Just a spoonful of sugar - Naomi ♥

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     Ven 24 Mar - 20:03
Just a spoonful of sugar
EXORDIUM.
Quand il repensait à toutes ces fois où il avait laissé Mikio le serrer dans ses bras sans jamais lui dire d'où il venait... sans jamais l'avertir de ce qu'il venait de faire... il s'en voulait encore plus. Mais la culpabilité ne l'avait pas empêchée de continuer visiblement. Elle ne l'avait pas poussé non plus à refuser l'affection de Mikio. Elle n'avait évidemment pas fait ressortir la vérité. S'il lui arrivait parfois de résister à quelque chose qu'il n'était pas en droit de réclamer, s'il parvenait à se refuser ce réconfort qu'il lui ferait pourtant tant de bien, il suffisait d'un geste du coréen pour qu'il faiblisse. Une simple caresse sur sa joue, une main dans la sienne, un début d'étreinte qu'il ne pouvait pas s'empêcher de renforcer et parfois même juste un sourire. Il était si faible à ce que Mikio voulait bien lui donner. Il ne parvenait pas à tout se refuser même en sachant qu'il n'avait jamais rien mérité de tout ce que son aîné lui donnait, même en étant convaincu qu'il devait refuser les marques de tendresse suivantes.
Les quelques efforts plus justes qu'il avait fait, ils étaient trop faibles pour être louables. Il était tellement différent avec lui.... Tout ce contrôle qu'il savait si bien garder en temps normal, Mikio était capable de l'affaiblir.... Encore maintenant, tout en sachant qu'il n'était pas à la bonne place, à celle qui était supposée être la sienne, il ne parvenait pas à se défaire de cette étreinte, il ne parvenait pas à quitter ces bras dans lesquels son coeur souhaitait tant rester.
Jamais... il n'avait été autant attaché à quelqu'un.

Et Mikio, il devait se douter désormais... qu'il y avait des fois où il l'avait pris dans ses bras alors qu'il venait de se faire payer contre des services particuliers. Et pourtant, aujourd'hui, il était encore là à le serrer contre lui... même plus fort que d'habitude.... Pourquoi ?
Il ne comprenait pas comment lui, il pouvait encore avoir le droit à tout ça.
Mikio était quelqu'un de gentil mais ce n'était pas une question de gentillesse.
C'était une question de mondes. Une question de différences. Une question de mérite... de justice.
Et pourtant, la voix dans son oreille soufflait l'improbable. Juste le laisser le serrer dans ses bras comme ça. Mikio valait mieux que ça.
Aimer une personne comme lui, ce n'était pas une vie pour le chanteur. Ce n'était en tout cas pas de cette vie là qu'il rêvait pour son aîné.

Non... c'était la vie dont il n'osait pas rêver pour lui-même.
Une vie où il avait le droit de rester là... où il restait des heures à simplement profiter de la chaleur de ces bras. Une vie où il sentait son propre coeur battre d'une manière différente, moins douloureuse. Une vie où ce même coeur lui soufflait que Mikio était le seul capable de le faire marcher.
Mais il était aussi le seul capable de le faire sourire sans même qu'il ne le prévoit. Celui qui lui avait donné son premier rire à 20 ans. Celui qui, pendant un bref instant, de simples lèvres posées sur son front, avait été capable de lui faire tout oublier. Celui vers lequel il ne pouvait pas s'empêcher d'aller... celui auquel il pensait toujours... le seul à qui il souhaitait appartenir et le seul qui posséderait son coeur.
Ce verbe aimer dont Mikio lui avait appris la définition sans même le savoir, il le pensait à chaque seconde.
La nuit, quand ses doigts essayaient de deviner les traits de son visage.
Le matin, quand le soleil qui se levait lui permettait enfin de voir ce visage qu'il avait le sentiment de ne jamais parcourir assez.
La journée... quand il le voyait sourire, quand il l'écoutait simplement parler... et même quand il le voyait faire un massacre culinaire en cuisine...
Mikio pouvait bien mettre un de ces t-shirt qu'il détestait tant, il parvenait encore à le penser.
Parce qu'il n'y avait aucune partie de lui qu'il n'aimait pas. Il se refusait de changer une personne aussi parfaite que lui... oui, même dans son imagination, à l'hôtel, Mikio portait un de ses t-shirt qui faisait mal aux yeux.

Ses excuses, il n'y avait pas de personne qui méritait de les entendre plus que Mikio. Pour tout ce qu'il lui avait donné et tout ce qu'il récoltait en échange. Pour avoir éclairé aussi longtemps la vie d'une personne qui ne cessait de lui mentir et prétendait être quelqu'un qui le valait beaucoup plus que la réalité.
Pour lui faire du mal....
... et pour ne pas être capable d'être quelqu'un d'autre.
C'était ce qu'il regrettait le plus, être ce Naoki là et pas celui que semblait voir Mikio. S'il avait toujours détesté la personne qu'il était, s'il avait appris à le faire plus certainement face à son propre reflet ou sous les violences verbales et physiques de son père, c'était aujourd'hui qu'il le regrettait plus que tout.
Parce que Mikio était rentré dans sa vie et il avait amené tant de souhaits impossibles. S'il avait été cette autre personne, il aurait davantage mérité être dans ses bras. Mais il aurait également pu toujours y rester.... Parmi tous les rêves qu'il se refusait, c'était celui qu'il regrettait le plus, parce que c'était celui que son coeur désirait le plus.

Il pouvait se mentir. Faire des efforts. Penser qu'il ne méritait pas Mikio, encore moins ce qu'il lui donnait maintenant, son corps réclamait pour lui. Et la tendresse qu'il sentait à présent dans ses cheveux, il ne s'en éloignait pas.
Le coréen était probablement sa plus grande faiblesse. De l'avis de son père, il le serait. S'il voyait à quel point son fils était incapable de se contrôler, tous ces masques que le coréen parvenait à fissurer, il aurait de nouvelles raisons de le chasser de la vie de son héritier.
Mais Mikio c'était aussi le seul capable de l'apaiser. Les seuls bras dans lesquels il se sentait mieux. Même s'il était désespérant et si tête ne pouvait chasser toutes ces pensées pour le redescendre, Mikio savait également le rassurer.
Il n'avait pas besoin de réfléchir, il le savait déjà que cette place qu'il occupait maintenant était celle où il aurait pu trouver la définition du mot bonheur si sa vie l'avait permis. Parce qu'il ne s'était jamais senti mieux qu'à cet endroit.

Et même si les mots que son aîné prononçait maintenant avait fait secouer sa tête, même s'il y avait bien eu plus de larmes tant il avait la certitude qu'il ne méritait pas de les entendre, un peu plus, il s'était rapproché de lui comme une demande silencieuse d'être serré un peu plus fort.
Un instant, ses mains s'étaient détachées pour que l'une d'entre elle ne vienne essuyer inutilement une joue, le suivant, elles se serraient plus fort sous l'effet d'un baiser qui avait fait battre son coeur d'une manière différente. Qu'importe son état, elles faisaient toujours ça les lèvres de Mikio... c'était les seules à lui faire ça... c'était aussi celles qu'il aimait sentir... même si elle lui faisait perdre davantage le contrôle.... Aucunes autres ne lui avaient jamais fait autant d'effet.
Il avait cependant fallu que le coréen parle encore pour qu'enfin ce front ne se décolle de son cou. Malgré les larmes qui s'échappaient toujours de ses yeux, malgré la honte qu'il éprouvait encore, sa tête était restée posée sur une épaule et son regard s'était relevé avec hésitation vers le visage qu'il regardait pourtant si souvent. Ridiculement, ses mains serrées étaient venues contre ses lèvres et son regard n'affichait aucune assurance.

« ... » et malgré la chaleur d'Umberto, sa bouche s'était ouverte une première fois pour qu'aucun son n'en sorte.
Tu ne peux pas.
... même s'il était mieux dans ses bras. Même si au fond de lui il savait que le sommeil serait plus doux dans ses bras et que Mikio le réveillerait avant que le cauchemar ne soit trop horrible. Et même s'il était déjà certain que la solution que lui proposait son aîné était la plus agréable en plus d'être celle que son coeur souhaitait... il savait aussi qu'il n'avait pas le droit.
Alors ses mains s'étaient serrées un peu plus fort et sa voix avait été légèrement étouffée par leur proximité « ... Je préfère que ce soit toi qui aille bien... » oui, parce que lui ce n'était pas grave... si c'était la fièvre ou ces lèvres qui faisaient sortir des mots qu'il aurait dû garder pour lui, il ne l'avait probablement pas encore réalisé pour se le demander de toute manière « ... Toi... toi tu... mérites... » plus que personne... sur cette Terre, il en était convaincu, la personne qui méritait le plus le bonheur c'était Park Mikio « ... pas moi... » tout ce qu'il souhaitait était trop bien pour lui... « ... moi je ne compte pas... » ça aussi, il n'aurait jamais dû le dire et il le savait probablement pour que ses yeux se baissent et se bornent à fixer le cou du coréen « ... et puis... ça ne me fait plus rien maintenant... » oui, il était habitué... mais ses yeux ne se seraient pas montrés plus fuyant encore s'il n'avait pas conscience que ce mensonge là était tout sauf crédible pour celui qui voyait ses larmes à présent « ... ça fait mal juste parce que... tu comptes beaucoup pour moi... »

... c'était bien pour Mikio qu'il avait le plus honte d'être celui qu'il était aujourd'hui. C'était bien pour lui que son coeur avait si mal de ne pas être capable d'être quelqu'un de mieux, quelqu'un qui aurait le droit de simplement fermer les yeux maintenant en soufflant la demande d'être serré plus fort pour rester à l'abri des mauvais rêves dans le seul endroit où il se sentait en sécurité.


   
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     Ven 24 Mar - 23:56

just a spoonful of sugar
Naomi

Là, dans ses bras, tremblant et secoué par les sanglots, ce n'était rien de moins qu'un gosse qu'il tenait. Il ne voyait rien d'autre. Seulement ce gamin qui avait croisé un jour sa route pour lui demander de l'aide derrière ce sourire insouciant et ses idioties incessantes. C'était cet enfant qu'il avait rencontré pour la première fois un soir de février quand il avait versé ses premières larmes. Celui pour qui il s'était agenouillé dans le but de se mettre à sa hauteur et comprendre que cet appel était pour lui. Et qu'à partir de ce jour, il n'y aurait rien d'autre qui compterait plus que la protection de ce coeur. Ce qu'il avait pris pour sa raison de vivre durant toute sa vie n'avait désormais plus de sens si ça ne lui était pas destiné. Si ça musique ne servait pas à le faire battre. Cet organe de vie qui pulser trop faiblement dans cette poitrine délicate. Quand il avait enfin tendu l'oreille pour l'entendre, quand il avait ouvert les yeux pour regarder plus loin qu'un sourire qui lui paraissait désormais pas assez vrai pour être satisfaisant... c'était là qu'il avait perçu cette dissonance dans ces battements... vu cette fissure dans cette esquisse... Toutes ces choses qui faisaient qu'aujourd'hui ce gosse pleurait désespérément contre lui, perdu entre les mensonges que racontait sa bouche et les vérités que récriait son corps... Toutes ces choses qui faisait qu'aujourd'hui, Park Mikio n'avait jamais été plus obsédé que par ce désire de protection qu'il éprouvait pour ce gosse. Il n'y avait que lui et ce besoin d'effacer ses peines... cette obsession de réparer son coeur... Et il n'avait pas de souhait plus fort que de lire un jour sur ces lèvres un sourire qui voudrait dire : « Je suis heureux. »
Mais aujourd'hui, Mikio le voyait bien que ce n'était pas le cas. Que ce Naoki qu'il tenait avec autant de désespoir qu'il pleurait contre lui, possédait seulement un coeur lourd d'une peine qu'il n'était pas en mesure de comprendre entièrement. Le garçon se faisait injustement du mal pour des raisons qui lui échappaient... Encore et toujours, il s’obstinait à s'enfoncer plus bas que Terre quand il avait seulement besoin de relever un peu la tête... Quand il était pourtant si facile de saisir les mains tout aussi obstinément tendues du Coréen.
Mais sans doute ne les tendait-il pas assez bien... Il ne pouvait pas blâmer Naoki. Certes, il était têtu, borné, mentait inlassablement sur lui-même mais Mikio le savait n'est-ce pas ? Et c'était seulement maintenant qu'il prétendait réagir. Après l'avoir retrouvé étendu inerte dans la salle de bain, quand ça aurait pu être pire. Et pour le reste... pour cette femme qu'il n'aurait effectivement pas pu deviner avant qu'elle ne mette les pieds ici, la chasser avait été le moins qu'il puisse faire... même s'il aurait aimé qu'elle ne le touche jamais. Qu'elle ne le blesse pas plus qu'il ne l'était déjà.... Parce qu'à présent Naoki se montrait si injuste envers lui-même que le coeur du chanteur ne pouvait s'empêchait de se broyer chaque seconde un peu plus... Et resserrer son étreinte autour de ce corps qui lui semblait si fragile à cet instant, n'apaisait pas les cognement douloureux contre sa cage thoracique.

S'il avait tout juste desserré son étreinte pour le laisser se mouvoir, il le tenait toujours fermement contre lui. Son regard s'était baissé sur lui et croiser celui embrumé et mal assuré de Naoki n'avait fait que comprimer un peu plus sa poitrine... Pourquoi y avait-il autant de détresse dans les yeux de ce gosse ? Comment une personne aussi précieuse que lui pouvait-elle portait autant de peine en elle ? Comment cette salope de vie avait-elle osé faire ça à l'être que Mikio chérissait le plus au monde ? C'était injuste. Impardonnable. Inadmissible... Et parce qu'il ne pouvait clairement pas casser la gueule à la vie, c'était cette horrible femme qui se prétendait médecin qui prenait pour elle. Certes, il ne l'avait pas frappé et terriblement, malgré le fait que cette pulsion lui fasse horreur, ce n'était pas l'envie qui lui avait manqué. Mais toute sa colère et son ressentiment était tout droit diriger vers elle.... et pas une seconde, pas un seul micro centième de seconde, vers Naoki... Ce n'était pas ce dont il avait besoin. Du repos. De l'attention. Quelqu'un qui le tirait vers le haut. Quelqu'un qui ne le noierait pas dans cet océan trop sombre qu'était déjà son propre coeur. Naoki avait besoin de lui. Oui, parce que si ce n'était pas lui, qui le ferait ? Est-ce que cette pensée était trop prétentieuse ? Elle avait l'air de l'être mais elle ne l'était pas. Parce que si Mikio avait mis du temps à réagir, il n'avait vu personne le faire avant lui. C'est vrai, Nao ne passait pas sa journée à la maison. Il sortait souvent le matin. Il voyait des amis. Ren. Mais même lorsqu'il allait voir celui qui semblait pourtant beaucoup compter pour lui, Naoki n'en rentrait pas moins fatigué. Les traits de son visage n'affichait pas moins de peine. Et ce sourire qu'il servait au Coréen... c'était toujours le même. Fade. Sans couleur. Tristement dépourvu de cette étincelle qu'il aimait tant...
Alors oui, Mikio avait compris. Si ce n'était pas lui, personne ne l'aiderait. Et il ne faisait pas ça par dépit ou pitié... Parce que la vérité était sans doute plus tordue. Plus inavouable...
Au fond.... Il n'avait pas envie que quelqu'un d'autre que lui le fasse. Naoki était à lui. Naoki était son protégé. Le sourire, c'était lui qui lui redonnerait. Le bonheur, c'était lui qui lui apporterait. Et parce que Naoki était à lui, ça le rendait encore plus fou de rage d'avoir laisser cette femme pensait tout ce temps qu'elle avait un quelconque droit sur ce garçon. Naoki n'était qu'à lui... et pour toujours.

Mikio lui avait laissé le temps de trouver des mots qui semblaient peiner à venir. Pourtant quand sa voix fila, Mikio le regretta presque. Ses sourcils se froncèrent et il finit par secouer la tête, désapprouvant clairement cette première déclaration qui n'avait aucun sens pour lui. « Arrête, ne sois pas ridicule Naoki... Moi je vais bien. » Lui n'avait pas de fièvre, ne s'était écroulé par deux fois - voire plus -, et aucune harpie ne lui avait mis le grappin dessus. Il souffrait, c'est vrai.. mais il souffrait surtout de voir Naoki dans cet état. Il souffrait de son impuissance et sa vitesse trop lente de réaction. Il souffrait de sa connerie pour avoir laisser faire ce gosse qui faisait n'importe quoi quand il le lâchait des yeux.... Il souffrait parce qu'il n'avait assurer le rôle qu'il s'était si fièrement attribué... Mais ce n'était rien comparé à ce que Nao devait ressentir. « C'est toi qui ne va pas bien. » Il n'avait cependant pas envie de comparer et de jouer à qui était le plus misérable... Parce qu'il n'aimait pas ce que Nao disait. Mériter... Qu'est-ce que ça voulait dire ? Qu'est-ce qu'il ne méritait pas ? Son attention ? D'aller bien ? C'était la fièvre qui le rendait idiot... mais non, Mikio savait au fond que c'était une chose que Naoki pensait réellement dans sa piètre opinion de lui-même. Et s'il s'en doutait la suite ne fit que lui confirmer tandis que l'étudiant asséna des mots si insupportable que l'aîné en eut le souffle coupé quelques secondes. Il le savait mais... c'était toujours aussi insoutenable à entendre.... C'était aussi tellement injuste... A chaque fois, Mikio se demandait désespérément pourquoi... pourquoi Naoki ne le comprenait pas et ne le voyait... qu'il n'y avait rien de plus précieux que lui aux yeux du chanteur. Sa musique, Busan.... Et parce qu'il comptait plus que tout pour lui, son coeur hurlait à l'injustice, à la cruauté d'entendre des mots si faux et dits avec tant de conviction venant de sa bouche... Il n'avait pas le droit de penser ça... Il n'avait pas le droit de balayer le coeur de Mikio de cette façon....
Et même si sa pompe à sang avait semblé sursauter à ses derniers mots, le regard de Mikio était resté baissé sur ses mains qui plaquaient cette bouche cruelle.

« Tu te trompes.... » Dissimulé sa peine dans son souffle était difficile. C'était injuste... si injuste... Pourquoi n'y aurait-il pas droit lui aussi ? Pourquoi seul Naoki pouvait l'aimer ? « Tu comptes pour moi aussi... Plus que tout... Je peux pas te laisser dire ça... Et c'est parce que tu comptes tellement pour moi que je ne peux plus non plus te laisser faire ça... »

Naoki pouvait continuer de mentir tant qu'il voulait. Si ça ne lui faisait vraiment plus rien, il ne serait pas si malheureux dans ses bras. Il n'aurait pas si honte... Et peut-être que le Coréen y était pour quelque chose mais ça n'enlevait en rien que Nao souffrait et que continuer ce cirque, en plus de pas être acceptable, continuerait de lui faire mal et ... et Mikio ne pouvait de toute façon pas le supporter.
Ses bras se resserrèrent une nouvelle fois autour de lui et ses doigts s'accrochèrent plus nerveusement à ses mèches sombres. Son regard sembla se perdre sur la silhouette canine qui ne les avait pas quitté mais ses paroles ne s'adressèrent pas à leur fils... « Si tu t'inquiètes tant que ça pour moi, Naoki, alors... commence par faire un peu plus attention à toi. Vraiment faire attention... » Parce que cette promesse qu'il lui avait faite une fois, Nao ne l'avait finalement pas tenue. Il s'était montré plus ferme cette fois. Comme on sermonnait un gosse qui venait de faire une bêtise... Mais un sermon qui n'avait pas pour but de punir mais bien de faire comprendre son erreur. Ici, l'erreur était de croire que Naoki pouvait se blesser lui-même sans qu'il ne blesse son aîné. C'était impossible quand il n'y avait rien de plus qui comptait pour le chanteur que Serizawa Naoki....

« En attendant, c'est moi qui veillerait sur toi... »

C'était faux. Ce n'était pas en attendant... Mikio veillerait toujours sur lui...
   
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     Sam 25 Mar - 15:34
Just a spoonful of sugar
EXORDIUM.
Moi, je serai toujours là. Du moment que tu penses à moi, je serai toujours là.
Tetsuo, ça avait été le seul moyen qu'il avait trouvé pour combattre la solitude. Pour prétendre avoir une vie un peu plus normale. Pour faire semblant dans sa tête d'être un gosse comme les autres sur le modèle de ce qu'il voyait parfois ou de ce qu'il lui arrivait de lire. Et parce qu'il se raccrochait à ce qu'il pouvait, il s'était dit un temps que c'était mieux que rien... tant qu'il avait Tetsuo, il ne serait jamais véritablement seul. Il avait toujours son imagination pour être un enfant qui jouait avec son ami. Et pas un simple jouet destiné à rencontrer un mur sur lequel il se brisait un peu plus à chaque partie....
Oui, il le comprenait que c'était différent. Que ce n'était qu'une illusion, qu'un simple travail de son imagination. Mais il s'en serait très bien contenté s'il n'avait pas réalisé à un moment que c'était déjà trop... que ce qu'il lui avait permis de s'évader un temps, ça lui faisait également plus mal. Que même cet attachement là, continuer à se l'offrir, ça ne l'aidait plus... ça ne marchait que sur un enfant qui n'avait jamais vraiment existé. C'était quelque chose qu'il valait mieux laissé derrière lui, ça lui serait plus bénéfique. Peut-être que son esprit se laisserait moins distraire, il travaillerait mieux... pour ne satisfaire personne c'est vrai mais même avec la certitude qu'il n'avait pas besoin de se planter pour être corrigé, il avait toujours fait de son mieux. Il avait toujours écouté, obéi, fait ce qu'on attendait de lui malgré quelques actes de rébellion cachés pour lui permettre de garder la tête hors de l'eau, au moins un temps.

Mais aujourd'hui, la solitude qu'il devrait retrouver à un moment, il n'irait pas vers elle pour s'épargner ou pour être un "bon fils". Il irait vers elle parce que c'était Mikio. Parce qu'il comptait pour lui plus que n'importe qui, parce que c'était de lui dont il voudrait le plus le cacher cet enfant... même s'il était celui à en avoir le plus vu sans doute... et surtout parce qu'il voulait le protéger....
Cette lumière... personne n'avait le droit de l'affaiblir. Cette personne trop éblouissante pour son monde, ni lui, ni son père, n'avait le droit d'y toucher. Qu'il en ait profité tout ce temps était déjà une injustice. Se dire qu'il voulait que Mikio continue à être quelque part ce coréen si parfait qu'il aimerait toujours, avec ce sourire sur lequel ses yeux se perdaient si souvent... parce qu'il en avait besoin, c'était probablement un peu de l'égoïsme....
Mais jusqu'à la fin, il voulait être capable d'imaginer ce Mikio qui un jour l'avait perdu... qui un jour avait remporté ce coeur abîmé qui lui appartiendrait désormais toujours.
Oui, dans le fond, il y reviendrait à cette torture qu'il s'infligeait gamin avec son imagination. Mais ce ne serait pas Tetsuo, ce serait plus douloureux... et il serait incapable de s'en passer. Parce que le coréen dont il n'avait pas la force de quitter les bras à présent, il ne pourrait jamais l'oublier et à chaque seconde, son coeur lui ferait mal de battre pour une personne trop loin de lui... une personne dont il ne voulait pas seulement imaginer les bras pour s'y blottir... il voudrait y être, toujours, à cette place si chaude où il se sentait le mieux. Son odeur, il voulait la sentir et ne pas chercher à s'en souvenir. Ses doigts... ils voulaient le toucher et ne pas se contenter de courir sur une peau dans une imagination qui ne saurait jamais rendre justice à celui qu'était, et serait toujours dans son coeur, Park Mikio.

Mais aussi certainement qu'il s'était éloigné de Tetsuo, il finirait par le faire avec Mikio... plus qu'il ne l'avait déjà fait. Et aujourd'hui, la voix qui semblait lui dire qu'il serait toujours là, avec lui, elle était bien réelle. Plus certainement, elle touchait son coeur. Les bras qui l'entouraient, ce n'était pas le rêve éveillé d'un gamin qui combattait une solitude dont il prétendait qu'elle ne faisait pas si mal que ça.... Non, Mikio était bien là à le retenir et son coeur le suppliait de se laisser faire... simplement parce qu'il en mourait d'envie et parce qu'il le savait autant que lui.... Sans Mikio, il n'y aurait plus rien. Ces battements douloureux, ces souhaits de se retrouver dans les bras de la personne auprès de laquelle il voulait prendre chaque souffle en apprenant à mieux respirer, ils ne se tairaient que quand lui renoncerait finalement.
Et l'abandon viendrait rapidement sans lui....
Il n'y aurait plus rien pour se raccrocher après Mikio... parce qu'il était le seul à qui il voulait se retenir.... Il pourrait chercher, tenir un peu avec des souffles ridicules... fermer les yeux en espérant le retrouver pour toujours... il n'y résisterait pas longtemps.
Ce voeu là... il lui était permis non ?

Celui de faire croire à Mikio que tout allait bien, il venait de le gâcher. Par ses larmes. Par la honte qu'il ne parvenait plus à cacher. Par cette tentative qu'il ne faisait pas de s'éloigner de bras dont il attendait qu'ils le serrent plus fort encore. Son poignet pouvait glisser sur le haut de ses joues pour effacer des larmes qui revenaient, sa tête pouvait se secouer pour démentir et prétendre qu'il allait bien... c'était un mensonge que sa faiblesse ne lui permettait pas de garder plus qu'une phrase inachevée « Non... moi ça... » ...va....
ça n'allait pas. Mais ce n'était pas important. ça ne l'était jamais alors pourquoi ce serait différent aujourd'hui... ?
Parce qu'il avait enfin quelqu'un pour l'écouter ? Le soutenir ? Parce que cette personne prêtait tellement attention à lui qu'elle n'acceptait pas les mensonges qu'il aurait aimé voir pris pour une vérité ?
Il se savait tellement crédible pour Mikio qu'au lieu de terminer cette phrase, ses poings s'étaient serrés davantage et son regard s'était baissé.

Il les avait pourtant tellement répété. Chaque jour, depuis que son père lui avait appris, il s'entraînait à ce "ça va" qu'il n'avait jamais pensé.
En boucle, inlassablement, il avait dit ce qu'il n'avait jamais connu. Et parce qu'il ne savait même pas ce que c'était d'aller bien, ça avait été si simple. Il n'y avait jamais aucune différence. Chaque jour il avait mal. Et chaque jour ça allait.
Est-ce Mikio et les différences qu'il proposait avaient rendu moins crédible son mensonge ? C'était probablement l'une des nombreuses raisons qui faisait que lui mentir était plus compliqué. Parce que depuis qu'il le connaissait, il ne respirait plus pareil, son coeur battait... son coeur avait plus mal de devoir retourner un jour dans ce noir sans aucune lumière....
Il avait appris à sourire pour de vrai. Entre son "ça va" d'hier, et ceux qu'il avait prononcé depuis un an, il y avait des variations....

Quelques secondes, ses yeux s'était relevés vers son aîné. Les sourcils froncés, il ne semblait pas comprendre encore.... Comment est-ce qu'il aurait pu ? Ce que Mikio lui disait maintenant quand il aurait dû le repousser, quand il ne devrait même plus se trouver dans cette chambre... ce n'était pas normal. Il n'était même pas un peu écoeuré ? Pourquoi est-ce qu'il le retenait toujours aussi fort dans ses bras ? « ... » et il ne pouvait même pas lui offrir en échange la promesse que le coréen attendait. Il n'avait pas le choix. Et ce n'était pas si grave... même s'il avait honte au point de ne pas pouvoir le nier maintenant... sa bouche avait pourtant fini par se rouvrir pour le faire. Mais les bras qui l'avaient serrés plus fermement, les doigts dans ses cheveux et puis finalement les mots l'avaient privé d'une voix qui avait déjà du mal à sortir.
Ce n'était pas vrai. Et pourtant, c'était bien là que ses yeux s'étaient baissés à nouveau dans un « Je fais attention à moi... » oui... il avait promis... alors il avait fait attention... « ... c'est vrai ... » il avait fait de vrais efforts ces derniers temps. Il s'était beaucoup forcé pour Mikio. Il avait fait en sorte d'aller bien pour lui... ou plutôt, il avait fait en sorte de faire semblant correctement.... Il s'était arrangé pour tout cacher, il avait fait au mieux en tout cas. Même si ça n'avait pas été suffisant et qu'il se maudissait aujourd'hui de sa faiblesse.  « J'avais promis alors... » ... alors il avait beaucoup essayé... pourquoi ça n'avait pas marché ?

A la suite, il n'y avait pas répondu, trop occupé à se mordre la lèvre et à chercher à enterrer son regard dans ses mains qu'il avait enfin ouvertes. Mikio ne pouvait pas s'occuper de lui...
Même si, dans le fond, il en avait envie ? De se reposer dans ses bras et de se laisser un moment porter pour respirer un peu mieux ?
Ce n'était pas correct. Et parce que ce n'était pas correct, il n'aurait jamais dû échouer « ... j'ai fait de mon mieux... » la culpabilité, il n'avait pas su la cacher non plus, et parce qu'il ne parvenait pas à la taire, elle se lisait de plus en plus dans sa voix qui avait tremblé à nouveau « ... j'ai vraiment essayé... » alors pourquoi est-ce qu'il en était à ce résultat aussi lamentable aujourd'hui ? « J'avais jamais fait autant d'efforts pour quelqu'un... »

Mais ça marchait mieux avant... il ne comprenait pas... pourquoi est-ce qu'il gâchait toujours tout quand c'était pour Mikio ? Parce que le coréen était trop doux ? Parce qu'il ne recevait plus de coups ? Parce qu'ils étaient trop proches et que lui mentir était un effort double à fournir ?
Faire semblant... c'était sa spécialité... c'était sa seule manière d'aller bien alors comment est-ce qu'il allait faire quand il n'était pas supposé se laisser aller autrement que dans une obscurité pour le cacher ?


   
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     Sam 25 Mar - 18:28

just a spoonful of sugar
Naomi

Non, ça n'allait pas. Et ce n'était pas parce que Nao s’obstinait à dire le contraire que ça deviendrait plus une réalité. Peut-être essayait-il aussi de s'en convaincre lui-même. Mais celui qui n'avait plus besoin qu'on lui répète encore ce mensonge en boucle, celui qui n'avait plus envie de l'entendre parce qu'il faisait toujours plus mal à entendre... c'était Mikio. Ca n'allait pas. Même s'il voulait y croire de toutes ses forces, ça n'allait pas. Pourquoi ? Pourquoi ça n'allait pas ? Qu'est-ce qui était si difficile à exaucer dans son souhait ? Il ne demandait même pas d'aller bien lui, d'être heureux, ça ne le concernait même pas... Il ne demandait même pas non plus à la vie de le laisser tranquille avec ses blagues... Elle pouvait continuer si ça l'amusait, mais en échange, tout ce qu'il voulait, c'était ce que celui qu'il tenait ses bras à cet instant aille bien. C'est tout. Rien de plus... Ce n'était pas la lune. Ce n'était même pas un souhait prétentieux ou égoïste.... C'était seulement un souhait qu'il pensait juste. Alors pourquoi ? Qu'est-ce qu'il y avait de si insurmontable là dedans ? Pourquoi Nao semblait agir comme si ce souhait n'avait pas lieu de se réaliser, comme si de toute façon, c'était peine perdu.... Il ne le méritait pas selon lui.... Ca n'avait pas de sens. Il n'y avait personne qui le méritait plus que lui. Il devait aller bien. Des solutions, il devait y en avoir et pas de celles qui lui faisaient plus de mal... Pourquoi se condamner à souffrir ? Pourquoi ?
C'était injuste. Si injuste. Et plus il cherchait, moins Mikio comprenait. Qu'est-ce qu'il avait raté ? Qu'est-ce qu'il devait faire ? Il se sentait perdu. Il continuait de se maudire. Et plus qu'il ne voulait l'admettre, régnait dans sa tête une détresse qu'il n'avait jamais connue avant... Parce qu'aucune situation ne lui avait tant échappé. Aucune personne ne l'avait plus préoccupé que Naoki.... Et aucune n'était aussi complexe que lui. Naoki le rendait fou, c'était une chose qu'il avait acquis depuis longtemps, tout comme il avait accepté très vite qu'il ne voulait pas aller mieux. Cette folie, elle devait servir à celui qui la créait... Cette folie qui l'animait et faisait battre son coeur comme jamais, elle ne devait servir qu'à rendre Naoki aussi fou que lui. Fou de joie. Fou de bonheur.
Ce qui était trop loin, bien trop loin d'être le cas aujourd'hui.

Naoki n'allait pas bien. Et avant de penser à son bonheur, il devait déjà penser à sa santé.... même s'il lui semblait que c'était bien son coeur et sa tête qui étaient les plus malades. Et qu'il y avait plus qu'un problème de négligence... Certaines choses sur lesquelles, les deux bridés ne se comprenaient pas. Parce que Mikio secoua doucement la tête quand le plus jeune chercha à se défendre... Il ne pouvait pas approuver. Nao n'avait pas fait attention à lui. Sa promesse il ne l'avait pas tenue.... Même s'il avait l'air de le vouloir, l'aîné ne pouvait pas lui accordait ce point. Sinon, il ne serait pas là, n'est-ce pas ? Mikio aurait aimé qu'il en soit capable, mais puisqu'il n'y arrivait visiblement pas, c'était à lui de prendre soin de son cadet, voilà tout.

Pourtant son coeur se serra plus fort à cette voix brisée qui semblait chercher justification. Les yeux de Mikio se baissèrent sur celui qui clamait avoir fait de son mieux. Il avait vraiment essayé... Et le pire c'est qu'il semblait sincère. La gorge de Mikio se noua à l'instar de son ventre. Son mieux... ? Qu'est-ce qu'il devait comprendre alors ? Que cet état dans lequel il était, c'était de son mieux ? « Nao... » Sa voix se brisa et il se rendit compte que son regard s'était embrumé. Relevant le visage pour chasser ce brouillard gênant, il se mordit l'intérieur de la joue aussi fort qu'il put jusqu'à sentir le goût métallique de son sang. Lui, il ne devait pas. Pas maintenant. Pas devant Nao. Il devait être fort, il devait le rassurer.... S'il cédait à ce bouleversement, il n'allait pas aider Nao.... Mais il n'arrivait pas à ne pas y penser... Cette détresse dans la voix de Naoki... Cette atroce sincérité qui voulait dire trop de choses blessantes....
Si tous ses efforts il les faisait pour lui, alors que faisait-il sans lui ? A quel point était-il négligent ?

Serait-il seulement encore là avec lui ?

Et sur cette insoutenable pensée qui avait fait céder son coeur et rendu pénible sa respiration, Mikio n'avait pu s'empêcher de serrer plus fort Naoki. Il ne s'en était probablement pas rendu compte... Tout comme il n'avait pas pu taire la suite et ce reproche douloureux dans sa voix :

« Alors dans quel état tu es quand tu n'en fais pas ? Comment est-ce que j'aurais fini par te retrouver ? »

Il ne voulait pas l'imaginer ou le savoir, parce qu'au fond, c'était si évident que ça le tuait. Ses mains s'étaient resserrées dans un tremblement nerveux et mal assuré dans ses cheveux. Nao ne pouvait pas continuer comme ça... cette "bonne volonté" était loin de suffit. Elle était même effrayamment insuffisante quand elle semblait être le maximum de ce que le garçon pouvait faire.... « C'est pas ça faire des efforts, Naoki... C'est pas ça aller bien.... » Non. Ce n'était pas dire « Ca va » quand ses traits hurlaient le contraire. Ce n'était pas dire « J'ai mangé » quand il avait tout juste bu un café. Ce n'était pas sourire sans envie de le faire pour rassurer cette personne qui s'inquiétait pour lui... Quand lui-même ne semblait même pas comprendre pour quelles raisons idiotes on pourrait se préoccuper de sa personne. La vérité, c'était que Naoki ne savait pas faire attention à lui. Au fond, l'étudiant ne lui avait pas menti. Il avait fait de son mieux... parce qu'il ne savait pas comment faire plus. Parce qu'il n'avait aucune considération pour lui-même, comment pouvait-il savoir aller mieux ? Mikio ne le comprenait que trop tard. Et davantage, sa poitrine se comprima. Si fort que son visage se déforma un instant sous la douleur.

« Mais c'est de ma faute aussi, » souffla-t-il finalement, le regard de nouveau perdu sur ses mains recroquevillées. « J'aurais dû réagir avant et pas fermer les yeux... » Il avait été si con. Le pire des abrutis. Il le voyait tous les jours, il n'avait pas le droit de faire comme s'il n'avait pas compris... Pourtant il avait laissé faire. Il n'arrivait même pas à comprendre comment cela pouvait-il être seulement acceptable... il se maudissait. A trop jouer l'aveugle, il avait laisser Nao souffrir seul et s'il était dans ses bras aujourd'hui, il ne savait que trop bien que l'issu de sa connerie aurait pu être pire. Terrible. Atroce. Pire que ça... « Ca n'arrivera plus... » souffla-t-il, les dents serrés, plus remonté contre lui-même que contre Naoki. Ces mots-là, murmurés entre ses dents, ils s'adressaient principalement à lui. « Je ne le permettrais plus... » Qui était-il lui ? Celui qui devait protéger ce gosse et qui avait failli à sa tâche trop de fois. C'était fini. Une erreur coûtait bien trop chère.

Ses larmes et l'émotion qui enserraient sa gorge, le chanteur s'était fait violence pour les chasser. Il prit quelques secondes pour seulement respirer et se concentrer.... avant qu'il ne semble trouver la solution pour s'apaiser dans ce baiser qu'il déposa contre la tempe de Naoki. Doucement, ses lèvres s'y apposèrent avant que sa main ne l'aide à les orienter vers le front du plus jeune. C'était encore si chaud.... Mikio pouvait continuait à faire des reproches, ça ne faisait pas tomber cette fièvre. C'était finie désormais. La doc était partie, Naoki était au lit, Mikio s'était assez maudit. Bon, pas assez probablement, mais il aurait tout le temps de le faire plus tard.... En demander plus à Nao désormais était déraisonnable... Le sermon pouvait attendre, il en avait assez entendu pour l'instant... Cette femme, il ne risquait pas de le revoir pour le moment... il y avait plus urgent à régler.

« Ta fièvre ne tombe pas... Je vais te donner un truc. »

Un truc, un comprimé, quelque chose qui serait plus utile que des mots ou même une étreinte qui, si elle faisait probablement du bien au coeur du garçon, n'avait malheureusement pas toutes les propriétés médicinales dont le Coréen avait besoin. Selon l'étudiant, il pouvait lui donner un autre cachet... Il ne s'était pas demandé plus longtemps s'il pouvait lui faire confiance. Nao avait besoin de quelque chose. Un médecin, un vrai, en premier lieu.... C'est vrai que cette *** n'avait même pas été fichue de l'examiner. Bon, ce n'était pas comme si Mikio lui en avait laissé le temps... et au final, s'il devait se montrer tout à fait honnête, il préférait que ce ne soit pas elle qui le fasse.
Un cachet, c'était ce qu'il devait prendre maintenant. Pour le reste, il verrait plus tard. Alors à contre coeur, Mikio avait desserré son étreinte. Doucement, sa main avait caressé sa tête et son geste voulait probablement dire qu'il était désolé... Mais il ne s'éloignerait pas longtemps. Avec précaution, il s'était détaché en prenant soin de faire regagner sa place à Naoki dans le lit et veilla à ce que la couette reste bien en place. Une dernière caresse dans ses cheveux et les pas du chanteur le ramenaient vers cette étagère où il avait laissé la trousse à pharmacie plus tôt. Là, il avait récupéré la boite qu'il avait prise tout à l'heure mais s'était attardé un instant dessus... Il pouvait vraiment ? Nao avait l'air de s'y connaître en médicament, ce qui était tristement utile mais... Il jeta un coup d’œil vers le lit où il était. Il se gérait seul mais Mikio avait compris que le garçon avait tendance à trop compter sur les médicaments... trop pour que toutes les doses soient raisonnables... Il devait vérifier lui-même. Il n'était peut-être pas docteur mais il pouvait lire une notice... et quand il fut sûr qu'il pouvait vraiment lui redonner un comprimé, il revint près du malade en lui tendant le dit cachet, avec le reste d'eau du verre. Il songeait à aller prendre une bouteille dans la cuisine... il fallait boire quand on avait de la fièvre....

Doucement, sa main vint caresser le ventre du plus jeune à travers les tissus dans un geste qu'il voulait apaisant. « Faut que tu te repose un peu maintenant, d'accord ? S'il te plait... » Il n'avait pas envie de se battre une nouvelle fois avec un médecin. Pas tout de suite en tout cas.... Nao devait dormir et il espérait que la fièvre allait tomber un peu... Qu'il puisse au moins se reposer... Mais il savait qu'elle n'était pas la meilleure amie des premiers repos quand on était malade. On faisait souvent des cauchemars dans ces moments-là.... « Je reste avec toi, d'accord ? » Sa main vint trouver la sienne pour la caresser doucement. « Je te berce si tu veux... » Sa voix n'était redevenue que douceur et oui, il parlait à Nao comme s'il avait cinq ans... Mais il n'y pouvait rien. C'était un gosse... Un bébé... son bébé....
   
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     Sam 25 Mar - 23:11
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EXORDIUM.
« ... » Loin... endormi... parce qu'il y avait un jour où il laisserait simplement aller les choses là où elles étaient supposées se terminer. Mais cette réponse, il ne l'avait pas formulée. Il n'avait fait que la penser avant qu'à nouveau il se dise qu'il avait fait de son mieux. Des efforts, il en avait vraiment fait beaucoup. Combien de fois est-ce qu'il s'était forcé à avaler quelque chose alors que son estomac était trop noué pour ça ? Combien de fois est-ce qu'il avait pris des cachets pour s'imposer de trouver le sommeil et le garder un peu alors qu'il en était effrayé ? A chaque fois qu'il avait fermé les yeux pour dormir... parce qu'à chaque fois qu'il devait se reposer, depuis toujours, il avait peur de s'enfoncer dans un monde aussi sombre que sa réalité. Parce qu'il ne rêvait jamais et que le mieux qu'il puisse espérer était une simple obscurité, un sommeil sans rêves où il se reposerait enfin un peu mieux.
Et depuis ce soir là, chez son oncle, les cauchemars semblaient le poursuivre avec la volonté de l'effrayer encore plus du sommeil....
Ils étaient différents aujourd'hui... il y avait Mikio... et entre souffrir et être la cause de souffrances pour le coréen, sa plus grande peur était rapidement trouvée.

Alors, il avait vraiment fait de son mieux. Au moment où il n'avait jamais souhaité autant fuir le sommeil, il s'était rendu tous les jours à l'hôtel pour essayer de le trouver un peu.
A chaque fois, il avait pensé Non, je dois dormir, pour lui. Pour Mikio..
Il devait se reposer pour être capable de sourire. Pour ne pas avoir l'air trop fatigué. Pour ne pas s'affaiblir davantage et montrer une image de lui qu'il devait enterrer sous des montagnes de faux semblants. Et parce qu'il redoutait tellement de l'inquiéter un peu plus, il s'était probablement mis davantage la pression.
Parce qu'il avait peur qu'il n'assiste à une nouvelle crise pire que ce qu'il avait déjà pu voir... il avait combattu le sommeil à chaque fois qu'il se trouvait avec lui. Encore la nuit dernière.
Il n'avait jamais fait autant d'efforts pour personne.
Avant, ça lui semblait plus "simple" mais ça ne l'avait pas empêché de persister malgré tout. Autant que si son père avait été encore là, il s'était répété Je dois aller bien.
Ce n'était plus pour les yeux des personnes face auxquelles il devait avoir l'air d'un Serizawa impeccable. Non, c'était pour des yeux qui comptaient pour lui... ceux de Mikio....

Une fois encore, sa tête s'était secouée. Une fois encore, il avait répété ce qu'il pensait vrai « C'était de vrais efforts... » ce qu'il n'aurait probablement pas dit sans la fièvre. Cette fièvre qu'il n'aurait pas s'il s'était réellement reposé. Mais ça... il la trouvait injuste. Il n'était pas malade. Il ne devait pas l'être. Il n'en n'avait pas le droit et c'était cruel de l'affaiblir alors qu'il avait fait tellement d'efforts pour se reposer au mieux « ... j'ai bien travaillé... » il ne s'était même pas rendu compte qu'il s'était trompé de mots. Il n'y avait pas prêté attention. Il n'était pourtant pas question de travailler ici mais le verbe qu'il aurait dû employer et qu'il avait probablement voulu employer en était loin.
Travailler.
C'était juste ce qu'il se répétait enfant... au début...
ça va aller... j'ai bien travaillé... non ?
Et s'il y avait eu parfois Tetsuo pour lui répondre que oui... au fond de lui, il savait que ce serait toujours insuffisant. Comme ses efforts aujourd'hui... au final, il se révélait toujours être une personne décevante.
Pourtant, il s'accrochait sans relâche à des efforts inutiles. Même quand il les savait inutiles. Parce que c'était tout ce qu'il savait faire et qu'il se répétait sans conviction que ça limitait les dégâts.
Aujourd'hui, il avait vraiment voulu y croire.
Et puis, il était tombé...

Ce n'est pas ça faire des efforts.
Qu'est-ce que c'était "faire des efforts" alors ? Ridiculement, sous les mots de Mikio, il s'était bien posé cette question.
Si ce qu'il s'était efforcé de faire pendant tout ce temps n'était pas des efforts... au bout de quelle douleur est-ce que ça le devenait ? Il fallait avoir plus mal à quel point pour pouvoir dire qu'on avait fait au mieux ?
Et qu'est-ce que c'était aller bien pour lui ?
... à son niveau, c'était faire semblant. Au niveau de Mikio... il devait faire mieux semblant alors.
Il ne connaissait pas tout ça.... Et dans un moment comme celui-là, harcelé par la fièvre, il s'était senti sur sa planète bien trop lointaine pour comprendre le sens des mots qui sortaient de la bouche de son aîné.
Il n'était pas supposé la parler cette langue que certains nommaient bonheur.
Il n'était qu'un touriste de passage dans un monde où il devait faire semblant de connaître les coutumes pour les pratiquer comme les autres.
Sourire.
Rire.
Plaisanter.
... aimer... il l'avait vraiment appris ça... mais s'il en avait la conviction... peut-être qu'il ne l'avait pas appris correctement.
... quand on aimait, on ne faisait pas de mal à la personne avec laquelle ce verbe devenait une évidence.

Sa faute ?
« ... » sous ses mains, ses sourcils s'étaient froncés quelques secondes. Et puis, ses mains s'étaient refermées pour libérer ses yeux qu'il venait de rouvrir. Il lui avait fallu encore un peu de temps, laisser Mikio prononcer d'autres mots incompréhensibles, avant que son regard ne se relève vers lui.
Pourquoi est-ce que c'était de sa faute ?
Pour libérer sa bouche, ses mains étaient descendus en dessous de son cou où ses doigts s'étaient pressés entre eux avec moins de cruauté qu'auparavant.
Mikio avait l'air d'avoir mal.
Il l'avait pensé malgré ses difficultés du jour.
Et parce qu'il en avait été finalement certain, ses yeux s'étaient baissés, coupable du crime qu'il souhaitait ne jamais commettre... et commettait inlassablement « Je suis désolé... ».
Pas d'être malade. Pas d'avoir fait des efforts qui n'étaient pas à la hauteur du coréen. Mais de causer cette souffrance qu'il avait pensé percevoir.
« Ne t'en veux pas... s'il te plaît... » des excuses et on en parle plus ?
Non... enfin si... mais ce n'était pas ça qu'il avait voulu faire, il voulait simplement que Mikio aille mieux et ne se blâme pas pour...
Pourquoi est-ce qu'il se blâmait ?
Il faudrait peut-être commencer par comprendre ça....
« Ne sois pas triste non plus... »
... mais quand on n'en était pas capable, on formulait des souhaits idiots.

Et il aurait peut-être continué sur cette lancée si un baiser sur sa tempe ne l'avait pas réduit au silence. Sa bouche s'était bien ouverte pour demander pourquoi alors qu'il savait, mais une seconde fois, ces lèvres l'avaient touché et aucun son n'avait été produit par sa voix. L'une de ses mains était remontée vers ses joues qu'il avait essuyé une fois de plus et à nouveau il avait regardé le coréen sans comprendre pourquoi cette personne si parfaite était comme ça avec quelqu'un comme lui.
... et puis, comme un idiot, il avait été capable de penser que ça faisait du bien.
Mais quelques secondes après avoir constaté sa température, sans laisser le temps à ses bras de réagir, ceux de Mikio l'avaient relâché et il s'était laissé replacer sans avoir la force de protester... il ne l'aurait pas fait contre les bonnes choses de toute manière.
Est-ce qu'il était idiot ?
Pour s'en sentir triste... oui. Parce que c'était mieux comme ça, il le savait, il l'avait souhaité qu'il ne le touche pas alors qu'il était si sale comparé à lui.
... et alors même que ses bras n'avaient pas osé se resserrer sur lui tout ce temps, ses yeux s'étaient baissés vers ses mains pour les maudire.
Il aurait dû lui rendre cette étreinte... rien qu'un peu...
C'était fatigant... avoir des pensées qui se battaient sans cesse entre la raison et les désirs de son coeur.
ça l'était encore plus quand cette fatigue, cette fièvre ou le désespoir d'un coeur laissait échapper des mots qu'il n'était même pas en droit de penser...

« Moi je voulais rester dans tes bras... »

Si triste, déçu... les mots qu'on aurait pas dû entendre dans cette chambre étaient tombés comme ceux d'un enfant à qui on retire le doudou qui le protège des cauchemars.
Et il avait bien froncé les sourcils une seconde ou deux sous l'incompréhension.
Oui, il ne rêvait pas, il ne faisait aucune logique... parce qu'il combattait un coeur qui n'en pouvait plus et voulait avoir le dernier mot aujourd'hui.
Quand ses yeux s'étaient enfin relevés de ses mains, Mikio était déjà revenu auprès de lui. Ses mains s'étaient relâchées et il en avait tendu une vers le cachet qu'il avait mis dans sa bouche puis vers le verre qu'il avait terminé avant de le rendre à son aîné.
Il aurait sans doute regardé cette main si tendre avec lui si les mots de son aîné n'avaient pas former l'angoisse, voir une certaine souffrance sur son visage. Non... pas dormir... et sa tête n'avait pas mis plus d'une seconde à se secouer en guise de première réponse. Pour deuxième, sa main avait faiblement serré celle qui la caressait dans une supplication silencieuse.
Et pour troisième... il n'avait plus celle de dire qu'il n'avait pas sommeil quand la raison de son refus se lisait déjà sur ses traits, au même titre que sa fatigue.
Pourtant, malgré l'évidence des réponses qu'il fournissait toujours, malgré ses nombreux mensonges, aucun "ça va" n'était venu... juste sa conviction, ce qu'il se répétait chaque nuit, dans les bras de Mikio :

« Je ne peux pas dormir. »

Non. Pas maintenant. Pas ici. Pas sous les yeux de Mikio.
A l'hôtel, quand tout était aussi sombre que ses rêves... il n'y avait que là qu'il en avait le droit.
Aujourd'hui, quand ses cauchemars l'atteignaient déjà alors qu'il se trouvait éveillé, il lui était encore moins permis de céder à cette fatigue qui le harcelait pourtant de plus en plus.
Il ne tenait plus. Mais ça n'avait aucune importance, parce qu'il le devait, qu'il s'en sente capable ou non.


   
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     Dim 26 Mar - 17:43
Park Mikio a écrit:

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Naomi

Est-ce que c'était vraiment de l'obstination ? Ces efforts là, Nao avait l'air d'y tenir... en fait, il avait même l'air d'y croire sincèrement. Mais il se trompait. Ce n'était pas ce que Mikio lui avait demandé... Il voulait qu'il aille bien et il était indéniable qu'aujourd'hui, c'était tout le contraire. Alors qu'avait-il fait ? Qu'avait-il essayé de faire ? Le coeur de Mikio se serrait tandis qu'il sentait son protégé s'accrochait à ces efforts qu'il avait semblé faire de toutes ses forces. Il ne comprenait pas. Et ça peinait Mikio tandis qu'il s'en rendait compte à sa place... Ce n'était pas de sa faute.... Comment pouvait-il aller mieux s'il ne savait pas comment s'y prendre ? Nao avait peut-être cru faire des efforts, mais ce n'était ni assez, ni les bons pour retrouver un meilleur état. En fait, il n'avait même semblait que se dégrader....
Alors qu'est-ce qui n'avait pas marché ? Qu'est-ce qui n'allait avec lui ?
Un faible souffle interloqua le Coréen qui baissa son regard incrédule sur sa source. Que venait-il de dire, ce gosse ? Travaillé ? Ca ne faisait pas de sens. Pas plus que tout le reste.... Et s'il se doutait tristement que la fièvre y était pour quelque chose, il se demandait comment ce mot avait pu se retrouver dans la bouche du garçon. Ca ne voulait peut-être rien dire... et de toute façon, Naoki n'était pas en état d'être questionné sur la cohérence de son discours. L'urgence était de faire baisser cette température qui semblait de plus en plus faire perdre pied à son cadet...

Définitivement, ça n'allait pas. L'inquiétude avait noué un peu plus l'estomac du plus vieux tandis que les mots embrouillés de Naoki semblait sonner comme un peu plus lointain de sa bouche... Cette excuse qui n'avait pas sa place quand c'était le tour de Mikio de se blâmer, tout comme ces souhaits faiblement formulés que l'ainé n'avait pas eu le coeur de contrarier. Seulement, il ne pouvait pas non plus mentir... Il avait ses torts, il le savait. S'il avait été meilleur et moins con, ses yeux n'auraient pas à croisé ceux noyés de Naoki. Le visage qui reposait contre son épaule ne serait pas aussi chaud. Le corps qu'il tenait dans ses bras ne serait pas si tremblant.... Et s'il avait été là à temps, même s'il ne pouvait pas savoir quand exactement, Nao n'aurait peut-être pas si honte de lui-même. Quant à sa peine, il aurait aimé la chasser en même temps que celle de l'étudiant.... Parce qu'il savait qu'elle était immensément plus lourde pour lui. Mais tout ça, il l'avait gardé pour lui. Ses gestes avaient seulement redoublé de douceur en le serrant contre lui et en promenant ses mains dans ses cheveux ou dans son dos. Et avant d'embrasser sa tempe et son front, ses lèvres avaient juste murmuré un « Ca va aller... » qu'il adressait à lui-même et souhaitait pour Naoki.... Mikio ne se laisserait pas aller et il ferait en sorte que le plus jeune ne se retrouve plus dans un état comme ça.

Et pour être efficace, il fallait avant tout se débarrasser de cette fièvre. A défaut de pouvoir appeler un médecin pour le moment, Mikio pouvait bien lui donner un cachet supplémentaire... mais pour cela, il avait fallu qu'il se lève et se détache du garçon que ses bras avaient emprisonné plus tôt... S'il ne l'avait pas fait de bon coeur, il l'avait encore plus regretté dès l'instant où ces mots qu'il ne s'attendait pas à entendre si soudainement lui avait explosé dans la poitrine. Marquant une pause dans sa lecture de notice, le chanteur tourna la tête vers celui qui réclamait ses bras dans le lit.... « ... » Son coeur s'était emballé un peu trop fort à cette demande qui avait tout l'air d'être celle d'un gosse.... et c'était peut-être pour cette raison qu'il s'était senti fondre malgré lui. Il ne devait pas. Il devait pas se permettre de s'attendrir de cette façon quand c'était la fièvre qui faisait parler Nao mais.... ça avait le mérite d'être honnête, non ? Mikio n'avait pas vraiment le droit de lui refuse cette demande là... Après tout, c'était ce qu'il voulait aussi non ? « J'arrive Nao, excuse-moi... » Il n'avait pas pu s'empêcher. Bien sûr qu'il avait besoin de ces médicaments, mais cette demande avait réussi à le faire culpabiliser de s'être éloigné.... Si Nao avait besoin de lui, il n'allait pas se faire prier.

Alors il n'avait pas traîné plus longtemps et une fois qu'il était revenu avec ce dont Nao avait besoin, il l'avait regardé prendre le comprimé, un air bienveillant sur le visage. Il ne l'avait pas quitté des yeux jusqu'à ce qu'il lui rende docilement le verre après avoir terminé. Geste qui avait suscité chez l'aîné un doux sourire à son égard, comme pour le féliciter d'avoir été sage de bien prendre son médicament. Nao avait quel âge déjà, Mikio ? Il n'y pouvait rien... Il avait tellement l'air d'un gosse. Le Coréen ne se voyait pas agir autrement avec lui.... Et sa main avait bougé seule, poussant le vis jusqu'à plongé doucement dans ses cheveux pour le récompenser avant de glisser dans une tendre caresse sur sa joue bouillante.

Reposant le verre sur la table de chevet, il s'agissait maintenant de convaincre Naoki de dormir un peu. Il se doutait que le plus jeune n'allait pas s'en enchanter mais il avait un peu espoir que la fatigue soit de son côté.... Il en avait besoin. La fièvre ne tomberait pas tant qu'il ne dormirait pas un peu. Il n'était pas docteur mais c'était une évidence quand il soupçonnait plus qu'un peu l'épuisement d'être à l'origine de tout ça....
A son refus catégorique, bien qu'il s'y attendait, Mikio haussa légèrement les sourcils. Vraiment.... ce n'était pas lui. Il ne débloquait pas... Il agissait comme un enfant. Une moue contrariée était apparu sur le visage de l'ainé mais aucune trace de colère comme si Mikio semblait désormais incapable de se fâcher contre ce gamin têtu quand il ne s'était pourtant jamais tant énervé que quelques minutes plus tôt.... Cette journée était décidément bien étrange... Mais Naoki était le seul qui était coupable de cette drôle d'atmosphère. C'était uniquement de sa faute si la suite avait échappé au plus vieux : « T'en as besoin bébé... » .... Quoi ? « Nao. » Comment il l'avait appelé juste avant ? C'était sorti seul. Il avait beau eu se rattraper presque immédiatement, il l'avait dit. Et son coeur en avait loupé un battement, confus. Ses joues avaient chauffé et s'il s'était fait violence pour ne pas détourner le visage brusquement et se maudire, le trouble était clairement passé sur sa figure. Bébé... il l'avait tellement pensé, à force, sa bouche n'avait plus été capable de le censurer. A force, il finissait vraiment par oublier que Naoki avait 21 ans... Ses dents l'avaient puni en se mordant l’intérieur de la lèvre, priant pour que le principale intéressé n'y prête pas vraiment attention. Avec un peu de chance, il penserait que c'était seulement un délire de fièvre.... Abruti. Mais il souhaitait surtout que Nao ne le prenne pas comme une pensée déplacé à son égard..... Ce n'était pas ce qu'il voulait... Et nerveux, il en avait secoué la tête, chassant cette contrariété qui avait agrippé son ventre. Il s'était éclairci la voix pour se donner un peu plus de contenance avant de reporter son attention sur la main qu'il serrait toujours. Il exerça une douce pression puis souffla tout aussi doucement, comme si aucune gaffe ne lui avait échappé : « Tu me laisse une minute ? Je vais chercher tout ce qu'il nous faut et après je m'installe avec toi, d'accord ? On reste tous les deux... » Peut-être que ça rassurerait Nao... Et puis, il savait maintenant qu'il en avait envie. Son autre main vint caresser la tête de leurs fils dans un sourire « Avec Umberto. » Une mère poule. Voilà ce que Mikio était devenu face à un Naoki malade.... Il n'y avait plus aucune trace de colère dans sa voix. La peine et l'inquiétude y était sans doute dans ce ton très bas qu'il usait, mais c'était avant tout la volonté de se montrer rassurant et doux envers ce gosse dont il souhaitait prendre soin qui l'incitait à parler si calmement. Soigner Naoki, prendre soin de lui.... il n'y avait rien qui importait plus désormais. Si bien qu'il en avait oublié son écart précédent tandis que sa main était venue trouver une fois sa joue qu'elle avait effleuré tendrement avant que ses lèvres ne s’apposent avec douceur sur sa pommette libre l'instant suivant. Comme une promesse de revenir près de lui rapidement qu'il avait aussitôt formulé dans un souffle « Je fais vite, promis. » Et il avait quitté la chambre. Et il s'était en effet pressé.

Il ne voulait pas traîner. Il ne voulait même pas laisser le temps à Nao de se rendre compte de son absence. Une minute.... Moins. Il devait revenir dans moins d'une minute. Alors il était passé dans sa chambre et puis dans la cuisine où il avait récupéré la fameuse bouteille d'eau, ainsi qu'une petite bassine d'eau pour mouiller le gant s'il sentait que Nao en avait besoin. Les bras chargés, il était revenu dans la chambre et entamé d'installer tout à porter de main.

« Tu me refais une place ? »

D'une nouvelle caresse dans les cheveux, Mikio l'avait encouragé à se décaler et il s'était infiltré avec précaution de le lit. Là, il reprit doucement Nao contre lui en l'incitant à mieux se placer pour que ce soit le plus confortable possible. Il avait tiré la couette sur eux et soupiré, espérant que ce ne serait pas étouffant pour Nao. « Dis moi si tu as trop chaud, » avait-il soufflé en s'installant à son tour. Il lui tendit la bouteille d'eau pour l'encourager à boire et quand il put enfin se poser, poussa un nouveau mais plus long soupire. Une main caressait doucement le dos de son protégé, lentement, dans le but de le détendre mais aussi le bercer... « Repose toi un peu... » souffla-t-il dans un murmure presque inaudible. Nao ne voulait pas dormir, mais il avait besoin de repos....
   
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     Dim 26 Mar - 23:09
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EXORDIUM.
Si vides, désespérement vides. Pourquoi ses mains l'étaient toujours ?
C'était une question qu'il se posait souvent quand il était enfant... avant qu'on ne commence à lui apporter des réponses évidentes qu'on s'attendait à ce qu'il connaisse dès la naissance.
Ses mains n'avaient rien le droit de retenir. Elles ne pouvaient pas s'accrocher à quelques chose. Elles ne pouvaient pas non plus en tenir d'autres. Il n'était qu'une commande, qu'un objet livré suite à un marché. S'attacher. Aimer. C'était des verbes qu'on ne trouvait pas dans sa notice. Il n'était pas prévu pour ça et la seule personne qui devait compter dans son monde était celle qui lui donnait ses directives, celle à qui il avait appartenu avant même de voir le jour.
Alors fixer ses mains, les refermer en s'imaginant ce que ça ferait d'en tenir d'autres, c'était ridicule.... Mais dans ce cas pourquoi ? Pourquoi ça faisait mal là ?
C'était ce qu'il demandait quand cette main désespérément vide venait se serrer sur son haut au niveau de son coeur.
Il était défectueux. S'il n'avait pas été entre deux mondes, si ses pieds étaient restés bien ancrés sur celui où on voulait le voir évoluer, vivre aurait été probablement moins douloureux.

Et même après avoir compris pourquoi sa main resterait vide, il avait continué parfois à la fixer. Oui, il savait désormais. Mais il souhaitait voir cette main se transformer en une qui avait le droit de ressentir des choses qu'il ne pouvait que s'imaginer de son côté.
Des années après avoir arrêté de la tendre dans le vide, il avait rencontré Mikio. Si à ce moment là sa main en avait déjà tenu d'autres, quand elle avait serrée celle du coréen dans la sienne, il y avait eu quelque chose de différent. Quelque chose qui ne s'était pas expliqué, un sentiment unique... l'impression que c'était vers cette main que la sienne s'était tendue pendant des années.
En réalité, dans ce simple geste avec Mikio, tout était différent.... et ce quelque chose qu'il avait ressenti s'était renforcé avec le temps... il n'avait rien pu y changer.
Comme si ce lien qui cherchait à s'accrocher quelque part s'était noué la première fois qu'il avait serré la main du coréen. Le noeud s'était fait de plus en plus solide, il était remonté de plus en plus haut jusqu'à s'accrocher à son coeur. Il s'était enroulé de plus en plus sans jamais l'étouffer, en lui donnant au contraire le souffle dont il avait toujours manqué.

Et à cause de tous ces noeuds qui permettaient à son coeur de battre, sa main ne pourrait plus redevenir simplement vide.
Lui couper ce lien...
Lui redonner ce vide auquel il était pourtant habitué...
Ce qui avait fini par entourer entièrement son coeur en arrêterait tous les battements. Progressivement, à chaque seconde passée loin de Mikio, il s'affaiblirait jusqu'au jour où il se dirait...
J'y suis, c'est maintenant. Je ne veux plus jamais ouvrir les yeux.
Je ne veux plus jamais voir cette main vide.
Je ne veux pas passer un jour de plus sans le voir lui...

Parce que Mikio l'avait trop bien accroché à la vie, ses mains ne pourraient plus se retenir à quelque chose quand il ne serait plus là.
A quoi bon ?
Quand il pourrait s'imaginer au moins une dernière fois s'endormir contre lui....

Refermant ses mains, le retour annoncé de Mikio lui avait fait doucement hocher la tête.
Ses bras vides, cette sensation de manque qu'il n'aurait jamais dû ressentir... si seulement il avait pu rester pour toujours contre Mikio...
Ce souhait qu'il savait impossible, son coeur n'était pas capable de s'arrêter de le battre. Il le battait encore lorsqu'il s'était montré sage avec ce médicament. Il ne le pensait pas moins quand Mikio l'avait félicité de son affection.
Le regard embrumé par la fièvre et les restes de larmes qu'il avait versées, il l'avait regardé sans vraiment comprendre. Il le félicitait malgré ce qu'il venait d'apprendre...
Si Mikio n'avait pas parlé de dormir, il aurait probablement ouvert la bouche pour dire quelque chose d'un peu étrange. Les mots causés par les microbes retenus, il avait refusé un sommeil pour l'oublier quelques secondes plus tard sous un surnom qui l'avait privé de pouvoir insister sur ses positions.

« ... »

Bébé ?
... est-ce qu'il avait bien entendu ?
Bêtement, il avait dévisagé Mikio, oubliant complètement de répondre à ce besoin de dormir par la négation.
Sans s'en rendre compte, sa main avait pressé davantage celle qu'elle tenait.
... il aimait bien...
... c'était différent dans la bouche de Mikio... c'était agréable avec sa voix... c'était un son qu'il lui plaisait d'entendre.
Est-ce qu'il l'avait seulement bien entendu ?
Nao... Mikio avait dit Nao...
Tout était exactement comme avant. Il l'avait simplement rêvé... et il n'avait pas le droit de trouver ça dommage... si ?

C'était juste que ce surnom, dans son coeur, il avait sonné d'une manière si particulière. S'il détestait que Saeko s'essaie aux surnoms, ça avait été différent maintenant.
Oui, tout l'était avec Mikio. C'était toujours déstabilisant. Beau. Perturbant. Irréel. Enivrant. Fort.
Et tandis que ses pensées se perdaient dans des adjectifs, sa main redevenue libre était partie se poser sur son coeur peu avant que des mots qu'il ne contrôlait plus ne lui échappent à nouveau « Il bat si fort... » pourquoi ? C'était la question que ses traits portaient quand il avait relevé le regard vers son aîné. En rythme avec ces battements étranges, ses doigts avaient tapoté doucement contre son torse tandis que... « Dugum, dugum, dugum.... » est-ce qu'il faisait vraiment le bruitage de son coeur là ?
...
...
« ...dugum, dugum... » oui... « Tu l'entends toi aussi hein ? » ... oui, son coeur marchait vraiment bien quand Mikio s'en occupait. Il faisait des choses qu'il ne pensait pas possible avant la rencontre du coréen. Mais est-ce que c'était bien la peine d'avoir cet air là sur le visage maintenant ? Mikio ne le comprendrait pas... qu'est-ce qu'il y avait de si incroyable à un coeur qui bat ? Ne le faisaient-ils pas tous ?
Et le sien ne s'était-il pas arrêté un instant pour se remettre à battre sous des lèvres trop douces ?
Ses doigts l'avaient constaté, sinon ils ne seraient pas remis à tapoter distraitement contre son torse en suivant le coréen tandis qu'il quittait la pièce.
Reviens vite
C'était les mots de Mikio qu'il s'était répété alors que son regard retrouvait Umberto pour de l'italien dont même la fièvre ne pouvait pas le priver :

« T'as entendu toi aussi ? » "dugum" ? Non... que Mikio l'avait appelé bébé...
Est-ce qu'il l'avait vraiment halluciné ou est-ce que son coréen l'avait fait ?
... son coeur avait envie de répondre qu'il ne l'avait pas rêvé. Mais il se sentait trop ailleurs ce matin. Il avait tellement de mal à se concentrer au point que ses pensées se transformaient en mots. Son dialogue n'avait aucun sens et il y en avait probablement la moitié au moins à censurer.
Et sa tête était si faible maintenant qu'il n'avait même pas pensé au sommeil sur lequel Mikio comptait toujours. Clairement, ce surnom ne l'avait pas aidé et ça expliquait qu'il ne s'était pas plaint au retour de son aîné « Umberto l'a entendu aussi. » ... le chien ne parlait pas, quelle importance ? Il était persuadé de le comprendre en temps normal alors avec de la fièvre, son cas ne connaîtrait aucune amélioration.
Qu'est-ce qu'elle avait sa tête aujourd'hui ?
Il ne méritait pas. Et pourtant il s'était décalé. Si une hésitation était passée un instant dans son regard, elle avait été balayée trop rapidement.
Rester dans ses bras...
Oui, c'était bien ce qu'il voulait... qu'il en ait le droit ou non, son coeur avait visiblement le dernier mot en pensant à ce coréen que ses mains avaient laissé filer plus tôt. Autrement, il ne se serait pas décalé pour regarder Mikio s'installer près de lui. Le geste manquait d'adresse, ou de force, mais il manquait surtout de doutes pour un Naoki endormi.

Cette place là n'était pas pour lui. Et pourtant, sans protester, il s'était laissé attirer contre lui en secouant doucement la tête à la remarque de Mikio. Non, il ne faisait pas trop chaud... il faisait froid... si froid... et il n'y avait que contre son aîné qu'il pouvait trouver la chaleur qui lui manquait. Mais cette place confortable qu'il s'était vu offrir, il s'en était éloigné quelques secondes à cette bouteille d'eau tendue.
Tremblant, il s'était rassis dans le lit et le gant sur son front était retombé sur les draps tandis que sa main dévissait maladroitement le bouchon pour pouvoir enfin porter la bouteille à ses lèvres. Si sage. Mais vu les longues gorgées qu'il avait prises, la soif était sans aucun doute plus responsable de ses gestes. Des yeux, il avait ensuite cherché le bouchon posé plus tôt avant de le revisser au goulot. Et puis, il avait tendu l'eau au chanteur.
Un instant, il l'avait regardé... avant de retrouver sa place. L'oreille posée contre son coeur, sa main avait peut-être hésité une dizaine de secondes avant de se reposer sur une hanche qu'elle avait pressée... un peu plus fort ensuite quand un frisson l'avait secoué et qu'il avait ressenti le besoin de se blottir mieux contre lui.

« Non. » il n'avait pas oublié... mais il refusait trop clairement pour quelqu'un qui avait fait semblant de dormir tout ce temps « Je préfère rester ici contre toi plutôt qu'aller là-bas.... » ... qu'est-ce qui n'allait pas avec lui aujourd'hui ? Pourquoi est-ce qu'il avait fallu qu'il tombe malade et se mette à parler de cette manière ? Des mots sans sens pour Mikio mais qui étaient déjà de trop. Il allait bien lui. Il n'avait jamais rien. Il n'y avait aucun endroit où il ne pouvait pas aller. Il était un fier italien « Je ne veux plus jamais dormir... » ... un italien qui était supposé ne pas se priver de sommeil. Est-ce qu'il avait oublié son texte ? « ... ce que je voudrais... moi... c'est rester pour toujours dans tes bras.... »

Est-ce qu'il devait avoir un texte ?
Il était fatigué. Si fatigué. Il voulait juste rester un moment comme ça à profiter des bras de Mikio. Oui, même si ses caresses étaient dangereuses, même si elles le menaçaient à chaque seconde de le faire faiblir face au sommeil.
C'était surtout les plus douces, les plus agréables, les seules capables de traverser sa peau jusqu'à son coeur....


   
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     Lun 27 Mar - 18:25
[quote="Park Mikio"]
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Naomi

Qu'est-ce qui lui avait pris ? C'était sorti seul. Qu'est-ce qui déconnait dans sa tête ? C'était plutôt dans son coeur qu'il fallait aller chercher.... C'est vrai. Il avait tendance à voir Naoki bien trop comme un gosse et là dessus, il n'était clairement pas aidé par ce dernier. Quand il ne jouait pas les idiots rital, Nao avait cette attitude un peu enfantine dont il lui arrivait de jouer mais dont certaine fois, clairement, il ne s'en rendait même pas compte. C'était ce qui le rendait un peu à part des autres... Ses réactions venues d'un autre monde comme si Naoki découvrait parfois la vie à 21 ans. Dans ses cas-là, ses yeux ronds, ses fossettes, cette lueur innocente dans le regard ou ces larmes imprévisibles .... Toutes ces petites choses qui interpellaient le coeur du Coréen et le confortaient dans ce besoin de le protéger, cet être si précieux...
Mais est-ce que ce n'était que ça ? Nao avait l'air d'un gosse. Maintenant plus que jamais. Cependant, son coeur était surtout rempli de tellement de tendresse et d'affection pour lui. Il débordait, peinait à les retenir... Ces effusions se traduisaient par des regards particuliers, des sourires trop tendres, des gestes qui l'étaient tout autant... Et pourtant, il en retenait des choses. Oui... toujours plus, chaque jour, il se forçait à contenir l’inondation et l'on pouvait presque être soulagé qu'aujourd'hui, ce ne fut qu'un surnom qui s'était échappé de ses lèvres.... et non elles qui avaient commis la faute. Alors finalement, ne valait-il pas mieux se réjouir que ce soit ce surnom là, celui qu'il n'avait jamais donné à personne et qu'il pensait pourtant tellement pour Nao, qui lui ait échappé ? Non. C'était toujours aussi désespérant.

Se rattraper, il avait essayé de le faire. Mais pas avec brio... Il avait peut-être cru limiter la casse, que la fièvre lui servirait de parfait alibi... mais il avait vu dans ces yeux qui le dévisageait à présent que Naoki avait parfaitement entendu. Et ses joues n'en était devenu que plus rouges. Merde. Mais quel abruti.... Qu'est-ce qu'il allait penser ? Il ne voulait pas que Nao se méprenne. Il ne voulait pas le mettre mal à l'aise et encore moins perdre sa confiance....
Le coeur de Mikio s'était affolé... Il ne devait pas paniquer. Le plus important maintenant c'était de s'occuper de lui et s'il avait cherché à changer de sujet, Nao n'avait pas semblé s'en soucier, clairement ailleurs. Un instant, le chanteur crut voir de la déception dans son regard.... Le sien suivit alors cette main qui se porta à son coeur. Est-ce que Nao allait bien ? Il eut à peine le temps de s'en inquiéter que la si simple constatation du plus jeune lui fit écarquiller les yeux. Hébété, il l'avait regardé un instant avant de sentir son propre coeur dérailler comme pour se montrer solidaire.... Pourquoi Nao avait l'air de...
Dugum dugum ?
....
......
Son cerveau venait probablement de griller. Pas celui de Nao. Celui de Mikio. Dugum dugum.... c'était le rythme de son coeur avant qu'il ne s'accélère follement alors que ses joues étaient devenues presque aussi chaudes que celles de Nao.
Pourquoi ?
Pourquoi il était aussi... ksdjfd mignon ?? Affreusement mignon !!
C'était la fièvre. Mikio ne devait pas se laisser troubler autant mais... Pourquoi ?? C'était si cruel de lui faire ça... et on s'étonnait qu'il finisse par dire des conneries.... Seulement, à la question de Nao il en sursauta presque, comme pris en flagrant délit de faiblesse... Est-ce qu'il entendait les battements de son coeur ? Tout ce qu'il entendait, pour être honnête, c'était le vacarme du sien. Dans sa poitrine, dans sa gorge, ses tempes, ses mains, son ventre.... Tout ce qui pouvait palpiter c'était mis à le faire trop fort pour qu'il réussisse à s'entendre penser correctement... Pour autant, il avait hoché la tête.... Parce que ce son là avait eu l'air de fasciner Naoki, de le surprendre comme s'il n'avait jamais entendu de battement aussi fort... Pourquoi ? Pour quelle raison ? Est-ce que... c'était de sa faute ? Bébé.... c'était ça qui avait provoqué ces battements qui semblaient tant troublé son protégé ? S'il le lui redisait à cet instant, est-ce qu'il battrait encore plus fort ?
....
Non, il devait se reprendre, pas dire de bêtise. Sa main serra doucement celle du garçon... C'était Nao qui était fascinant... « C'est une jolie mélodie... » S'il ne l'entendait pas vraiment, il pouvait parler de celle que faisait son propre coeur. Peut-être qu'ils jouaient la même... Mikio aimait tout ce qui chantait. Les étoiles, comme les coeurs qui battaient cette mesure particulière.... et s'il s'agissait du coeur de Naoki, alors il savait assurément que la musique était belle. La plus belle de toutes... Et il avait été clairement difficile d'en quitter le compositeur. S'il n'y avait pas eu urgence, il aurait peut-être pris plus de temps pour l'écouter. Pour comprendre... Est-ce que c'était lui qui l'avait provoqué ? Mais s'il n'y avait pas eu urgence, Mikio se serait probablement aussi permis un arrêt salle de bain pour rafraîchir son visage brûlant. Désespérant, c'était le moins que l'on puisse dire....

De retour dans la chambre, il avait recentré ses pensées sur l'installation de ce qu'il avait ramené et le trouble, bien que pas entièrement dissipé, s'était calmé. Mais son alien de colocataire l’accueillit avec une drôle d'affirmation qui lui avait fait marquer une pause. Son regard passa du malade au chien puis du chien au malade... Qu'avait entendu Umberto ? Les battements de son coeur ? C'était probablement de ça dont Nao voulait parler. Quoi d'autre ?
Alors doucement, éclaircissant sa voix qu'il avait voulu douce, il lui avait sourit et répondu : « C'est une bonne chose alors. Ton coeur qui bat si fort.... ça veut dire que tu es vivant. » Il n'avait pas dit ça pour se moquer de l'évidence de la chose. Parce que parfois, Nao avait tendance à l'oublier... qu'il était cet être vivant qui méritait de l'être et de vivre heureux. Il avait bien trop tendance à s'oublier, à se négliger... Si son coeur battait, si cette sensation lui avait plu... peut-être que ça l'encouragerait à mieux faire attention à lui.
Tout de même... Il avait eu l'air si surpris... Comme s'il n'avait jamais battu aussi fort de sa vie. A bien y chercher, celui de Mikio ne s'était jamais emballé aussi vite qu'avec lui aussi.... Et puis, qui pouvait le blâmer ? Comment aurait-il réagi lui si Nao ce genre de mots qui n'avaient pas sa place entre eux ? Oui... il aurait probablement fait une crise cardiaque.

Mais au lieu de mourir, il préférait retrouver son rôle de mère poule. S'occuper de Naoki, c'était tout ce qui importait pour l'instant. S'il faisait attention à ne plus faire de gaffe pour éviter une tachycardie chez le jeune convalescent.... C'est vrai, Nao avait probablement raison de se demander pourquoi. Pourquoi le Coréen y tenait à prendre soin de lui... et pourquoi ça lui semblait encore plus important maintenant... Pour Mikio s'était évident. Il l'aimait. Il l'aimait plus que tout. Plus que ce qu'il était permis au fond.... Mais il y avait ce désire, ce besoin qui s'était agrippé à lui et enserrait son ventre, de donner cette affection que Naoki méritait. Une vrai... et effacer lui-même les marques que cette femme avait laissé sur lui. C'était peut-être aussi pour ça que ça l'avait dérangé... Ce "bébé", de sa bouche à elle, Mikio l'avait détesté. Il l'avait trouvé révoltant, infâme... Ca l'avait rendu fou.... Et à aucun moment il ne voulait que Nao le compare à elle. Parce que ce mot qui lui avait échappé... ses raisons n'étaient peut-être acceptables non plus, mais elles valaient bien mieux que celles de ce pseudo-médecin... Parce que lui, il aimait Naoki comme personne ne pouvait l'aimer... Il en était certain....

Au moins, Nao avait continué de se montrer docile. Une fois Mikio installé, il l'avait regardé boire, ou plutôt avait-il veillé à ce qu'il le fasse. Parce que ses tremblements ne lui avait pas échappé, la main du chanteur avait frotté son dos doucement pour tenter de créer un peu de chaleur le temps qu'il boive. Et il avait eu l'air d'avoir si soif... Il avait bien fait de rapporter cette bouteille d'eau. Quand le gant glissa, Mikio le récupéra et se pencha sur le matelas pour le mouiller un peu en prévention. Une fois bien essoré et frais, Mikio s'était redressé, avait récupéré la bouteille que Nao lui tendait sagement, l'avait reposé à porter de main avant de laisser Nao revenir se caler contre lui. Avec douceur, il passa le gant humide sur son front dans une caresse... même à travers la fraîcheur du tissus, l’aîné ressentait toute la chaleur de sa peau. Et c'était encore plus frappant tandis qu'il était désormais collé à lui.... Son coeur se serra... Et ce gosse s'obstinait encore à dire qu'il n'était pas malade ? Combien de fois avait-il luté aussi fort avant de s'écrouler ? Cette idée compressa plus douloureusement sa poitrine. Ca ne devait plus arriver.... C'était ce qu'il s'était dit à nouveau alors que la tête de Nao se reposer sur sa poitrine, encouragé par les doigt du chanteur venus caresser très doucement son crâne.... Les battements que Nao entendaient désormais devaient être un peu plus forts... Comme toujours quand il était aussi proche de lui. Et son coeur fit un drôle de bond quand cette main se pressa sur sa hanche, mendiante d'une proximité et d'une chaleur que Mikio chercha à mieux lui offrir...

Il était épuisé, c'était évident. Du repos il en avait besoin... mais Nao ne l'entendit pas de cette oreille et c'était encore incroyable qu'il puisse se montrer de nouveau si catégorique quand tout en lui le trahissait... « Nao, tu... » Il n'avait pas eu le temps de répliquer qu'il s'était étonné de la suite. Allez où ? Au pays des rêves ? Mh. Ou des cauchemars... ? C'était sans doute ce que Nao voulait dire, ce que la déclaration radicale suivante lui confirma. Ne plus dormir, ce n'était pas possible... Pourtant, c'était ce que les traits du garçons se tuaient à lui dire. Nao ne dormais plus.... Depuis combien de temps ? Trop. Est-ce que c'était pour cette raison ? Il avait peur ? Mikio fronça les sourcils. Depuis un long moment maintenant, Mikio n'avait plus calmé les cauchemars du plus jeune. Il ne l'avait vu se réveiller en sursaut ou fuir vers la salle de bain.... Et la réponse à cette question que le Coréen s'était si souvent posé depuis lui apparaissait désormais comme affreusement évident : non, Nao ne dormait pas la nuit.
Mais la suite le frappa encore plus fort. Son coeur dû faire un tel bond dans sa poitrine qu'il aurait pu faire sursauter celui qui reposait là. Ce souhait là, celui qui ressemblait au souhait d'un gamin... Il l'avait l'avait affolé. Serré le coeur. Mais aussi... injustement bien trop fait plaisir.... « Naoki.... » Comment était-il censé lui résister dans ces moments-là ? Il ne pouvait pas. Et ses bras qu'il réclamait s'étaient tout simplement refermé sur lui pour le serrer fort, peut-être trop, tandis que son nez plongea dans ses cheveux. Si sa bouche s'appuya sur son crâne, si elle y laissa probablement quelques baisers, il ne s'en rendit pas compte. Il le garda ainsi quelques seconde... avant que sa voix, un murmure, ne cherche doucement à atteindre ses oreilles : « Tu dois pas avoir peur, Nao... je te protégerais, quoiqu'il arrive. » Son étreinte se desserra tout juste pour laisser à sa main le loisir de retrouver ses cheveux qu'il caressa longuement dans une démarche apaisante. « Si jamais tu fais un mauvais rêve, je te promets de te réveiller.... » Nao avait de la "chance" d'avoir un sommeil agité, aussi, Mikio se rendait vite compte si ça n'allait pas.... « Et surtout, tu restes dans mes bras. Je ne te lâche pas, promis. Tu peux y rester autant que tu le souhaites, ils sont à toi.... » Rien qu'à lui.... Il était le seul que Mikio voulait serrer de cette façon... « Je suis là, je te tiens.... et je reste avec toi. » Il le savait à force, non ? Qu'il resterait toujours avec lui....

Pour bercer Nao, Mikio chercha à réguler sa respiration, lentement, pour que son cadet puisse se caler dessus. Son coeur était plus têtu mais il avait bon espoir que ce son continue de l'apaiser.... L'aîné ne desserra pas son étreinte, cherchant avant tout à rassurer le garçon et lui faire sentir sa présence. Pour autant, son autre main entama de longue caresse dans son dos. Ses doigts coururent lentement le long de sa colonne vertébrale, sur sa peau chaude et légèrement humide.... Et pourtant, malgré la chaleur que son corps dégagé, il sentait encore par moment de légers tremblements secouer son épiderme. Dans ses moments là, Mikio resserrait sa prise dans l'espoir de lui apporter plus de chaleur... Sa bouche embrassait de temps en temps le haut de son crâne quand son nez ne cherchait pas lui-même à s’enivrer de son odeur.... Il aurait pu se bercer si facilement comme ça... Mais le sommeil ne l'avait pas traversé : il était le matin et surtout parce qu'il s'occupait de Nao... Et parce qu'il craignait que le trop grand calme de la chambre ne l'angoisse, Mikio se mit à fredonner doucement, un air qui n'était vraiment connu. Doux, lent... il avait seulement pour but que calmer les dernières frayeurs du plus jeune et le faire glisser vers un sommeil qu'il redoutait peut-être mais qui était nécessaire...
   
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     Dim 2 Avr - 20:39
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EXORDIUM.
Quand est-ce que c'était ? La première fois que Mikio avait fait battre son coeur ?
Ce soir-là, il avait fait un truc bizarre... il s'en souvenait encore de cette impression étrange. Quand il avait levé les yeux vers Mikio sur cette scène aux premiers mots que sa voix avaient chanté comme seule la voix de Mikio était capable de le faire. Sans s'en rendre compte, il s'en était rapproché et il s'était perdu dans cette mélodie qu'il avait l'impression de déjà connaître. Le temps s'était arrêté, les mots l'avaient atteint directement et son coeur avait fait cette chose étrange.
Qu'est-ce qu'il lui arrivait à son coeur ?
Il se l'était bien demandé.
Pour la première fois, il n'avait pas été capable de le comprendre. C'était bizarre. Ce n'était pas normal. C'était beaucoup trop troublant. Ce n'était pas une réaction qu'il était supposé avoir, c'était même quelque chose contre lequel il devait lutter.
Mais il y avait plus... et ce plus qu'il n'avait pas compris avait été l'une des raisons de sa présence dans la chambre du coréen cette nuit-là. Comme un idiot à la recherche de ce qu'il n'était pas supposé connaître ou apprendre, il était venu sans se rendre compte que son coeur murmurait déjà tout bas à Mikio cette supplication "apprends-moi"

Apprends-moi à respirer.
Apprends-moi à fonctionner.
Comment est-ce qu'on respire ?
Comment est-ce qu'on bat ?
Je suis un coeur mais on ne m'a jamais appris. On m'a empêché. On m'a cassé trop vite et je n'y suis jamais arrivé.

Et encore aujourd'hui, sous un surnom, son coeur apprenait.
Quand c'était pour Mikio, il voulait ignorer qu'il était trop abîmé pour fonctionner correctement. Quand c'était pour ce coréen au sourire si doux, si beau, il voulait faire semblant de ne pas avoir peur pour faire ce qu'il aurait été supposé faire depuis la naissance. Oui, peut-être qu'il risquait d'avoir plus mal ensuite... mais il aurait aimé.
... lui...
... juste lui...
... rien que lui...
Celui dont il était si agréable d'entendre "bébé" de sa voix quand il lui adressait. Même si ça affolait son rythme c'était une sensation... tellement à part. Il pouvait réfléchir, il ne les trouvait jamais tout à fait les mots pour définir tout ça.
Il y avait juste certaines choses qui lui semblaient évidentes.
Son coeur avait un propriétaire et jamais il n'en changerait.
"Je t'aime", ces trois mots qui ne lui disaient pourtant plus, il ne saurait jamais que pour lui....

« ... » un instant, ses sourcils s'étaient froncés sous l'incompréhension face à la réponse de son coréen. Parce qu'il ne parlait pas de la même chose, oui... mais aussi et surtout parce que c'était un peu bizarre. Tout le monde pouvait le dire qu'un coeur qui bat était le coeur de quelqu'un de vivant, il n'était pas tout à fait d'accord. Même s'il se savait mort... vide... d'un point de vue purement scientifique, il était considéré comme vivant non ? Égaré par la fièvre, ces mots n'avaient pas exprimé de la même manière cette confusion qui avait pris place dans ses pensées « Non, ça c'est.... » si, c'était vrai, il allait dire une bêtise... il s'était corrigé tout seul en hochant la tête « C'est vrai... ça veut dire que je suis né à 20 ans... »
Personne ne naissait à 20 ans...
Si. Lui. Dans les bras de Mikio. S'il fallait avoir un coeur qui bat pour vivre, c'était bien là qu'il avait vu le jour.
Et à ces mots, sa main s'était levée à nouveau pour se poser quelques secondes sur son coeur. A nouveau, ses doigts avaient tapoté le rythme de ses battements. Les yeux baissés vers eux, il avait toutefois fini par les relever vers son aîné « ... est-ce qu'il peut faire ça longtemps ? »

Battre ?
Oui. De cette manière-là. Est-ce que le sien n'allait pas se fatiguer rapidement ? Il n'était probablement pas très endurant. Peut-être qu'il finirait par s'essouffler.
S'il vivait vraiment depuis un an, quelle était son espérance de vie ?
Mourir d'aimer.
Lui.
Il y a un an, il aurait trouvé ça impossible. Non, pas lui.
Aujourd'hui...
C'était un chemin plus doux... ou c'était en tout cas plus beau.
Mais qu'est-ce qui n'était pas plus beau que tout le reste quand ça concernait Mikio ?
Rien. Même ces plats immangeables étaient les plus beaux de tous.

La bouteille d'eau rendue, il s'était montré si faible. Il n'avait même pas cherché une seule seconde à s'éloigner un peu du coréen qui le menaçait de sommeil. Non, il s'était serré contre lui et avait cherché en tremblant à partager la chaleur qu'il dégageait pour lutter contre la fraîcheur de ce gant. Pourtant, ce n'était pas Mikio qui avait de la fièvre. Et lui, il n'était pas le frileux chez eux, au contraire.
Une fois le sommeil ramené sur le tapis, il aurait dû s'éloigner, dire qu'il était une grande personne et qu'il dormirait quand il en aurait envie.
Mais il y avait ces bras. Ces bras qu'il ne voulait pas quitter et auxquels il semblait s'accrocher. Ces bras qui, en le serrant plus fort, avait laissé un soupir lui échapper. Il ne s'était pas éloigné. Non. Sa main s'était pressée contre une hanche, son corps s'était collé davantage, sa joue s'était frottée quelques secondes doucement sur un t-shirt et il avait soufflé sans même s'en rendre compte  « ... est-ce que je peux en avoir un autre ? »
Un ?
Baiser....
Il ne devait pas réclamer et il n'était pas supposé y avoir encore le droit mais... il était si faible pour des bras, des lèvres, un souffle qu'il était capable de sentir, cette sensation unique qu'il ne pouvait pas décrire. Les mots lui manquaient.

Mais au lieu de se perdre à les chercher dans une étreinte qui lui faisait manifestement oublier ses bonnes résolutions, il s'était laissé piéger un peu plus à l'intérieur et sa main avait agrippé un t-shirt au niveau d'une hanche pour le serrer dans son poing, tirant sur le tissu pour demander à être serré toujours plus fort.
Il avait bien senti ses caresses dans ses cheveux. Mais il les avait savouré parce qu'elles étaient bien trop douces, trop belles... quand il aurait dû se dire qu'elle finirait par le menacer de sommeil. Il ne devait pas se laisser apaiser. Il devait rester éveillé. Il dormirait plus tard. Oui plus tard. En attendant, il pouvait bien laisser le temps filer dans des bras qui feraient échouer cette résolution...
« ... c'est à moi de te protéger... » c'était Mikio qui risquait de souffrir. Lui. Ce n'était pas si grave. Il avait l'habitude. Il était déjà trop tard pour lui. Il en avait des quantités de raisons pour reprendre les mots de son aîné. Seulement voilà, cette certitude qui n'admettrait aucune négociation... est-ce qu'il en était vraiment capable ?
Dans ses rêves... non... il n'arrivait jamais à protéger Mikio quand il lui était fait du mal... « ... ça... ça... Naoki veut savoir faire.... » ... fort. Il le voulait fort. Dans ses rêves, il ne pouvait pas... mais dans la réalité, il le pourrait... ce serait plus simple non ?
Tout ce qu'il aurait à faire ce serait ... avoir mal, loin de lui....
... et à cette pensée, son coeur l'avait dirigé jusqu'à ce qu'il blottisse davantage contre lui...

Le réveiller...
Oui, Mikio le ferait. Il l'avait déjà fait. Il ne le laisserait pas dès qu'il aurait les yeux fermés. Il ne le regarderait pas sans rien faire si son sommeil devenait agité, il le ramènerait à lui. Et quand il ouvrirait les yeux, il serait toujours dans ses bras.
Dans un état pitoyable. Mais toujours dans cette douce prison de chaleur qu'il aurait voulu ne jamais quitter.
« Me laisse pas m'endormir.... » c'était la seule demande qu'il était en droit de formuler. Même s'il aurait dû plutôt faire semblant, prétendre fermer les yeux et résister un temps convenable. Attendre ensuite l'hôtel pour trouver un sommeil douloureux qui ne le reposerait pas.
Ici. Dans ces bras. Il n'allait pas tenir. Il devait bien le savoir. Et dans le fond, plutôt que de demander à Mikio de le garder éveillé, il aurait dû s'éloigner de cette tendresse qui venait de fermer ses yeux pour la première fois avant qu'il ne les ouvre à nouveau pour combattre « Je ne peux pas dormir.... » borné mais trop fatigué pour répondre autrement aux mots réconfortants de son aîné, sa bouche s'était même ouverte une troisième fois sans qu'aucun son n'en sorte. A la place, il avait froncé les sourcils et s'était plaint d'un gémissement de son état et de sa faible conscience.
Et puis, à nouveau, sa main s'était pressée sur cette hanche.

Il faisait froid. Il était fatigué. Sa tête peinait.
Mikio le caressait. Il sentait son souffle dans ses cheveux. Il n'avait probablement pas rêvé ses baisers.
Ce combat-là, il ne pouvait pas le gagner.
Et puis, Mikio avait fredonné et pour ce qui était la troisième ou la quatrième fois, ses yeux s'étaient fermés. A nouveau, il s'était forcé à reprendre conscience. D'un soufflé, il avait râlé ce... « Fourbe coréen.... » ... une minute ou deux plus tard, il avait ajouté ce presque inaudible « ... je t'ai dit... je ne peux pas... dormir... » mais plus les secondes passaient, plus ses yeux clignaient lentement sous l'influence de ses paupières de plus en plus lourdes.
La tendresse de Mikio. Cette voix si douce... si parfaite... Mikio... ce n'était pas vraiment un humain non ?
Son étoile....
... sa lumière...


✧✧✧✧✧✧✧✧✧✧✧✧✧✧✧


« Qui chante ? »

Sans relever les yeux de son dessin, il avait souri « Michan ♥ » il s’était penché un peu plus sur le parquet, sur sa feuille avant d’ajouter « Il a vraiment une jolie voix hein ? Je pourrais l’écouter des heures… » reprenant son crayon un peu mieux en main, il avait tracé un nouvel élément à son dessin tandis que la voix de Tetsuo venait couvrir un peu la mélodie. Ce n’était pas grave, il l’entendait toujours dans son cœur… « Ton sourire… il est différent. » Tetsuo ne l’avait jamais remarqué ? Hochant la tête, il avait répondu comme si c’était normal alors que c’était en réalité tellement étrange pour quelqu’un comme lui : « C’est parce que c’est un vrai sourire » et puis, fièrement, il avait relevé les yeux vers Tetsuo avec cette expression, cet air de dire que : oui, lui aussi il savait faire ça « C’est Michan qui m’a appris. » de ses yeux enfants, il avait guetté la réaction de celui avec qui il avait fait semblant de savoir des choses qu’il ne saisirait pourtant jamais « Est-ce que c’était compliqué ? »
De sourire ? Pour lui… oui… mais ce qu’il y avait de plus beau avec son coréen c’est que les exercices n’en n’étaient pas réellement « Non… parfois, il suffit juste qu’il me regarde et ça vient tout seul » il avait toujours cette manière si spéciale de le regarder Mikio « C’est qui pour toi ? » fronçant les sourcils, il avait regardé quelques secondes son ami sans comprendre. Ce n’était pas évident ? « Celui que j’aime. » et parce que Tetsuo le fixait toujours, parce qu’il en attendait plus et que dans le fond, lui aussi était conscient que c’était bien plus, sa main s’était levée pour se poser sur son cœur avant qu’il n’ajoute « Celui qui fait battre mon cœur… » oui, son cœur cassé qui marchait rien que pour Mikio … « ça veut dire que je suis vivant… » et au nouveau sourire sur ses lèvres, une certaine fierté s’était ajoutée. Est-ce que Tetsuo savait ça ? Lui le savait en tout cas… parce que Mikio le lui avait appris.

Son regard qui s’était tourné vers la porte d’où provenait cette mélodie, il s’était perdu davantage. Il voulait l’entendre pour toujours. Parce que c’était la plus belle voix qu’il ait jamais entendue et parce que maintenant… il avait l’impression d’être dans une bulle où rien ne pouvait l’atteindre. Est-ce qu’il pourrait le rejoindre plus tard ? Il avait envie de se serrer dans ses bras…
Il fallait finir ce dessin d’abord. Il était pour lui après tout.
Alors, il avait laissé Tetsuo parler de cerf-volant et il était retourné à sa feuille. Les crayons posés sur le parquet, près de lui, il avait néanmoins répondu de temps en temps à son ami. Ils iraient dehors. Mais après. Il voulait vraiment terminer ça d’abord.
Il n’en n’avait plus pour très longtemps.

Et puis quelque chose avait changé.
Il avait mis du temps à comprendre quoi.
Si soudainement il s’était senti inquiet, angoissé alors qu’il n’y avait pourtant aucune raison de l’être c’était…
… c’était parce qu’il n’entendait plus que la voix de Tetsuo.
Mikio ne chantait plus.
Pourquoi il ne chantait plus ?
Resserrant sa prise sur son crayon, il lui avait fallu plusieurs secondes pour oser tourner le regard vers la porte. Le silence de l’autre côté était pesant, angoissant, et son « Michan ? » était bien trop faible. Pourtant, quelque part dans une autre chambre plus réelle, cet appel avait été également lancé.
Pourquoi est-ce qu’il ne répondait pas ?

Il s’était répété que tout allait bien. S’il se levait et qu’il allait ouvrir cette porte, Mikio serait là. Il lui adresserait un sourire et il se sentirait bête de s’être inquiété pour rien. Tetsuo lui dirait aussi que…
….

Les yeux qu’il avait tourné vers son ami, il les avait posé sur lui juste à temps pour voir ce couteau laisser une traînée rouge sur toute la largeur de son cou « … » de cette bouche qu’il venait d’ouvrir, aucun son n’était sorti. Le corps de Tetsuo, sans vie, était retombé sur le sol.
Pendant de longues secondes, tout ce qu’il avait vu, c’était ces yeux froids, ouverts… qui ne se fermaient plus…

« Qu’est-ce que tu as encore fait Naoki ? » il ne devait pas répondre et pourtant, sa tête s’était secouée quand il l’avait relevé vers son père à présent debout face à lui « Il faut toujours que tu m’obliges à te reprendre. Tu n’apprendras donc jamais ? » si fort, son cœur s’était serré jusqu’à comprimer également ses poumons. Il avait levé les mains pour les mettre sur ses oreilles, ne pas l’entendre, ne pas l’écouter et c’était là qu’il avait remarqué tout ce sang sur elles… sur ce dessin… il n’y avait plus de couleurs… que du rouge… pourquoi ? Il n’avait pas… « Qu’est-ce que tu as encore fait Naoki ? » … il n’avait pas … la répétition lui avait fait relever les yeux vers la porte de cette pièce trop silencieuse « Il fallait que tu l’abîmes lui aussi. » sa bouche s’était ouverte pour crier et même un souffle n’avait pas été capable de la franchir.
Si mal… ça faisait si mal.
Pas le premier coup. Ni le deuxième ou les suivants. Il ne les sentait même pas. Son père pouvait s’acharner sur son corps, il y avait des douleurs qui assourdissaient tout le reste.
C’était son cœur. Ce poids dans son ventre…. C’était de sa faute. Et puis ce vide…
Il avait tout gâché. Il avait fait du mal à Mikio. Il avait… il avait… Mikio….



✧✧✧✧✧✧✧✧✧✧✧✧✧✧✧


Oui ça faisait si mal. Et pourtant, il n’était pas capable de la quitter cette douleur. Si au début les tremblements qu’il pouvait avoir étaient causés par sa fièvre ou ce froid qu’il avait l’impression de ressentir, ils avaient commencé à changer dès ce surnom prononcé d’un souffle inquiet. Sa respiration avait commencé à s’accélérer, et puis, il y avait eu ces plaintes, des gémissements et il s’était agité malgré les bras qui le retenaient pourtant toujours. Les larmes avaient coulé sur ses joues avant que son souffle ne commence à se bloquer à plusieurs reprises.
Si fatigué. Non. Épuisé. Tellement à bout que cette inconscience de plus en plus douloureuse le retenait désormais trop bien.


   
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     Lun 3 Avr - 19:34
Park Mikio a écrit:

just a spoonful of sugar
Naomi

« Toute ta vie, Nao. » N'était-ce pas évident ? Un coeur n'était-il pas fait pour battre dès la naissance et s'éteindre à la mort ? Dans le cas de Naoki, cela semblait différent. Il avait de la fièvre, c'est vrai. Ses mots et ses phrases décousues... quel sens devraient-ils avoir ? Et pourtant Mikio les entendait. Comme il entendait ceux que le plus jeune avait prononcé quelques mois plutôt, soûl, triste, désespérément raccroché à son aîné comme il l'avait fait encore aujourd'hui. Quand Nao était en mauvais état, le mur si dur et opaque autour de son coeur semblait s'affaisser un peu et les mots s'échappaient... Probablement qu'une autre personne, moins attachée à Naoki, moins proche et moins obsédé par lui, n'y aurait pas prêté attention... Mais ces mains que l'enfant semblait tendre... Mikio voulait toutes les saisir. L'attirer contre lui. Le protéger et lui apprendre ce qu'il avait l'air d'ignorer.
Oui, Naoki ton coeur bat. Oui, il bat si fort parce que.... est-ce que ça, Mikio pouvait lui expliquer ? Est-ce que la raison qui faisait battre le sien pouvait-elle s'appliquer à celui du plus jeune ? Mais si Naoki était né à 20 ans, s'il avait besoin de quelques mots du Coréen pour que son coeur trop timide ne se mette à battre... Alors toute la vie de Naoki, ce serait le temps que Mikio resterait à ses côtés.... Si c'était ce dont Naoki avait besoin.... C'était ce que lui voulait. Ne jamais le quitter. Prendre soin de lui... Simplement l'aimer...

S'il pouvait lui accorder sans hésiter ce souhait silencieux, comment faisait-il pour résister à cette requête qui avait suivi ? C'était sûr, Nao avait dû entendre ce "boum" dans sa poitrine... Parce qu'il était incapable de lui résister. Oui, même si a priori, ils étaient en pleine négociation pour dormir.... Mikio voulait  bien lever le drapeau blanc pour lui accorder ce baiser réclamé... Il l'avait fait. Par trois fois, avant de reprendre son argumentation, ses lèvres s'étaient posées avec la même douceur sur le crâne de son protégé et parce qu'il était généreux - extrêmement faible plutôt - ses mains avaient ajouté des caresses tout aussi tendres dans son dos et ses cheveux. Tout comme il n'avait pas su ne pas le serrer davantage quand Nao cherchait toujours plus de proximité.... Mikio ne voulait qu'une chose : apaiser Nao, le réchauffer et lui donner beaucoup d'affection à défaut de pouvoir directement le soigner.... Et il en était persuadé, dormir l'aiderait forcément. Il ne pouvait pas se rétablir s'il était épuisé... Medecin ou pas, c'était évident non ?
Pas pour Naoki. Autant que le medecin, dormir semblait proscrit... Le garçon semblait être aussi effrayé par le monde des rêves que par une consultation. Non, Mikio n'avait pas choisi le combat le plus simple.... Mais s'il lui avait promis de le protéger, il ne comprit pas très bien la réponse de son cadet. Le protéger lui ? De quoi donc ? Lui, il allait bien. Il n'était pas malade, n'avait pas de problème particulier.... Alors de quoi devrait-on le protéger ? Encore une fois, il ne saisit pas pourquoi Nao sembla se concentrer sur lui... Est-ce que c'était une diversion ? Naoki sembla y tenir. Sincèrement.... Et le coeur de Mikio battit d'une drôle de façon, confus. S'il resserra le garçon contre lui, il lui fallut quelques secondes pour faire autre chose que froncer les sourcils sous l'incompréhension...
« Tu fais déjà beaucoup, Nao... » Ce n'était pas à lui de le protéger. Ca c'était son rôle, celui qu'il s'était attribué depuis longtemps, celui qui le faisait avancer... Celui pour lequel il s'en voulait terriblement d'avoir laisser Nao s'écrouler deux fois quand il aurait pu lui éviter bien des peines. Mais il y avait bien d'autres choses que Nao pouvait faire... et qu'il faisait déjà. Illuminer sa vie... N'était-ce pas déjà merveilleux ? Mikio trouvait ça formidable. Cette façon dont l'étudiant avait de colorer sa vie... Par des sourires, des caresses, des jolis mots.... des bêtises, des aveux et parfois même des pleures. Naoki ne s'en rendait pas compte, mais son rôle à lui consistait forcément à lui apporter un bonheur que Mikio n'aurait jamais trouvé sans lui.
Il savait qu'aujourd'hui, son cadet n'était pas capable de le comprendre. Parce qu'il se posait bien trop de questions, qu'il s'interdisait bien trop de choses... ou tout simplement, qu'à 21 ans, si jeune selon lui, il y avait encore des choses qui lui échappaient. Ce n'était rien... qu'un peu de retard... Mikio promettait de lui apprendre. Doucement à son rythme... Il finirait par lui faire ouvrir les yeux sur toutes ces belles couleurs que Nao avait mis dans son coeur.

Pour le moment cependant, ce dernier n'avait fait que se serrer. Ses supplications, Mikio ne les entendait que trop bien... pourtant il ne pouvait y accéder. Même si Nao avait peur, c'était à lui de le rassurer pour le convaincre de glisser doucement vers un sommeil qu'il lui voulait reposant....
Si Mikio avait en premier temps essayer de combattre ses supplications par des « Sssht... S'il te plait... Repose toi... Je reste... » chuchotés plusieurs fois, il s'était finalement concentré à le bercer autrement en persistant à le caresser lentement. Fredonner doucement semblait se révéler efficace. Doucement, il avait sentit Nao s'abandonner et malgré la protestation de son protégé, ses caresses avaient même redoublé de douceur. Parce qu'il n'était pas seulement un "Fourbe Coréen" il était aussi un Coréen obstiné. Alors resserrant son étreinte une nouvelle fois, ses lèvres se posèrent sur son crâne pour l'embrasser une ultime fois. « Dors Yeobu... » Il avait seulement murmuré mais son fredonnement reprit aussitôt....

Il ne savait pas vraiment combien de temps s'était écoulée depuis qu'il était certain que Nao dormait. Il ne luttait plus. Ses muscles semblaient s'être détendus et sa respiration était lente et régulière. S'il sentait ses mains presser légèrement sa hanche de temps en temps, il n'avait plus aucun doute sur l'état d'endormissement de Nao. Il avait continué à fredonner quand même. Une vingtaine de minute peut-être.... Ca avait eu l'air de l'aider à s'endormir et même s'il ne pouvait pas bien voir son visage à présent, l'état de Nao semblait plutôt paisible. Les tremblements qui semblaient le secouer quelques fois étaient clairement provoqué par la fièvre et dans ses moments-là, Mikio resserraient son étreinte autour de lui et frottait son dos avec plus d'insistance. Mais malgré ça, Nao dormait.... Il poussa un soupire, soulagé. Des yeux, il chercha son téléphone dans le but de consulter l'heure mais renonça à tendre le bras pour l'attraper.... Il ne voulait pas prendre le risque de réveiller Nao quand il avait enfin trouver le sommeil... Il préférait continuer ses caresses.
Longuement il s'était demandé depuis combien de temps Nao ne s'était plus laissé aller ainsi dans ses bras... depuis combien de temps combattait-il le sommeil ? Et pourquoi ? Peu importe ce qu'il fuyait, ne voyait-il pas que son corps ne pouvait pas suivre indéfiniment cette torture qu'il lui imposait ? Et il ne s'agissait pas seulement de ses cernes ou ses traits creux.... Nao s'était évanoui... Et cette question horrible lui revint en tête... Combien de fois cela lui était-il déjà arrivé ? Une fois, voire deux, ne semblaient visiblement pas assez pour le convaincre de se montrer plus raisonnable. Il poussait son corps jusque dans ses dernières limites.... Pourquoi faire ça ? Pourquoi se faire autant de mal ?
Quelques fois, les mains de Mikio se resserraient sur le corps du garçon tandis qu'il se perdait dans des réflexions que le nouveau silence lui avait imposé. Inévitablement, son cœur s'était mis à pulser furieusement en se rappelant que tout ce temps, Nao n'avait eu que cette femme pour se raccrocher.... tout ce temps, il avait fuit l'aide de Mikio et préféré satisfaire les désires de cette vielle garce.... Non, il n'en voulait toujours pas à Nao, mais il ne comprenait toujours pas pourquoi.... En quoi cette solution était plus facile ? Il le trouvait acceptable aujourd'hui, l'état dans lequel il était ?
Mikio s'était mordu la lèvre en se rendant compte qu'il n'avait pas tant que ça retrouvé son calme et que l'angoisse et la frustration était toujours trop présente... Il voulait tellement prendre soin de Nao.... Et s'il avait failli faire pire qu'échouer.... son échec était déjà trop grand.
Sa main effleura doucement le front de son protégé et ses yeux observèrent la parcelle de son visage visible... Pourquoi s'obstinait-on à faire tant de mal à cette personne si précieuse à ses yeux … ? Etait-il un si mauvais gardien … ?

Mais alors que ses yeux scrutèrent le visage de Nao, les lèvres de ce dernier libérèrent un appel qui lui fit hausser les sourcils surpris. Michan.... Il rêvait de lui ? Ce n'était pas la première fois qu'il l'entendait parler durant son sommeil. Et ce n'était pas le première fois non plus que Nao l'appelait... De quoi rêvait-il exactement ? Le visage de Nao ne s'était pas plus troublé que ça sur le moment pourtant, il le sentit de nouveau trembler... Etait-ce seulement le froid ? Resserrant sa prise autour de lui, Mikio embrassa son crâne avec tendresse et souffla : « Je suis là Nao... Tout va bien... » Il ne voulait pas le réveiller inutilement alors sa voix n'avait été qu'un murmure tout juste audible mais il se rendit vite compte que ces quelques mots n'eurent pas l'effet escompté et que les tremblements de son corps n'étaient désormais plus provoqués par le froid.... « Nao... » Sa poitrine s'était comprimée en le sentant s'agiter. Cette fois, la figure de Nao n'avait plus rien de paisible et le souffle de Mikio sembla se bloquer un instant en constatant que celui de Nao s'affolait. Non... Naoki... Pitié pas maintenant.... Laissez le se reposer.... Désespérément, Mikio resserra sa prise sur lui en suppliant vainement que ça n'arrive pas.... Vainement parce qu'il était évident qu'un cauchemars le bouffait déjà. Pourquoi ? Pourquoi fallait-il qu'il fasse un cauchemars ?? Pourquoi ne pouvait-il pas trouver un sommeil plus reposant ? C'était tellement injuste.... et il sentit son cœur mourir sous les premières plaintes de Naoki et chaque fois sous les suivantes...
Il devait le réveiller... Ce n'était pas qu'un mauvais rêve anodin... Naoki souffrait. Beaucoup trop.... il l'entendait à ses gémissements déchirants, autant que cette respiration insoutenable... Il le sentait à ce corps qui semblait se débattre avec les démons de son rêve.... Et c'était lui qui l'y avait envoyé malgré les supplications de Naoki... Mikio le sentit si mal qu'il s'en sentit terriblement coupable... en encore plus lorsque Coréen tentait déjà depuis de longues secondes de l'en délivrer en secouant son épaule, en vain... les monstres l'avaient trop bien agrippé.

« Naoki... ! » supplia-t-il une énième fois, agitant un peu plus fort son corps. « Réveille toi Nao.... C'est un cauchemar... Réveille toi.... ! » Un sanglot douloureux lui arracha le cœur et tandis qu'il passa sa main sur sa joue dans l'espoir de mieux le réveiller, il sentit sa peau se tremper sous les larmes du plus jeune. « Nao... ! » Mais de quoi pouvait-il bien rêver ?! Qu'est-ce qui osait lui faire tant mal ? De quoi Nao lui avait-il demander de le sauver... ?
Ce n'était pas ce qui était important sur le moment, il devait tirer Nao de ce sommeil qui semblait s'être transformé en prison. Alors, dans un geste désespéré, en y mettant bien moins de douceur que les précédents, le Coréen se redressa, forçant Nao à faire de même. S'il l'avait fait brusquement pour le faire réagir, il avait tout de même fait en sorte de le garder contre lui, même assis. « Naoki... tu m'entends ? … Naoki... Ca va maintenant.... c'est fini... c'est fini... » Relevant son visage qu'il caressa prestement dans le but de la rassurer, il constata finalement que son cadet avait fini par ouvrir les yeux mais son état ne sembla pas s'améliorer pour autant. Son corps agité par les tremblements, secoué par les sanglots et luttant contre une respiration douloureuse quand elle existait... Tout ça avaient broyé le cœur de Mikio qui serra Nao comme jamais il ne l'avait serré avant.... souhaitant seulement faire taire cette souffrance injuste... « Nao... Yeobu... C'est fini maintenant.... Calme toi.... Tout va bien... Je te promets, tout va bien.... Je suis là.... » Malgré cette main qui était resté tremblante dans son dos tandis qu'il l'avait attiré contre lui, il se fit violence pour lui ordonner de caresser sa peau, remontant dans sa nuque et finissant par se serrer dans sa crinière.... Cette même main amena également le visage de Nao dans le cou du chanteur pour qu'il puisse s'y réfugier, profitant de cette proximité offerte avec son oreille pour y souffler : « Écoute moi Naoki... Concentre toi sur ma voix, d'accord ? Tout va bien... Je suis là, tu m'entends ? C'était qu'un mauvais rêve.... t'es avec moi... je te lâche pas.... je te lâche jamais... calme toi Yeobu.... Doucement.... Doucement... »
Pourquoi fallait-il qu'il souffre ? Pourquoi lui ? Ne pouvait-on pas simplement lui accorder un peu de repos.... ? A cet instant, Mikio se surprit à détester les rêves... du moins ceux de Naoki... Parce que là bas, Nao était trop loin et il n'arrivait pas à le protéger.....
   
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Just a spoonful of sugar - Naomi ♥
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