Just a spoonful of sugar - Naomi ♥

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     Jeu 25 Mai - 22:17

just a spoonful of sugar
Naomi

Il était désolé. Sincèrement… Mikio se doutait que Naoki souhaitait probablement prendre ce sirop tout seul sans l’aide de son aîné. Sûrement pour des tas des raisons dont certaines serraient douloureusement le coeur du Coréen… Mais il n’avait pas pu. Il était incapable de le regarder faire sans intervenir. Certes, la pointe dans sa poitrine lui avait assurément rappelé que l’étudiant n’allait pas forcément apprécier son aide mais elle était déjà plus supportable que celle qui broyait et écraserait encore davantage son coeur s’il ne faisait rien. C’était trop pour lui… Il ne pouvait pas juste le laisser se débattre vainement, c’était idiot et cruel… surtout quand tout en lui lui hurlait de venir en aide au malade. Alors, non, il n’avait pas mis longtemps à répondre à cet appel désespéré et s’il regrettait de heurter la fierté ou quoique ce soit d’autre chez Naoki, il s’était répété qu’il le faisait pour lui, que c’était pour le mieux, tandis qu’il récupérait doucement la cuillère de ses doigts tremblants…
Il pouvait au moins essayer de ne pas être trop con et indélicat…

Mais il n’était pas assez aveugle pour ne pas se rendre compte que Naoki le vivait mal. Si leur regard peinait déjà à se croiser précédemment, tout contact visuel semblait désormais proscrit. Le cadet avait l’air de viser toujours plus bas, ou peut-être toujours plus loin de celui du plus vieux. S’efforçant de remplir la cuillère de sirop, il était tout aussi difficile pour Mikio d’ignorer cette gêne dans sa gorge et ses questions qu’il aurait probablement dû éloigner dans un coin de sa tête. Mais entre deux furtifs coup d’oeil vers le visage prostré de son protégé il ne parvenait pas à refouler ses interrogations…
A quoi pensait-il ? S’il fuyait le chanteur… était-ce par honte ou bien parce qu’il lui en voulait encore bien trop… ? ll se maudissait pour avoir des pensées si égoïstes, mais plus que ça, il souffrait réellement de voir Naoki dans cet état. Si le protéger était une idée un peu trop obsessionnelle chez lui, s’il désirait plus que tout s’occuper de lui et que, malgré son caractère retord, il aimait le fait que le garçon ait besoin de lui… Il aurait réellement préféré ne pas avoir à porter lui-même cette cuillère dans sa bouche… Pas quand ça donnait ce regard à celui qu’il chérissait tant…
Il voulait chassait cette eau de ses yeux ainsi que cette souffrance dont il ne devait même pas percevoir le quart en vérité. Une dernière… avait-il silencieusement soufflé en remplissant la seconde cuillère. Et ses doigts s’étaient révoltés contre sa raison tandis qu’ils effleuraient légèrement du dos sa tempe, à défaut de pouvoir balayer ses yeux.

Il avait tenté de continuer à se montrer encourageant pour la suite. Un dernier cachet, ils pouvaient le faire, tous les deux. Naoki portait cet ultime comprimé à sa bouche et Mikio hochait doucement la tête pour l’inciter à poursuivre sur cette bonne voie. Et tandis que le garçon fournissait ce nouvel effort, le chanteur lui s’efforçait de garder ce même air doux et avenant… ou plutôt s’efforçait-il de dissimuler au maximum sa douleur derrière. Ca va aller… Ca va aller… Ces mots silencieux, Mikio les répétait aussi bien pour Naoki que pour lui-même.
Offrant un léger sourire, il récupéra le verre que cette fois, l’étudiant avait fait l’effort de lui tendre et le déposa sur le chevet en réprimant un soupire soulagé. Naoki avait tout pris. Certes, ce n’était que le début et il priait sincèrement pour que la prochaine fois ne prenne pas autant de temps et surtout pas plus… mais c’était déjà une petite victoire que son coeur n’avait pas su l’empêcher de fêter de quelques tendres caresses. Sa raison n’était pas certaine que ces gestes, comme ses mots, soient les bienvenus mais il n’avait pas su les réfréner totalement. Au fond, il n’avait pas envie d’être seulement le geôlier de Naoki…
Mais sa nervosité le trahit lorsque ses doigts se figèrent une demi-seconde au soubresaut de Nao. Son coeur bondit aussi lui rappelant cruellement qu’il n’avait pas arrêter de craindre un soudain rejet et qu’il avait en vérité faussement accepté l’idée que ça puisse arriver. Sa poitrine lui ferait quand même terriblement mal et il n’était pas certain de s’en remettre… pourtant il s’était obstiné. Doucement… très doucement…
Nao n’avait rien dit. Il avait juste secoué la tête… L’espace d’une seconde, Mikio avait cherché à interpréter ce geste de la bonne façon. Ou peut-être inconsciemment de la manière la moins douloureuse. Ca n’avait l’air d’être pour dégager les doigts du Coréen… A moins que Nao n’en avait juste pas la force. C’est vrai, un instant, le doute s’était emparé de lui. Nao avait l’air de lutter intérieurement… Et la raison… au fond, l’idée que Naoki ne puisse plus supporter que Mikio le touche lui avait bien traversé l’esprit en même temps qu’elle avait transpercé son coeur….

Avant qu’il ne sursaute à son tour une nouvelle fois. Là, à l’instant… sur sa main, elle qui tenait celle du garçon malgré la peur… Ce qu’il venait de sentir… c’était le pouce de Naoki …?
… Une… caresse ?
….
Son coeur avait battu plus fort et malgré lui, le regard du Coréen s’était baissé vers ce furtif contact. Malgré lui, ses yeux s’étaient légèrement arrondis. C’était idiot, il aurait dû se retenir parce qu’à présent, quoique ce geste fut, une caresse ou un simple tremblement, Mikio ne le sentirait sûrement plus. Ce n’était peut-être que ça en vérité… un tressaillement hasardeux qui n’empêcherait pas Naoki de le rejeter bientôt.
Seulement, un instant… un court instant, le chanteur s’était plu à croire qu’il s’agissait d’une réponse à sa tendresse dissidente… et pendant ce même instant, sa pompe à sang s’était follement emballée.

Lorsque Naoki reprit la parole, ou du moins entama de la prendre, Mikio retint son souffle. Allait-il lui demander d’arrêter ? Il s’y attendait après tout… Mais sa question fut tout autre et même si elle était désormais familière, elle fut moins douloureuse. Sûrement parce qu’elle n’était plus insistante et qu’elle annonçait un début de capitulation. Cette fois Mikio avait bien envie d’y croire… Ainsi, ses muscles se détendirent et il souffla doucement par le nez pour relâcher la pression. En revanche, il n’ouvrit pas la bouche pour lui répondre mais secoua lentement la tête d’un geste négatif. Si Nao s’en doutait, le chanteur n’avait pas besoin de le formuler tout haut… et pour être tout à fait honnête, son coeur encore palpitant en avait assez d’entendre les refus. Et ce, des deux côtés…

Mais s’il n’eut aucune protestation en retour, il ne put dire « heureusement » car c’est la toux qui en empêcha Naoki. Sursautant bêtement à la première quinte, Mikio se redressa par réflexe pour venir poser sa main libre sur l’épaule du malade qu’il pressa doucement dans un geste prévenant bien qu’inutile. L’autre serra immédiatement celle qu’elle tenait, ne lui permettant ainsi pas de se rendre compte que Nao venait de s’y accrocher aussi…
Il essaya de ne pas s’affoler mais la toux sembla terrasser son protégé, laissant un Mikio totalement désemparée face à ce genre de situation. Qu’était-il censé faire à part paniquer ? « Hé… Hé… Nao… Doucement… » Inutile. Tellement ridicule que ça en était triste. Nao ne maitrisait pas sa toux alors Mikio pouvait lui parler de n’importe quoi que ça ne l’aiderait pas… ! Et il avait l’air de réellement souffrir, ce qui écrasa un peu plus le coeur du Coréen. Il se mordit la joue en se maudissant. Que faire ? Il se sentait si impuissant…
Un peu maladroitement, il essaya de le maintenir droit, se retenant de lui suggérer de regarder en l’air comme sa mère avait pu lui dire étant gosse. Ca n’avait pas l’air d’une solution très efficace quand le corps de Naoki était secoué de cette façon au point qu’il le voyait réellement lutter à ne pas se plier sous la violence de sa toux. Et lorsqu’elle prit fin, Mikio ne se sentit pas plus rassuré… L’effort, la douleur, le manque d’air… Cela avait dû épuiser Naoki, si bien qu’il ne parvint pas à l’empêcher de s’écrouler sur son matelas. La poitrine plus comprimée que jamais, Mikio l’avait regardé un instant, désarmée… Sa main n’avait pas quitté son bras qu’elle pressait toujours doucement… parce qu’elle ne pouvait faire que ça. « Ca va… ? » Ferme la si c’est pour dire des trucs aussi con… Non, ça n’allait pas. Absolument tout indiquait que ça n’allait pas ! Comment pouvait-il gaspiller sa salive en aussi grosses conneries ? Quant à cette caresse maladroite à la lisière de ses cheveux, trahissant son inquiétude, elle ne s’avérait certainement pas plus efficace. Ravalant son tourment un peu trop voyant sur sa figure, le chanteur inspira non sans difficulté avant de soulever le corps de Naoki pour l’aider à se redresser. « Redresse toi un peu… » souffla-t-il gentiment en le soutenant pour qu’il se réinstalle correctement. Il valait mieux rester assis quand on toussait… non ? Et boire. Sûrement. Il n’attendit pas d’en être certain pour se saisir de la bouteille et remplir un nouveau verre d’eau qu’il tendit à Naoki « Tiens, bois un peu… »

La nouvelle demande de l’étudiant avait laisser un premier air dubitatif sur le visage de Mikio. Avoir quoi ? Suivant la direction de son bras, son regard rencontra le sac de Naoki, resté sur le sol. Celui qu’il avait visiblement eut dans l’idée d’emporter dans sa fuite. Celui-là même qui avait suscité une certaine angoisse encore plus tôt chez le Coréen. Pourquoi le voulait-il ? Passant du sac, à Naoki, Mikio les considéra chacun un instant… incertain. Le plus jeune avait pourtant semblé comprendre qu’il ne sortirait pas… Sa demande ne ressemblait pas à un regain de détermination absurde. Quand bien même, même si Mikio lui donnait ce sac, Nao pourrait difficilement s’enfuir en courant avec… Alors, sous l’insistance polie du garçon, Mikio acquiesça d’un signe de tête. « Hmh. Oui, d’accord. » Il pouvait au moins faire ça pour lui.
Il se leva et s’éloigna de Naoki à contre coeur. Oui, même pour trois misérables pas… Il se pencha et attrapa le sac en s’efforçant de ne pas s’attarder sur des questionnements futiles à cet instant. Si son sac était déjà tout prêt, avec toutes ces affaires… c’était qu’il comptait partir avant même d’être tombé, n’est-ce pas ? Sa fuite, Nao l’avait déjà prévue… Pourquoi ?
… mais ça voulait aussi dire que le chanteur n’était pas forcément la raison de son départ… si ?
… Arrête Mikio. Ne te pose pas de questions. Ce n’est pas important pour le moment. Naoki était là et il ne s’en irait pas, il y veillerait alors… Rends-lui ce sac !

Il était retourné rapidement près de lui dans ce but. Entendre Naoki essayer de parler avec difficulté lui avait serré le coeur et il s’était rassis près de lui en posant une main protectrice sur ses jambes. « Hé… Doucement Yeobu, te force pas trop. Tiens. » Et il remplaça sa main sur ses cuisses où il déposa son sac. Mais loin de se faire orpheline, il vint trouver son front pour y courir avec une douceur qui aurait dû lui être interdite.

« Tu devrais te reposer un peu maintenant, d’accord .. ? » Des fausses questions pour d’aussi fausses suggestions. Tout pour plaire à Naoki… Mais il n’y pouvait rien. Il essayait d’être le plus accommodant possible et c’était parfaitement horrible d’avoir sans cesse l’air de demander des choses impossibles alors qu’elles étaient pourtant normales et justifiées quand on était malade. C’était comme cette étrange manie qu’il avait de le déshabiller depuis ce matin et qu’encore une fois il s’apprêta à faire en se raclant la gorge un peu gêné… se doutant à l’avance de l’accueil qui lui serait réservé. Il frotta nerveusement sa clavicule, geste qui dénonçait son hésitation, avant de le lancer : « Hum… tu sais, tu seras vraiment mieux si tu les enlevais. » Il désigna ses vêtements du menton avant de soupirer. Il n’avait plus envie de lui forcer la main pour le moment alors, si Nao tenait tant que ça à garder sa chemise et son pantalon, il n’insisterait pas… Tant qu’il restait là et qu’il se reposait.

« Je… » Sa bouche se referma après un nouvel instant d’hésitation. Il inspira une nouvelle fois et sa main s’attaqua cette fois à sa nuque. « Je te laisse un peu, si tu veux… » Ses mots lui avaient arrachés la bouche et le coeur. Lui, il n’en avait aucune forme d’envie. Même si l’atmosphère était pesante, il préférait sincèrement rester à son chevet pour veiller sur lui… Malheureusement, il se doutait que ce n’était pas le cas de Naoki. Pas après tout ça… Il n’aimait pas vraiment la nature de cette récompense, mais il pouvait lui accorder un peu de répit si c’était ce qu’il voulait. Il avait pris ses médicaments et « Umberto reste veiller sur toi. » Oui, il n’avait rien à craindre. Leur bébé serait mieux toléré que lui, il s’en rendait bien compte. Et lui, au moins, il ne s’entêtait pas à caresser tendrement encore le front du garçon. Mikio avait été trop con tout à l’heure pour en avoir le droit… mais sa main ne l’écoutait pas. De toute façon, il mettait déjà toutes ses forces pour se convaincre de foutre la paix à Nao… « Je suis pas loin, si t’as besoin de moi… ou de quoique ce soit d’autre… Appelle moi… même avec ton téléphone. N’hésite pas, ok ? » Il marqua une pause. Lui par contre, il hésitait. « Je… hum… » vais y aller. Oui, c’était ce qu’il y avait de mieux à faire… mais pour cela, il devait commencer par lâcher Naoki, c’était un bon début.
 
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     Ven 26 Mai - 1:44
Just a spoonful of sugar
EXORDIUM.
Il ne s'attendait pas à un oui. Dans le fond, il le savait, ce n'était pas parce qu'il avait été un gentil Naoki qui prenait bien ses médicaments comme Maman Michan le lui avait demandé qu'il aurait pour autant le droit de sortir. Mais il y avait cette partie de lui qui mourait d'envie d'aller se cacher, qui désespérait de rester ici à la vue de son coréen, qui n'avait pas pu s'empêcher de se montrer obstiné une fois encore. Il n'avait même pas répondu à ce mouvement de tête auquel il s'était attendu. Intérieurement, il s'était demandé avec désespoir comment il allait faire pour s'en sortir. Est-ce qu'il pourrait se maintenir loin du sommeil longtemps ? Est-ce qu'il pourrait éviter les cauchemars et les crises qui allaient avec pour ne pas avoir l'air davantage pathétique aux yeux de son coréen ? Est-ce qu'il serait capable de ce miracle quand il peinait déjà maintenant ? Il était au moins assez réaliste pour savoir que son corps ne lui laisserait pas de répit. Il finirait par sombrer à nouveau dans l'inconscience, dans les cauchemars... les souvenirs qui le poursuivaient depuis trop d'années et continueraient à le faire jusqu'à la fin. Et même s'il parvenait à ne pas dormir, qu'est-ce qui lui garantirait qu'une hallucination ne le rendrait pas misérable ? Son père, devant ses yeux, quelques mots de cette voix qu'il détestait tant parce qu'elle se répercutait contre son coeur... contre son corps... d'une manière si douloureuse... c'était tout ce qu'il faudrait pour qu'à nouveau son souffle lui échappe. Pour qu'une fois encore le rythme de son coeur ne se mette à s'affoler, ses mains à trembler, sa vision à se brouiller au point qu'il ne serait plus certain de la réalité dans laquelle il se trouvait.

C'était perdu d'avance. Aujourd'hui n'était pas un jour pour être un fier italien. Aujourd'hui était un jour pour se cacher. Malheureusement pour lui, son coréen l'avait privé de toutes ses cachettes. Il ne pourrait pas se terrer dans un coin sombre où personne ne le verrait et attendre que ça passe. Il devrait rester ici à la vue de sa lumière et risquer d'être à ses yeux plus misérable encore. Dans quelques heures, peut-être moins, son si précieux Michan aurait sans doute la chance de répondre à quelques questions et d'entrevoir des parties d'un italien pas si glorieux... des parties qu'il cachait à tout le monde avec tant de force depuis toujours.
Il s'était répété que ce n'était pas grave. Et de vive voix, il n'avait rien pu dire de plus. Sa toux avait décidé de rendre sa gorge plus sensible et il avait lutté pour se maintenir, sans succès. Sans Mikio, peut-être qu'il se serait montré plus pathétique encore. Sans cette main sur son épaule, il serait peut-être tombé plus bas. Mais celui dont il se plaignait de la présence l'avait soutenu en plus de l'aider à se relever une fois la crise passée.
... Il le savait déjà ça... Mikio était quelqu'un de gentil. Il était même plus que ça. Son coréen était parfait. Oui, même s'il avait appelé le médecin, même s'il lui avait mis des images dans la tête qu'il essayait de chasser à chaque fois qu'elles venaient lui rendre visite. Ce n'était pas vraiment de sa faute... ce n'était jamais de la faute de Mikio. Cette situation, il était le seul à pouvoir s'en blâmer. Et au final, la seule question à se poser maintenant était la même que toujours : Pourquoi ?

Pourquoi Mikio prenait soin de lui ? Pourquoi il était si gentil avec lui ? Pourquoi lui, Serizawa Naoki, avait le droit d'avoir un Mikio dans sa vie alors qu'il était la personne qui le méritait le moins ?
Un instant, ses sourcils avaient eu la force de se froncer tandis que son dos retrouvait une position plus confortable. C'était tellement grotesque. Si quelqu'un était en charge des lignes de vie, il avait dû sérieusement se planter sur ce coup-là.
Vraiment ?
Il ne pensait plus à tous ces trucs qu'il lui avait dit à la Saint-Valentin ?
Si... ce n'était pas le problème. Il avait souhaité quelqu'un comme Mikio. Ou plutôt, il avait souhaité une personne qui ne lui arrivait même pas à la cheville.... Que lui aime si fort son coréen, c'était normal... qui ne l'aimerait pas ?
Mais que Mikio soit comme ça avec lui... ça n'avait rien de logique, rien de juste.

S'il avait répondu à sa question précédente d'un simple hochement de tête, d'un habituel mensonge sur son état, il n'avait pas protesté à ce verre d'eau tendu. Sa main s'en était emparée sans qu'aucun son ne franchisse ses lèvres et il l'avait bu lentement en souhaitant avoir pu retenir une grimace aux premières gorgées. ça passerait. Ce n'était qu'un léger mal de gorge... oui ... très léger... tout comme les vertiges, la fièvre et tout le reste dans le fond.
Tendant le verre vide à son aîné, son regard était resté dans la même attitude. Il se dérobait. Oui. Mais la honte qu'il ressentait était à présent trop forte pour qu'il parvienne à la contenir. Soit ça, soit il était trop faible pour mentir aussi bien que d'habitude. Ses yeux le pouvaient moins après tout... il y en avait des quantités de points à fixer sur un lit... autre que cette main qui tenait toujours la sienne et sur laquelle il était demeuré perdu. Il ne l'avait plus quitté... pendant plusieurs secondes, il avait regardé à nouveau ce lien. Une petite voix bien trop faible en lui lui avait soufflé de s'y accrocher... qu'importe le reste, c'était toujours mieux avec la main de Mikio dans la sienne.
Une faible imploration avait suivi et il l'avait ignoré peu avant que son regard ne s'accroche au sac qu'il avait réclamé. Les conseils de fermeté semblaient désormais bien loin. Avait-il seulement été capable d'en faire preuve plus tôt ?

Ce n'était plus la question désormais. Il se contentait manifestement du minimum et il avait été soulagé de voir que ça lui été accordé. Même si... même si la main de Mikio avait relâché la sienne au passage.
...
Idiot
C'était ce que la petite voix avait soufflé. Parce qu'il était plus simple de la garder que de la réclamer...
Il n'avait pas le droit. Pas maintenant.
Pourquoi ?
C'était comme ça... ça avait toujours été comme ça... pourquoi ce serait différent aujourd'hui ?
Parce que c'est lui...
Non... justement parce que c'était lui, il le devait encore moins... il avait déjà bien trop cédé... ce matin battait des records.

Les mots qu'il comptait prononcer à présent n'étaient pas venus. Son regard s'était porté à nouveau sur cette main puis sur le sac que Mikio avait déposé sur ses jambes. Son hochement de tête se traduisait probablement par un "merci"... tout comme il pouvait se traduire par l'acceptation de ne pas parler. Qu'est-ce qu'il aurait pu dire de plus de toute manière ? Tout ce qu'il disait depuis ce matin était inutile.
La main sur son front lui avait volé un léger frisson mais il n'avait pas protesté. Pourtant, il la craignait... l'affection de Mikio, elle était dangereuse pour lui. Il en avait conscience... il n'était pas capable de son mieux quand il y avait le droit. Et s'il ne la méritait pas, cette partie de lui qui espérait ne pas en être entièrement privé le suppliait déjà de lui accorder au moins cette main apaisante.
Se reposer. Oui... non... ses sourcils s'étaient légèrement froncés et aucun mot n'avait quitté ses lèvres. C'était pourtant le mieux à faire pour lui. C'était bien ce qu'il comptait tenter de faire à l'hôtel non ?
Oui... mais il s'interrogeait maintenant sur l'épaisseur des murs. Est-ce qu'il pouvait vraiment dormir ici ?
Ne l'avait-il pas fait plus tôt ? Ce n'était pas pareil... ou si mais... il n'aurait pas dû, c'était tout « Hum... » ni oui, ni non... il n'aurait pas le choix de toute manière. Pour ce qui était de ses vêtements en revanche, sa main était venue s'accrocher tout de suite aux pans de sa chemise comme s'il craignait que son aîné ne vienne anéantir son travail en déboutonnant un bouton de plus. Et puis, ridiculement, comme un enfant, sa tête s'était secouée, le regard toujours baissé vers son sac.

Si sa main s'était tendue un instant vers ce dernier, elle s'était arrêtée dans son geste à la suggestion de Mikio. Une courte seconde, ses yeux avaient trouvé le visage de son aîné pour se baisser presque aussitôt vers l'endroit où ils se trouvaient plus tôt.
C'était mieux. Qu'il le laisse seul.
Il ne devait pas écouter la tendresse sur son front qui tentait d'affaiblir ses résolutions. Il resterait avec Umberto en attendant une ouverture pour faire ce qu'il aurait dû être capable de faire dès le lever « ... » mais les caresses persistaient et aucun "s'il te plait" n'était venu appuyer la suggestion de son coréen. Il l'avait pourtant pensé, un instant, avant que la voix de Tetsuo ne vienne prendre la parole pour celle qu'il tentait de garder faible en lui « Si tu penses que ce sera pire sans lui, demande lui de rester avec toi. » il n'avait même pas levé les yeux pour les poser sur l'ami qu'il s'était inventé « Je le sais que c'est ce que tu veux dans le fond... tu le veux... lui.... » si sa main s'était relevée à la base, c'était pour se poser sur ses oreilles, il pensait que l'autre la rejoindrait... mais à la place, la première avait pris la main qui se trouvait sur son front.
C'était bien aussi non ? Arrêter ces caresses qui l'affaiblissaient pour dire ensuite au responsable qu'il n'aurait pas besoin de l'appeler. C'était bien pour ça qu'il l'avait éloignée de son front en l'abaissant... cette main si douce. C'est vrai... oui... elle était si douce, le pouce qui en avait caressé le dos doucement avait pu le voir.
Faiblement, il l'avait serré dans la sienne et l'espace de quelques secondes l'ombre d'un sourire triste s'était dessiné sur ses lèvres.

« ... » la bouche qui s'était ouverte n'avait rien laissé passer, une fois encore. Son autre main s'était relevée mais aucune oreille n'avait été visée. A la place, elle s'était posée un court instant sur la joue de son aîné que son regard s'était borné à fixer. Quand elle s'était décollée, ses doigts s'étaient mis à l'effleurer doucement pour remonter vers ses sourcils qu'ils avaient dessiné. Un instant, ils s'étaient perdus sur son front, ils étaient redescendus doucement le long de son nez, avaient retrouvé sa joue avant de glisser le long de sa mâchoire pour remonter vers ses lèvres.
... qu'est-ce qu'il faisait ?
« Michan... »
Il ne pouvait pas faire ça. Il se perdait... encore...
« Je veux que tu restes avec moi... dis lui juste ça Naoki. »
... lui dire ? ... « ... je... » nerveusement, légèrement tremblante, sa main s'était serrée plus fort sur celle de Mikio « ... je... je... » ses sourcils s'étaient froncés, les yeux perdus sur des lèvres qu'il n'était pas supposé caresser... avant de trouver enfin ceux de son aîné « ... » ... pour les rabaisser presque aussitôt vers la main qui commettait le crime d'en retenir une ... tandis que l'autre s'éloignait enfin de ces lèvres trop tentantes « ... c'est gentil... d'avoir été à la pharmacie... merci... »

Il lui avait bien semblé entendre le soupir de Tetsuo. Mais il ne pouvait pas. Il ne pouvait pas demander. Il ne serait pas capable de supporter d'être encore plus pathétique aux yeux de son coréen, il devait affronter ça tout seul. Alors, une fois de plus, il s'était fait violence et sa main avait fini par libérer celle de Mikio pour se tendre vers son sac « Tu peux fermer la porte en sortant s'il te plait ? » ... il n'était vraiment qu'un idiot. Si son coeur faisait aussi mal maintenant, c'était de sa faute. Il ne fallait pas faiblir à la base. Il ne pouvait pas blâmer Mikio de le tenter autant... son coeur était le seul responsable pour battre autant pour un coréen... pour ne battre que pour lui.


 
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     Ven 26 Mai - 22:48

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Naomi

Le Coréen n’avait pas trainé. C’est vrai que le milieu de la chambre était une contrée si lointaine. Qu’allait faire Naoki séparé de lui pendant cette éternité qu’était ces dix longues secondes ?
D’accord, son empressement était sûrement un peu idiot. Il n’était pas certain que Nao soit aussi impatient que lui de retrouver la présence jusqu’ici visiblement pesante du chanteur… Au fond, il était sûrement celui qui avait eu le plus besoin de retourner au chevet du garçon. Celui qui s’en faisait le plus mais certainement jamais trop pour Naoki… Il n’y pouvait rien. C’était plus fort que lui… Ce besoin qu’il avait de s’occuper de lui, de veiller sur lui… Il y avait longtemps qu’il avait arrêté d’en combattre le caractère maladif sinon, il aurait déjà abandonné après un ou deux refus. Et sa main dissidente ne se perdrait pas sur un front qu’il n’était probablement pas en droit de toucher… Il ne pouvait même pas prétendre que c’était pour jauger sa fièvre tant ses doigts se faisaient léger sur sa peau où perlait toujours des gouttelettes de sueur. Il n’avait pas essayé de les chasser cette fois… il s’était seulement contenté de caresser avec un peu trop de douceur, appréhendant bêtement malgré lui le moment où Naoki lui demanderait d’arrêter.
Mais tant qu’aucune protestation ne se faisait entendre, le Coréen s’efforça d’étouffer cette angoisse et de se concentrer sur ce qui lui paraissait le plus important à présent… finissant par oublier à demi cette main persévérante dans sa connerie.

Comme il s’en doutait, Nao ne se montra pas très enthousiaste à l’idée de se reposer. S’il n’émit pas plus d’objection qu’une absence de confirmation claire, Mikio sentait bien que l’envie n’était pas au rendez-vous et ce en dépit de la fatigue évidente qui terrassait son protégé. Il en devinait tout aussi bien la raison… Naoki devait redouter les cauchemars. L’estomac de Mikio se noua et ses caresses se firent inconsciemment plus pressantes. Il voulait veiller sur lui. Le réveiller s’il sentait Naoki au prise avec l’un d’eux. Plus encore et de tout son coeur, il souhaitait chasser définitivement les mauvais rêves de sa tête. Seulement, il n’y avait aucun remède miracle pour ça. La vérité c’est qu’il s’en était douté bien avant d’en parler à Haruto… et ce dernier ne lui avait donner aucune solution concrètement acceptable. S’il désirait tant éliminer toutes les ténèbres qui bouffaient son cadet, il faudrait avoir accès à une partie de ce coeur abîmé encore bien gardé derrière des murs trop épais… Oui, s’il savait seulement ce qui hantait Naoki peut-être aurait-il pu l’aider…. peut-être…
Mais tout ce qu’il pouvait faire aujourd’hui c’était veiller sur son sommeil… Seulement, à présent, même ça, on semblait lui refuser. Naoki avait manifesté trop de fois la volonté d’être seul… S’il ne voulait pas de lui, alors comment Mikio était supposé agir ?
Finalement, il ne savait pas si c’était une mauvaise chose ou non que Nao garde ses vêtements. S’il n’était pas à l’aise, il avait moins de chance de dormir, non ? Mais il devait se reposer…. Problème : Naoki semblait vraiment tenir à rester habillé. Plus que l’aîné ne l’aurait cru à en juger la façon dont il s’était soudain raccrocher à sa chemise… Mikio ne comprenait pas vraiment la raison de cet entêtement. Peut-être que Nao s’imaginait qu’il pourrait quand même sortir plus tard… Il se trompait si c’était le cas. Cependant, le chanteur n’avait pas cherché à insister. Il n’avait pas envie de repartir dans un nouveau combat qui les épuiserait tous les deux. Si Nao voulait tant garder sa chemise, soit… ils verraient plus tard.

Et pour continuer sur cette lancée des concessions, bien que celle là lui fut infiniment plus dure à faire, Mikio avait fini par lui proposer de se retirer un peu. Clairement, il n’en avait pas envie. Sa poitrine était harcelée par des battements désapprobateurs. Pour être tout à fait honnête, il était convaincu que laisser Nao seul n’était pas une bonne idée. Il était malade. Il avait besoin de lui…. Mais puisqu’il l’avait tant réclamé, Mikio pouvait bien lui accorder une heure tranquille… environ. Peut-être un peu moins. Juste un peu de temps pour se faire oublier sans être très loin. Il pouvait bien faire ça et soulager Naoki de sa présence si celle-ci lui était insoutenable. Le chanteur ne se sentait pas des plus rassuré mais… le malade resterait dans la chambre après tout. Il n’avait rien à craindre, non ? Il avait peut-être balayé la pièce des yeux. Pas d’objet contendant à risque. La fenêtre avait l’air bien fermé. Et si Nao souhaitait toujours fuguer, il lui faudrait traverser le salon. Il semblait peu probable qu’il échappa à la vigilance de l’aîné si tant est qu’Umberto ne l’arrête pas avant….
Finalement, tout ce dont il avait à s’inquiéter c’était de la fièvre et des crises qui suivaient les cauchemars. Ce n’était pas quelque chose qu’il pouvait prendre à la légère et la crainte resterait bien accroché à son ventre… mais rien ne l’empêchait de venir voir régulièrement que tout allait bien. Oui, c’était à lui de faire en sorte que tout se passe bien. Il pouvait le faire… il devait le faire. Pour Naoki.

Et tandis qu’il tâchait de s’en convaincre, le chanteur se rendit compte que l’approbation à son congé pourtant tant attendu tardait finalement à venir. Cela faisait quelques secondes et Nao n’avait toujours pas dit mot… Fronçant les sourcils dans sa réflexion, il reposa un regard intrigué sur son cadet. Peut-être qu’il avait mal entendu ou mal compris. Peut-être que quelque chose le tracassait. C’était ce que ses yeux avaient tenté de déterminer en scrutant le visage de Naoki. La fièvre et la fatigue qui marquaient gravement ses traits, le rendaient difficile à lire. Il avait l’air si épuisé et confus… mais Mikio crut y percevoir de l’hésitation.
Dans sa poitrine, il y eut ce sursaut fourbe que le Coréen aurait souhaité étouffer. Celui qui voulait croire à ce faux espoir que peut-être Naoki n’avait pas envie qu’il le quitte.
Non. Non, lui ne voulait pas l’espérer. Il ne voulait pas que son coeur fasse des siennes et lui mette des fausses idées en tête qui lui feraient mal à l’arrivée. Intérieurement, il s’était secoué pour les chasser et s’était même obligé à ouvrir la bouche pour relancer Naoki dans le but d’abréger une attente qui lui faisait perdre la tête.
Oui, sa bouche s’était bien ouverte mais aucun son n’avait eu véritablement le temps d’en sortir. Officiellement, il accuserait cette main qui s’était mise à bouger et qui l’avait troublé. Officieusement, une partie de lui se défendrait d’avoir volontairement tarder à répéter ses paroles parce qu’elle n’avait pas envie d’entendre la réponse…
Néanmoins, le geste qu’amorça Naoki eut vraiment le mérite de faire cesser toute réflexion et s’il la suivit des yeux, elle finit par lui rappeler trop soudainement que sa main à lui était toujours active sur le front du garçon…

Trop soudainement et trop cruellement. Il avait sentit son coeur s’arrêter dès l’instant où ses doigts s’étaient faiblement resserré sur sa main. Il avait immédiatement cessé tout mouvement et une vive douleur à la poitrine accompagna cet arrêt en le privant de son souffle.
«  »
Ses yeux s’étaient fixé sur cette main qui possédait plus de pouvoir qu’elle n’en avait l’air. La lueur qui y miroitait s’était faite plus douloureuse et craintive qu’il ne l’aurait souhaité. Elle trahissait cette peur atroce d’un rejet qu’il aurait pourtant dû pressentir…
Oui, il fallait bien que ça arrive. Il n’avait pas le droit de paniquer. Il le savait après tout, non ? Qu’il ne pouvait pas faire juste ce qu’il lui chantait alors qu’il s’était montré si injuste plus tôt. Non, il ne pouvait pas fermer les yeux sur cette main rebelle juste parce qu’elle réclamait à l’instar de son coeur une tendresse qui lui était pourtant interdite. Parce que c’était Nao qui devait la vouloir… pas lui qui devait la justifier par un besoin égoïste.
Alors il n’avait pas le droit d’avoir ce regard là. Il n’avait pas le droit de sentir son coeur se fissurer un peu plus à chaque centimètre qui l’éloignait de ce front si accueillant. Mais la douleur, il la ressentait bien. Il se désolait à être si misérable, mais il était incapable d’étouffer cette peine trop pesante dans sa poitrine… si bien qu’il voulut lui reprendre sa main pour mettre un terme à cette stupide souffrance.
Il s’y apprêtait vraiment… jusqu’à ce qu’il sente cette troublante sensation. Ce contact, aussi léger qu’électrisant… Cette douceur similaire à ce « tressaillement » qu’il avait ressenti précédemment au même endroit. Celui qui ressemblait à une caresse… Celui qu’il avait cru fantasmer ou halluciner… mais que son coeur était désormais sûr d’avoir senti. Il en était aussi certain qu’il le cognait contre sa cage thoracique.
Mais cette certitude ne lui permit pas vraiment d’en comprendre le pourquoi. Ce geste lui échappa autant que cette esquisse triste qui était passée sur les lèvres de Nao… Qu’est-ce que ça voulait dire ? Qu’est-ce qu’il devait comprendre ?
Son regard confus n’avait pas lâché leur main jusqu’à ce qu’il relève le regard vers Naoki pour tenter de l’interroger. Evidemment, il n’avait pas croisé celui de l’étudiant… mais au même moment qu’il ouvrit la bouche pour le questionner, Nao fit de même de son côté. Aussitôt, Mikio referma la sienne et attendit des explications…

… qui ne vinrent pas. Du moins, Naoki sembla choisir une toute autre façon de lui répondre à l’aide de sa seconde main. Une façon qui ne fit qu’affoler davantage le coeur du Coréen. Les battements résonnèrent si fort dans sa poitrine à ce premier contact sur sa joue.
… Quoi ?
Effaré, Mikio l’avait dévisagé. Il en avait presque sursauté. Qu’est-ce qu’il faisait ? A quoi est-ce qu’il jouait ? Est-ce que sa fièvre le faisait délirer… ? Son coeur battait si fort, à vrai dire, il ne s’entendait même plus penser. La seule chose dont il avait été capable ce fut de frissonner lorsque ses doigts quittèrent sa joue pour explorer doucement son visage. La sensation le dérouta… ce n’était pas la première fois que Nao le touchait comme ça, bien sûr. Il le sentait souvent en s’endormant, parcourir les traits de son visage dans une douceur lente et envoutante. Il trouvait ça terriblement apaisant la nuit… mais à cet instant, c’était tout le contraire. Tout en lui semblait s’affoler. Ses yeux ne savaient où se poser. Sur cette main inexplicablement audacieuse ou sur ce visage qui semblait finalement aussi perdu que le sien… Pourquoi faire ça ? Pourquoi maintenant ?
Un long frémissement traversa son coeur avant que les doigts explorateurs ne terminent leur route sur… ses lèvres.
Là, il sentit littéralement son coeur exploser sous cette sensation terriblement grisante. Elle aussi, il l’avait déjà goûté. Certainement trop souvent pour que ce soit bien normal… mais assurément jamais assez pour que Mikio ne s’en lasse un jour ou qu’il puisse entièrement l’expliquer. C’était toujours tellement… indéfinissable. S’il ne s’y attendait généralement pas, cette fois-là fut sûrement la plus inattendu de toutes… Parce que Naoki était censé le repousser. Mais également parce qu’il ne l’avait plus fait depuis un moment déjà…. Plus tôt dans la journée, les lèvres de Mikio avait bien effleuré le bout de ses doigts dans de furtifs baisers. Mais c’était différent… Naoki n’en avait peut-être même pas eu totalement conscience non plus. Et ça n’égalait en rien cette effet diablement enivrant qui faisait dérailler son coeur à chaque fois. Peut-être même plus à cet instant.

Littéralement pétrifié, Mikio était incapable de dire s’il respirait seulement. Lorsqu’il déglutit, non sans difficulté, l’action lui parut affreusement bruyante et il se rendit compte que ses oreilles ne percevaient jusqu’alors plus que les battements assourdissants de son coeur.
… jusqu’à ce surnom qu’il chérissait trop, prononcé par cette bouche bien aimée. Son coeur trouva le moyen de bondir plus fort. « Nao… » A quel point cette réponse était-elle ridicule ? C’était vraiment tout ce qu’il avait su répondre ? Non, il avait aussi serré sa main en retour. Un peu plus fort…et son pouce s’était joint au sien pour caresser sa peau froide et l’encourager à poursuivre.
Nao était décidément trop bon pour le suspens. Son rythme cardiaque déjà plus que déraisonnable s’était furieusement accéléré, réclamant dans son langage une suite à ce « je.. » trop hésitant.
Quoi ?
Quoi ??
Son regard avait cherché à capturer celui de Naoki, qu’il tenait malheureusement loin de lui, et ce même s’il savait le sien bien trop troublé… En vain. Il serait peut-être judicieux de penser à respirer si tant est qu’il avait conscience d’avoir oublier, trop occuper à supplier de ses yeux et de ses mains, une réponse qu’il désespérait d’entendre.
S’ils avaient été dans un film, c’était sans le moindre doute à cet instant, dans cet exact type de scène, où les deux protagonistes s’avouaient leurs sentiments et…
quels sentiments ?
Non. Non, ça n’avait rien à voir. Ce n’était pas ça que le Coréen attendait. Déjà parce qu’au vu de l’état de Nao, ça n’aurait pas forcément grands sens… et surtout parce que, Mikio ne pouvait le nier… il attendait des mots précis.
Reste avec moi….

Mais durant le trop court instant où Nao osa relever les yeux vers les siens, le chanteur ne put rien y lire… et cet écart annonça la fin d’un contact cruellement aussi bref qu’il avait été doux pour ne pas que son coeur se serre dès la seconde où sa main s’éloigna de ses lèvres lui laissant cette affreuse impression de manque précoce…. Parce qu’il ne savait jamais combien de temps s’écoulerait jusqu’à ce qu’il puisse retrouver cette sensation… Et de réponse, il en reçut finalement une… mais en rien celle qu’il attendait.

… Oh. La pharmacie. Oui…. Oui, bien sûr… Quoi d’autre ?
Abruti.
Il pouvait se sentir d’autant plus con qu’il était resté un instant sans oser esquisser le moindre mouvement. Comme si le fait que Nao ait éloigné sa main de son visage lui avait permis de retrouver la réalité, il s’était rendu compte que ses joues le brulaient. Son coeur lui, battait toujours aussi fort. Sûrement trop pour que Nao ne l’entende pas…
Mais par dessus ce vacarme il avait tenté de faire entendre sa voix, incertaine malgré ses efforts pour la rendre plus assurée : « Oh… euh… c’est rien… c’est normal… » Il avait tellement l’air d’un crétin. Mais au moins, il avait eu un merci… Oui, il pouvait se consoler en se disant que si Nao le remerciait c’était qu’il comprenait un peu qu’il faisait ça pour lui… non ?  

Néanmoins, dans le silence pesant qui s’était brièvement installé, son coeur résonnait encore bien trop fort dans sa gorge et sa tempe. Et le chanteur n’avait pu ignorer sa plainte déchirante lorsqu’une seconde main libéra la sienne d’une prison pourtant si plaisante, complétant définitivement ce sentiment de vide atroce. Rapidement rejoint par une déception cuisante à la dernière demande de son cadet.
« Ah… » Oui, il n’y avait aucun doute à avoir et rien à espérer. Il devait vraiment y aller. Et fermer cette porte… Un instant, il avait pris le temps de se dire que ça ne lui plaisait pas trop. La porte fermée, il n’était pas certain d’entendre Naoki s’il avait besoin de lui… d’un autre côté, de la cuisine, il pourrait difficilement entendre ses premières plaintes… L’anxiété ne le quitterait pas dès qu’il sortirait de la chambre, c’était certain. Mais il finit par hocher vaguement la tête.

« Je repasserais un peu plus tard… »

Bougeant enfin autre chose que sa tête, le dos de sa main fermée se colla un instant contre sa bouche. Il avait l’impression de les sentir encore… ses doigts sur ses lèvres…. Assez bêtement et même si c’était un peu douloureux, il avait souhaité que cette sensation fantôme ne disparaisse pas tout de suite…
Ses yeux qui s’étaient détournés sans vraiment qu’il s’en rende compte, se reposèrent sur le garçon. Son coeur se comprima un peu plus tandis qu’il obligea ses mains à rester éloigner de lui. Il voulait le caresser encore… et même déposer un baiser sur son front avant de partir… Mais il avait sûrement déjà assez abusé comme ça, n’est-ce pas ? Et puis, ça ne l’aidait pas à garder les idées en place. Il s’était trop monté la tête et maintenant il ne pouvait pas se plaindre de la douleur dans sa poitrine. Alors il s’était simplement relevé. Sans un mot, il avait retiré les boites de médicaments du lit pour les placer sur la commode, en évidence. Revenant près de la table de chevet, il avait rempli le verre d’eau en prévision et déposer les bonbons au miel juste à côté. « Hésite pas à en prendre si t’as mal à la gorge… Ca te fera du bien. » Le visage tourné vers lui, il osa un sourire. Un peu trop maigre. L’appréhension de l’instant fatidique avait sa part de responsabilité.

Il se fit violence pour ne pas se laisser gagner par l’inquiétude et inspira profondément. C’était le moment, ça ne servait à rien de trainer, à part se faire mal au coeur. Il se rapprocha une dernière fois du lit où il se pencha pour caresser doucement la tête de leur fils. « Occupe toi bien de lui, bébé. » Il comptait sur Umberto, il savait qu’il le pouvait. Un coup de langue affectueux sur sa main lui convint parfaitement comme preuve. Son sourire s’étira tendrement…
On l’accuserait ensuite sûrement de zèle alors qu’il s’assura une ultime fois que Naoki fut correctement installé avant que ses yeux ne se repose sur lui… «  »… et que sa main faiblisse à passer brièvement sur son front. Mais pas avec moins de tendresse. « Repose toi bien… A tout à l’heure. » A très vite, oui. Il ne serait pas loin. Il ne quittait pas Naoki trop longtemps. C’était ce qu’il s’était répété… en s’efforçant finalement de tourner les talons vers la sortie… et de fermer la porte derrière lui comme demandé, non sans trainer derrière lui son coeur un peu trop lourd.
 
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     Sam 27 Mai - 15:33
Just a spoonful of sugar
EXORDIUM.
« T'es content ? » ce n'était pas vraiment la question... qu'il soit content ou non. C'était plus une question de droit, de mérite... mais aussi de honte. Pendant un instant, un instant trop long, il avait manqué de se montrer à nouveau encore plus stupide. Et au cours de cette hésitation, il avait été bien trop faible. Est-ce que c'était vraiment ses doigts qui avaient trouvé le chemin jusqu'aux lèvres de Mikio ? Est-ce que c'était plus fort que lui ? Il lui était vraiment impossible de ne jamais le toucher ? Il avait beau être un italien tactile, ça n'excusait pas tout. Il y avait des choses qu'il devait s'arrêter de faire... à certains moments davantage. Il s'était promis d'arrêter plusieurs gestes durant la période Jin Ah... aujourd'hui, il en avait repris certains mais... qu'importe ceux qu'il était en droit d'avoir ou non, ce n'était pas le moment pour ça. Aujourd'hui, il devait faire au mieux pour ne pas se montrer trop faible quand il l'était bien assez d'apparence. Il ne pouvait pas se permettre de perdre le contrôle pour s'entendre réclamer à nouveau.
Il le savait pourtant... il suffisait de quelques gestes de son coréen pour le pousser à abandonner ses bonnes résolutions, pour le tenter vers un chemin que son coeur trouvait bien plus agréable.

Evidemment qu'il aurait préféré pouvoir rester contre lui maintenant. Relever les yeux simplement vers lui pour lui demander si ça ne l'embêtait pas trop de se coucher près de lui au moins jusqu'à ce qu'il s'endorme. Il pouvait ignorer un temps qu'il ne méritait pas tout ça et que son coeur ne pouvait pas battre de cette manière là. Il fermerait les yeux contre un sommeil plus calme ou la certitude de le trouver en pensant que ce n'était pas grave s'il faisait un cauchemar, Mikio le réveillerait.
Il y aurait cette crise... une honte qu'il n'assumerait pas face au pathétisme dont il faisait preuve. Mais Mikio n'était pas parvenu plus tôt à ramener une réalité trop belle pour lui en le tirant d'un cauchemar qui l'avait suivi jusque dans sa chambre ?
Oui, il avait eu l'air d'un minable... mais il avait retrouvé son souffle et Mikio l'avait gardé contre lui malgré tout.
Et même s'il demeurait convaincu de prendre la bonne décision, son coeur battait pour douter. Non, il n'avait pas bien fait. Il était trop fatigué. Qu'est-ce qu'il y avait de mal à céder encore un peu ? Il ne ressemblerait plus à grand chose aux yeux de son si précieux coréen ? Ce n'était pas important... au moins, il pourrait se sentir réellement serré contre lui en dormant au lieu de s'imaginer fermer les yeux dans ses bras comme il le faisait depuis trop longtemps.

« Bravo Naoki, tu viens de gagner des cauchemars plus pénibles. L'hôtel sans l'hôtel. » il ferait des cauchemars dans tous les cas alors... et puis, il pourrait peut-être...
Se retenir de dormir comme il le faisait chaque nuit avec Mikio ?
...
Il ne tiendrait jamais. Pas aujourd'hui alors qu'il n'était même pas capable de sortir de l'appartement en se maintenant sur ses deux jambes « ... hum... » il repasserait plus tard, oui... mais pas quand il dormait... ce serait mieux. Qu'est-ce qu'il faisait au juste maintenant ? Ou plutôt, qu'est-ce qu'il allait faire ? Il était obligé de rester ici... Mikio ne sortirait manifestement pas de l'appartement alors...
Les yeux qui ne s'étaient plus levés avaient cherché la main dont il s'était privé par faiblesse. Tout compte fait, il aurait peut-être mieux valu la laisser sur son front. Au moins, maintenant, il aurait pu profiter d'un peu plus de secondes de tendresse...
Fronçant les sourcils à cette idée, il avait soupiré contre lui avant que sa main ne fouille enfin véritablement dans son sac tandis que Mikio s'agitait près de lui. Il n'avait pas bougé. Il ne l'avait pas regardé une seule fois. Mais le rythme de son coeur s'était affolé pour parler à sa place.
Parle. Dis quelque chose avant qu'il s'en aille
Sans rien en sortir, sa main avait fouillé un peu plus dans ses affaires quand l'autre s'était serrée nerveusement sur la couverture. Il devait se taire. C'était la seule chose correcte à faire. Le reste, il ne devait même pas l'envisager.
Mais Mikio allait s'en aller et il se retrouverait seul dans sa chambre... avec des voix, des hallucinations, des cauchemars... des souvenirs....

Sa tête s'était tournée une seconde vers les bonbons au miel avant de se hocher. Il avait ensuite regardé Umberto à qui son aîné s'adresser mais il s'était obstiné à s'enfermer dans le silence. Si sa bouche s'ouvrait maintenant, est-ce qu'elle commettrait une folie semblable à ses mains un peu plus tôt ?
« Tu as besoin de lui Naoki. » ...
... il avait besoin de le sentir près de lui.
Il avait besoin de son odeur.
De ses bras autour de lui.
Des siens pour rendre cette étreinte dans laquelle il pourrait peut-être s'emprisonner au lieu de sombrer dans les cauchemars.
Il avait besoin qu'il fasse jour sur une obscurité que la fièvre empirait... et le seul capable de l'éclairer, il venait de lui demander de fermer la porte de sa chambre en sortant.
Quelques secondes à tenir. Une caresse pour l'affaiblir davantage. Un regard qui s'était embrumé à nouveau pour une raison autre que la fièvre. Et un coeur qui s'était fait agressivement plus douloureux dans sa poitrine. Mais il avait tenu bon et la voix trop faible qui avait finalement franchi ses lèvres n'avait même pas laissé entendre le début de sa phrase « ... tout à l'heure ... ».

Comme il l'avait demandé, la porte de sa chambre s'était refermée pour le laisser seul avec Umberto vers lequel ses yeux s'étaient portés. Laissant sa tête se reposer sur les jambes de son maître, le chien l'avait fixé comme s'il prenait la demande de son autre maître vraiment à coeur. La main qui s'était posée non loin des pattes de son bébé, il ne l'avait pas senti. Parce qu'elle n'appartenait pas à quelqu'un de réel et que le soutien que ce songe avait toujours tenté de lui apporter ne serait jamais rien de plus que la tentative d'un enfant de chasser un peu la solitude....
« Tu le sais que moi je ne sers à rien... pourquoi ? »
Son regard avait quitté Tetsuo pour retrouver son sac. Il ne comptait pas répondre. Jouer à ça n'était pas une bonne idée. Il le savait qu'il n'était pas réel, il l'avait toujours su. Alors, il s'était efforcé d'ignorer son "ami" pour prendre sa tablette dans son sac avant de décaler ce dernier pour le poser de l'autre côté du lit. De la même manière, il s'était fait violence pour ne pas écouter les battements d'un coeur qui croyaient à une dernière chance d'être stupide. Non, il n'allait pas rappeler Mikio. Il se débrouillerait.
Il allait mettre un film sur sa tablette. Faire comme il faisait d'habitude à l'hôtel... lutter inutilement en tentant d'espérer que cette fois ce serait différent. ça irait... il n'avait plus peur de tout ça...


✧✧✧✧✧✧✧✧✧✧✧✧✧✧✧


Il avait essayé. Et pendant un moment, il avait été capable de sentir encore ce parfum apaisant. Dans le sommeil auquel il n'avait pas su résister, son nez avait cherché à s'enfouir davantage dans la couverture où il avait cherché plus tôt cette odeur par laquelle il aurait préféré être entouré. Il s'était imaginé être dans ses bras, il avait serré du vide plus fortement contre lui et en avait attiré l'oreiller. La toux qu'il avait combattu avant de laisser la fatigue triompher démangeait encore sa gorge mais le noir le plus parfait avait fini par l'entraîner. Il ne saurait même plus dire à quel moment son inconscience l'avait chassé du film qu'il regardait et où en était Peter Parker. Mais il se souvenait bien avoir pensé qu'il sombrait et avoir envisagé de prendre son téléphone pour coller dans ses oreilles avec ses écouteurs la voix si parfaite de son coréen. Il n'en n'avait malheureusement pas eu le temps. Dans une plainte, son imagination avait tenté de reproduire le rythme de ce coeur qu'il affectionnait temps d'un doigt frappant doucement contre le matelas. Mais il ne l'avait pas plus entendu et un bien faible « Michan ? » s'était échappé de ses lèvres. Il était venu pourtant ? La porte, il l'avait entendu... non ? Il ne l'avait pas rêvé ? Trop tard, sortant à peine d'un demi-sommeil, il avait cédé à se tourner vers elle, elle s'était déjà refermée et stupidement son coeur avait regretté de ne pas avoir le droit de regarder Mikio au moins quelques secondes.


✧✧✧✧✧✧✧✧✧✧✧✧✧✧✧


Oui, la porte s'était ouverte. Et cette fois, il avait cédé plus rapidement. Comme un idiot bien trop dépendant, il s'était dit qu'il ne voulait pas louper cette occasion alors ses yeux s'étaient ouvert malgré leur difficulté à le faire. Mais ce n'était pas sur Mikio qu'ils s'étaient posés. Figé, il n'avait rien pu faire d'autre que de regarder son père entrait dans une chambre qu'il avait occupé pendant de nombreuses années. Celle où il était supposé retourner un jour.
Comme si la scène était normale, comme si tout ça était logique, son père avait refermé la porte derrière lui et avait retiré ses boutons de manchettes. Pourtant, quelque part dans ce songe, il entendait des bruits de cuisine trop proches. Des bruits qui n'avaient rien à voir avec son enfance. Quelques secondes, son corps s'était débattu et il lui avait semblé voir Umberto sur ses jambes avant de retourner à son cauchemar. A présent, c'était son père qui s'asseyait près de lui et posait un regard réprobateur sur lui.

« Tu n'es pas encore levé ? Il serait temps, tu ne penses pas ? » se lever. Oui, il avait essayé. Il essayait toujours. Souvent il y parvenait mais aujourd'hui... son regard s'était tourné vers la porte comme si la réponse s'y trouvait. Une personne venait de passer par là, et cette personne lui avait dit de ne pas le faire... il devait se reposer « Est-ce que je dois me montrer plus persuasif ? » ... il était malade. Oui, est-ce qu'il ne venait pas de tousser après tout ? Pendant un instant où ses yeux avaient semblé changer les murs à nouveau avant que le sommeil ne le retienne davantage sous la forme d'une main qui se serre trop durement sur son poignet « Très bien, retire-là. » désignant sa chemise d'un mouvement de tête, son père avait su se faire comprendre. A nouveau, sa main s'était accrochée aux pans de sa chemise et sa tête s'était secouée. Une nouvelle fois, il avait cherché à se réveiller sans le comprendre et la chambre de Narita s'était éclipsée pour laisser place à une autre à laquelle il avait tenté de se raccrocher même s'il ne la connaissait pas tant que ça.
Mais elle s'était effacée, et il était retourné dans son cauchemar. Il avait toussé... ses yeux s'étaient ouvert une fois encore sur une image plus rassurante avant de replonger.
Est-ce qu'il rêvait ? Ou est-ce que c'était la réalité ? C'était la question qu'il s'était posé avant que son père ne retire cette main gênante avec contrariété.

Il était rentré à la maison ?
Quelque part, un autre Naoki avait cherché dans une couverture une odeur pour lui prouver le contraire.
Mais à peine avait-il mis un nom sur celui que sa voix aurait dû retenir plus tôt qu'il en entendait une plus douloureuse heurter son coeur « Ne me fais pas perdre mon temps Naoki, retire-là. » ... ça devait être un cauchemar... ça ne pouvait être que ça... ou il hallucinait...
Et qu'est-ce qui était réel dans tout ça ?
Est-ce que c'était le joli songe dans lequel il essayait de revenir maintenant en se débattant pour se réveiller ?
Ou est-ce que c'était le cauchemar qui tentait de l'attirer davantage vers lui pour le faire sombrer dans l'obscurité ?

Sa toux l'avait dérangé à nouveau et il s'était retourné dans un autre lit quand ailleurs ses yeux s'étaient baissés vers sa chemise peu avant que la voix de son père ne vienne souffler à ses oreilles « Sois-gentil pour une fois.... » à Odaiba, un Naoki s'était plaint d'un gémissement et sa tête avait cherché à s'enfouir plus certainement dans un oreiller tandis qu'une autre main était venue se fermer nerveusement sur son oreille comme s'il pouvait faire taire un cauchemar de cette manière.
Plus obéissant qu'avec Mikio, sa main tremblante avait retiré un premier bouton. Ses yeux s'étaient bornés à rester concentrés sur cette tâche pour ne pas se relever vers un sourire satisfait de son père qui le perturberait davantage. Pourtant, il serait obligé de regarder à un moment, il le savait... son père préférait quand il regardait... il n'avait pas le droit de se cacher avec lui.
Et puis il n'avait plus seulement tremblé pour la fièvre. Il avait suffi de la sensation d'une main sur lui pour que sa respiration ne s'accélère provoquant une nouvelle toux qui lui avait permis d'ouvrir les yeux le temps de souffler un suppliant « Je ne suis pas là... »

 
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     Sam 27 Mai - 22:13
Park Mikio a écrit:

just a spoonful of sugar
Naomi

La porte refermée, Mikio avait mis un instant à relâcher la poignée. Peut-être pas qu’un instant à vrai dire puisqu’il s’autorisa même le stupide luxe de s’adosser contre cette porte close sans en défaire sa main. Qu’est-ce qu’il attendait au juste ? Rien. Il n’y avait rien à attendre. Naoki avait été assez clair : il voulait qu’il le laisse tranquille et qu’il fasse gaffe à bien fermer cette maudite porte. Rien de plus. Oui, le reste… ce n’était que du zèle dérobé par un Coréen un peu trop atteint.
Est-ce qu’il devait se remettre en question ?
Il n’en avait jamais eu envie. Très égoïstement, même lorsque Jin Ah était revenue… il n’avait jamais réussi à faire de vrais efforts. Naoki, il l’avait dans la peau. Il était ancré plus que n’importe qui dans ce coeur qui lui appartenait entièrement. Il n’y avait personne au dessus de lui. Il était le seul pour qui il s’autorisait à être totalement con… sans doute parce qu’il ne pouvait pas faire autrement. Ce n’était pas de sa faute. C’était ce coeur qui déraillait lorsqu’il s’approchait d’un peu trop près. Lorsque ce regard malicieux se posait sur lui. Lorsque son sourire s’étirait pour creuser ses joues. Lorsque ses mains le touchaient… Sa peau… son visage… ses lèvres…
Sa poitrine palpita un peu plus fort. Qu’est-ce qu’il foutait là, à caresser sa bouche comme un abruti ? Reprends toi, crétin !
Il secoua la tête. Con. Il était con. Ce qui s’était passé plus tôt, c’était Naoki qui délirait dans sa fièvre. Rien d’autre. Ca ne servait à rien d’attendre qu’il le rappelle quand ça ne faisait pas une minute qu’il avait enfin quitté sa chambre. L’étudiant voulait la paix. Pas un demeuré addict trop lourd pour sa santé. S’il ne voulait pas se remettre en question pour une femme, il pouvait le faire pour une maladie. Le chanteur croyait peut-être que c’était une bonne chose d’être protecteur avec ce gosse et de vouloir à tout prix s’occuper de lui… Mais à ce point ? Il devait peut-être se demander si ses sentiments ne le poussaient pas à faire n’importe quoi.
Est-ce qu’il n’était pas trop étouffant ? Est-ce qu’il pouvait vraiment se permettre de séquestrer Naoki pour son propre bien ?
Non. Non, il ne devait pas douter. Il n’était pas non plus Gothel séquestrant Raiponce. Naoki était malade. Il ne pouvait pas sortir. Et ce médecin, il avait eu raison de l’appeler. Il ne devait pas remettre en doute ses choix parce qu’il les avait pris dans l’unique but d’aider Naoki a se rétablir. Ses sentiments, aussi excessifs pouvaient-ils être, n’avait rien à voir là dedans. Enfin si. Oui, ils le poussaient à se montrer raisonnable à la place de ce gosse. Oui, voilà. Même si de son côté, ils lui faisaient éprouver des choses qui n’avaient pas leur place et s’entêtaient à faire brûler des espoirs douloureux dans la poitrine du Coréen. Au final, c’était Mikio seul qui se faisait souffrir. Qu’il chasse ces futilités et se concentre plus tôt sur le bien être de Naoki…

C’était bien pour ça et uniquement ça qu’il finit par se raisonner au bout d’une trop longue minute, à lâcher cette porte et prendre la direction de la cuisine. Non sans un soupir désespéré envers lui-même. Qu’il arrête ses conneries et qu’il se rende utile réellement.
Malheureusement pour le jeune malade resté dans la chambre et qui n’aurait ainsi aucun moyen d’empêcher la catastrophe qui allait venir, « se rendre utile » avait pour synonyme dans la langue non traduite de Mikio « d’être meurtrier ». Parce qu’il s’était bien dit en se rendant dans son lieu de crime favoris qu’il allait terminer ce qu’il avait entamé avant l’arrivée de Haruto. Soit un plat chaud qui calmerait les ardeurs des microbes de Naoki. S’il ne calmait pas définitivement Naoki tout court…
N’étions-nous pas trop mauvaise langue ? Mikio avait les recettes sous les yeux et les bons conseils de sa grand-mère. Ca ne pouvait pas être si catastrophique !
…. si ?
Il n’y avait probablement que le chanteur pour penser le contraire. Un autre Coréen l’aurait certainement chasser de cette cuisine à coup de pieds et d’insultes. A moins que ce ne soit sa mère… ou les deux. Mais puisque Mikio était seul dans la pièce, sans même Umberto pour tenter de le dissuader ne pas achever son deuxième papa, le criminel culinaire s’était mis à la tâche.

Si la préoccupation nous épargnait au moins un remix du dernier Stellar, elle poussa Mikio à regarder un peu trop souvent l’heure durant la préparation. Il se força à se concentrer sur cette fameuse soupe au poulet censée faire des miracles selon Mamie. Il pouvait bien faire ça pour Naoki. Faire cette soupe et l’oublier une heure. Oui. Une heure allez…
… Une heure c’était trop long ! Et si Naoki avait besoin de lui et qu’il ne l’entendait pas ? Il avait son - ses - téléphones. Et s’il n’était pas arrivé à l’atteindre ? Umberto l’aurait prévenu…  Et s’il ne le faisait pas ?
Le débat intérieure dura une vingtaine de minutes au bout desquelles… il capitula et posa sa préparation. Dans un soupire excédé, il s’adossa au plan de travail et s’adressa quelques insultes avant de jeter son torchon sur le meuble et de céder à la prudence. Oui, la prudence et pas l’angoisse obsessionnel qui lui tordait le ventre.

Devant la chambre de Naoki où ses jambes l’avaient aussitôt mené, il continua encore quelques secondes à se justifier avec lui-même. Il ne jetait qu’un coup d’oeil. Rapidement. Nao l’aurait bien vite oublié. Il pouvait demander si Nao avait besoin de quelque chose. Oui, c’était seulement être attentif. C’était normal. Nao était malade.
Qui l’avait oublié ?
… Bref. Dans un grondement intérieur encore une fois uniquement destiné à sa personne, il actionna la poignée et poussa légèrement la porte. Il lui avait bien semblé entendre du bruit à travers la porte et il comprit qu’il provenait du film. Il ne prit cependant pas le temps de voir de quel film il s’agissait, ses yeux s’intéressant uniquement à la forme dessinée par la couverture. Naoki était allongé. Il n’avait pas pris la peine de se tourner lorsque Mikio était entré. Soit il dormait, soit il l’ignorait. Son coeur pria trop fort pour que ce soit pas la seconde option. Au moins, Umberto avait relevé les oreilles et regardait son papa l’air de dire « tu vois papa, je m’occupe bien de lui », avant de reposer sagement la tête sur les jambes du malade.
Mikio hésita. De loin, il vit que le verre était toujours rempli. Rien n’avait semblé bouger hormis cette tablette désormais active. Le rythme régulier sous lequel la couverture se soulevait et se rabaissait tendit à rassurer le Coréen… Nao avait l’air d’être de s’être assoupi. Il était épuisé, c’était une évidence. Le tout à présent était d’espérer que ce sommeil ne soit pas perturbé par des mauvais rêves… Est-ce qu’il pouvait vraiment espérer qu’il ne le soit pas ? S’ils n’étaient pas systématique, Nao redouterait-il autant de fermer les yeux ? D’autant qu’il était conscient que la fièvre ne devait pas l’arranger… Alors, même si ça le tuait, Mikio espéra plus fort encore que ces cauchemars ne viendraient pas le bouffer trop vite… Qu’ils lui accordent quelques heures de répit… Nao en avait besoin. S’il vous plait…

A contre coeur, il referma la porte une nouvelle fois ne souhaitant pas prendre le risque de le réveiller. Il jaugea la porte de la salle de bain en face. Prendre une douche, même rapide, c’était prendre le risque de ne pas entendre Naoki s’il faisait un cauchemars. Lui, ça ne lui ferait pas de mal, surtout pour remettre un peu ses idées en place… mais s’il avait finalement pris la direction de la salle d’eau, il opta en fait pour un brin de toilette rapide et efficace. Laissant la porte ouverte dans le but de ne rien perdre en cas de bruit suspect, il fit le nécessaire et termina par se passer abondamment le visage sous l’eau pour s’assurer de garder les idées claires. Une dizaine de minutes plus tard, il ressortait à la recherche de vêtements propre qu’il trouva rapidement dans sa chambre.
Habillé, il repassa devant celle de Naoki où il tendit l’oreille. Il s’arrêta peut-être même de respirer pour être sûr de bien entendre… et lorsqu’au bout d’une minute aucune plainte ni gémissement ne lui parvint, il regagna la cuisine où il se décida à terminer cette soupe au poulet… bien qu’encore plus aguets qu’avant.

A vrai dire, il ne dura que cinq minutes avant de céder une première fois à revenir sur ses pas. Vraiment, il avait un problème. Mais il chercherait à le régler plus tard… quand il se serait assuré que Nao allait bien. Devant la porte, il réitéra le même manège et tandis que seul les dialogue lointains du film lui répondirent, il se rabroua.
Retourne à ta soupe idiot ! C’est lui qui allait finir par le réveiller à force de faire les 100 pas devant sa porte…

Il s’interdit finalement d’y retourner tant que la cuisinière n’aurait pas bippé, annonçant que la soupe était prête. Qu’il finisse au moins son poison avant de revenir embêter Naoki… Il s’y efforça. Ne pas trop y penser.
Il ne faisait que ça.
Touiller la casserole… en faisant le moins de bruit possible. Et il s’arrêtait à chaque fois qu’il entendait une quinte de toux provenant de la chambre.
Est-ce qu’il s’en faisait trop ? Jamais assez pour Naoki. Il avait besoin de lui… il n’avait que lui de toute façon. Ici, dans cet appart… Et c’était là qu’il était le mieux. Chez lui. Avec un idiot de Coréen qui comptait s’occuper de lui comme il n’avait certainement jamais pris soin de personne. Oui, sinon il n’aurait pas coupé le feu, tout posé pour retourner vers cette chambre où toutes ses pensées étaient tournées.

Cette fois-ci cependant, Mikio n’avait pas l’intention de seulement écouter en attendant un certain temps réglementaire qu’il avait lui-même inventé. Il voulait voir comment allait Nao. Ca faisait suffisamment longtemps de toute façon, non ? Peu importe. Il devait vérifier sa fièvre, son eau… S’il dormait toujours, il avait envie de s’assurer qu’il le faisait bien. Mais alors qu’il s’apprêtait à ouvrir la porte, une angoisse soudaine agrippa son ventre et il se sentit tout à coup alarmé. Loin de le faire hésiter, ce sentiment poignant le poussa à actionner la poignée plus rapidement et il poussa la porte.
Malgré la pression, il ne se précipita à l’intérieure et passa seulement son visage dans l’ouverture. L’ambiance de la chambre était anormalement pesante. Le film jouait encore. Il y eut un instant où Mikio ne bougea pas, se faisant juste attentif aux sons qu’il pourrait entendre. Ce qui lui parvint n’eut d’abord rien de différent avec la fois précédente. Avant qu’une quinte de toux ne retentisse. Suivi d’une plainte. Cette dernière décida le chanteur à entrer dans la chambre, inquiet. Convaincu que la toux allait ou avait déjà réveillé Naoki, il s’était rapproché du lit, bien que ses pas s’étaient fait discrets. Le garçon se tourna bien dans son lit mais ses yeux étaient toujours clos et son visage souffrant serra le coeur de Mikio. Sans réfléchir, comme par réflexe, il vint s’agenouiller près de lui et passa une main par dessus lui pour fermer sa tablette.
Non, il n’avait pas l’air bien. Mais était-ce uniquement à cause de la fièvre ? Sur ses traits, Mikio crut lire qu’il ne s’agissait là pas seulement de sa gorge qui le faisait souffrir… L’aîné déglutit, hésitant un instant… Est-ce qu’il devait le réveiller ?

S’il n’était pas tout à fait certain que Nao était en train de faire un cauchemar, il n’en douta plus à l’instant où ce gémissement transperça sa poitrine avant que les mains du garçon ne viennent couvrir ses oreilles. « Nao… » Le voir ainsi lui avait fait trop mal pour que cette plainte ne lui échappe pas. Il maudit le songe qui torturait son protégé… Lui non plus, il ne lui avait même pas accordé une heure.
C’est vrai, Mikio n’était pas censé être là maintenant. Ou plutôt, si. Il le devait. Même si Nao voulait qu’il le laisse tranquille, il lui avait promis plus tôt qu’il le réveillerait si jamais….  Et cette promesse, tandis qu’il entendait la respiration difficile de son cadet s’accélérer, il lui semblait plus que nécéssaire qu’il ne la brise pas…

« Naoki… » Il avança une main vers son front dans l’espoir de le réveiller avant qu’une nouvelle crise ne se déclenche. Mais la voix du plus jeune, survenant trop brusquement, fit sursauter Mikio qui ramena précipitamment sa main vers lui. Quoi ? Il n’avait pas très bien compris ce que Nao avait dit. Ca n’avait eut aucun sens pour lui… seulement l’effet d’écraser un peu plus sa pompe à sang. Un court instant, il crut que Nao avait ouvert les yeux mais ils s’étaient de nouveau fermés et ses paupières tremblaient.
Une nouvelle fois, il se fit la réflexion que c’était injuste… Sa main surpassa sa crainte pour permettre à ses doigts de se glisser sur le front atrocement chaud du garçon. Il transpirait mais sur l’instant, Mikio n’aurait su dire si c’était de chaud, d’effort ou de crainte… C’était un supplice à le regarder. Personne n’avait le droit de souffrir comme ça. Et surtout pas Naoki… il ne méritait pas un tel fardeau. Quelqu’il soit, Mikio le trouvait trop lourd, trop cruel… Naoki s’épuisait à toujours fuir et lutter contre des monstres que le Coréen ne voyait pas… Oui, c’était trop épouvantable. Etre aussi impuissant…

Non, il ne l’était pas totalement. Il pouvait le réveiller. Ses doigts se firent plus pressants, à la lisière de ses cheveux, tandis que les traits de Naoki se tiraient, plus souffrants. Il pouvait le tirer des griffes qui le retenait dans ce monde trop sombre….
Alors son autre main vint doucement se saisir de celle qui retenait trop fermement son oreille malgré sa faiblesse. Il la serra d’abord délicatement avant de resserrer son étreinte comme pour lui affirmer sa présence. L’autre main ne se contentait plus seulement à chasser la sueur sur son front mais caressait avec plus de tendresse et d’application ses cheveux.

« Naoki… Hey… Nao, réveille-toi Yeobu… Tu fais un mauvais rêve… »

La voix de Mikio se voulait douce et rassurante mais il n’avait pas parlé trop bas non plus. Il voulait que Naoki l’entende. S’il n’avait pas envie d’être trop brusque, c’était sûrement mieux de le réveiller rapidement. Pour cette raison, sa main étreignit plus fort la sienne en la bougeant un peu quand l’autre sembla gratter son crâne avec plus d’insistance. « Yeobu, tu m’entends ? Tu reviens avec moi ? » … Pas la meilleure façon d’attirer Naoki quand on savait ce qu’il pensait de sa présence près de lui. Mais il était certain qu’il la préférait à ce contre quoi il luttait. Alors Mikio se montra persévérant…
 
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     Dim 28 Mai - 2:09
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EXORDIUM.
Quelque part, sa main avait essayé de chasser sa réalité en se pressant davantage contre son oreille. Dans le cauchemar qui tentait de l'attirer un peu plus à chaque seconde, il avait défait un bouton en essayant de contenir ses tremblements. Il n'avait pas le choix de toute manière. Autant obéir... ça se passait mieux non... quand il était "gentil" ? Autant ne pas discuter et attendre que ce soit terminé sans être une source d'agacement. Peut-être que ça ne servirait à rien mais c'était ce tout ce qu'il savait faire... être obéissant.  « Un autre.... » son sang s'était glacé et ailleurs un Naoki avait gémit pour se plaindre. Et si ce n'était pas réel ? Est-ce qu'il ne pouvait pas prendre le contrôle sur son cauchemar, résister jusqu'à ce qu'il se réveille ?
C'était réel... ça l'avait toujours été... l'hallucination maintenant n'était pas sa chambre à Odaiba.
... et même si ce n'était qu'un cauchemar... il valait mieux faire ce qu'on attendait de lui dans tous les cas. Alors, il avait défait un deuxième bouton et son regard était resté concentré sur sa tâche.

Une sensation étrange sur son front lui avait fait froncer les sourcils un instant et ses yeux s'étaient tournés à nouveau vers la porte, toujours à la recherche de ce qui aurait dû se trouver là mais n'y était pas.
Celui... pas ce... c'était un celui qu'il attendait. Quelqu'un qui avait promis de le réveiller si jamais il faisait un cauchemar. Et cette voix qui avait résonné de manière lointaine, elle ne lui appartenait pas ?
« Michan ? » il n'aurait pas dû, prononcer ce surnom là. Il ne devait pas en parler ici. Paniqué, ses yeux avaient enfin bravé la crainte pour se poser sur le visage de son père mais sur ce dernier il n'y avait rien... comme s'il ne l'avait pas entendu. Si lui n'avait pas compris, il n'avait pas non plus conscience d'avoir gémit cet appel dans une autre chambre.
Mais une sensation plus étrange encore était venue dans ce cauchemar. Il n'avait pas été capable de l'identifier et pourtant, un Naoki endormi avait relâché son oreille pour pouvoir serrer une main en retour.

« ... » où est-ce qu'il était exactement ?
A Narita. Chez lui. Il n'était jamais parti. Il n'en partirait jamais. C'était supposé rester comme ça jusqu'à la fin.
Mais sa main avait tenté de se raccrocher un peu plus et l'incompréhension s'était lue sur ses traits. Ce n'était pas normal. Quelle main aurait-il pu tenir maintenant ? Aucune quand il se trouvait ici... elles étaient toujours sur sa chemise, même si elles n'étaient plus en mouvement.
Tu reviens avec moi ?
Revenir... où ?
Avec Michan... c'était sa main qu'il avait l'impression d'avoir dans la sienne maintenant. ça ne pouvait être que celle de son coréen. C'était la seule qui le retenait toujours de cette manière... la seule à tenter de l'emmener dans un joli rêve qui était moins réel que les cauchemars qu'il faisait dès qu'il fermait les yeux...
« ...j'y arrive pas... » il s'en était plaint dans son sommeil... il ne pourrait pas... et pourtant, un instant, ses yeux avaient bien essayé à nouveau.

« Je n'ai pas que ça à faire Naoki. » agacé, son père avait chassé les mains de son fils pour se charger lui-même de déboutonner cette chemise, découvrant ainsi les marques qu'il avait apposées. La satisfaction était passée dans son regard et son jouet favori avait baissé immédiatement le sien de son côté.
« ...C'est trop tard... » d'un souffle qu'il lui manquait déjà, il avait poussé cette nouvelle plainte pour quelqu'un qui ne pouvait pas être réellement là. Mikio n'y était pour rien. Il était celui qui l'avait chassé de sa chambre, il s'en souvenait ?
Qu'est-ce qui était réel ?
Ce cauchemar. Ce cauchemar l'était. Les marques sur son corps que son père soulignait déjà l'étaient également.
Dans un frisson, il avait tenté de remonter un peu plus la couverture sur lui pour se protéger... oui, c'était trop tard maintenant. Ce cauchemar était parvenu à l'envahir et... et... pourtant, en plus de cette couverture dans laquelle il cherchait peut-être une odeur pour le raccrocher à la réalité, il avait attiré la main de son aîné, l'amenant contre lui pour la serrer sous son menton, sur son cou... la serrant un peu plus malgré ses tremblements. Dans un gémissement, il avait même essayé de l'attirer davantage, laissant son corps glisser avec peine sur le matelas pour se rapprocher du bord et de cette voix qu'il entendait bien quelque part.

Sa toux l'avait dérangé à nouveau, et ses yeux s'étaient ouverts sur un autre visage quelques secondes, mais ils avaient peiné pour s'y accrocher et s'étaient refermés dans une plainte presque inaudible « Tu ne peux pas... être là... » parce que l'apparition de cette si jolie lumière ne pouvait pas être réelle ? Parce que c'était dangereux. Mikio devait s'en aller. Quand il était là dans ses... cauchemars ?
Oui... quand il était là dans ses cauchemars, c'était toujours le pire. Il verrait ses marques, il verrait ce que son père lui faisait, il verrait à quel point il était misérable. Ou... s'il ne croisait pas ce regard qu'il chérissait tant rempli de dégoût et de déception... il arriverait du mal à son coréen et ce serait entièrement de sa faute.
Reviens Naoki.
Il y avait Mikio.
Mikio n'avait rien à faire là.
Ses sourcils s'étaient froncés, il avait toussé à nouveau et malgré l'air qu'il lui manquait sa bouche s'était ouverte pour un prénom qui n'était pas parvenu à sortir.

Cette main dans la sienne...
Cette voix dans sa tête...
... ces mains sur lui...
Non... est-ce qu'il ne pouvait pas se concentrer uniquement sur cette voix ? Est-ce qu'elle ne pouvait pas l'appeler plus fort ?
A nouveau, sa chambre de Narita s'était effacée pour celle d'Odaiba, et puis l'inverse s'était produit... balancé entre deux mondes, il y avait eu cette voix dans sa tête pour lui ordonner ce qu'il n'aurait jamais dû avoir la faiblesse de contredire plus tôt.
Ne ferme pas les yeux.
Il s'étoufferait s'il le faisait. Le souffle lui manquait déjà. Ne sentait-il pas quelque part ses mains commençaient à témoigner des faiblesses habituelles suite à un cauchemar trop sombre... trop réel ?
Tu dois te débrouiller tout seul.
Pourtant, un peu plus, sa main s'était accrochée à celle de son coréen sur lequel son regard avait fini par se poser malgré ses paupières trop lourdes.
Ne sombre plus... reste éveillé...
Est-ce qu'il l'était réellement maintenant ?

« Je peux te voir... » avec difficulté, les mots étaient parvenus à franchir sa bouche. Son souffle déjà pénible démangeait trop douloureusement sa gorgé mais ce n'était pas ce dont il avait choisi de se plaindre... « ... mais... je ne vais pas pouvoir... rester.... » ... avant de se remettre à tousser. Avec une respiration pénible, sa toux lui avait donné l'impression de suffoquer davantage et il avait cherché à enfouir son visage dans son oreiller comme si l'air s'y trouvait... ou une cachette pas si excellente.
Est-ce qu'il avait seulement une idée de ce qu'il racontait ?
Il ne pouvait pas rester... ici... avec lui...
Il ne le pourrait jamais... sa place n'était pas là... ça ne le serait jamais...
... et il n'avait même plus la force de profiter de cette illusion éphémère que Mikio resterait pour lui...
Pourtant, ça faisait mal. ça faisait tellement mal de ne pas pouvoir garder le seul rêve qu'il ferait jamais. C'était terrifiant de savoir qu'aujourd'hui, peut-être d'ici quelques secondes, il allait replonger dans la pénombre. ça l'était davantage d'avoir conscience que plus tard, cette main qu'il n'avait pas relâchée maintenant, elle ne serait même plus à portée de la sienne.


 
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     Dim 28 Mai - 22:52

just a spoonful of sugar
Naomi

Une nouvelle plainte lui déchira le coeur. Mikio n’aurait pas dû laisser Naoki seul. C’est vrai, c’était lui qui avait fini par lui proposer. Il avait bien compris que sa présence n’était pas désiré et même s’il en avait eu mal au coeur, il s’était dit qu’il pouvait bien accorder un peu de répit au garçon. Il avait seulement pensé que, peut-être, s’il s’obstinait à rester et contrariait Naoki, cela affecterait en mal son état… Ou plus sincèrement, il s’était aussi montré faible face au supplice d’une poitrine comprimée par trop de refus. Comme le crétin qu’il était, il n’avait pas voulu se faire plus détester par celui qu’il aimait… Comme l’abruti qu’il était, il avait réitéré la même faute qu’il s’était pourtant interdit. Eviter le conflit et foutre la paix à Naoki parce que c’était plus facile. Parce qu’il avait eu égoïstement peur que l’étudiant le rejette encore, il avait ménagé son coeur en se retirant de lui-même… Penser qu’il pouvait accorder un peu de tranquillité à son protégé avait été une erreur. Il ne le voyait que trop à présent sur ses traits hâves qu’il avait eu tort…
Il ne pouvait pas laisser Naoki seul. Ce n’était pas seulement par risque qu’il fasse une connerie… mais bien parce qu’il y avait ces songes cruels qui le poursuivaient. Mikio devait le protéger de lui-même mais surtout de ses cauchemars. C’était à lui de le faire… Veiller sur lui, le rassurer… et certainement pas l’abandonner.

Se blâmer, il avait tout juste eu le temps de le faire en scrutant un peu ce visage torturé mais la douleur prit vite le pas sur la culpabilité. Ses gestes s’étaient fait désespérément tendres sur ce crâne dans l’espoir d’apaiser un peu cette souffrance trop visible sur ses traits… Il aurait aimé que quelques caresses suffisent à en chasser les mauvais rêves pour offrir à Nao un sommeil plus réparateur. Mikio était peut-être un peu naïf et plein d’espoir, mais il était assez lucide pour se rendre compte qu’au bout du troisième cauchemar d’affilé en si peu de temps, ses doigts n’auraient pas ce pouvoir là. Même avec sa voix en renfort, aussi bienveillante soit-elle. Naoki semblait s’être déjà bien trop fait capturer…

Pourtant, dans les tréfonds de cette obscurité, le garçon sembla l’entendre. Ou le sentir. Quoiqu’il en soit, il émit ce difficile appel qui frappa droit dans le coeur du Coréen. Il se redressa et sa main qui venait de capturer celle de Naoki resserra l’étreinte à laquelle il sembla tout aussi réceptif. « Je suis là, Yeobu… » D’où qu’il se trouvait, Mikio avait réussi à l’atteindre. Même s’il en était encore clairement captif, c’était une bonne chose qu’il ressente sa présence. Il se doutait que la fièvre et l’épuisement ne lui rendaient pas la tache facile et ça lui broyait le coeur… Son corps était à bout. Il ne demandait qu’à dormir mais les cauchemars le lui refusaient. C’était injuste… et la peine agrippait son estomac, conscient qu’il allait devoir également l’en empêcher.

Mais il le devait. Mikio ne pouvait pas le laisser Naoki dans ce cauchemar. Il devait le réveiller, le rassurer… Alors il s’employa à le faire revenir dans leur monde. Leur réalité… Si elle n’était pas parfaite, elle lui semblait plus agréable que ce rêve dans lequel il était prisonnier.
S’il lui demanda doucement… il ne s’attendait pas à recevoir une réponse. Et encore moins celle-ci. Surpris, Mikio marqua une pause dans ses gestes et observa son protégé un instant… avant de secouer la tête et serrer une peu plus sa main et la caressant de son pouce. Son autre main, elle, plongea plus certainement dans ses cheveux, d’un geste assuré et encourageant. « Mais si… Si, tu peux y arriver ! » S’il l’entendait, Mikio avait toutes ses chances de le tirer de son sommeil. Ou son demi-sommeil… A ses yeux qui luttaient pour s’ouvrir, le Coréen comprit qu’il n’avait pas affaire là à un cauchemar ordinaire. De la même manière que le premier, Naoki semblait pris entre deux mondes et c’était à Mikio de le tirer vers le sien… « Naoki, écoute moi… Tu m’entends, pas vrai ? Concentre toi sur ma voix et ouvre les yeux… Je suis là, Nao… près de toi… Je vais te faire sortir de là… » Faire sortir Naoki d’une pièce close lui semblait pourtant plus simple. Plus concret. Plus définitif… Qu’allait-il faire ensuite ? Quand il devrait l’y renvoyer parce que son corps ne pourrait plus assumer une heure de plus sans repos… Il l’en tirerait encore pour mieux le priver de sommeil ?
Il ne devait pas y penser maintenant…Il verrait après…

Là, il devait aider Naoki avant que…
… que ce ne soit « trop tard » ?
Mikio fronça les sourcils et son coeur se comprima un peu plus. Peut-être que c’était effectivement trop tard parce que le chanteur n’avait pas su l’empêcher de faire un cauchemar. C’était trop tard parce qu’il ne se rendait compte que maintenant qu’il n’aurait pas dû le laisser replonger dans ces songes traitres tout seul… Il savait qu’il avait fait une erreur. Il en referait sûrement encore… mais pour l’heure il devait réparer celle-là. Il n’était pas sûr ce que représentait ce trop tard pour Naoki… mais ça ne l’était pas pour le tirer de son cauchemars. Il pouvait encore le réveiller !

« Hé… Nao, non… c’est pas… »

Mais sa voix s’était tue dès l’instant où il avait senti sa main se faire attirer vers l’étudiant. Son rythme cardiaque avait loupé quelques mesures et ses yeux s’étaient arrondis malgré leur forme en amande. Nao le cherchait ? C’était lui qu’il cherchait… C’était à sa main qu’il s’accrochait. Et devant cette vision un peu trop éprouvante pour son coeur, Mikio ne se rendit que plus compte d’à quel point il avait été bête. Evidemment que Nao avait besoin de lui. Evidemment qu’il était celui qu’il cherchait… Parce que ce n’était que lui, non ? Il n’avait pas le droit de douter des mots de Nao. De ses sentiments… de ce lien qui les unissait et qui faisait du Coréen l’homme qui souhaitait le plus protéger ce gosse injustement abîmé. Déglutissant avec peine, les doigts du chanteur s’étirent pour chatouiller la peau de son cou où Naoki l’avait capturé. C’était si chaud… trop chaud. Son bébé… A quel point souffrait-il… ? Combien de temps encore Mikio l’avait-il laissé seul… ?
« Yeobu… » Avec tendresse peut-être trop précautionneuse, le chanteur s’était appliqué à effleurer sa peau sans chercher à lui retirer cette main qu’il tenait si précieusement. Son coeur en battait si fort… Trop fort pour qu’il parvienne à renier entièrement ce sentiment qui n’avait pas sa place dans ceux qui se chamboulaient dans sa tête et sa poitrine. Cette façon dont Nao avait de s’agripper si désespérément à lui… Bien sûr, ça lui écrasait le coeur un peu trop douloureusement… Mais, là, bien tapis dans l’ombre de l’empathie qu’il éprouvait, il y avait ce quelque chose de rassurant… presque plaisant… Ce truc qui le poussait à faire jouer ses doigts avec plus de dextérité dans sa crinière sombre, et mieux resserrer ceux qui l’emprisonnaient avec cette faible force. Ce même sentiment qui emballait plus fort son coeur, aussi paradoxalement qu’il était blessé par cette vision, tandis que Naoki s’efforçait de se rapprocher péniblement du bord… près de lui…
Il a besoin de moi… Il aura toujours besoin de moi…

Il était fou. Terriblement atteint. Il se trouvait tordu au possible… Comment pouvait-il désirer une telle chose ? Oui, il voulait être celui qui le protégerait toujours. Oui, il convoitait cette place dans le coeur de Naoki comme il n’avait jamais rien convoité avant. Oui, il aimait Naoki comme un fou que la folie elle-même aurait renié…
Mais ces sentiments là… il ne devait pas les ressentir quand Nao souffrait autant. Il ne pouvait éprouver un soulagement en constatant que Nao avait bel et bien besoin de lui et peu importe quel mensonges sa bouche avait prononcé. Il devait être là pour lui si Nao avait effectivement besoin de lui… Mais il ne devait certainement pas souhaiter que Nao ait toujours besoin de lui !
Qu’est-ce qu’il lui passait par la tête… ? La douche, finalement, ça lui aurait pas fait de mal. Est-ce qu’il avait de la fièvre lui aussi ? Non. Il allait bien. Il était juste malade. Malade de Naoki.

La toux qui secoua le corps du plus jeune le tira en même temps de cette introspection mal placée. Le ramenant bien à la réalité, son regard se rencontra mieux sur son protégé et il ravala la douleur que lui causait ses battements qui cognaient au même rythme de sa quinte. Il ne savait pas vraiment si main libre s’était arrêtée ou avait simplement ralenti ses gestes mais il s’évertua à les faire redoubler de vigueur, entortillant quelques fois ses doigts dans ses cheveux.
Le chanteur s’étonna de croiser le regard de l’étudiant. Malheureusement un trop court instant avant qu’il ne ressombre. « Nao.. hé… » tenta-t-il vainement d’appeler, craignant un peu trop qu’il ne perde connaissance. Mais alors, la voix du malade parvint à se frayer péniblement un chemin vers les oreilles du Coréen…
Ses sourcils se froncèrent. Bien sûr, Naoki rêvait. Il délirait. Mikio ignorait ce qu’il voyait ou ce que ses songes lui faisaient croire… Plus fort, son estomac se tordit en repensant à cette horrible hallucination où Naoki avait cru Mikio… mh… plus que mal. Pensait-il encore une fois qu’il n’était plus de ce monde ? A cette idée, l’aîné secoua vivement la tête, la rejetant brusquement sans même savoir si c’était ce que Naoki voulait dire. Ses mains cherchèrent à se faire plus pressantes tandis qu’il déclara avec sûrement trop d’insistance : « Je suis là, Naoki. » Il était là. Il serait toujours là… Il voulait même l’être lorsqu’il ne pouvait pas. Mikio le lui avait promis… Jamais il ne le quitterait, jamais il ne l’abandonnerait…
… Il l’avait sûrement un peu trop fait aujourd’hui et il le regrettait très sincèrement.
« Je suis là, » répéta-t-il plus doucement mais pas avec moins de conviction. « Je te le promets Yeobu… C’est un mauvais rêve que tu fais… Moi je suis réel.. » Et pour lui prouver, sa main serra la sienne un peu plus fort tandis que l’autre balaya plus tendrement son front. Elle ne s’arrêta qu’une courte seconde à cette nouvelle quinte de toux avant de passer de sa tête à son épaule qu’il pressa comme si ça pouvait aider à faire passer la toux… « Sssht… » lui intima-t-il doucement en remarquant qu’il s’efforçait de parler alors qu’il n’avait pas le souffle pour le faire.

Le voir se débattre à ce point était une torture. Mikio n’avait aucune idée de comment le soulager. Il avait seulement envie de le prendre dans ses bras et lui dispenser des caresses et des mots qu’il  voulait croire assez sincères pour le calmer miraculeusement. Mais tout ce qu’il pouvait faire c’était continuer des gestes qui semblaient trop peu efficaces tout en continuant de tenir fermement cette main tremblante pour lui permettre de ne pas sombrer…
Et lorsque ses paupières semblèrent tenir plus de 3 secondes ouvertes, Mikio essaya au moins tout autant d’agripper son regard brumeux. « Hey… Oui, c’est ça… Regarde moi Nao, je suis là, tu vois ? » Sa main libre était remonté avec douceur sur sa joue qu’il avait effleuré. Son pouce souligna tendrement sa pommette et il osa un sourire. Pâle, trahissant largement son inquiétude, rivalisant tout autant avec ce regard affolé qui reflétait la souffrance de son cadet… Pourtant, le Coréen s’efforça de garder le visage le plus avenant et chaleureux possible… au Diable la crédibilité. « Je sais que c’est dur, je sais que t’es fatigué… mais faut que tu gardes les yeux ouverts… faut que tu te réveilles bébé… »
Est-ce qu’il s’était entendu ? Non. Encore une fois, ce mot semblait sortir un peu trop seul, sans demander son avis, lorsqu’il devait s’occuper de Naoki…

En revanche, il entendit plus que bien cette déclaration encourageante de Nao. Son sourire s’étira même sans qu’il le force, voulant croire qu’il était sur la bonne voie. « C’est bien, Nao… » amorça-t-il presque enthousiaste, cherchant à mêler un peu mieux leurs doigts coincés dans son cou pour le récompenser de ses efforts qu’il voulait croire prometteurs… avant qu’une phrase moins exaltante ne coupe ce stupide espoir un peu trop vif chez le Coréen.
Quoi ?

« Oh non… non… reste avec moi, Naoki… »

Qu’il reste ici, conscient, dans cette chambre… Il ne devait pas replonger dans ses mauvais songes. La peur avait affolé le coeur de Mikio et ses mots avaient ainsi sonné trop suppliant. « Hey… hey, Nao… écoute moi… non… » Mais il n’avait pas su empêcher le garçon de trouver un oreiller visiblement plus attirant que lui. Il se mordit la lèvre et retint une plainte désespéré à cette nouvelle toux qui menaçait d’étouffer Naoki… s’il ne laissait pas ce coussin s’en charger.

Secouant la tête pour se secouer lui-même, Mikio se redressa. Sans chercher à retirer la main qui ne lui appartenait de toute façon plus, il priva Naoki seulement de la seconde pour s’appuyer sur le matelas le temps qu’il vienne s’y asseoir. Il la reposa néanmoins très vite sur son épaule et chercha à dégager son visage de l’oreiller… « Naoki… Naoki, redresse toi… » Ca ne servait à rien, Nao n’en avait sûrement pas la force. Au fond, il n’avait pas vraiment essayer d’attendre une réaction pour passer son bras autour de lui et s’en charger seul. Mikio y mit cependant une précaution toute particulière tandis qu’il souleva Naoki pour le ramener contre lui. Sa main glissa dans son dos puisque jusque dans sa nuque où il amena la tête de son protéger contre son cou…L’autre main, elle, n’avait jamais quitté celle de Nao.
Dans un soupire, Mikio resserra son étreinte et ponctua la fin de l’opération par un baiser au sommet de son crâne. Si dans son affolement, la réflexion avait eu une place, il aurait pu prétendre qu’il avait lancé l’opération Sleeping Beauty. Cas de force majeur dans une situation de désespoir totale… Mais il l’avait bien trop naturellement pour se souvenir que ce geste ne serait possiblement toujours pas toléré.

« C’est mieux là non… ? Respire Yeobu… Doucement… » Ses doigts glissèrent sur sa nuque, chatouillant très doucement la base de ses cheveux. « Tu vas te réveiller Naoki, et ça ira mieux…Parce que tu seras dans mes bras… et que je vais te protéger… Il n’y aura plus que toi, moi et Umberto… Ca va aller, Yeobu… Ca va aller…. » Il s’efforça de ne pas trop le bercer, se souvenant que le but était bien de le réveiller. Son coeur, en tout cas, fut plus honnête en l’obligeant à souffler ses mots suppliants : « Reviens moi, Nao… S’il te plait… Reviens moi… » Si Nao avait besoin de lui… Mikio avait toujours plus besoin de Nao.  
 
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     Lun 29 Mai - 3:19
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EXORDIUM.
C'était bien la main de Mikio qu'il retenait dans la sienne. ça ne pouvait être qu'elle qu'il sentait à présent. Est-ce que c'était son imagination qui tentait de l'aider à tenir ? Ou est-ce que Mikio était vraiment là, quelque part... ? Il voulait l'atteindre. Il n'était pas supposé le faire, mais il voulait être capable de revenir vers lui. Quitter ce monde si sombre pour retrouver sa lumière, s'y accrocher et sentir son coeur se réchauffer un peu. Il voulait le sentir battre à nouveau de ces battements que Mikio avait le pouvoir de provoquer. Égoïstement, le Naoki qui avait peur de sombrer une nouvelle fois dans l'obscurité souhaitait pouvoir retrouver sa lumière et la garder pour éclairer ses cauchemars au point de les faire disparaître.
Je suis là...
C'était pour de vrai ?
Serrant un peu plus cette main dans la sienne, il avait essayé de forcer son regard à rester dans son monde. C'était là qu'il voulait se perdre... il voulait avoir la force de s'oublier dans les yeux de Mikio. Sans vraiment le chercher, ses lèvres s'étaient perdues dans un souffle sur la main de son coréen. Sa respiration avait chatouillé cette peau en essayant de se reprendre et son coeur s'était serré dans la conscience de ne pas se sentir capable de rester.

Pourtant, il le voulait si fort.
Rester avec lui. Pour toujours. Il aurait tellement aimé ça, être capable d'oublier les "je dois, je ne dois pas". Ne plus savoir pourquoi à la base il n'avait pas le droit et simplement se laisser aller dans ses bras. C'était peut-être ce que sa bouche aurait lâché si elle en avait été capable : Prends moi dans tes bras Michan... emmène moi très loin d'ici... dans les étoiles...
Faiblement, sa tête s'était hochée pour accorder étrangement ce qu'il niait depuis des heures. Oui c'était difficile, oui il était fatigué... il allait se rendormir et tout deviendrait noir à nouveau. Il ne devait pas emmener son Michan dans son univers... sa lumière s'y abîmerait et c'était la chose qui l'effrayait le plus à présent... être le responsable de la douleur de son coréen.
Pour cette raison, il aurait dû relâcher sa main, se rappeler qu'il était supposé se débrouiller. Mais un mot plus que les autres l'avait perturbé et tout ce qu'il avait été capable de faire c'était de le répéter dans un souffle  « ... bébé... » et puis son corps avait cherché davantage à glisser vers cette voix....
Oui... "bébé"... il se souvenait non ?
Il aimait ça. Il s'était perdu au point de le penser. La première fois, comme maintenant, il avait aimé ce surnom dans la bouche de son coréen.

Son coeur aussi avait aimé ça.
Est-ce qu'il ne pouvait pas se concentrer que sur ça maintenant ? Ne plus penser qu'à ces deux syllabes et permettre à ses lèvres de s'étirer dans un sourire plus marqué plutôt que cette esquisse faible qui s'était rapidement vue remplacer par le doute, par la souffrance.
Il sombrerait à nouveau. Et pour cacher cette douleur qui l'envahirait doucement pour le pousser à retrouver l'obscurité à laquelle il appartenait, son visage avait cherché un oreiller pour laisser parler par la même occasion une autre souffrance avec cette toux qu'il n'était pas capable de contrôler, autant que son souffle.
Lui, il ne savait pas respirer.
Son coeur ne savait pas battre.
Il ne savait pas vivre tout simplement.
Il avait appris des choses avec Mikio mais il n'était qu'un amateur dans le domaine quand il était un professionnel pour faire semblant. Mais maintenant, sa petite comédie ne tenait plus, il n'avait pas la force de la jouer. Il ne pouvait pas être cet italien stupide mais un peu cool qui lui adresserait un sourire en ayant la certitude qu'il soit réussi. Il n'était même pas assez conscient à présent pour prétendre qu'il resterait avec lui.

Il allait partir. Et ses yeux qui s'étaient fermés lui avaient laissé voir cette scène de laquelle il aurait aimé s'échapper. Alors, malgré lui, malgré cette toux et cette respiration, il avait lâché des mots qu'il aurait pourtant dû taire « ... Je vais me lever... » une bien faible promesse qui n'avait rien à voir avec la scène à laquelle son coréen tentait de le raccrocher. Peut-être qu'il en avait pris conscience en sentant Mikio se rapprocher. Ou peut-être l'avait-il fait quand c'était son corps qui avait été rapproché du sien.
Il s'était senti quitter légèrement le matelas, et puis cette odeur apaisante avait tenté de le ramener plus certainement. Sa main libre s'était levée pour se poser contre sa bouche et étouffer une toux qui revenait à la charge. Mais son nez n'avait pas cherché à se décoller. Au contraire, dans une plainte, il avait essayé d'aider à ce rapprochement. Ils n'étaient jamais trop proches... ce n'était jamais suffisant et il avait tenté de sentir un peu plus de cette chaleur dans un frisson qui réclamait de l'aide malgré ses résolutions précédentes.

La voix de Mikio, c'était bien la voix de Mikio.
Il ne rêvait pas. Il ne l'hallucinait pas non plus. Ce n'était vraiment pas son imagination qui cherchait à le réconforter un peu... n'est-ce pas ? Sa voix, si ça lui avait été permis, elle lui aurait bien demandé si tout était vraiment réel. Ses sourcils s'étaient froncés, il avait gémit et puis sa main s'était retenue un peu mieux à la sienne tandis que son nez se frottait avec faiblesse contre une peau où il cherchait des traces d'une odeur qu'il n'avait pas assez bien senti dans son sommeil.
Et puis il y avait eu ce baiser et il avait définitivement renoncé.
C'était bien son Michan....
Il pouvait le répéter encore une bonne dizaine de fois mais le doute ne pourrait plus venir le traquer quand ces lèvres là se déposaient sur sa peau. Il avait toussé, il avait cherché à respirer, mais cette nouvelle plainte « ... Je me sens partir... » n'avait pas empêché de rendre ses résolutions précédentes illogiques aux oreilles de Mikio « ... Mais je veux rester ici... »  oui ici... il avait peut-être du mal à s'exprimer autant qu'à respirer mais il l'avait lâché avant de chercher à se presser un peu plus contre cette chaleur tant recherchée dans son obscurité.
Tu ne dois pas...
Oui, c'est vrai... mais dans le désespoir, dans la crainte, sa raison s'était affaiblie. Pourtant, il avait relâché la main qu'il gardait dans la sienne jusque là...
Ce n'était pas la raison ça. Non. Autrement, elle n'aurait pas fait son chemin jusqu'à cette hanche pour venir s'y presser dans une demande silencieuse d'être serré plus fort.

Il avait écouté sa voix. Ses caresses. Sa respiration. Et s'il ne pouvait pas entendre les battements de son coeur, il avait essayé d'en trouver néanmoins le rythme dans ses pensées.
Il ne dormait plus non ? Mikio n'était pas un Mikio qui souffrirait dans l'un de ses cauchemars ? Ce baiser avait eu l'air tellement vrai... son coeur le lui promettait...
Mais alors... il n'avait rien à faire dans ces bras.
Il était resté. Il n'avait pas cherché à s'en échapper. Il aurait peut-être dû pour s'éviter d'être bercé et de sombrer plus tard.
Mais maintenant, s'il se raccrochait assez à lui, il n'y retournerait pas. Avec crainte, il l'avait souhaité tandis que sa main s'était pressée à nouveau davantage contre la hanche de son aîné dans un soupir plaintif.

Respire.
Oui. Avec Mikio, il savait mieux le faire. En fait, il n'y avait qu'avec lui qu'il en était capable. Et quand il se priverait de lui parce qu'il n'aurait pas d'autre choix, son souffle se ferait de plus en plus rare pour ne plus exister. C'était étrange... souhaiter le perdre définitivement dans ces bras là quand il avait l'impression qu'il n'y avait qu'à cet endroit précis qu'il savait respirer.
Respirant cette odeur, laissant Mikio le calmer sans véritablement reprendre conscience des résolutions ou de la réalité de les braver à présent, il s'était laissé calmer. Sa main qui n'avait plus eu besoin de taire sa toux était venue se serrer sur un t-shirt. Doucement, il avait essayé de réapprendre à respirer avec plus de "facilité" que les dernières fois. Son coréen l'avait trouvé à temps... même s'il craignait encore de fermer les yeux pour retrouver la suite de son cauchemar.
...
Il ne le laisserait pas s'endormir. Mikio ne le laisserait pas s'endormir. N'est-ce pas ? Il pouvait avoir confiance....
Non, il ne le réalisait probablement pas... à quel point cette pensée allait contre toutes ses résolutions de se débrouiller seul, de ne pas être une charge pour Mikio... de ne pas se reposer sur lui. Pas plus qu'il ne réalisait que cette confiance qu'il n'accordait jamais à personne, le coréen en avait obtenu une partie.

Fiévreux, tremblant, il avait reposé sa joue contre une épaule quand son regard était resté perdu sur un cou, à moitié endormi. Il était resté là, sans se décoller, malgré la respiration qu'il finissait par retrouver. A plusieurs reprises, ses paupières s'étaient closes pour se rouvrir, luttant toujours pour un cauchemar dans lequel son coeur n'avait pas la force de replonger. Non, lui, il voulait rester dans ces bras... respirer cette odeur apaisante... et écouter cette voix aux mêmes pouvoirs.
« ... T'es si beau... toi... » des mots bien étranges à prononcer d'une voix faible. Il ne le voyait même pas à présent. Son regard n'avait toujours pas bravé la honte pour se relever vers un visage qu'il affectionnait pourtant tellement « ... comment tu fais... » ses sourcils s'étaient froncés avant de chercher l'inexplicable dans son monde « ... pour briller autant... ? ». Il déraillait et il avait continué à le faire dans des mots interdits « ... Toi tu brilles... moi j'assombris... », sa main avait fini par se desserrer de la hanche à laquelle elle se retenait pour y glisser doucement « ... c'est mieux... si t'attends que je sois un peu plus l'autre... l'italien... pour me regarder... » et puis, son front était venu à la rencontre de son cou pour y cacher son visage, s'y frottant un instant dans une caresse qu'il n'avait pas été capable de retenir « ... mais je ne sais pas trop... combien de temps ça va prendre... » ... il aurait aimé pouvoir tout effacer... revenir à un moment où Mikio serrait dans ses bras quelqu'un qui le méritait davantage « ... normalement... je me débrouille bien... à ce jeu-là... »

Oui... il était bon pour faire semblant. Si Mikio n'avait pas eu de leçons à prendre pour briller, il avait passé de son côté toute son enfance à faire semblant de mentir. Mikio n'avait pas besoin de tricher lui... son sourire était le plus parfait de tous.



 
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     Jeu 1 Juin - 1:06

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Naomi

Hum ? Quoi ? Qu’est-ce qu’il venait de dire ?
Bébé…
Le coeur du Coréen loupa une demi-mesure. Il avait bien entendu ? Oui, il ne pouvait pas se tromper parce qu’il était bien trop attentif au moindre geste, au moindre souffle de son protégé. Définitivement plus qu’à ses propres propos. Naoki venait de souffler ce mot qu’il s’était interdit plus tôt quand il le pensait bien trop souvent lorsque ses yeux se posaient sur lui. Un court instant, le Coréen avait été pris par ce sentiment étrange et troublant tandis qu’il se remémorait la réaction de Naoki un peu plus tôt. Il avait eu ces mots tout aussi étranges alors que le chanteur n’était même pas certain qu’il l’avait entendu. Sûrement. Dugum dugum… Son coeur avait résonné de cette même façon si particulière… cette unique façon que Naoki savait si bien déclencher, consciemment ou non. S’il l’avait entendu, il n’avait pas la certitude que ce gosse l’avait réellement saisi. Ou peut-être que Mikio, dans sa connerie, avait juste espéré trop fort que Nao pense à un délire…
Est-ce qu’il délirait encore ?
Bébé…
Est-ce que ça venait de lui revenir en tête ?
Est-ce qu’il appelait le chien ? Umberto n’avait pas bougé. Ce souffle par lequel le mot s’était échappé, c’était si différent… Et puis, il y avait eu ce sourire. Cette faible esquisse qui semblait s’être égarée sur les traits toujours souffrants de Nao. Et Mikio les caressa davantage dès l’instant où elle disparu…
Le doute habitait sa tête sans qu’une seconde il ne se dise que son protégé n’avait finalement fait que répéter un mot bien étrange provenant de la bouche du Coréen. Le problème ne venait que de lui. Ne voulait-il vraiment pas croire qu’il l’avait encore dit ? C’est qu’il le pensait si fort tellement de fois… Admettre qu’il avait encore échoué à le retenir, c’était dur … mais c’était encore plus affligeant si aujourd’hui, il ne se rendait même plus compte de son forfait…

Cependant, malgré les réelles difficultés éprouvées, Naoki semblait peu à peu revenir à lui. Bien sûr, Mikio le sentait toujours faible et la lutte n’était pas terminée… mais il sentait que sa conscience s’accrochait de toutes ses maigres forces à la réalité dans laquelle le chanteur essayait de le retenir… Il faisait de son mieux pour se montrer encourageant. Nao allait y arriver, Mikio l'aiderait à tenir... Il le devait.
Mais de nouveau, l'étudiant fut rattrapé par sa fatigue écrasante. L'aîné, tristement, ne pouvait pas remettre en cause son épuisement tant même sa force de volonté qui lui avait semblé jusqu'alors inébranlable, en avait pris un coup. Si elle avait posé de réels problèmes au Coréen un peu plus tôt, la voir s'éteindre lui brisa le coeur et de désespoir, ses mains s'affairèrent un peu plus sur le malade pour tenter de le maintenir éveillé...
Il ne sut pas alors ce qui ralluma cette étincelle de déraison qui franchit avec peine les lèvres de Naoki. Déraison ou grand optimisme face à son état, il ne savait pas mais il vit bien en revanche que le garçon, lui, avait essayé de se lever. En vain... Son corps ne suivit pas sa bouche. A l'intérieur de sa poitrine, le coeur du chanteur poussa une longue plainte... C'était si pénible de le voir se débattre. Si injuste de l'obliger à rester éveillé quand son corps entier criait qu'il n'y arrivait plus, qu'il avait besoin de repos... Mikio n'avait pas besoin d'être à sa place pour s'en rendre compte. Il le voyait bien. Trop bien...
Comment Naoki avait fait pour tenir tous ces mois ? Comment seulement arrivait-il encore à ouvrir les yeux maintenant ?
Malgré sa faiblesse évidente et en dehors des mauvaises décisions qu'elle défendait... on ne pouvait en vérité se montrer qu'admiratif de la force intérieur qui habitait Naoki.

Mais là où il n'avait pas tort c'est qu'il devait se lever. Se redresser au moins et ne pas s'étouffer dans cet oreiller. Alors Mikio le prit contre lui, doucement. Ils en avaient sûrement besoin tous les deux... malgré les mots prononcés plus tôt... il y avait cette main qui ne l'avait pas lâché qui lui prouvait le contraire. Et jusqu'à maintenant, il n'avait jamais su calmer Naoki autrement que dans ses bras...
La toux en revanche, il gérait moins. Et lorsqu'une nouvelle quinte assaillit Naoki, le coeur de Mikio se serra et de nouveau cette atroce sensation d'impuissance le gagna tandis qu'il tapota misérablement son dos de ses doigts dans un geste totalement inutile. Il le savait, ça ne servait à rien et il ne tapait même pas assez fort pour que Nao le sente véritablement mais il n'y pouvait rien... c'était très probablement un geste qui se voulait rassurant avant d'être vraiment utile. Enfin... plus rassurant pour le chanteur avant tout. Sans doute.
Et lorsque la toux se calma, l'idiot qu'était Mikio avait tenu à souligner que son cadet n'avait pas cherché à se dégager. Oui, terriblement idiot. Nao n'en avait sûrement pas la force... néanmoins, il ne pouvait s'empêcher de se sentir soulagé. L'attitude du garçon était loin d'être réticente... au contraire, lui sembla-t-il... Nao avait l'air de chercher la proximité.
Peut-être parce qu'il avait juste froid.
Peut-être parce qu'il avait juste peur.
Mais il y avait ce souffle dans son cou, ce nez sur sa peau qui semblait le chercher... lui. Et le coeur du chanteur s'était encore bêtement emballé suite à un frisson que le garçon provoqua... « Je suis là... Je suis là… » Ses mots rassurants venaient seuls tandis que sa main libre s'était employée à mieux le serrer près de lui pour aider Naoki à mieux se rendre compte de sa présence. S'il avait besoin de lui... Mikio était là. Il le protègerait... Il l'aiderait à aller mieux..

Oui, même s'il n'était pas certain que tous ses gestes soient réellement tolérés. Comme ce baiser qu'il n'avait réussi à retenir. Si tant est qu'il ait essayé... Mais il avait immédiatement chassé l'appréhension d'un possible affront. Dès que ses lèvres terminèrent leur bêtise, la réaction de Naoki fut aussi étonnante que troublante. C'était comme si, tout à coup, Nao avait lâché prise. Comme s'il avait arrêté de lutter... si bien qu'un instant, Mikio craignit qu'il ne se soit rendormi. Le chanteur avait marqué une courte pause, mais sans osé le décoller il avait penché la tête sur le côté dans un « Nao... ? » hésitant.
Et puis une plainte suivant sa toux répondit aux questionnement de l'aîné avant qu'il ne s’applique à l'enlacer un peu mieux. Non, il n'avait pas tout à fait calmer Naoki. Le combat n'était pas fini... et la fatigue était leur plus grand ennemi.
« Ca va aller Nao… » Je te tiens... mais il ne put pas aller jusqu'au bout car la voix lointaine du plus jeune le devança et formula ce souhait... Dans sa poitrine, quelques mesures sautèrent...
Nao voulait rester ici... dans ses bras... Nao voulait....
« Yeobu…. » Reprends toi Mikio. Il s'était fait violence pour ne pas se montrer trop confus et en dépit de son rythme cardiaque plus énervé, le souffle du chanteur se perdit sur le front de son protégé et son bras l'enserra un peu plus : « Tu restes avec moi... Je ne te lâche pas, je te le promets… »
Il le savait, pas vrai ? Que le serrer plus fort ne lui permettait pas vraiment de le retenir dans la réalité... Pourtant, il l'avait fait. Il avait aidé Naoki à trouver un peu mieux cette présence qu'il semblait tant chercher... la sienne...

Seulement, sa précieuse main lui échappa. Ou plutôt, celle-ci décida d'abandonner la sienne et l'espace d'une seconde le coeur de Mikio se serra. Est-ce qu'il s'était trompé ? Heureusement, il n'eut pas le temps de se poser trop de question que la main de Naoki trouva le chemin jusqu'à sa hanche... Un endroit plus familier avec ce genre de demande silencieuse que ses doigts exercèrent. Alors il ne s'était pas fait prier pour récupérer sa main désormais libre et la glisser elle aussi dans le dos de l'étudiant pour exaucer un souhait qu'ils partageaient finalement tous les deux...

Et peu à peu, le calme sembla revenir. Il n'avait pas eu besoin de se forcer pour ne jamais cesser de le caresser doucement. Il avait essayé de ne pas trop bouger comme il l’aurait naturellement fait avec l’intention de le bercer… Là, il ne devait pas. C’était un peu aller contre tout ce qu’il avait essayer de faire depuis le début de cette journée, mais il fallait maintenir Naoki éveiller. Au moins un peu. Jusqu’à ce que ce cauchemar ait entièrement disparu… il l’espérait, il le souhaitait….
Alors ses mots aussi, il les avait laissé l'envelopper dans le but de le rassurer. Il avait continué à lui en souffler pour qu’il n’ait jamais le temps d’oublier le son de sa voix et qu’il persiste à se concentrer dessus. « Tu vois… tu ne crains plus rien… Je suis là, je ne te quitte pas… » C’était des mots qu’il voulait vrais. Des promesses qu'il s'assurerait de tenir. Des engagements qu'il tiendrait auprès de lui-même. A commencer par ne plus laisser Naoki seul... Non, il ne devait plus faire d'aussi grosses erreurs… « Je ne m’éloigne plus de toi… » et tant pis si ça ne lui plaisait pas. Naoki pouvait difficilement continuer à lui mentir après ça… Cette main cramponnée à sa hanche, elle était bien plus honnête. Cette main là, Mikio avait beaucoup plus envie de la croire que sa bouche…

Le souffle qui chatouillait son cou se fit doucement plus régulier. Il paraissait moins douloureux désormais. Si la toux voulait bien l’épargnait un peu, la souffrance qui chaque fois ébranlait sa respiration, sembla peu à peu disparaitre. « Ca va mieux maintenant… » Trouva-t-il bon de constater dans un murmure réconfortant tandis que quelques doigts étaient venus caresser ses cheveux avec tendresse. Bien sûr, Mikio n’avait pas guéri Naoki. Il n’avait fait que calmer un cauchemar… sa seconde main le lui rappela tandis qu’elle vint avec la même douceur effleurer un peu sa joue encore trop chaude. La fièvre ne devait pas aider le garçon à garder les idées claires, Mikio en était conscient, et contre elle, il savait qu’une simple étreinte ne serait pas suffisante. Cependant, le chanteur s’était senti lui aussi apaisé à l’instar de son protégé. Ce dernier dans ses bras, plus calme désormais, berçait inconsciemment son aîné de son souffle devenu presque régulier. Sur sa peau, contre lui… Sa chaleur, son poids… cette proximité… Mikio s’en rendait un peu plus compte à chaque nouvelle inspiration. S’il devait s’éloigner encore de Naoki, il en souffrirait trop. Il voulait s’occuper de lui. C’était tout ce qu’il demandait… qu’on lui laisse remplir son rôle. Celui pour lequel son coeur était fait.
Aimer Naoki et prendre soin de lui.

Il n’était pas certain que le calme installé dans la chambre soit une bonne chose. Habituellement, il l’aurait savouré autant que leur proximité et aurait poussé le vice jusqu’à les bercer tous les deux… mais puisque le sommeil était proscrit, il s’était demandé s’il ne devrait pas continuer de parler. Oui, il avait ouvert la bouche dans ce but seulement il ne s’attendait pas à se faire devancer par le plus jeune…
…. et surtout pas avec ses mots.
Dugum.
Est-ce qu’il venait de dire qu’il était beau ?
Dugum Dugum…
Nao devait encore délirer. Oui, il délirait et ses joues n’avaient aucune raison valables de s’empourprer. « Na..- » Sa voix s’était perdue quelque part où on ne la retrouva plus. Plus pour la suite en tout cas et il laissa des paroles bien inattendues le frapper droit contre la poitrine en dépit de leur sonorité lointaine… Pourtant, à aucun moment, Mikio n’essaya de le faire taire pour le préserver.

Parce que s’il n’était aussi certain que Naoki de briller,  les mots suivants résonnèrent contre son coeur dans une troublante tristesse. Naoki… sombre… non. Il ne l’était pas. Pas aux yeux du Coréen. C’était même bien le contraire… N’était-ce pas lui qui avait apporté les couleurs qu’il chérissait tant à sa vie ? D’un autre côté, le chanteur était aussi conscient qu’il y avait cet océan obscure de choses qu’il ignoraient sur lui. Il y avait toute cette souffrance, trop pour être contenu dans un seul coeur, si précieux, si fragile… Nao n’était sombre aux yeux du Coréen que parce qu’il ne le connaissait pas entièrement… mais il en savait assez pour savoir que les mots du garçon n’étaient pas tous justes. Il se montrait dur avec lui… injuste avec le Coréen pour lui demander si ouvertement d’attendre un mensonge. Oui, c’était injuste de lui demander de chérir un faux sourire. Injuste de lui demander d’attendre un visage faussement joyeux. Injuste de lui demander de croire à un tout aussi faux bonheur… L’Italien, Mikio l’aimait. Le menteur, en revanche, il en souffrait…
Son coeur avait battu une mesure de trop à cette nouvelle recherche de tendresse qui ne collait pas avec les mots du malade. Au fond, Mikio le savait. C’était aussi de sa faute. C’était à lui de ne pas jouer les aveugles quand il savait que Nao avait besoin de lui. A lui de ne pas rentrer dans ce jeux…
Et justement, ses sourcils s’étaient froncés à l’évocation d’un jeu qu’il savait ne pas pouvoir plus cautionner. Sa poitrine s’étaient écrasée. Combien de fois avait-il jouer la comédie ? A qui ? Qui l’avait cru ? Pourquoi ? Pour quelles raisons surtout ! Qui le forçait à se faire autant de mal ? Pourquoi ne pouvait-il pas juste accepter cette faiblesse temporaire… il en guérirait de la grippe. Moins s’il ne se ménageait pas. Pire même, s’il continuait à forcer son corps…

Cependant, aucun mot n’avait franchi la bouche du Coréen durant tout ce temps. Ses mains s’étaient même figées dans le dos de Naoki sans pour autant desserrer leur étreinte. Il avait marqué une pause. Une seconde peut-être deux… avant qu’il ne se décide à venir chercher le visage de Nao, lentement. Avec précaution, il l’avait délogé de son épaule pour le relever… juste assez pour permettre à ses lèvres d’être à la bonne hauteur et appliquer un baiser sur son front. Il avait été plus long que le précédent. Peut-être plus doux aussi. Il n’avait toujours rien prononcé quand sa bouche s’était décollée… pour se reposer un peu plus bas, sur l’arrête de son nez. Celui-ci fut plus bref mais cette fois, un souffle l’accompagna :

« Je t’aime. »

C’était drôle tout de même… comment trois mots, même s’ils venaient de lui, pouvaient frapper aussi fort contre sa poitrine. Les yeux mi-clos, Mikio ne s’était pas éloigné tout de suite. Il n’avait même pas ajouté autre chose. C’était pourtant une étrange réponse aux paroles de Naoki… mais c’était la sienne.
Il l’aimait. Lui. Pas l’Italien. Ou plutôt si, mais pas que. Il n’aimait pas seulement ce Naoki que Naoki voulait lui montrer, et uniquement cette part de lui. Parce que Naoki, ce n’était pas que le rital. C’était aussi aussi celui qui le caressait avec tendresse la nuit. Celui qui le regardait avec cette lueur unique dans les yeux. Mais c’était aussi ce gamin qui pleurait dans ses bras. Celui qui était malade. Celui qui était seul. Celui qui n’était pas le parfait Italien qu’il voulait bien faire croire. Il souffrait. Il était abîmé. Il mentait. Il cachait ses faiblesses et pourtant il en avait. Il était tout simplement humain. Il était Naoki. Le vrai, celui que Mikio aimait. Tout entier.
Alors, reculant à peine son visage tandis qu’une main s’employa à caresser doucement sa joue, il souffla enfin ces mots :

« Tu n’as pas à te forcer avec moi, Naoki. C’est normal d’avoir des faiblesses… Tout le monde en a et tu es malade. Personne ne te blâmera parce que tu te sens mal aujourd’hui. Tu as le droit de te reposer aussi… » Il pouvait se reposer sur lui… Il était là pour ça. Sa seconde main vint caresser son front comme précédemment, à la lisière de ses cheveux. « Et tu ne dois pas oublier que je serais là. Peu importe quelles faiblesses tu me montres, peu importe à quel point tu te sens sombrer… Je serais toujours là pour te rattraper et tenir ta main… Parce que je t’aime. Je t’aime pour ce que tu es… tout entier. Pas seulement l’Italien… Pas seulement quand tu vas bien… Je t’aime toi et de façon inconditionnelle… » trop inconditionnelle … « Tu brilles au moins autant pour moi… C’est juste que tu ne te vois pas à travers mes yeux… » Et c’était peut-être mieux comme ça au fond, non ? Parce que s’il savait à quel point Mikio était fou de lui… n’aurait-il pas juste envie de le fuir… ? Ce fou là au coeur détraqué par un amour terriblement déraisonnable.
 
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     Ven 2 Juin - 21:29
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EXORDIUM.
S'ils avaient eu la force de quitter sa peau, ses doigts seraient venus effleurer son front à la recherche des traces d'un baiser. Mais ils n'avaient pas bougé. Lui n'avait pas cherché à être raisonnable en se décollant. Tout ce qu'il avait fait, c'était rester contre son coréen et écouter sa voix. Une promesse que son coeur avait essayé de se répéter pour se rassurer. Il avait entendu dans chacun de ses battements la demande... le souhait de respecter le désir du coréen et de ne pas lui faire trahir cette promesse. Si Michan voulait rester avec lui... alors il ne devait pas chercher à s'en éloigner. Un battement, un autre, un "s'il te plait" après l'autre, il n'avait cette fois rien fait pour aller contre son coeur.
Trop fatigué. Trop faible. Trop angoissé.
... pourtant, est-ce que c'était bien juste ? Il était là, à laisser Mikio le rassurer, après avoir lutté des mois pour ne pas faiblir à des bras où il mourait d'envie de chercher du réconfort... lui, le Naoki avec une "cliente" et des médicaments... lui, l'enfant qui s'était déçu une fois de plus en étant incapable de quitter cet appartement... en s'écroulant pour montrer un peu plus de pathétisme à son coréen.

Il n'avait rien à faire là. S'il voulait rester un italien, quelqu'un qui n'était pas brisé, il ne pouvait pas rester dans ces bras-là. S'il respectait Mikio, il ne pouvait pas lui imposer ça.
S'il te plait.
Confuses, ses pensées s'étaient mélangées à nouveau. Celles de sa raison s'étaient affaiblies davantage avant d'avoir le temps de guider ses gestes vers la distance. Non, lui, d'une main sur une hanche, il avait réclamé à être serré un peu plus fort, rien qu'un peu plus fort. Et sentir Mikio lui accorder avait rendu sa main légèrement plus tremblante un instant avant qu'elle ne se presse un peu plus contre la hanche qu'elle refusait de quitter.
C'était mieux. Comme ça. Contre lui. C'était là qu'il avait envie d'être. De ces bras, il ne voulait plus en bouger. Il voulait avoir le droit de se refuser de les quitter.
Au moins un peu... oui, "rien qu'un peu"....
C'était mal. Quelque part, au fond de lui, il le savait toujours. Mais il n'avait pas bougé et son coeur avait continué à regretter d'avoir été interdit plus tôt de prendre un peu de repos contre celui qu'il aimait.

Faiblement, sa tête s'était hochée à la suite. Il ne craignait plus rien, oui. C'était peut-être étrange, cette idée qu'il s'était mis en tête que son père ne pouvait pas le suivre quand il était éveillé si Mikio se trouvait près de lui. Et pourtant, à cette idée, il s'y était accroché sans chercher à discuter. Il s'était rassuré un peu plus en se répétant qu'ici, il ne pourrait pas l'atteindre. Tout ce qu'il avait à faire, c'était de ne pas fermer les yeux.
Cette chemise était fermée. Elle le resterait. Et aucune marque n'avait été découverte par l'impatience de son père. Pourtant, pour en être certain, sa main était venue se serrer aux pans de ce vêtement.
Ce n'était qu'un cauchemar...
Oui... c'est vrai... rien qu'un mauvais rêve. Il était dans les bras de Mikio maintenant, à lutter pour retenir ses yeux de se fermer à nouveau. Un combat mené de manière bien étrange... se laisser apaiser par Mikio était une technique discutable qui risquait de le plonger à nouveau dans un sommeil douloureux.
Mais il n'avait pas cherché à discuter. Il était simplement resté dans ses bras, à chercher un souffle après l'autre, troublé par des souvenirs qu'il voulait faire semblant d'avoir oublié... attiré par un réconfort qu'une voix continuait à lui interdire quand une autre suppliait qu'il rende les armes

« ... Je sais... si je reste comme ça... » ... il ne craignait plus rien... c'était mieux... il ne voulait pas bouger le Naoki qui tenterait de reprendre les choses en mains ne serait probablement pas aidé par ces mots... « ... tant que... je ne ferme pas les yeux... »  ... il ne viendrait pas... il ne pouvait pas... parce que Mikio était là... parce que Mikio n'avait pas bougé malgré tout. Malgré l'image d'un Naoki pathétique, il le gardait dans ses bras sans sembler douter ou regretter son choix.
Pourquoi ... ?
C'est vrai... pourquoi ? Encore et toujours ce pourquoi qui n'en finissait plus de revenir dans sa tête. Tête qui avait accordé d'un nouveau hochement à Mikio la validation de mots. Oui ça allait mieux. Il ne savait jamais pourquoi mais au moins... maintenant, il n'était plus là bas. Il était ici. Bien ici. Avec Mikio. A cette place à laquelle il aurait voulu s'attacher pour toujours.

Est-ce que les cauchemars se seraient arrêtés définitivement un jour s'il avait pu rester pour toujours aux côtés de son coréen ? Est-ce que son sommeil aurait connu le miracle d'être fait de rêves ? Juste un ou deux... de temps en temps... il ne demandait même pas à ce que toutes ses nuits soient remplies de jolis rêves... même connaître une fois, rien qu'une fois, l'expérience de rêver avec les yeux fermés... ça lui allait. En fait, ça aurait même été étrange pour lui qui considérait déjà qu'il en connaissait trop aujourd'hui, bien plus qu'il ne le méritait. Rien de ce que Mikio lui avait offert n'était inscrit au programme qu'on lui avait donné à la naissance.
Il le savait. Ce n'était pas possible. Une éternité avec Mikio. Mais son coeur persistait à réclamer un moment de plus. Un moment de proximité où la raison ne les éloignait pas. Parce que chaque battement qu'il faisait, il voulait le réserver à ce coréen si parfait. Un coréen que le mot "beau" ne résumait qu'injustement quand il était bien plus. Et pourtant, c'était celui qui avait franchi ses lèvres avant qu'il ne se perde dans un discours qu'il n'était pas supposé tenir à voix haute. L'italien n'avait pas le droit... non... parce que l'italien n'était pas comme ça.
Il ne pourrait même pas se justifier plus tard en prétextant qu'il n'était pas là à ce moment de faiblesse, qu'il était normal d'avoir été un autre. Oui, la faiblesse n'aidait pas... mais ces "trucs" indéfinissables que Mikio savait provoquer contre son coeur, ils étaient davantage responsables.

Dans cette cachette réconfortante, dans ce cou où il pouvait s'ennivrer d'une odeur trop douce, il avait fini par se taire enfin. Trop faible pour résister à la suite, sa main n'avait fait que se serrer davantage contre une hanche pour protester dans un gémissement qui n'avait précédé aucun mot. A découvert, son regard avait eu la conscience de se baisser. Mais il n'avait pas eu la force de ne pas s'embrumer autrement que pour la maladie. Pendant de longues secondes, son coeur s'était tû avant de donner des coups plus violents, plus rapides, pour rattraper le manque. Le deuxième baiser ne l'avait pas moins épargné. Les mots qui avaient suivi ne lui avaient pas permis de cacher mieux un trouble alors plus apparent.
Ils s'étaient mis à raisonner si fort, contre son coeur, faisant taire l'espace d'un instant des mots plus cruels, plus douloureux. Sa main tremblante avait relâché les pans de sa chemise et sans qu'il ne s'en rende véritablement compte, le bout de ses doigts avait glissé sur un front, puis sur un nez avant que ses yeux ne se relèvent enfin vers Mikio.
Il y avait quelque chose, là, sur ces lèvres. Il l'avait senti dès la première fois où elles s'étaient posées sur son front, à la Saint-Valentin. C'était troublant... déstabilisant... et pourtant son coeur semblait toujours le réclamer malgré le manque de formation pour l'encaisser.
Il oubliait parfois. Son esprit se vidait et d'un coup, il n'y avait plus que cet amour qui faisait tambouriner son coeur. Et puis, tout revenait... il se souvenait... ça ne l'empêchait pas toujours de perdre le contrôle qu'il savait pourtant si bien garder.
Oui, le plus sage pour lui était d'éviter cette proximité. Cette magie que Mikio mettait dans ses baisers. Et pourtant, un instant, ses yeux s'étaient baissés vers ses lèvres et le manque s'était déjà fait ressentir dans sa poitrine... il avait regretté qu'il n'y en ait pas un autre. C'était une addiction... une addiction beaucoup trop tentante.

« Me regarde pas... » ... mais au moins il n'avait pas réclamé... il avait juste soufflé cette supplication tandis que la honte reprenait le pas sur le reste alors que Mikio rendait son visage plus visible à ses yeux.
Les caresses étaient parvenues à le troubler. Il s'était mordu la lèvre mais aucun son n'était venu interrompre les mots de son aîné. A plusieurs reprises, ses sourcils s'étaient froncés sous l'incompréhension. De nombreuse fois, son regard avait semblé se demander pourquoi. Mais jamais sa main n'avait arrêté de caresser cette hanche quand elle ne s'y serrait pas simplement.
Même si Mikio se trompait. Il avait tort.... Si le faux italien ne comprenait pas les mots qui sortaient de la bouche de son aîné, le coréen de son côté ne savait rien non plus... enfin... pas trop... non ? Il avait tort dans tous les cas. Et sa tête s'était secouée, enfin, de longues secondes après que le silence se soit fait à nouveau dans la chambre

« Non... moi je ne peux pas... je n'ai pas le droit... » confus, faible, il n'avait apporté davantage de précisions à sa phrase. Il n'avait pas ajouté que les faiblesses lui étaient interdites autant que le repos et sa tête s'était secouée une deuxième fois avant qu'il n'ajoute dans un souffle un encore moins compréhensible « Dans le miroir... » de honte, ses yeux s'étaient baissés puis il s'était répété « ... toujours dans le miroir... » oui, il n'y avait que là qu'il se voyait... c'était là qu'il était forcé de se regarder... ou dans les yeux de son père. Douloureusement, son coeur s'était serré et sa main s'était refermée sur sa chemise contre ses battements douloureux « ... je ne sais pas ... » dans tes yeux... ... il aurait bien aimé pourtant... parce qu'il avait l'air si beau parfois pour Mikio... s'il avait pu être ce Naoki là, au moins un peu, rien qu'un peu, ça aurait été suffisant. Mais il ne lui arrivait probablement pas à la cheville.
Perdu dans un souvenir douloureux, il ne savait pas si c'était son reflet qui l'avait fait souffrir au point que sa main ne doive relâcher cette chemise pour passer rapidement sur ses joues et essuyer les larmes qui s'y trouvaient... ou s'il avait perdu à les retenir un peu avant. C'était la fièvre... lui, il ne pleurait jamais. Il se retenait toujours. Les seules personnes devant lesquelles il n'avait pas toujours été capable de se retenir, c'était son père... et Mikio.... Il s'ouvrait trop avec lui, il en avait conscience, il ne contrôlait pas toujours « Je t'en montre déjà trop... » ... combien de fois est-ce qu'il s'était trompé exactement ?
« Pourquoi ? » il le savait un peu non ? « Pourquoi... c'est devant la personne que j'aimerai être le plus parfait que je le suis le moins ? »

Injuste, c'était injuste. Désespéré à l'idée de répéter les mêmes erreurs encore et encore, sa main avait balayé de nouvelles larmes tandis que ses yeux osaient avec crainte se relever l'espace de quelques secondes vers ce visage qu'il affectionnait tant « Tu n'en n'as pas trop vu... hein ? » qu'est-ce qu'il espérait ? Que Mikio lui mente en lui répondant oui ?
... il ne s'était pas trompé tant que ça. De faux pas, il n'en n'avait fait que quelques uns... il l'était toujours un peu cet italien... non ? « ... » il en était déjà loin aujourd'hui... alors pourquoi est-ce qu'il s'en éloignait davantage maintenant ?
Lâcher Mikio. S'éloigner. Se reprendre.
Il s'était répété ces mots. Penser à s'ordonner de se taire n'aurait probablement rien changé. Son regard aurait fouillé à nouveau plus bas et il aurait imploré de la même manière « ... la prochaine fois... que je déraille... ferme les yeux... s'il te plait.... » ... ou qu'il le laisse, seul, se reprendre. Ce n'était pas trop lui demander, non ? Mikio aussi pouvait bien faire un peu semblant, au moins pour lui faire plaisir. Comme ça, il n'en connaîtrait pas plus sur lui et il pourrait reprendre sa comédie.
« ... Je veux m'améliorer... » il savait pourtant si bien mentir normalement. Mais, avec Mikio... c'était toujours différent « ... je veux vraiment y arriver mais... mais... je fais n'importe quoi... hein ? » c'est vrai. Encore maintenant. Il n'était pas supposé être comme ça contre lui. Il aurait dû lui dire normalement qu'il voulait rester seul, que ça allait, qu'il se débrouillait... mais sa main se retenait à cette hanche et il semblait incapable de lui donner un ordre qu'elle respecterait « ... je me suis trop trompé... aujourd'hui... et d'autres fois... n'est-ce pas ? » il y avait eu ce bal... la Saint-Valentin... l'Italie... combien de faux pas exactement ? Ses pensées n'avaient pas été capable de les compter et à la place, il s'était justifié au lieu de se taire enfin. Une nouvelle toux avait pourtant essayé de l'en dissuader mais à peine sa main avait quitté sa bouche qu'il reprenait « ... J'ai essayé pourtant... j'ai essayé si fort... pour toi... »

Se forcer à dormir à l'hôtel. Ces médicaments qu'il avait obtenu en faisant semblant d'ignorer la honte.  Manger un peu aussi. Prétendre qu'il allait bien. Il s'était vraiment donné du mal. Des efforts, il n'avait jamais arrêté d'en faire. Alors pourquoi ce n'était jamais suffisant ?



 
 
Just a spoonful of sugar - Naomi ♥
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