièrement avec Mikio.... C'était la même histoire à chaque fois. Il pensait faire des efforts. Il se répétait que cette fois-ci ça suffirait. Mais ça ne suffisait jamais. Et il l'entendait à chaque fois la voix de son père qui lui soulignait qu'il était trop faible, qu'il ne changerait jamais... que quoiqu'il fasse, il était toujours ce Naoki misérable qu'il lui donnait à voir sur le sol de sa chambre.

Dans un soupir, il avait reposé le verre d'eau sur son chevet. Qu'est-ce qu'il avait espéré de toute manière ? Les choses ne se passaient jamais comme il le voulait. Il avait ce don de toujours tout gâcher avec Mikio....
Le bruit qui annonçait son retour dans la chambre ne lui avait pas fait relever les yeux vers lui. Il l'avait entendu, autrement il ne se serait pas crispé à nouveau.... Mais il avait fallu que la couverture soit placée sur lui et que la voix du coréen ne se fasse entendre pour qu'il n'ose relever les yeux vers lui à nouveau.
Ce serait trop difficile s'il ne parvenait pas à partir d'ici.... Pour lui. Pour Mikio. Mais sa bouche qui s'était ouverte pour négocier, une fois encore, s'était finalement refermée sans formuler aucune demande. Son regard s'était perdu sur son bébé qui avait retrouvé sa place et il s'était contenté d'un soupir.
Il avait même été assez docile pour se recaler correctement dans son oreiller lorsque le chanteur s'était approché de lui.
« J'ai pas froid... » pour un t-shirt et « ... j'ai chaud déjà. » pour une couverture... deux mensonges. Evidemment qu'il avait froid, il se retenait bien trop de frisonner maintenant. Mikio était à plaindre, il fallait être expert en Naoki pour parvenir à déceler le vrai du faux avec lui. C'était bien mieux pour lui d'abandonner maintenant, il allait se fatiguer et le laissait faire à sa guise.
Oui... ça l'arrangerait probablement de son côté qu'il se décourage vite.

C'était si pénible que ça d'avoir à subir la tendresse et la sollicitude d'un homme aussi adorable que Mikio ?
Non. Le problème, c'est que c'était trop agréable. Il s'y perdait facilement. Et fatigué comme il était, il risquait de devenir aussi stupide qu'il n'avait manqué de l'être précédemment. Parce que son coeur lui faisait assez mal pour penser lui réclamer de venir contre lui maintenant. Parce qu'il était assez crétin pour avoir ressenti un instant une pointe de déception en constatant que son coréen ne s'allongerait pas près de lui.
... et à nouveau, il avait eu envie de s'excuser. Mais au lieu d'ouvrir la bouche, ses mains avaient cédé malgré lui à retenir la couverture contre lui. Pourquoi il faisait si froid en plein été ? Il n'était pas frileux normalement. Parce qu'il avait été formé à subir le froid par des jeux qui ne l'avaient jamais amusé.... Il aurait dû pouvoir le supporter maintenant. A croire qu'il ne marchait réellement bien que par la violence....

Mais sa concentration à cacher à quel point il avait froid n'avait plus été sa priorité quand la voix de Mikio s'était élevée à nouveau « ... » son regard s'était tourné vers le sac en question et la première réponse évidente qu'il avait eue avait été celle que le chanteur ne voulait pas entendre, évidemment... « Pour rien... » ... quoi ? Il ne pouvait tout de même pas lui dire à quoi servait ce sac ? ... ce n'était même pas une option ! Il pouvait toujours mentir, inventer quelque chose et....
Sous la culpabilité, son coeur s'était serré tandis que ses yeux retrouvaient les traits de son coréen « Non... » il n'avait plus l'intention de partir ? Jamais ? « Bien sûr que non... »  c'était si évident que ça ? La crainte de Mikio était stupide alors ?
....
« Michan... » est-ce qu'il pouvait vraiment le rassurer quand il savait qu'entre eux, il n'y aurait jamais de toujours ? « ... » ... oui mais... ce sac, ce n'était vraiment pas pour partir. C'était juste pour mentir, sauver les apparences, garder son masque en place... « C'est pas ça... vraiment pas ça... je t'assure que c'est pas ça.... » je t'aime... pourquoi est-ce que je te quitterai ?
Pour les mêmes raisons qui faisaient que son regard n'osait plus faire le tour de sa propre chambre...  

   
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     Dim 26 Fév - 21:13

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Naomi

Non, s'occuper de Naoki n'allait pas être une mince affaire. L'étudiant avait peut-être cédé pour le médecin mais il n'avait pas l'air plus coopératif. D'accord il avait pris les cachets que Mikio lui avait donné... bien parce qu'il n'avait pas le choix mais après ? Le Coréen se doutait que rester dans cette chambre ne faisait toujours pas parti des projets du plus jeune. Seulement, là aussi, son aîné ne lui laissait pas le choix. Umberto l'aiderait et il demanderait probablement à Kô plus tard de l'assister... Ca ne plairait certainement à Naoki mais Mikio devait se montrer vigilent. S'il ne protestait plus ou presque désormais, le chanteur craignait que son protégé ne se braque trop et que toute interaction devienne impossible. D'autant que le fait qu'il ne l'exprime pas à haute voix ne signifiait pas qu'il ne fomentait pas une nouvelle fugue. A la moindre occasion... et Mikio ne devait pas en laisser une.
Son coeur se serrait tandis qu'il ne parvenait pas à ne pas y penser... Nao allait lui vouloir. Il le blâmerait probablement. Peut-être qu'il le détesterait....
... Beaucoup ?
.... Mikio espérait de tout son coeur que si c'était le cas, il lui pardonnerait. Parce que ça n'avait pas de sens. Il faisait ça pour lui. Il ne voulait pas lui faire du mal. Et il ne recherchait pas non plus la bagarre... Mais si seulement Nao l'aidait un peu. Les choses seraient moins difficiles... pour tous les deux. Si seulement il ne lui promettait pas de le rendre fou...

Oui, si Nao n'était pas si têtu, l'hésitation ne se serait pas emparé du Coréen. Un moment, il l'avait considéré et son regard était passé plusieurs fois du malade à la couette qu'il venait d'installer sur lui. Il n'avait pas froid. Il avait chaud. Trop ? Malgré lui et tous ses efforts, le doute plana de trop longues secondes dans ses yeux. Bêtement, il avait cessé tout mouvement comme s'il n'était plus très sûr de ce qu'il devait faire ou non. Nao était borné mais ... et s'il ne mentait pas ? Aaah. C'était idiot. Tellement idiot. Mikio savait plus ou moins à quoi s'en tenir avec Nao mais à force... il y avait de ces moments où il ne savait plus de quoi douter. Est-ce qu'il devait lui retirer cette couverture ? .... La réflexion lui avait bien pris une bonne dizaine de seconde, et une part de lui l'avait maudit pour ça. Mais en secouant la tête, il avait finalement souffler : « Tu peux la retirer un peu si tu as vraiment trop chaud... » Oui, rien n'empêchait Naoki de le faire lui-même si c'était vraiment le cas. Mais s'il mentait au simple prétexte de ne pas vouloir donner raison à son aîné alors il finirait par le voir... Oui... C'était à Mikio d'assurer. De faire au mieux. Il ne devait pas se planter, il ne pouvait pas se le permettre... pas avec Naoki.... Cependant le chanteur marqua un nouveau temps d'arrêt tandis que ses pupilles n'avaient qu'intensément plus fixé le visage toujours blême de celui qui agissait comme un gosse.... Le doute avait laissé place à la préoccupation. Même si celle-là n'était jamais vraiment parti. Peut-être qu'il s'agissait encore d'un prétexte, ou peut-être que ces gestes là venaient tout simplement trop naturellement avec Naoki... mais sa main vint distraitement caresser le front de ce dernier à l'aide du gant encore humide. Il irait le rafraîchir plus tard.... Mais sur l'instant, Mikio avait seulement mordillé sa lèvre inférieur avant de souffler ce qu'il semblait retenir depuis un moment déjà :

« Juste... s'il te plait Naoki, ne me mens pas.... Si quelque chose ne va pas, dis le moi... Ca sera plus simple pour moi de t'aider.»

Et il pensait vraiment que cette demande aussi sincère soit-elle allait faire des miracles ? Que Naoki allait soudainement prendre conscience qu'embêtait Papa Michan pendant qu'il le soignait c'était moyen moyen pour lui ? Qu'il allait tout d'un coup se montrer extrêmement docile ? Et pourquoi pas lui raconter tous ses soucis aussi ?
D'accord, Mikio ne faisait pas trop d'illusion. Mais qui ne tentait rien... Et puis, Nao devait bien l'admettre : à ce stade, ça ne servait plus à rien de faire comme si tout allait bien. Alors peut-être que quelque part... Naoki entendrait sa demande ?

Si seulement. Et s'il pouvait aussi l'entendre pour qu'il ne lui mente plus tout court... Pour ce sac par exemple. Mikio ne voulait pas d'un énième mensonge. C'était trop important... Et la crainte lui serrait bien trop la gorge pour qu'il ait la force de se battre contre un nouveau mystère. Pourtant, le plus vieux avait pris son courage à deux mains et s'était lancé...
... pour se prendre un mur. Encore. Celui-là était douloureux. Comme les autres... peut-être plus parce que Naoki s'obstinait encore à lui cacher des choses. Juste sous son nez. Rien... Rien.... Combien de fois comptait-il la lui servir celle-là ? « Nao... » Quand il aurait souhaité se faire sévère, sa voix avait résonnait bien plus plaintivement qu'il ne l'aurait voulu.... Est-ce que Nao le savait ? A quel point Mikio détestait ses "rien"... ses mensonges... Il s'en contentait depuis bien trop longtemps. Il se contenait, encaissait, fermait les yeux mais... c'était stupide. Et fatiguant. Il ne pouvait plus les accepter... Il ne pouvait plus craindre cette voix qu'il entendait encore trop souvent.... Celle de Naoki qui lui disait qu'il ne ferait que les séparer en cherchant à savoir... Mais c'était faux. En fermant les yeux, Mikio risquait de le perdre... En fermant les yeux, Mikio consentait à la facilité de Naoki... celle qui l'avait amené aujourd'hui dans son lit. Ca ne pouvait plus durer. S'il pensait pouvoir déceler les mensonges, ça ne servait à rien s'il n'était pas capable d'obtenir la vérité. Alors de ce rien, il ne s'en était pas contenté....
Pourtant, la vérité pouvait s'avérer douloureuse... Si Nao avait l'intention de partir, Mikio ne le supporterait pas... Mais il devait l'entendre. En dépit de ses palpitations affolées dans la gorge et ces cognements furieux contre sa poitrine. Il devait le savoir pour être capable de faire quelque chose... et probablement empêcher Naoki de faire une bêtise.
Aux premiers "non" qu'avait prononcé Nao, les sourcils de Mikio s'étaient froncés et son poing s'était nerveusement resserré. C'était horrible mais il doutait. Comment être sûr que Nao ne lui mentait pas ? Comment quand il le faisait si facilement pour lui-même ? Comment être sûr que ces mots-là n'étaient pas juste ceux que le chanteur voulait entendre... La vérité, il aurait voulu la lire aussi sûrement que la peine se lisait sur ses traits à cet instant.
« Tu... »
Mais sa voix déjà faible mourut dès que son cadet invoqua son surnom. Son coeur loupa un battement avant de se serrer plus fort. Si son regard s'était bloqué sur sur la couverture, il osa finalement le relever pour croiser celui de Naoki. Avait-il cherché à y lire la sincérité de ses propos ? Ceux-là... Il avait résonné différemment dans le coeur du Coréen. Ce n'était pas ça.... Ce n'était pas ça...
Quelques secondes encore, la bouche de Mikio était resté close. Ses yeux s'étaient de nouveau baissé mais cette fois pour aller trouver la main de l'étudiant. Doucement, la sienne s'en était saisi... si froide... « D'accord... » Doucement, il l'avait serré entre ses doigts dans un murmure. Sans cesser de la caresser il l'avait porté sa bouche pour y déposer ses lèvres. Ses yeux étaient restés clos et s'il avait finit par détacher sa bouche, il avait gardé cette main près de son visage. « Je te crois... » ajouta-t-il sur le même ton... Sa joue s'y était légèrement appuyée comme s'il s'agissait d'un doudou et finalement ses yeux avaient retrouvé son visage qu'il avait considéré un instant. Ce sac, il ne savait pas pourquoi il y avait ses affaires à l’intérieur mais si Nao lui assurait qu'il n'avait pas l'intention de partir... ça allait non ? De toute façon, Naoki n'irait nul part pour le moment. S'il n'irait pas jusqu'à réitérer l'épisode de la valise en défaisant ce sac, il garderait quand même un oeil sur son cadet. Avait-il le choix de toute façon ?

Son autre main s'avança pour effleurer tendrement quelques unes de ses mèches sombres. « C'est bon, repose-toi maintenant... Je reste là. » Qu'il n'en doute pas. S'il avait laissé la main de Naoki regagner le matelas, il ne l'avait pas lâché pour autant. C'était juste... au cas où ses yeux recroisaient cette expression suppliante qui lui avait broyé le coeur quelques instants plus tôt...
Mikio était là. Il serait toujours là pour lui.... Naoki ne devait pas l'oublier.  
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     Dim 5 Mar - 12:03
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EXORDIUM.
Il avait si froid. Pourquoi est-ce qu'il aurait rejeté cette couverture ?
Pour le masque. Toujours pour le masque. Il n'était jamais question que de ça avec lui. Oui, c'était stupide de le faire, et pourtant son regard s'était reporté sur ce qui le couvrait en envisageant réellement de le repousser. S'il souffrait du froid, peut-être que Mikio finirait par le comprendre qu'il allait bien. Il accepterait peut-être enfin de le laisser partir et il n'aurait qu'à le supporter le temps de se retrouver à l'hôtel.
Supporter le froid, il l'avait tellement fait enfant que ce ne serait pas plus compliqué aujourd'hui. Dans une cave, pieds nus, en pyjama, enfermé pour la nuit. Dans un bain glacé dans lequel il devait rester le plus longtemps possible pour faire plaisir à son père... ou aujourd'hui pour calmer les crises. Il pouvait résister au froid qu'il ressentait maintenant. Est-ce qu'il devait remercier son père aujourd'hui ? Est-ce qu'il devait donner un prix à cette aide pour l'endurcir ?
Il se souvenait encore de ce soir-là. Celui où il s'était caché à la cave avec Tetsuo. S'il ne te trouve pas, il ne pourra pas te punir.. Quelle bêtise il avait faite déjà ? Il n'avait pas assez bien avancé dans son travail. Il avait cédé à la pression et la voix de Tetsuo dans sa tête n'avait cessé de l'encourager. Ils s'étaient cachés à la cave. Ils avaient attendu. Bêtement, en sachant que ce serait pire le lendemain. Pourtant, quand son père l'avait trouvé, il avait juste fermé la porte à clé sans un mot. Toute la nuit, il était resté dans le noir, frigorifié, à penser au prix que lui coûterait sa rébellion. Il avait tenté de tenir, de chasser tout ça en s'imaginant des jeux avec Tetsuo dans leur cabane imaginaire.... Oui, il avait été malade ce jour-là aussi. ça ne l'avait pas empêché de recevoir une correction sur le sol de cette cave dès le lendemain matin. Mais il avait été capable de se rendre à l'école. Il avait fait semblant pour ne pas être puni davantage.
Parce que son coeur était froid. Oui, c'était aussi parce que son coeur était froid qu'il parvenait si bien à le supporter.

Mikio l'avait réchauffé... un peu.... Il avait mis un peu de sa chaleur à l'intérieur. C'était pour ça qu'à l'heure actuelle, il peinait davantage. Parce que Mikio était trop gentil avec lui et qu'il n'était pas supposé recevoir de la tendresse.
Cette chaleur qu'il ne méritait pas... elle avait rendu les choses plus difficiles aujourd'hui.
Est-ce que c'était parce qu'il voulait s'y réfugier qu'il avait parfois tant de mal à tenir son masque avec lui ?
Se cacher. ça aussi il avait fini par le comprendre enfant... ça ne servait à rien, ça ne changeait rien.
Et si aujourd'hui il se cachait encore dans un rêve qui n'était pas pour lui, il savait très bien que sa réalité le retrouvait toujours

« Est-ce que tu peux le faire un peu moins... ? ... être gentil avec moi... » il n'en voulait pas de cette caresse ? .... si... mais...
Et de sa sollicitude ?
Il n'y avait pas le droit ... Parce qu'il lui mentait, entre autres. Il le fatiguait déjà probablement. Quand est-ce qu'il ne l'ennuyait pas Mikio ?
Quand il savait tenir son masque correctement. Quand il lui mentait mieux dans le fond. Alors c'était un peu absurde maintenant de lui demander de dire la vérité. Les mensonges reposaient Mikio. La vérité l'userait, le blesserait. Aujourd'hui, s'il l'avait laissé quitter l'appartement, il aurait pu se reposer sans avoir à se soucier de lui.
Pourquoi est-ce qu'il faisait tout ça ?
Non, il pouvait se le demander encore cent fois, il ne le comprendrait jamais... vraiment.
Mais maintenant, Mikio faisait fort. Il n'avait pas reçu cette formation de son côté. On ne s'occupait pas de lui quand il était malade. Malade, il ne l'était jamais de toute manière.

C'était si compliqué que ça de s'adapter ? « Tout va bien.. » oui... clairement. Mais il ne pouvait pas vraiment expliquer à son aîné que cette sollicitude menaçait toutes ses résolutions. Il ne pouvait pas lui dire que par sa faute, il allait finir par envisager de se faire chouchouter par maman Mikio parce qu'il rêvait de se blottir contre lui et de profiter un peu de sa chaleur et de ses gestes tendres. Parce que si son coréen venait dans son lit pour le bercer maintenant, il ne résisterait pas au sommeil. Des cauchemars, il en ferait, il le savait. La crise suivrait. Et Mikio se retrouverait avec un misérable asthmatique sur les bras qui ne parvenait pas plus à respirer qu'à arrêter les tremblements de son corps.
Il ne lui ferait plus subir cette image de lui. Les barrières qu'il avait abaissées en Italie, il les avait rendues plus solides, plus hautes depuis. Il ne devait plus être que Naoki. L'italien stupide pour qui tout allait bien.

Mais il suffisait d'un regard, de quelques mots, d'une peine ou d'une crainte de son coréen... et la main qu'on venait de lui prendre se resserrait doucement sur celle de son aîné. Il laissait un soupir soulagé lui échapper et sa bouche s'ouvrait pour ne pas laisser un son de plus en sortir. Parce que Mikio avait embrassé sa main. Parce que Mikio l'avait gardé contre son visage. Parce que cet homme qu'il avait en face de lui... il avait ce don pour faire battre son coeur, pour le réchauffer, pour lui donner envie de prononcer les mots "je t'aime" plus qu'à n'importe qui d'autre.
Sa tête s'était simplement hochée. Il ne savait pas vraiment si ses doigts étaient parvenus à se faire sentir mais il avait bien pensé à la caresser cette joue.
Oui. Mikio. C'était vraiment une belle personne. La plus belle qu'il connaissait. La plus belle qu'il ne connaîtrait jamais. Et un jour... un jour...

« Un jour Park Mikio... tu seras le plus heureux des hommes...»

ça ne répondait pas vraiment à ce conseil. Peut-être que c'était ce baiser ou ce dernier geste d'affection qui avait laissé cette pensée ressortir à haute voix.
Mais c'était vrai non ?
Si lui ne pouvait pas être heureux, alors même ce monde dans lequel il vivait depuis bientôt un an, il ne voulait plus le rêver.


✧✧✧✧✧✧✧✧✧✧✧✧✧✧✧


Avant même de descendre de voiture, son regard avait détaillé l'immeuble face auquel elle était garée. Saeko l'avouait, elle était assez curieuse de voir où Naoki vivait. Elle avait déjà bien pensé à le découvrir par elle-même depuis qu'il était rentré au Japon. Mais c'était probablement mieux de trouver réponse à sa question sur une invitation.
Lorsqu'elle avait appris qu'il vivait en colocation, elle en avait été réellement surprise. Elle ne le voyait pas dans ses trucs d'étudiant, pas plus que dans des trucs de pauvre. Mais même sans ça, il lui avait toujours semblé être quelqu'un de solitaire. La partie qu'elle voyait n'était certes pas celle qu'il devait donner aux autres mais depuis quoi ? 5 ans ? Oui, en 5 ans, elle avait développé le sentiment de le connaître mieux que d'autres. Parce qu'il était une source d'intérêt pour elle, un sujet intéressant à étudier et qu'elle se définissait en plus de ça comme une très bonne analyste.

Parce qu'il vivait avec des hommes, ça la dérangeait moins mais il aurait été plus pratique pour eux qu'il ne partage pas son appartement. Même si, Etats-Unis compris, il était le seul à être jamais venu chez elle.
Descendant enfin de sa voiture après un coup d'oeil à l'heure, elle avait traversé la rue pour se retrouver à l'intérieur de l'immeuble. Son regard ne s'était pas tellement perdu sur les murs. Il n'en n'avait pas eu le temps de toute manière, une femme, des plus charmantes avait rapidement fait son apparition pour lui demander ce qu'elle venait faire ici. Arquant un sourcil, elle avait détaillé l'animal en peignoir horrible de la tête au pied avant de répondre dans un sourire plus fier de sa plaisanterie qu'aimable « Travailler. » oui "travailler", en quelque sorte plus que d'habitude, mais pas tout à fait. Même si Naoki avait été plus qu'étrange au téléphone, évidemment qu'elle ne venait pas pour une consultation « Je suis médecin, j'ai un patient qui habite ici. » la bête curieuse avait eu le culot de demander qui et elle en avait pris congés d'un simple « J'ai son étage. Merci, je devrai être capable de trouver mon chemin.» mon Dieu, on en faisait vraiment des concierges comme ça ? Elle en connaissait des modèles plus discrets qui se contentaient de vous souhaiter bonsoir et de vous tenir la porte.

Naoki vivait vraiment dans cet immeuble ?
Une concierge à la limite d'être prise pour la clocharde du quartier.
Pas d'ascenseur ou son regard n'avait pas su le repérer dans le rez-de-chaussée, elle osait à peine imaginer à quoi ressembler ses colocataires. Sans doute qu'ils cadraient plus avec les lieux que son amant. Et au vu de ce paillasson charmant, étage 3, sur lequel son regard était tombé... oui, cet enfant se tapait probablement une crise "expérience chez les gueux". Un petit chien qui souhaite "welcome" ... elle savait bien que les pauvres n'avaient pas les moyens d'embaucher des décorateurs, mais quand même... qu'ils pensent aux yeux de ceux qui le pouvaient !
Tant de raisons de demander à être remercier pour cette bonne action qu’elle faisait aujourd’hui.
Elle ne s’investissait jamais dans une relation. Son temps, elle préférait l’occuper autrement et elle se reconnaissait une certaine froideur, c’est vrai, elle s’attachait rarement. Mais avec Naoki c’était différent. D’accord, dans les faits, elle le faisait pour obtenir quelque chose de sa part. Mais n’était-ce pas le principe de toute relation que de faire du commerce ? Elle l’aidait, il lui donnait du plaisir et acceptait de n’être qu’à elle au cours de leurs rendez-vous selon un forfait bien défini qu’elle pourrait probablement revoir à la hausse aujourd’hui.

Qu’il soit dépendant de son aide, ça l’arrangeait bien. Parce qu’elle l’avait plus que les autres. Dans le fond, de toutes celles avec qui il devait coucher, elle était la seule à pouvoir prétendre le posséder. Parce que s’il ne devait en choisir qu’une, elle n’en doutait pas, ce serait vers elle qu’il irait. Il pouvait faire sans les autres. Sans elle, il était désespéré.
A combien pourrait s’élever la « facture » pour aujourd’hui ? Un déplacement, une avance…. Dans le fond, si elle lui disait détester les dettes, ça l’arrangerait bien au final. Parce qu’elle y trouvait toujours son compte et elle n’était jamais déçue.
Naoki était certes toujours un enfant mais au lit, il avait l’expérience d’un homme. Il en avait aussi l’attitude malgré son côté créature fragile qui lui avait toujours plu de surprendre. Il lui plaisait vraiment. Il lui avait plu dès le premier regard. Elle ne lui en avait pas trop voulu qu’il préfère charmer sa sœur. Parce qu’elle s’était promis que bientôt ce serait elle qu’il contenterait. Et il le faisait depuis qu'il avait 16 ans. Non, elle n’en n’avait pas vraiment honte. Pas du tout pour parler franchement.

Malgré l’évidence qu’aucun paiement ne s’effectuerait aujourd’hui, sa main avait vérifié rapidement l’ordre de sa chevelure devant la porte avant de frapper quelques coups contre cette dernière.
Elle avait patienté un peu avant qu’on ne lui ouvre et que son regard ne tombe sur… peu importe son nom, Naoki ne lui avait jamais parlé véritablement de ses colocataires. Certes, ils ne parlaient pas vraiment tous les deux et ils se contentaient de rester très, hum, professionnels.
Silencieuse pendant la durée d’une observation qui n’avait pas dû durer plus de dix secondes, sa tête s’était ensuite inclinée brièvement avant une présentation courte et précise « Bonjour. Je suis le Docteur Koteda, Naoki m’a appelé. Il vit bien ici ? » évidemment. Megumi, cette imbécile, se serait trompée de porte, elle… elle ne se trompait jamais. Mais quand un jeune homme aux oreilles percées et toujours en pyjama lui ouvrait… hum… est-ce que Naoki s’intéressait à l’étude comportementale des primates ? Il était à la recherche du chainon manquant ?
Naoki n’avait pas de soucis à se faire, elle ne changerait pas de prostitué. Elle était plutôt modèle de luxe et elle préférait passer les portiques de l’aéroport sans sonner. Et étant donné qu’elle comptait partir en voyage quelques jours avec celui qu’elle avait embauché au service de son plaisir…. Sans rire, combien est-ce qu’il pouvait en accrocher là-dessus ? Est-ce qu’on l’allumait à Noël pour décorer le salon ?
Aucune importance. De toute manière elle n’avait pas de monnaie sur elle pour lui donner une petite pièce.

Satisfaite de cette note d’humour qu’elle avait gardé pour elle en attendant une invitation à entrer, elle n’avait pas non plus formulé que ses doutes sur la présence de Naoki ou non étaient justifiés. Ses parents ne lui avaient donc jamais appris qu’on ne mélangeait pas les torchons et les serviettes ?
Question stupide. Il couchait avec Megumi avant. De toute évidence, il avait des lacunes sur le sujet. Alors il était…

« Est-ce que c’était un chien ? »

Impossible. C’était son imagination. Aucun chien ne venait d’aboyer.


✧✧✧✧✧✧✧✧✧✧✧✧✧✧✧


Pendant de longues minutes, il avait gardé ses yeux baissés sur cette main qui retenait la sienne. Et quand il les avait finalement relevés, il n’avait plus fixé que Mikio sans prononcer un seul mot.
Il lui avait suggéré de se reposer, non ?
Il ne dormirait pas. Il tiendrait bon. Et pour cette hallucination qu’il ne voulait pas voir plus certainement, dans un cauchemar… ou éveillé maintenant, il ne regarderait que son coréen.
Ça ne le dérangerait pas. Ça gênerait peut-être Mikio. Mais de son côté il n’allait pas se plaindre. La vision était bien loin d’être désagréable.
Qu’est-ce qu’il préférait chez lui ?
Ce serait difficile de choisir malgré la fréquence de la question. Il le pouvait. Pour penser quelques secondes plus tard qu’il y avait aussi cette autre chose qui pouvait rivaliser.
Son sourire. Ses yeux. Ses mains… oui, Mikio avait vraiment de belles mains. Son odeur était enivrante. C’était peut-être ridicule à penser aussi mais… ses oreilles percées. Ça lui allait bien. Vraiment bien.
Quoi d’autre ?
Son nez. Oui, le nez de Mikio était beau. Ça allait avec ce profil plus que plaisant qu’il possédait. Mais il n’y avait pas que son physique. De son caractère aussi il pouvait penser beaucoup de…

« Naoki… tu t’endors encore… » il ne s’en était pas rendu compte mais oui, il avait peut-être fermé les yeux quelques secondes, quelques minutes, il ne savait pas trop. Ou il avait perdu connaissance à nouveau sans être capable de se retenir.
Ses sourcils s’étaient froncés et il avait resserré la couverture contre lui, incapable de retenir un frisson « Mmmh...» une sorte de oui pour répondre probablement. Et puis il s’était efforcé d’ouvrir les yeux à nouveau. Malgré lui, il s’était tourné vers son sac de médicaments que Mikio avait rangé. Mais il n’avait pas réclamé. Il avait préféré céder à serrer la couverture davantage encore. Il ne faisait pas froid. Il ne pouvait pas faire froid « C’est l’été...» oui… alors c’était grotesque que ce soit l’hiver « Si tu veux, on peut faire une bataille de boules de neige… » secouant la tête, les yeux à demi-clos par la douleur et la fatigue, il avait pourtant tenter de les ouvrir davantage en les posant sur Mikio. Sans ça, il n’aurait peut-être pas été capable de retenir les mots suivants et il aurait répondu à cette bataille de boules de neige qui n’existait que dans sa tête.
« Naoki… » oui, il s’endormait encore… il se sentait partir à nouveau… juste un peu… le temps que les migraines se taisent… il ne fermerait pas les yeux plus de deux minutes….

Parce qu’il venait à peine de sombrer, qu’il était sans doute encore à demi conscient, les quelques coups frappés à la porte l’avaient fait sursauter et un gémissement avait râlé pour lui avant que sa main libre ne vienne jusqu’à ses yeux pour les frotter, faisant glisser au passage le gant humide sur son front vers l’oreiller. L’autre… l’autre, elle s’était débrouillée pour se resserrer sur celle de Mikio « N’y va pas. » Est-ce qu’il savait au moins à qui le chanteur ne devait pas ouvrir ? Oui, justement, ça ne pouvait être qu’elle « Je me sens mieux… c’est pas la peine… » oui, c’est sûr qu’il se sentait mieux, pire plus probablement. Et puis, Saeko allait bien le prendre de rester sur le pas de la porte.

Il s’arrangerait. Il s’excuserait. Il se ferait pardonner.
Mais la main de Mikio lui avait échappé et la dernière parole qu’il avait adressée à son aîné était un gémissement plaintif, probablement italien puisque son chien lui avait répondu en pignant.

Pourquoi est-ce qu’il avait été appeler Saeko ? C’était préférable au Docteur de Mikio oui mais sa seule solution c’était de quitter ce lit pour aller à l’hôtel.
Et à nouveau, il avait envisagé de prendre la fuite. Le regard échangé avec son chien l’avait fait soupirer. On pouvait facilement le traduire par un « Même pas en rêve humain ». Tout ce qu’il était parvenu à faire en tentant de glisser hors du lit, c’était de se découvrir et de faire aboyer le chien. Mikio l’avait payé, ce n’était pas possible. Depuis quand est-ce qu’on se dénonçait entre italiens ?


   
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     Dim 5 Mar - 17:32

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Naomi

Dans ce calme qui régnait à présent dans la chambre, Mikio l'entendait encore. Son coeur palpitait toujours de cette façon singulière, rythmant les mots de Naoki qui tournaient en boucle dans sa tête... Il n'avait pas très bien compris d'où ils venaient et même la fièvre ne semblait pas suffisante pour les justifier... Mais à ce souhait qui l'avait rendu muet quelques secondes, le chanteur avait finalement soufflé cette réponse... Ce « oui » qui semblait promettre une chose si abstraite mais qu'il n'avait su lui refuser... Mikio aspirait-il réellement à devenir le plus heureux des hommes ? Ne l'était-il pas avec Naoki à ses côtés ? C'est vrai, il mentirait en disant que c'était entièrement le cas aujourd'hui. Il y avait encore des choses qui serraient son coeur. Des choses qui lui faisaient mal et des doutes qui embrouillaient sa tête... Rien que le fait de le voir dans ce lit justifiait qu'il ne pouvait pas être le plus heureux... Cependant, Mikio avait une certitude qui s'était logée dans son coeur depuis un certain temps. Une qui ne s'était jamais troublé malgré tout. Si Mikio devait un jour atteindre ce bonheur que Nao lui souhaitait, ça ne pourrait être qu'avec ce dernier à ses côtés. S'il ne lui en avait pas fait part, s'il s'était tût en se contentant de le couvrir de ce regard qui parlait pour lui, sa main s'était resserré sur la sienne et son coeur s'était mis à battre plus fort pour le lui certifier. En dépit des dernières semaines, Naoki demeurait celui qui le rendait le plus heureux en ce monde par sa personnalité attachante et sa tendresse....
Alors comment pouvait-il arrêter de se montrer gentil avec lui ? Que voulait-il qu'il fasse ? Qu'il le gronde plus ? Mais s'il le faisait, c'était uniquement pour son bien. L'étudiant devait arrêter de lui demander des choses aussi absurdes et impossible... Mikio ne pouvait pas cesser de s'occuper de lui et encore moins arrêter de faire preuve d'affection et de tendresse... Parce que Naoki était tellement... tellement... tellement de chose. Et tout ce qu'il souhaitait, c'était le protéger... Ce gamin si précieux à ses yeux... Son trésor à lui.... Il n'y avait de ce fait qu'une façon pour Mikio d'atteindre le bonheur et c'était en l'offrant à Naoki...

Alors, il ne l'avait quitté des yeux. Même si ce regard était troublant et qu'il avait cette impression de ne pas l'avoir véritablement croisé depuis longtemps... Même s'il faisait battre son coeur de cette drôle de façon quand il ne le lui serrait pas... Cette main non plus, il ne l'avait pas lâchée et de temps en temps, son pouce s'affairait à caresser doucement sa peau. Il aurait quand même préféré que Nao se repose. Il avait bien essayé de le convaincre de dormir un peu en attendant l'arrivée du medecin mais Nao luttait. Il semblait se persuader de résister dans sa tête et se convaincre que tout allait bien. Parfois à haute voix. Ca n'allait pas... Pourquoi Naoki ne voulait-il pas céder un peu ? « Dors bébé... » C'étaient les mots qui n'avaient cessé de lui venir en tête face à ce pénible combat... Ces mots qu'il voulait lui souffler, quand ses caresses sur sa peau faisaient pour lui. Le bercer comme il pouvait, le convaincre de lâcher prise.... Et il eut enfin un moment où Naoki sembla perdre la partie. Ses yeux se fermèrent doucement.... Mais Mikio n'eut pas le temps de souffler que des coups à la porte le firent sursauter à l'instar de celui que Morphée venait de rejeter.
Merde.
Sa mâchoire se crispa et il maudit ce mauvais timing. Pourquoi maintenant ? Quand Naoki parvenait tout juste à s'endormir ? Un grognement se fit entendre cependant, il ne put pas réellement pesté quand le criminel du sommeil était certainement attendu. Un soupir contrarié lui échappa mais il ne fit pas plus de commentaire. C'était cruel d'avoir réveiller Nao mais si c'était bien le médecin, il l'aurait réveillé à un moment... non ?  Il essayait de modérer son agacement tandis qu'il s'apprêtait à se lever pour aller ouvrir.
Mais cette main qui s'était alors resserré sur la sienne dans cette tentative désespérée pour le retenir lui avait broyé le coeur. La supplication qui avait suivi, un peu plus.... « Nao... » Sa main l'avait serrée en retour. Évidemment qu'il ne croyait pas à ce nouveau mensonge... Mais il avait bien du mal à le lâcher. « Il faut que j'aille ouvrir Naoki... Je reviens vite, promis. » Il n'avait pas le choix. C'était pour lui... Il se l'était répété pour se donner le courage de le faire. Et de toute façon, maintenant qu'ils avaient appelé le médecin, ils ne pouvaient pas juste faire les morts. Alors, dans une dernière caresse sur son front humide, Mikio s'était penché sur lui pour y déposer un baiser avant d'y replacer le gant désormais plus très frais. Il s'était fait violence pour finalement lâcher cette main qu'il s'était obstiné à garder depuis qu'il l'avait attrapé....

Avec une nouvelle promesse de revenir rapidement, Mikio avait finalement quitté la chambre... non sans cette boule au ventre qui refusait de le quitter. Est-ce qu'il était nerveux en laissant Nao seul encore une fois ? Ou était-ce bien la contrariété qu'on l'ait réveillé ? Ou toujours cette appréhension qui ne s'était pas calmé... et tout au contraire n'avait fait qu'accroître à mesure que ses pas le rapprochaient de la porte.  
Sans faire durer plus longtemps le suspens, sa main enclencha la poignée pour ouvrir sur le visage de cette femme... Le frisson qui l'avait alors parcourut n'avait rien d'un coup de foudre. La nervosité le gagna d'un cran tandis que son regard scruta rapidement cette figure froide face à lui ... La désagréable impression qu'il ressentit n'était peut-être alors dû que par ce regard sondeur avec lequel elle sembla l'analyser... Mais c'est en vérité lorsqu'elle ouvrit la bouche pour se présenter que Mikio tiqua sévèrement au point qu'un grognement resta bloqué dans sa gorge.
"Naoki."
C'était si familier.... D'accord, il était le premier à n'en avoir rien à foutre des convenances mais... Venant de cette femme qui était censé être le médecin traitant de son protégé... Non. Ca lui plut pas. Pas du tout. Comme le reste de sa personne et l'attitude qu'elle abordait. Il ne lui avait fallu que quelques secondes pour comprendre que cette appréhension ne le quitterait pas tant que cette femme serait dans cet appartement. C'est vrai, il ne la connaissait pas et son jugement semblait presque hâtif... Mais il était certain qu'elle comme lui n'avait pas envie de faire plus ample connaissance.
Elle avait peut-être atteint le point de non retour dès l'instant où elle avait réveillé Nao... Mais si on était plus honnête, Mikio avait commencé à ne pas l'aimer dès l'instant où Naoki l'avait eu au téléphone.

Néanmoins, puisqu'elle était tout de même censé ausculter l'étudiant, Mikio n'avait pas d'autre choix que de prendre sur lui. Il fit l'effort de ne pas lui refermer la porte au nez. Il l'avait même plus amplement ouvert en inclinant un minimum la tête pour être poli. « Park Mikio. Je suis son colocataire. Entrez. » On ne pourrait pas l'accuser de ne pas s'être montré aimable. On n'entendait presque pas son grognement dans cette présentation parfaitement sereine...
Bref, il n'avait pas de temps à perdre à jouer la comédie. S'il n'était pas très enthousiaste à l'idée de la faire entrer chez eux, il avait difficilement d'autres options... Il allait l'accompagner jusqu'à Naoki, elle allait l’ausculter, lui faire une ordonnance et elle pourrait déguerpir d'ici aussi vite. C'était ce dont il était en train d'essayer de se convaincre tandis qu'il avait ouvert la bouche pour intimer à la femme de le suivre... Pour la refermer aussitôt à cet aboiement soudain qui provenait de la chambre. Mikio tourna immédiatement la tête dans cette direction... Si Umberto aboyait c'était que Naoki.... « C'est pas vrai... » soupira-t-il tout bas en s'apprêtant à s'élancer vers la chambre pour prévenir d'une bêtise naokienne... avant que la question du Docteur Koteda ne lui fasse marquer une pause. Il arqua un sourcil tandis qu'il prit la peine de reposer son regard sur elle. Qu'est-ce que c'était que ce ton dédaigneux ?

« Non, c'est Naoki, il aboie toujours quand il est seul. »

Sérieusement, elle s'attendait à quoi ? A ce qu'il lui dise qu'ils avaient un élevage de grenouille ? Comme le disait si bien son meilleur ami, à question con, réponse con. Mais il ne s'était pas plus attardé sur cette blague à laquelle il n'avait pas rit pour reprendre sa course vers la chambre. Non, il n'avait pas non plus attendu le medecin... Parce que si elle était si maligne, elle devrait facilement trouver le chemin. Mais Mikio s'était avant tout pressé pour s'assurer que Naoki soit toujours dans la chambre, plus que pour le simple plaisir d'être désagréable.
Une fois à la porte, il avait prié pour que ce gosse ne se soit pas enfuit et un soupire lui échappa en constatant que le malade était toujours dans le lit. Il avait tout juste eu le temps de retirer la couette. « Reste au lit, Naoki... » Oh, il s'attendait à ce que son cadet lui rétorque qu'il avait eu simplement trop chaud. Mais s'il n'avait pas eu l'intention de fuguer, Umberto n'aurait probablement pas aboyé... quand bien même, il approuvait cette surveillance pointilleuse dont faisait preuve leur fils.
Ébouriffant ses cheveux déjà mal coiffé, le chanteur avait rejoint le lit du garçon non sans se mordiller la lèvre. C'était un peu bête d'être nerveux non ? Pourtant il l'était et il lui avait fallu le temps de l'aider à se replacer correctement dans le lit en l'encourageant à prendre une position toujours assise pour annoncer péniblement : « Ton docteur est là... » Et qu'est-ce qu'elle est charmante, s'était-il retenu de dire bien qu'il n'avait pas peur que l'intéressée entende l'ironie. Naoki devait cependant être au courant de sa présence... sinon, il n'aurait probablement pas tenter de fuir. Ce gosse... Prenant une inspiration, Mikio se tourna vers la porte. « Vous pouvez venir, » lança-t-il au cas où elle n'osait pas rentrer sans permission... ce dont il doutait fortement.  
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     Dim 5 Mar - 20:58
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EXORDIUM.
Park Mikio. Aucune importance. Elle pouvait bien l'oublier dans quelques secondes ce nom, il n'aurait jamais aucune utilité dans sa vie autre que celle de lui avoir ouvert la porte et de la conduire à la chambre de Naoki. Les pitoyables comme lui, il y en avait tellement que mémoriser leurs noms était un travail fastidieux et stupides. Il pouvait sortir et se faire écraser sur la route, un autre prendrait sa place. Ce n'était pas insensible, juste la dure réalité de la vie. Des gens supérieurs, comme elle, il n'y en avait que peu. Des comme ce Mikio, il y en avait tristement trop.
Mais elle n'avait pas vraiment eu le temps de se plaindre du trop grand nombre de pathétiques dans ce monde. Il y avait eu cet aboiement et puis cette réponse qui l'avait fait buguer trop de secondes. Qu'est-ce qu'il venait de dire le sapin de Noël ?
C'était vraiment le colocataire de Naoki ?
ça n'aurait pas dû l'étonner plus que ça. Après tout, la noblesse avait toujours aimé s'entourer de bouffons pour se divertir. Ceci dit, ce gueux là n'était pas vraiment amusant. Et c'était à peu près à ce moment qu'elle était passée du désintérêt à l'antipathie.

Mais parce qu'elle avait reçu une autre éducation, elle n'avait rien dit, elle l'avait suivi des yeux avant de préférer les laisser faire le tour de cet appartement.
Au moins, c'était rangé et propre. ça ne ressemblait pas vraiment à l'idée qu'on se faisait d'une porcherie d'étudiants. Le contraire l'aurait étonné, Naoki était après tout quelqu'un de soigné.
Quelques secondes de plus, elle s'était attardée avant de se décider à suivre le clochard jusqu'à la chambre qu'occupait son amant juste au moment où une invitation était parvenue à ses oreilles.
La scène sur laquelle elle était tombée n'avait pas fait plaisir à ses yeux. Si ces derniers avaient d'abord regardé Naoki, ils avaient ensuite glissé sur son bras, jusqu'à cette main, jusqu'à ses doigts qui effleuraient un bras qui n'était pas le sien. Et même si elle ne doutait pas que Naoki aimait les femmes, l'attitude de son colocataire l'avait dérangée.


✧✧✧✧✧✧✧✧✧✧✧✧✧✧✧


Au final, il n'avait pas eu le temps de le quitter ce lit. Et même avec quelques minutes de plus, il n'en n'aurait probablement pas été capable quand Umberto s'était arrangé pour se vautrer mieux sur lui. Ce chien.... Il n'était pas supposé être son plus fidèle allié ?
Mais il n'avait pas eu l'occasion de lui rappeler ce pacte secret que déjà Mikio revenait dans sa chambre « Mais je suis au lit ! »... s'il avait râlé, c'était un peu trop faible et très peu crédible quand il comptait clairement le quitter avant que le chanteur ne revienne.
Un soupir avait franchi ses lèvres et comme un enfant pris en faute, il n'avait pas pu s'empêcher de râler d'un gémissement quand son coréen l'avait aidé à se replacer correctement dans le lit. Peut-être qu'il avait pensé un instant qu'il pourrait retrouver ce moment échappé pour que sa main ne se tende vers l'avant-bras de Mikio. Ou alors ses doigts qui en avaient doucement effleuré la peau n'agissaient que par automatisme. Mais vu ce regard un peu suppliant qu'il lui avait lancé alors, on aurait également pu parier sur une nouvelle demande inutile qu'il n'avait pas formulée... parce que Mikio avait annoncé que Saeko était là et ses yeux s'étaient détournés... une première fois vers son traître de chien... une seconde fois vers la porte pour croiser ceux de Saeko.

Qu'est-ce qu'il était con !
Il n'aurait jamais dû l'appeler. Il aurait dû se montrer plus ferme, refuser de voir un médecin et ne pas céder en partie.
Mais Mikio pouvait se montrer si borné parfois ! Il n'était pas certain qu'en jouant à ce jeu là, il ne se soit pas retrouvé à devoir consulter un vrai médecin... enfin, un avec lequel il ne couchait pas.
Sans attendre plus d'une invitation, Saeko s'était rapprochée du lit et, ignorant complètement la proximité de Mikio, elle s'y était assise, lui volant même la main qui distribuait toujours sans s'en rendre compte des caresses sur son avant-bras.
Il ne savait pas trop ensuite. Son cerveau était trop lent pour tout voir. Ses yeux s'étaient d'abord baissés sur cette main qui retenait la sienne avant de chercher celle de Mikio. Parce qu'il avait senti qu'on lui caressait la main et que son regard était à présent posé sur celle dont il voulait vraiment sentir l'affection, il s'était libéré de cette "tendresse" sans réfléchir.
Puis il avait pensé que c'était une erreur. Mais la bouche qui voulait s'ouvrir, peut-être pour s'excuser, avait été maintenue close par ces lèvres qui s'y étaient déposées.

Il avait pensé que ce n'était pas bien. Son esprit embrumé avait bien été capable d'y voir une forme de possessivité mais il n'avait pas réagi. Et s'il n'avait pas répondu à ce baiser, il ne l'avait pas non plus repoussé.
Il n'avait pas le droit. Comme il n'aurait pas dû lui retirer sa main plus tôt. Mais... maintenant... non, elle ne devait pas faire ce genre de choses. Il n'aurait pas dû avoir besoin de lui expliquer pourtant.
Et alors qu'il pensait à lui dire qu'il était malade, Umberto avait grogné. Ses lèvres avaient été libérées et il ne savait plus exactement s'il avait regardé Mikio ou son chien d'abord.
Il n'était pas certain... ou presque mais... si... il ne l'avait jamais entendu grogner. Umberto était un chien gentil... même avec les membres de son espèce.

« Fais le sortir. » s'il ne grognait déjà plus, Umberto n'en regardait pas moins la femme avec un air de méfiance, comme s'il guettait le moindre geste de proximité abusive. Mais quand il avait vu que papa l'avait regardé lui puis la porte avec hésitation, il avait pigné une nouvelle fois, les oreilles basses, visiblement conscient d'avoir fait une bêtise mais suppliant pour ne pas en être puni.
Ce n'était pas vraiment une bêtise... et voir pleurer son chien qui était venu de son museau chercher sa main pour lui demander une caresse... il n'avait pas eu le coeur de faire ce qu'il aurait pourtant dû faire s'il voulait garder de bonnes relation avec sa "cliente". Avec un air peiné, il n'avait pas pu empêcher à ses doigts de grattouiller la tête de son bébé. Mikio... il ne l'avait regardé qu'une fraction de seconde.... ça commençait mal, il avait espéré que ça se passe mieux et il n'avait pas les idées assez claires pour réfléchir correctement, pour réagir assez vite « Je ne peux pas... Il veut rester... » ... c'était la mauvaise réponse mais il n'avait pas envie de faire de la peine à Umberto... « Et c'est le chien qui décide maintenant ? » ... évidemment, il le savait, elle voulait que ce soit elle qui décide. Contrat ou non, dans le fond, elle était toujours celle qui y trouvait le plus son compte. Parce qu'elle ne souffrait pas de la situation et qu'elle s'en amusait même « Tu sais pourtant que je n'aime pas ça. » il le savait... oui... mais aussi ridicule que cela puisse le sembler, il n'avait pas envie de blesser son chien. Il n'avait pas envie de décevoir Mikio non plus mais il sentait qu'il n'aurait pas d'autres choix que de le faire un minimum. Si ce n'était pas déjà le cas...

... oui, il se tapait même son médecin. Mais avec qui ne couchait-il pas ? ça ne devait rien avoir d'étonnant pour le coréen après tout. C'était juste Naoki !
Mais avec ou sans Mikio dans cette chambre, la suite se serait déroulée de la même manière. Parce qu'il y avait des concessions qu'il ne faisait jamais. Et quand il avait senti ces doigts dans ses cheveux qui n'étaient pas ceux de son coréen, malgré ce « S'il te plait bébé, sois mignon. », ses sourcils s'étaient froncés et sa tête s'était décalée pour échapper à cette marque d'affection qu'il réservait depuis un moment à Mikio. C'est vrai, quand il s'était rendu compte que sa main s'était saisie faiblement de ce poignet pour arrêter ces gestes qu'il ne supportait plus que d'une personne, il l'avait relâché... mais c'était trop tard. Vu le regard qu'il venait de croiser maintenant, il pressentait la facture salée.
ça n'aurait rien changé. Sa réaction n'aurait pas été différente. C'était à Mikio ça... il n'y avait que de lui qu'il aimait ça... que lui qui mettait de l'amour dedans... il ne le céderait jamais à personne d'autre... c'était à Mikio... rien qu'à lui... toujours...


   
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     Lun 6 Mar - 0:14

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Naomi

Malgré l'invitation, Mikio ne s'était pas tout de suite éloigné du lit. En fait, il n'avait pas bougé du tout... Parce qu'il se souvenait de cette main suppliante qui l'avait retenu plus tôt et son coeur se serrait encore en y pensant. Naoki avait beau tout faire pour prétendre le contraire, il avait besoin de lui... Et Mikio ne pouvait pas se résoudre à l'abandonner. Oui, même s'il devait faire des choses qui ne lui plaisaient pas... Il pouvait au moins rester près de lui. S'il n'avait pas éprouvé la volonté de bouger, c'était aussi en grande partie à cause de ses caresses lentes sur son avant-bras. Son coeur s'était légèrement accéléré.... Au fond, il se doutait que Nao essayait de l'amadouer, mais il préférait recevoir ce genre de caresse plutôt que de le sentir se braquer totalement... Ca le soulageait un peu. Et ce n'était pas désagréable... Ce n'était pas les mêmes caresses que celles d'un Naoki bourré qui tentait de se faire pardonner avec une tendresse malvenue.... Ou peut-être un peu. C'était finalement le même principe... mais celles-là, Mikio n'avait pas le coeur de les rejeter. Comment pouvait-il en être capable quand Nao cherchait juste un peu d'attention.... ? Il était là pour lui... Il serait toujours là pour lui. C'était ce que lui avait promis ce sourire extrêmement doux qui avait étiré ses lèvres et cette main qui s'était tendue vers son front pour caresser la lisière de ses cheveux sombres.
Il se moquait éperdument de quelle vision il offrait au docteur Koteda qu'il avait pourtant entendu arriver. Il n'avait pas eu l'intention de s'arrêter mais il l'avait fait uniquement en la sentant s’asseoir sur le lit et un peu trop près de lui. De Naoki en fait. Pour son manque de délicatesse, le chanteur lui avait adressé un premier regard largement désapprobateur. D'accord, elle devait s'approcher du patient pour l'examiner mais elle n'était pas obligé de -....
....... adkhfmgunh ?
Qu'est-ce qu'elle venait de faire là ? « ...! » Est-ce qu'elle venait de lui retirer la main de Naoki ??? Et pour quel motif ??? Sa langue avait claqué contre son palais sans même chercher à se retenir, pas plus qu'il n'avait atténué le regard meurtrier qu'il venait de lui lancer. « Vous foutez quoi là ? » Cinglant, son ton n'avait pourtant pas été assez froid à son avis. Son regard fixait désormais cette main câliné par une autre que la sienne.... Une main détestable à regarder. Mais ce contact, Mikio ne sembla pas être le seul à le désapprouver, mais au lieu de se sentir soulager par la réaction de Naoki, la colère gronda en lui. Pour qui se prenait-elle cette femme ? De ce qu'il en savait, ce n'était pas comme ça qu'on auscultait les gens...
Aussitôt la main dégagée, le chanteur vint la couvrir de la sienne dans un geste protecteur au cas où l'idée de la lui reprendre effleurait l'esprit de ce "docteur". Reportant son attention sur elle, son ton se fit aussi incisif que son regard : « J'pense que Naoki se passera très bien de vos gestes déplacés. Vous attendez quoi pour faire votre jo-... »
......
..............

Comment aurait-il pu finir sa phrase quand il venait d'assister à.... ça ?
Non. Il devait halluciner. Cette .... Elle ne pouvait pas avoir fait ça. Et pourtant si. La voix de Mikio s'était perdue dès l’instant où le "médecin" avait scellé les lèvres de son protégé avec les siennes.
.... dhfmotghtr !
Au delà de sceller définitivement son sort auprès de Mikio, elle le fit surtout disjoncter et celui si vit littéralement rouge devant un tel... affront. Non. Une torture. Son ventre s'était tordu si fort et son coeur s'était assommé comme un fou contre sa cage thoracique. Ses yeux s'embrasèrent de colère et sa main agrippa l'épaule de cette femme qui venait de devenir officiellement l'ennemi numéro 1 du Coréen. Le grognement qui avait suivi... il était difficile de savoir s'il provenait d'Umberto ou de Mikio. Mais la fureur c'était emparé de chanteur qui s'était alors redressé après s'être assuré que ces lèvres là n'effleurent plus celles de Naoki... Comment osait-elle ?! Devant lui ?!

« Non mais à quoi vous jouez ?! » rugit-il.

Pas un seul instant son regard ne s'était porté sur Naoki car tous ses éclaires étaient destinés à cette femme qui avait cru bon de marquer un territoire qui ne lui appartenait pas. Mikio n'avait aucune idée de ce qu'était cette vielle garce pour Naoki en dehors de son "médecin" mais il était hors de question qu'elle ne se permette un quelconque écart ici et sous son nez. Son cadet pouvait bien se taper qui il voulait mais Mikio ne supportait qu'on puisse se montrer aussi démonstratif avec son protégé en oubliant sa présence. Mais en dehors de ça : « Rappelez-moi pourquoi vous êtes là ?! C'est un docteur que j'ai appelé, pas une femme de réconfort, » cracha-t-il en la toisant toujours aussi furibond. Naoki était malade, il n'avait pas la force de jouer à ses jeux qui n'avait pas leur place ni sous ce toit, ni encore moins à cet instant. Qui était cette femme bon sang ? Comment pouvait-elle se prétendre médecin ?

Mais pire encore, l'attitude d'Umberto lui brisa le coeur. A l'instar de son papa, le chien avait seulement voulu défendre Naoki et même si l'entendre grogner était effectivement surprenant, ça n'avait fait que nourrir davantage la colère qu'il éprouvait à l'égard de cette Koteda.... Qui venait d'exiger une chose qu'elle n'était même pas en droit d'exprimer. Un nouveau grondement de la part du Coréen se fit entendre. Comment osait-elle donner un ordre à Naoki ? Comment osait-elle traiter leur fils comme ça ? Pourquoi Naoki permettait-il un tel comportement ? Non... Pourquoi Naoki fréquentait-il une telle personne ? Mikio ne comprenait pas comment il avait pu toléré une présence aussi néfaste sous leur toit....

« En tout cas, ce n'est certainement pas vous. » asséna-t-il à cette question si ignoble qu'il avait eu envie de hurler pour la seconde fois de sa vie. Non mais vraiment, pour qui se prenait-elle ? Elle n'avait aucun droit dans cet appartement. Et encore moins celui de torturer ses deux protégés. « Umberto reste, ce n'est pas à vous de décider. Jusqu'à preuve du contraire, il est chez lui ici. Pas vous. »

Et la colère n'avait pas désemplie à la suite. Cette façon qu'elle avait de lui parler... Mikio détestait chaque mot qui sortait de sa bouche. En fait, il la détestait tout court. Mais probablement comme il n'avait jamais détester personne. C'était bien la première fois que Mikio se sentait autant en colère contre quelqu'un.... Il avait à ce jour plus de sympathie pour son ex que pour cette tarée qui se permettait beaucoup trop de choses. Tout grondait en lui... S'il n'avait jamais ressenti de haine pour une personne, cette femme était en passe de devenir la première sur sa liste si elle continuait son cirque.
Mais il ne la laissa pas faire. Un surnom qui ne le fit que grogner davantage et une main qui s'était tendue pour toucher celui qui ne lui appartenait pas avaient suffit à faire réagir Mikio au quart de tour. Sa main à lui s'était aussitôt saisi du poignet de Koteda, sans se rendre compte tout de suite que Nao avait fait de même.... Parce que ses yeux étaient trop occupés à assassiner son pseudo-docteur. « Ca suffit. Si vous n'êtes pas là pour l'ausculter, foutez le camps. » Et aussitôt sa main l'avait repoussé avec force, l'obligeant à quitter le lit pour se placer à présent entre elle et Naoki. Son poing serré témoignait de la rage qu'il ressentait et cette Koteda avait probablement de la chance d'être une femme à cet instant.

C'est vrai. Mikio était peut-être un brin possessif avec Naoki... Il ne supportait pas qu'on le touche. Si jusqu'ici il n'avait presque jamais rien dit pour ses conquêtes c'était parce qu'il n'avait pas son mot à dire oui, mais aussi parce que Nao avait la décence de faire ça discrètement... Mais elle... Cette.... Elle débarquait comme une petite fleur - ou plutôt un immonde rafflesia - et s'imaginait pouvoir faire ce qu'elle voulait de SON protégé ? Sous son nez ?? Dans quel monde vivait cette pauvre fille ?!
Faisant un pas menaçant vers elle, ses prunelles incandescentes n'avaient pas lâché les siennes.

« Qu'on soit bien clair : je me branle royalement de ce que vous croyez être pour lui. Mais ici vous êtes chez nous et je vous interdits de poser la main sur lui de cette façon. » Pas un instant l'intensité de son regard avait faibli, pas même lorsque son bras s'était tendu vers la porte. « C'est un medecin dont il a besoin. Allez vendre vos services ailleurs. »

Il était hors de question de confier la personne qui comptait le plus pour lui à cette femme... Si elle n'était pas là pour les aider, alors il ne voulait pas d'elle plus longtemps ici.  
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Just a spoonful of sugar - Naomi ♥
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