You are the one I want! Oh, oh, oh. Honey ft. Daiko

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     Jeu 2 Mar - 1:31
 
You are the one I want! Oh, oh, oh. Honey
DAIKO

Il y a deux mois, jour pour jour, Daisuke avait atteint son point de non-retour. On aurait pu croire que ça serait la présence de deux maniaques sous son toit, qui auraient raison de lui, pire encore, l’infâme baguette magique reçue en cadeau … mais non. Il avait été fort, un guerrier sans pareille pour contenir ses traumatismes face aux évènements plus que choquants dont il avait été témoin. Puis… il y avait eu cette tentation, cette attaque dont il fut la victime impuissante, avec Patrick comme seul témoin… ce moment ou vraiment, il s’était imaginé pouvoir chanté « I had the time of my life » avec un sourire en ayant enfin accès au fruit défendu. Cette fabulation, cet avant-goût jamais prolongé de ce qu’aurait pu être sa vie si elle avait contenu du concentré de Kotani et non pas uniquement des traces vagues et incompréhensibles, avait suffi à le briser, une bonne fois pour toute. Ces efforts, sa retenue, récompensés par des coups au petit matin, eurent raison de lui. Franchement, ce matin-là, le dernier lambeau de crédulité, vestige de son optimisme, c’était immolé. Il ne restait rien, rien de plus que l’accablante vérité : Maiko était beaucoup trop bien pour lui, et s’il s’entêtait à l’ignorer, elle, n’était pas dupe. Cette lucidité douloureuse, il aurait dû s’y attendre, ne faisait-il pas que décevoir ses proches depuis … toujours? C’était hors conteste son talent le plus grand… Et pire encore que le fait qu’elle ne semble pas disposée à lui rendre son affection, au fond de son cœur, cette vieille voix de Serizawa trop privé de tendresse le narguait en lui soufflant en boucle, qu’il méritait un tel refus. Comment aurait-ce pu en être autrement!

Et il ne s’aidait pas à croire au miracle, ni elle d’ailleurs. Il ne faisait que lui imposer ses fantaisies, ses conneries. Ça devait cesser. Il ne pouvait pas, il ne voulait pas, poser les yeux sur elle une seconde de plus, à quoi bon, remarquer combien elle était parfaite, sur tous les aspects, combien elle ravivait une flamme qu’il pensait à jamais éteinte en lui… Elle ne serait jamais sienne. C’est avec un goût amère en bouche et une lacération certaine au cœur qu’il avait décidé que ça y était, cette fois, c’était la fin, il devait, pour son propre bien-être, abandonner la chasse à l’amazone, il ne s’en trouvait que plus brisé en bout de ligne. À la fin de la journée, cette attirance qu’il savait être beaucoup plus profonde, plus … sentimentale, ne serait jamais réciproque et il refusait d’en souffrir une seconde de plus. C’est probablement pour cela, que plutôt que de tenter de recoller les pots cassés, encore, avec une femme qui ne voudrait jamais de lui, il avait pris le premier avion pour le continent du Cheetos. Changer d’air, voilà qui lui permettrait de penser ses blessures. Six ans, c’était long, trop long, il ne pouvait plus tolérer ce vide immense dans son poitrail, il devrait apprendre à apprivoiser la solitude, l’infâme isolement, et à se contenter d’un baiser qu’il avait été assez con pour lui rendre.

Comme le lâche qu’il était, il avait noyé ses pensées sombres dans le boulot, visitant les hôtels de sa chaine, préparant des plans de rénovation, d’expansion… et il avait aussi renoué avec « elle ». Elle, c’était Rei, une femme dont il ignorait le vrai nom, et qui ne s’était mérité qu’une vague présence dans son univers virtuel quand il nourrissait encore l’espoir de conquérir une Jedi. Puis, il s’était retrouvé seul, et leurs échanges d’ordinaire banals et plutôt courts s’étaient transformés en chaine de texto, en films partagés sur deux continents différents…Pour la première fois depuis ce jour maudit ou la plus jeune des vendeuses de cookies du monde avait pensé une coupures d’un band-aid du roi lion, il s’était senti interpellé… intéressé par quelqu’un. D’autant plus étrange quand on sait qu’il n’avait pas la moindre idée de l’apparence de sa correspondante secrète. Peut-être avait-elle une barbe! Et pourtant, de fil en aiguille, elle était devenue une partie incontournable de ses journées… une partie heureuse. Elle était cette vague présence, qui en avait quelque chose à faire s’il avait une rude journée…

Dans son monde ou exprimer ses émotions était mal vu, c’était facile avec Rei’. Parce qu’elle n’était pas à proprement dit réelle, elle n’avait ni voix ni visage, alors il n’avait pas à limiter ses confidences. Il pouvait lui dire, à elle, que son neveu lui manquait, que sa relation avec son ainé l’angoissait et surtout… à elle, il pouvait bien cesser de le nier, que son ex-employée avait laissé sa trace sur sa pompe à sang plus qu’il ne l’avouait. C’était… une vraie libération. Ironique quand on sait qu’il avait dû quitter son pays natal pour tomber sur quelqu’un qui le comprenait vraiment, toutes ses conneries… Sauf que Rei avait son lot de problèmes. Dernièrement, elle avait subi de gros chocs et, plus qu’il n’aurait été sage de s’en soucier, il s’était inquiété de son humeur. Le sentiment d’abandon, de solitude, il connaissait… Et c’est dans un espoir vain de jouer au chevalier servent qu’il lui avait proposé de prendre un avion, de venir le voir. Un parfait inconnu de l’autre côté de l’océan? Et pourquoi pas hein?

Il avait lancé ça comme ça, faute de savoir quoi faire pour réellement lui remonter le moral… sauf qu’elle avait dit oui. OUI. Ce petit mot qu’il avait un jour espéré entendre de la part de son ancienne belle-sœur – raaaah pourquoi il pensait à Maiko hein!??! – Oui! Et c’est ce mot qui avait accroché un sourire béat sur son visage, c’est avec ce mot qu’il s’était levé, excité, presque léger toute la semaine, en prévoyant des aventures dont l’unique but était de remonter le moral de sa visiteur. Il était vraiment, sérieusement, aussi intenable qu’un gamin à Noël lorsqu’il avait conduit la Daimobile jusqu’à l’aéroport. Il y croyait à peine. Il aurait pu douter, se dire qu’elle ne viendrait pas, qu’elle se payait sa tête, mais quelque part…Il avait confiance en Rei. Abruti. Ce n’est qu’en se plantant devant l’arrivée des voyageurs qu’il remarqua qu’il retenait son souffle. Il était nerveux. Nerveux de la décevoir, nerveux de ne pas être à la hauteur de leurs échanges, nerveux qu’elle tourne talons. Son estomac grondait. Et pourtant, il avait affiché un sourire sur son minois en brandissant une affiche ‘’Marty’’ devant lui, en attendant devant le petit écran annonçant que le vol de Tokyo venait d’atterrir.

Et si elle avait des jambes velues hein? Aurait-il dû se tenir dans un cercle de sel comme un Wintchester en crainte de démon? Il était au bord de se remettre sérieusement en question, ou de se demander, à voir tous les gamins sortir des portes, s’il ne s’était pas fait avoir dans une descente de pédophile virtuel lorsqu’il aperçut la casquette d’un McFly droit devant. Petite silhouette, délicate, elle avait l’air bonne – il se serait frappé d’avoir ce genre de pensées, surtout maintenant. Plutôt que d’attendre sagement, il avait fait un pas, brandissant sa pancarte dans un : « Marty! » ……….. Et puis, son monde s’était effondré. Éclaté. Il s’était approché de sa correspondante, vraiment, terriblement heureux de la voir là… et plutôt que de rencontrer une nouvelle personne, plutôt que de mettre enfin un visage sur la seule femme capable de lui changer les idées, de lui faire oublier qu’il ne tiendrait jamais plus contre lui l’amazone de son cœur……………il avait posé son regard sur non pas un sosie mais bien la seule, l’unique. Kotani Maiko. Le souffle lui avait manqué. Littéralement.  Et comme atteint d’un bug mental, shut down de la région supérieure, il était demeuré immobile, pancarte bien en vue alors que son visage se contorsionnait dans une expression de pure surprise alors qu’il osait, d’une voix étouffée, demander : « Rei? » Pitié. Faite que non. Faites que Rei n’ait pas déjà été victime d’une attaque de serpent. Il voulait crever de honte!


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     Sam 4 Mar - 16:06
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Elle n'avait jamais été du genre à se laisser abattre facilement. Parce qu'elle avait ça dans le sang ou parce que de ses yeux d'enfant, Yasuo avait toujours été un modèle pour elle, son héros en quelque sorte. Sans connaître son père, l'aîné de la famille était devenu celui qu'elle avait identifié à ce rôle. Et quand on voyait sa mère... oui, son modèle était tout trouvé finalement.
Alors, tout comme son grand-frère, elle n'était pas vraiment de celles à pleurer dans un coin ou à se laisser avoir par la tristesse pour ne plus penser qu'à ça. Non, il fallait se changer les idées, avancer, se forcer et au bout d'un moment, on finissait par voir tout ce qu'on avait et on se sentait ridicule à se plaindre. Elle avait toujours fonctionné comme ça, guidée par la fierté, elle ne pleurait pas ou niait l'avoir fait quand ça lui arrivait en cachette, soit rarement.
... ou presque. Parce que cette fois-ci c'était différent....

Elle avait beau trouvé le moyen de penser que oui, il y avait pire, elle ne parvenait pas à chasser la tristesse. Peut-être qu'elle s'en demandait trop, peut-être que c'était trop récent, c'était ce qu'elle se disait pour se persuader.
Mais être allée pendant des mois au travail en pensant qu'elle ne pouvait qu'être heureuse de voir son rêve se réaliser, c'était une chose... avoir un sourire jusqu'aux oreilles parce qu'elle avait la chance de travailler avec sa meilleure amie....
Elle en avait pris l'habitude. Si elle avait toujours été proche de Yue, la voir tous les jours, travailler avec elle avait été loin de les éloigner. Seulement avec le recul... elle se demandait si elle avait été la bonne amie qu'elle pensait être jusque-là....
Est-ce qu'elle n'aurait pas pu faire quelque chose ?

Yue était partie. Ses parents l'avaient fait rentrer à Osaka. Kô, le frère qu'elle s'était découvert depuis quelques mois mais qu'elle considérait en tant que tel depuis plus longtemps, avait suivi.
Des frères elle en avait d'autres.
Des amis, elle en avait aussi.
Mais est-ce que ceux-là n'avaient pas pour autant le droit de lui manquer à ce point ?
Elle pouvait toujours les revoir.
C'était ce qu'elle finissait toujours par penser... mais plus autant qu'avant. Et puis perdre Yue... elle avait eu l'impression de perdre sa moitié.
Et surtout... elle s'inquiétait beaucoup pour elle.
Yue n'est pas toute seule. Elle est avec Kô.
C'était en général sa conclusion pour se rassurer.
Mais il suffisait qu'elle se tourne pour dire quelque chose à son amie au travail... pour qu'elle se sente triste à nouveau. Elle n'était plus là. Et toutes ces choses qu'elle avait envie de lui dire maintenant, même les plus stupides, elle ne pouvait pas les faire autant qu'avant. La soutenir… elle ne le faisait que par téléphone….

Alors le soir, elle serrait les peluches que son amie lui avait offertes comme une idiote.
Ce n'était pas elle. Elle le savait bien.
Mais son coeur trouvait ça un peu injuste de ne plus avoir ces personnes qui avaient compté.
Et même si elle ne voulait pas se l'admettre, elle était également triste pour cet idiot, ce crétin de Serizawa qui était parti sans un mot. Il ne lui manquait pas... ou alors qu'un peu...
Et puis, c'était probablement mieux comme ça. Voilà ce qu'elle finissait par se dire pour lui.
C'est vrai, elle aurait bien aimé le retrouver ce beau-frère qu'elle avait tant apprécié. Même s'il était un abruti qui avait le don de l'énerver.
Mais malgré sa mauvaise foi et le refus de le reconnaître à voix haute... oui, peut-être qu'elle pouvait se reprocher une ou deux choses, pas plus.

Être amis. C'était bien elle qu'il l'avait proposé. Elle avait pensé que ça pourrait marcher, ils l'étaient non ?
Mais le jour où elle avait appris son départ, Alfred lui avait également dit que son patron était bel et bien amoureux d'elle. Que ce n'était pas un jeu de plus.
Et si c'était vrai. S'il ne pouvait pas changer ça. C'était probablement un peu cruel de lui demander d'être son ami parce qu'elle avait envie de passer du temps avec lui comme avant.
Surtout si c'était pour... oui, il lui semblait qu'elle avait un peu trop bu ce soir-là.
Alors à lui, elle ne lui avait même pas envoyé de message.

C'était plus facile au final de se confier à quelqu'un qu'on n'avait jamais rencontré. S'ils s'étaient toujours plutôt bien entendus, ils n'avaient appris réellement qu'à se connaître ces deux derniers mois. C'était un peu bizarre de ne même pas connaître son véritable prénom mais ça ne la dérangeait pas vraiment.
Dernièrement, ils avaient commencé à s'envoyer plus de messages, à faire ces trucs ridicules comme synchroniser leurs montres pour regarder un film ensemble. Et tout ça sans jamais avoir entendu sa voix. Elle n'avait jamais proposé de tenter l'appel vidéo ou le simple appel. S'il l'avait fait de son côté, elle aurait refusé de toute manière. Une relation distante sans l'être tout à fait, c'était probablement ce dont elle avait besoin maintenant. Il n'y avait pas de risque de perdre quelqu'un quand il n'existait pas tout à fait.
Pourtant, elle tenait à lui et elle se sentait un peu idiote pour ça. Parce qu'elle ne l'avait jamais vu, c'était grotesque non ?
Le pire, c'est qu'il parvenait à la faire sourire niaisement par moment....

Elle se l'était encore demandée en prenant cet avion, si c'était vraiment une bonne idée cette rencontre.
Mais réfléchir pour une fois dans sa vie ne l'avait pas empêché de faire ce voyage. Elle s'était sentie nerveuse à plusieurs reprises pendant le voyage mais il y avait également cette excitation. Au final, elle avait l'air d'une idiote de plusieurs manières différentes.
Sortie de l'avion, elle avait vissé cette casquette de Marty sur sa tête, juste pour le geste et elle était partie récupérer sa valise.
Se répétant qu'elle était une Kotani et qu'elle ne pouvait pas être nerveuse, elle était parvenue à ignorer que son coeur battait plus vite qu'habituellement. Elle avait su le garder cet air cool emprunté à Yasuo jusqu'à relever les yeux à l'entente de ce "Marty" et le visage qu'elle avait fini par repérer alors l'avait laissé sans voix.

Sa bouche s'était ceci dit presque ouverte « ... » mais aucun son n'était sorti. En fait, elle ne s'était même pas rendue compte qu'elle s'était figée en plein milieu des voyageurs qui continuaient eux à avancer pour rejoindre des proches.
C'était supposé être un inconnu.
Celui qui se faisait appeler Han ne pouvait pas être Daisuke.
Elle hallucinait. Et elle hallucinait si bien qu'elle ne savait pas trop combien de temps elle était restée là devant lui sans être capable de former le moindre son.
Pour répondre, sa tête avait ceci dit fini par se hocher. Mais c'était le seul effort de communication qu'elle avait été capable de faire.
Cette situation n'était pas réelle. Comment est-ce qu'il pouvait être Daisuke cet homme à qui elle avait tant parlé ? Cet homme qu'elle s'était mise curieusement à apprécier un peu plus qu'un ami...

« ... je comprends pas... » qu'est-ce qu'elle ne comprenait pas au juste ?
Tout. Rien n'avait de sens. Et elle avait beau le dévisager, c'était toujours Daisuke.
« ... Tu ... » le bug le plus complet. Si elle n'était pas capable de mettre en ordre des mots pour former des phrases, elle n'avait pas non plus cette capacité dans ses pensées non plus « ... Tu ... » oui, c'était bien Daisuke, répéter ce "tu" idiot une troisième fois n'allait pas avancer à grand chose « ... je comprends pas... » ça non plus n'aiderait pas... « Comment... » elle pouvait terminer sa phrase, inutile une nouvelle voix. Daisuke n'avait pas la réponse.
Comment c'était possible ?
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     Sam 4 Mar - 16:58
 
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Depuis vingt ans, notre bridé s’était persuadé, en ayant un bon nombre d’éléments probants à l’appui, que son existence n’avait d’autre but que celui de protéger son neveu – boulot qu’il faisait très mal soit dit en passant. Depuis le premier jour, le premier couinement du nourrisson, il avait considéré cet enfant comme le sien, il aurait donné, absolument tout pour ce gamin, aussi chiant soit-il avec lui. Naoki, c’était sa raison de vivre, littéralement, et quand il devait se prosterner devant Makoto, lui donner raison de refoulant l’envie de l’étrangler, il pensait à son neveu. Toutes les choses qu’il haïssait, cette famille qui l’étouffait, cette impression d’être coincée dans une cage en or… tout était tolérable, s’il le faisait pour son protégé. À part le voir sourire, lui donner un futur radieux, il n’avait jamais eu de grandes ambitions pour lui-même. Il était l’instrument, l’oncle protecteur, rien de plus, rien de moins, et il n’avait pas le luxe de désirer autre chose pour lui-même. Cette certitude était tellement ancrée en lui, comme une brûlure, que ça lui avait semblé mérité d’épouser Akane en sachant fort bien, qu’elle ne lui inspirait rien de plus qu’une vague tolérance…. Charmant pour la première épouse… Il s’était bêtement fait la réflexion, le jour de ses noces, qu’il ne pourrait jamais s’attacher à quelqu’un autant qu’à son neveu, pas même à ses propres enfants, alors avoir une femme qu’il n’appréciait pas vraiment… qu’importe.

Dans son aveuglément volontaire, il était convaincu au plus profond de son âme qu’aucune femme ne franchirait jamais le mur de glace qu’était son cœur, personne ne percerait jamais ses sourires arrogants, son je-m’en-foutisme, jamais. Pas parce que c’était impossible, non, mais surtout parce qu’il ne le méritait pas. Des années d’insultes et de rabaissement fraternel avaient laissé son esprit à jamais tourmenté de cette voix, cette mise en garde, selon laquelle il ne méritait rien de bon, il ne méritait le regard de personne, ou du moins pas plus qu’une nuit rapidement estompée. Et il n’accordait pas non plus le sien, un bon mécanisme de défense… qui avait fonctionné jusqu’à elle. Jusqu’à cette peste, cette fourbesse avec ses coupons cadeau et ses biscuits. Comme une vipère, elle s’était incrustée, avec ses sourires et ses questions, avec cet air innocent au visage qui lui avait fait croire, une seconde, une seconde de trop, qu’elle en avait quelque chose à faire. Et cette attention, aussi fausse soit-elle, il avait voulu s’y accrocher.

Jeu dangereux… puis il s’était perdu tout entier. Sournoisement, sans qu’il ne proteste trop, sans qu’il ose se l’avouer parce qu’il existait une liste interminables de raison de ne pas y céder, il était tombé sous son charme. D’abord lentement, sans vraiment y croire… et maintenant? Lorsqu’il était grimpé dans cet avion, avec la ferme conviction de ne plus jamais la contacter, de la laisser seule avec ses coups, ses accusations et cette façon bien à elle qu’elle avait de le provoquer, de le chauffer pour mieux le démolir, il s’était imaginé que ça serait facile… Il n’en était rien. Son cœur s’était broyé, littéralement, au moins autant que lorsqu’il avait envoyé son neveu outre-mer. Et plus que la déception, le manque, il y avait cette ridicule tristesse de sentir son seul espoir d’un futur clément lui filer entre les doigts. D’un coup, ça lui avait fait l’effet d’une claque, comme si les sentiments qu’il n’avait sur interpréter, comprendre, lui revenaient en pleine gueule alors qu’il tentait par tous les moyens de l’oublier… Ne plus jamais voir Maiko? Ce scénario catastrophe, il ne l’avait jamais exploré, et maintenant qu’il y était confronté, franchement, il n’avait ni l’envie ni la force d’en rire… Se relever, toujours, se dire que tout irait bien, que ça passerait… il n’y croyait plus. Y avait-il simplement déjà cru?

… Un peu? Juste un peu, assez pour penser qu’une inconnue rencontrée sur le web serait sa salvation. Assez pour s’imaginer qu’il existait réellement une autre femme capable de lui tirer des sourires, d’accélérer le rythme de sa pompe à sang d’un message, de le divertir d’une connerie… Juste assez pour avoir pensé que peut-être, cette fois, il aurait la chance de rencontrer quelqu’un de nouveau à qui il pourrait se confier…………Sauf que le quelqu’un de nouveau devant lui, était tout sauf une inconnue. Depuis une certaine attaque d’ivrogne, il la connaissait assez pour se remémorer la moindre de ses courbes……….Pourquoi était-elle ici hein? Si elle faisait dans la torture, elle devrait rencontrer Makoto, elle avait du talent, il serait fan du potentiel hors norme avec lequel elle lui brisait le cœur

Daisuke était immobile, totalement pétrifié au beau milieu de l’aéroport, sa pancarte à la main, alors que l’information peinait à atteindre son cerveau. Déjà qu’il la voyait souvent en rêve, comme s’il échouait à lâcher prise, à se convaincre que ça n’arriverait jamais et que ce qu’il réclamait corps et âme depuis près de six ans n’était qu’un leurre, un mirage… il fallait maintenant qu’il rêver éveillé. Il devait être plus atteint qu’il ne le croyait, plus blessé par ce nouvel échec qu’il voulait bien le reconnaître, peut-être que c’était plus qu’une indigestion, ce brûlement dans son poitrail, cette envie de hurler, ce besoin vital que rien ne semblait combler… Il l’imaginait, pour sûr, et ça n’avait rien d’étonnant quand on sait qu’il peinait à tolérer le vide béant qui emplissait son poitrail depuis maintenant deux mois. Sa pompe à sang tambourinait sa protestation tellement brusquement que s’en était douloureux. Devant son hochement de tête, il l’avait demandé à nouveau, toujours incrédule : « … Tu peux pas………… être Rei! » bah si elle peut… elle est étrangement dans ses fringues et descend de son vol… imposteur! Elle avait usurpé l’identité de sa confidente ! « … Comment ça peut être toi… »

Comme si ses capacités mentales refusaient en bloc d’assimiler ce qui se déroulait pourtant bel et bien dans sa vie : Kotani Maiko était devant lui, une casquette de Marty enfoncé sur sa jolie tête, il l’avait fixé, sans oser bouger, alors qu’elle tentait de bafouiller des explications… ou des questions, tout aussi choquée que lui. C’était rassurant, qu’elle n’ait pas volontairement bafoué sa confiance, qu’elle en ait été aussi inconsciente que lui… Mais quelle était la chance hein, pour que sur tous les internautes, il tombe sur elle. Son souffle refusait tout passage, sa gorge était nouée alors qu’il faisait un pas vers elle…. Puis un autre.

Quelque part entre le troisième et le quatrième pas, il avait laissé tomber sa pancarte sur le sol et s’était retrouvé beaucoup trop près d’elle pour ne pas se faire assassiner par un Yasuo témoin de la scène. Au diable! Il n’avait pas l’habitude de retenir ses envies…Il était impulsif, on blâmera ça sur son sang chaud d’italien (lequel? Demandez à Naoki…) Possédé, ou tout bonnement profondément secoué par ce coup du destin, sa main gauche s’était glissée sur l’épaule de la demoiselle, lentement, prendre tendrement, alors qu’il choyait sa joue de son autre main, comme pour s’assurer que c’était vraiment la source de ses tourments qui se tenait devant lui. Ses doigts avaient quittés son épaule pour se faufiler sous sa tignasse, se poser sur sa nuque alors que sans lui demander son avis, il l’avait attirée contre son torse et avait refermé son autre bras autour de sa délicate silhouette, pour la serrer contre lui, pour l’envelopper, une seconde, une minute. Sans la libérer, il avait murmuré, sur un ton trop doux pour un ordre mais trop blasé pour une déclaration :  « Bouges pas… juste une minute… après tu peux remonter dans cet avion et retourner me haïr de l’autre côté de l’océan. »  Parce qu’elle ne resterait pas hein? Il ne fallait même pas y penser, elle avait été claire au réveil l’autre jour…  « … mais si tu veux toujours faire ce tour de bateau… je veux bien prendre le risque de finir noyé… » Espoir. Merdique espoir. Elle été revenue devant ses yeux depuis une minute, une seule, et déjà il ne pouvait s’empêcher de faire une rechute!

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     Dim 5 Mar - 16:28
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ça ne pouvait pas être possible. Elle n'y croyait pas. Celui avec lequel elle avait tant parlé ces derniers temps ne pouvait pas être Daisuke. Aussi, quand il avait souligné tout haut ce qu'elle pensait tout bas, elle l'avait regardé avec un air d'incompréhension, prête à lui répondre qu'il ne pouvait pas être Han non plus. Mais sa bouche était restée close et elle s'était tenue au même point, bêtement, incapable de bouger d'un seul centimètre.
Son cerveau n'était pas vraiment en état de se mettre en marche mais quand il le ferait, elle repenserait à tout ce qu'elle avait pu dire à cet inconnu qui était devenu son confident. C'était tellement plus simple de parler à quelqu'un qu'on ne connaissait pas vraiment. Parce qu'on pouvait faire semblant de ne pas exister de notre côté, on pouvait dire n'importe quoi, ça n'avait aucune conséquence. Dans le fond, ce n'était pas vraiment la personne qu'on était qui se confiait. Non, ce n'était qu'une conversation entre une étrangère et un étranger.
Alors malgré la fierté Kotani, on avait le droit de se plaindre un peu plus, rien qu'un peu.

On avait le droit de dire qu'on se sentait trop seule ces derniers temps. Minimiser en admettant qu'on était toujours entourée, c'est vrai.... Mais c'était différent quand on perdait de notre entourage des personnes qui comptaient plus que les autres.
On avait le droit de dire qu'on ne comprenait pas. Notre amie n'était-elle pas supposée toujours rester avec nous ? Parce qu'un peu naïvement, on avait pensé qu'ensemble c'était... quoi déjà ? Oui... "à la vie, à la mort". On se voyait très bien faire chaque pas de notre vie aux côtés de cette personne.
Et puis on pouvait reconnaître qu'on faisait semblant... mais qu'en réalité, on se sentait réellement triste.
On pouvait le dire...
Je ne comprends pas pourquoi des gens qui comptent autant pour moi doivent me laisser
Oui, même si c'était égoïste et que dans le fond elle le comprenait. Pourquoi Yue était partie, pourquoi Kô avait suivi.
En revanche, dans le cas de l'imbécile qui se tenait en face d'elle, elle ne comprenait pas....

Il était parti sans un mot. Il avait simplement disparu. Rien, même pas un message.
N'étaient-ils pas supposés redevenir des amis ?
Si mais...
Elle n'était pas idiote, il savait qu'il y avait des choses à mettre derrière ce "mais". Pourtant, elle ne comprenait pas. Mais pour le faire, il aurait probablement fallu qu'il prenne le temps de lui expliquer.
Alors tout ce qu'elle avait pensé c'était que c'était mieux comme ça. Que peut-être ils ne pouvaient pas redevenir amis tous les deux. Alfred avait peut-être raison... ils ne l'étaient que dans sa tête à elle... elle en demandait trop et elle n'avait pas le droit de se montrer égoïste simplement parce qu'elle ne supportait pas la solitude.

Elle avait grandi dans une famille. Trop bruyante. Trop animée. Et elle avait toujours détesté le calme. Pour elle, quand des gens faisaient partie de votre entourage proche, c'était de manière définitive. Elle avait eu du mal à accepter que le Daisuke qu'elle connaissait n'était pas celui qu'elle appréciait la première fois.
Quand elle avait compris qu'elle pouvait peut-être le retrouver... oui, elle avait été heureuse. Mais dans le fond, ils s'étaient à peine vus et on ne pouvait pas exactement parler de la dernière fois comme d'une réussite.
Elle avait des torts. Si elle ne l'ignorait pas, elle avait trop de mauvaise foi pour le dire tout haut. C'était bien plus facile de dire qu'il était idiot.

Ses yeux s'étaient baissés quand il s'était avancé, et elle avait fixé inutilement ce rapprochement sans être capable de prononcer le moindre mot ou de justifier sa présence ici. Sa bouche s'était bien ouverte pour dire quelque chose quand il s'était retrouvé trop près mais au final, il l'avait attiré contre lui sans que ses lèvres ne laissent échapper le moindre son.
Incapable de faire grand chose, elle était restée silencieuse et seul un soupir s'était exprimé pour elle tandis que sa joue se reposait un instant contre le torse de son aîné.
Ce n'était pas une situation normale. Il n'était pas supposé se tenir en face d'elle. Elle avait fini par se dire pour son cas à lui que non... on ne pouvait pas garder tout le monde... c'était comme ça.

Et pour celui qu'il avait été par messages ?
C'était idiot de s'être attaché à lui. Parce que maintenant, si elle reprenait l'avion, il n'y aurait plus une personne concernant Daisuke qui lui manquerait mais bien deux.
Alors les premiers mots qu'elle était parvenu à souffler, il lui ressemblait plus que cette attitude de faiblesse qu'elle avait dans ses bras maintenant « T'es vraiment qu'un idiot... » le plus parfait des idiots.... Quel crétin.
Mais s'il était un abruti, et elle n'en doutait pas une seule seconde, elle était sérieusement dérangée dans sa tête pour décoller enfin cette joue et s'éloigner suffisamment pour lui donner un coup de pied dans le tibia.
... chez elle, c'était manifestement un moyen d'expression courant. ça devait faire trop longtemps qu'elle ne l'avait pas frappé.

« Pourquoi t'es parti ? » Non... il avait le droit de partir... tout le monde en avait le droit... « Pourquoi t'es parti sans rien dire ? » oui... lui, elle avait un peu le droit d'être en colère contre lui pour être parti. Yue et Kô c'était différent, elle ne pouvait pas leur en vouloir.
Alors il prenait pour les autres ?
Pour lui surtout. Parce que cet abruti avait commis aussi le crime de lui manquer dans le fond « T'as perdu ton téléphone ? »

Ou peut-être qu'elle ne pouvait pas vraiment lui faire des reproches à lui non plus. Parce qu'ils n'avaient pas vraiment eu le temps de redevenir amis et que, dans le fond, il ne lui devait rien.
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     Dim 5 Mar - 17:47
 
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Évidement que c’était elle, comment est-ce qu’un type comme lui, qui attirait la poisse comme un vieil ami aurait pu se mériter une seconde chance à trouver la femme parfaite hein? Il nourrissait la certitude depuis le tout premier contact que cette furieuse amazone un brin violente était la seule personne capable de pleinement éveiller le bloc de glace qui lui servait de cœur. Cette assurance ne l’avait pas quitté, jamais, pas même alors qu’il s’entêtait à se convaincre qu’il avait pour son ex-femme de tendres sentiments. Jamais. Si une Kotani s’était taillé un chemin dans son cœur, ça n’avait jamais été Akane. Jamais. Et même des années plus tard, même en s’attachant à une parfaite inconnue… Ça ne pouvait être personne d’autre. Il avait dû être con, terriblement con pour s’imaginer le contraire… Et c’était une réalisation douloureuse, une vraie claque de réalité. Au fil des semaines, sans avoir ni visage ni nom à mettre sur cette étrange complice, il avait appris à se confier, à avouer des choses qu’il refoulait au plus profond de lui-même. À cette femme, il lui avait dit, ce qu’il n’osait pas admettre à voix haute, ce qu’il osait cacher à lui-même : Il ne pourrait jamais être ami avec son ancienne belle-sœur. Parce que c’était Rei, parce qu’elle n’était pas vraiment réelle, parce qu’il ne pensait jamais la voir, il avait testé, essayé de voir ce que l’intensité de ses sentiments, exposés à une spectatrice neutre aurait comme effet.

Et elle ne lui en avait pas voulu, elle ne l’avait pas jugé, elle ne l’avait pas insulté non… elle avait compris. Compris que c’était impossible pour lui de se contenter d’une amitié, compris qu’autant il désire, offrir cette écoute sans faille, ce soutient silencieux à son ancienne employée, il devait déconstruire brique par brique son amour propre à chaque fois qu’il acceptait de lui accorder son temps. Parce qu’il n’avait rien de plus douloureux que de garder cette distance, cette prudente coupure entre eux. Il n’y avait rien de pire pour son pauvre cœur, que de convoiter, jour après jour, cette femme de qui il n’aurait rien. Et encore, si elle ne ravivait pas ses envies, si elle se contentait d’être neutre plutôt que de l’envoyer valser dans une montagnes-russe de rapprochement et de coups. Il n’avait pas l’habitude du jeu des sentiments, des hauts et des bas, on lui avait refusé pratiquement toute sa vie, ce droit de sentir sa pompe à sang battre… Et il devait maintenant la protéger d’un nouveau fracas en entretenant une amitié avec une femme qui se plaisait, sans même le chercher, à l’entortiller autour de son petit doigt, à se jouer de lui sans jamais rien lui donner en retour? Non. Alors quand il était parti, encore secoué du dernier coup, Rein ne l’avait pas jugé, elle avait compris, que ses limites étaient atteintes et qu’il avait besoin d’un nouveau départ.

À cette femme, il avait pu avouer sans sentir la honte l’étouffer, que son neveu lui manquait, qu’il ne savait pas s’il avait pris la bonne décision, qu’il remettait sans cesse son instinct en question et qu’il ne savait pas quoi faire… Et cette nouvelle présence, cette personne qui avait eu un aperçu de l’homme derrière les masques, voilà qu’elle lui filait à nouveau entre les doigts. Cette fois, il ne s’autorisait pas la moindre lueur d’espoir. Il n’y avait qu’une fin possible à ce scénario et c’était celle où elle remontait dans l’avion, comme une furie, et maintenant le statuquo, le silence sur leur relation conflictuelle. C’est cette optique qu’il caressait mentalement à contre cœur en enlaçant la petite furie contre lui. Ce qui allait suivre était le point final, la cassure. Ça ferait mal, il ne se faisait pas d’illusions… mais c’était nécessaire. Avec cette certitude qu’elle ne lui rendrait pas son affection, il pourrait plus aisément faire son deuil. C’était juste triste, que la personne qu’il s’était imaginé pouvoir lui faire oublier Maiko, se transforme en une seconde présence qui lui manquerait. Lorsqu’il l’avait relâché, le visage au neutre, il ne s’était pas attendu à une grande déclaration, pas du tout……mais il n’avait pas été préparé au coup. Il aurait dû. Elle adorait le tabasser!

« Aie! » Il avait fait un pas en arrière, relevant sa jambe pour poser une main sur son tibia douloureux. Elle était folle, absolument folle. « T’es malade? T’as fini de me frapper?! Au cas où tu en doute encore, je ne suis pas masochiste espèce de sadique! » Il avait croisé les bras, et son regard sombre détaillait le visage de la demoiselle alors qu’une fois de plus elle se faisait menaçante. Pourquoi il était parti? Pourquoi hein? Son cœur avait doublé de rythme, et il avait senti les mots lui manquer. Pourquoi …  il avait une raison, une vraie, il avait même des mots pour l’exprimer, mais pour la peine, rien ne lui venait. Ça avait été si facile de le dire à Rei … Maiko… mais en personne, là, alors qu’elle était une fois de plus hors d’elle… le déni revenait comme un réflexe. Il avait soupiré, gardant une distance prudente entre lui et la violente évadée de l’asile. Un air blasé aux lèvres, il avait cherché les bons mots… n’en trouvant évidement aucun. « … Tu le sais très bien pourquoi je suis parti, pourquoi je ne t’ai pas contacté. » .. la colère grimpait, lui donnant un courage qui lui manquait. Elle devait savoir, ne s’était-elle pas assez moquée hein? N’avait-elle pas assez profité de cet attachement qu’il refoulait au plus profond de son cœur. Citant mot pour mot un texto que la dénommée Rei lui avait envoyé, il avait ajouté : « Parce qu’une « femme insensible qui ne me mérite pas » m’a brisé le cœur. »  un sourire triste avait étiré ses traits alors qu’il la fixait, ajoutant d’un ton plus doux, mais au moins aussi blasé, alors qu’il passait une main dans ses cheveux pour cacher son agacement. « Je sais bien que ce n’est pas de ta faute…. Mais moi je…. » sa voix avait faiblit, il avait fixé le sol, un instant, ça n’était jamais facile de dire la vérité… « … Je… je ne veux pas être que ton ami Maiko, je n’ai jamais voulu être que ton ami. Jamais. Tu peux faire la sourde cette fois-ci aussi, mais moi, j’en ai assez. Ça suffit. Même si tu ne le fais pas volontairement, ça suffit, jouer avec les gens comme ça … c’est cruel. » … voilà, il l’avait dit. Dans un acte de pur égoïsme, il l’avait finalement observé, ne sachant trop quoi faire, ne sachant trop s’il devait fuir ou avancer…

Puis, ça l’avait frappé – il est lent, c’est un fait – si elle était Rei, alors………. Alors tout ce que Rei lui avait confié s’appliquait à elle. La solitude, le sentiment d’abandon, la peur… tout… c’était elle. Et la réalisation s’était lu dans son regard, alors qu’il s’adoucissait, que l’éclair de fureur s’estompait pour laisser place à une réelle inquiétude. Il aurait aimé l’enlacer, mais tout contact était proscrit, il le savait. Aussi, plutôt que de se mériter un autre coup, il avait attrapé la poignée de sa valise pour la soulever, sans lui donner son avis. « Le prochain vol est dans 24 heures de toute façon... » … il avait fait un pas, vers la sortie de l’aéroport, vers ces projets qu’il avait eu pour eux, projets qui ne se réaliserait pas…. « Alors laisses moi essayer… ce truc d’amis... » saurait-il un jour lui dire non? Certainement pas. « tu n’as pas traversé l’océan pour repartir sans avoir goûté à tout le fast food que Lady Liberty a à t’offrir… et j’aurai échoué sur toute la ligne si je te laisse repartir encore plus triste qu’avant... » Il avait risqué un sourire, lui tendant une main qu’il n’osait même pas espérer qu’elle saisisse. « Allez-viens. Je ne vais nulle part, et je veux entendre la suite de tes confidences…. Rei. »


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     Mer 8 Mar - 20:38
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Elle se ferait soigner un jour, peut-être, pour ces problèmes de violence. Ou alors, on finirait par sortir un dictionnaire sur ce langage douloureux qu’elle employait de manière un peu trop régulière.
Elle n’avait pas vraiment réfléchi. Les coups étaient partis peu avant les reproches. Quelque part, elle avait dû avoir l’impression qu’elle avait le droit de lui en faire à lui quand elle n’avait pas le droit d’en faire aux autres. Mais d’un autre côté, on ne pouvait pas dire que son cerveau avait été très rapide sur la question. Parce que si elle y réfléchissait bien, c’était surtout à lui qu’elle ne pouvait pas faire de reproches…
Et quand son pied était parti rencontrer ce tibia, elle n’avait pas pensé à tout ce que Han avait pu dire à Rei. Sur le moment, il n’y avait que cet imbécile de Daisuke qui était parti sans un mot. Il n’y avait que la peine, le manque, le vide… tout ce qu’elle ressentait ces derniers temps.
C’est vrai, pour une Maiko, il était facile de se mettre en colère.

Dans d’autres circonstances, elle aurait pu répondre un « bien fait » de manière très mature. Lui dire qu’il l’avait bien cherché. Ou plaisanter que c’était sa manière de le saluer. Mais ces traits avaient gardé une expression contrariée et sa bouche ne s’était pas ouverte. La Maiko d’un autre jour aurait pu également lui répondre qu’il était clairement masochiste vu ses conneries fréquentes. Mais la Maiko de maintenant… oui, elle était peut-être juste fâchée alors qu’elle n’avait pas vraiment le droit de l’être…
Maiko ne le savait qu’en partie.
Mais Rei n’avait pas cette excuse….

Et quand ce « crétin d’ex beau-frère » lui avait répondu, sa bouche qui s’était ouverte pour un nouveau reproche s’était finalement refermée sans qu’aucun son n’en sorte.
La citer alors qu’elle ne savait pas à ce moment-là qu’elle parlait d’elle-même était trop facile. Mais le reproche n’était pas venu, même intérieurement.

Oui, elle avait bien compris que cette femme dont ils avaient parlé, et qu’elle avait probablement rhabillé pour l’hiver, c’était elle. Mais ce qui était pourtant le plus évident venait juste de la frapper plus certainement. Daisuke était Han. Tout ce que Han lui avait dit, Daisuke le lui avait dit…. Et de contrariée, elle était passée à peinée « …. ». C’était possible ça pour une Kotani ? Fallait croire. Parce qu’elle venait bien de le regarder, aucun son n’était venu d’elle, et elle l’avait bien baissé cette tête. Et au final, quand elle l’avait relevé tandis qu’il prenait la parole pour se contredire, elle l’avait toujours cet air peiné sur le visage… coupable aussi sans doute.
A nouveau, ses yeux s’étaient baissés pour regarder la main qu’il lui tendait et qu’elle n’avait pas prise. Puis il s’était passé ce truc étrange pour un Kotani qui parlait à un Serizawa. Encore plus étrange quand le Kotani en question était une Maiko à la mauvaise foi plus qu’évidente « Je suis désolée…. » c’est vrai, elle en était capable de trouver des mots pour n’avoir aucun tort. Elle pouvait même trouver de nouvelles raisons de le frapper. Mais pour ça, il aurait fallu qu’elle s’en veuille moins. Elle tenait à Han… elle tenait aussi probablement à Daisuke… et elle le savait… plus qu’elle ne le pensait la veille ou quand Alfred lui avait parlé… elle le savait de la bouche de Han… elle lui avait vraiment fait du mal. Alors…

« T’es pas obligé. Je peux me débrouiller tu sais. » elle était une grande fille, il le savait bien. Elle pourrait toujours trouver un hôtel et attendre le prochain vol. D’accord, elle était particulièrement douée pour trouver les ennuis aussi mais elle l’était encore plus pour avoir confiance malgré tout.
Mais allez, en 24 heures, elle n’allait tout de même pas détruire New York !

Peut-être qu’une rue ou deux si elle était prudente et ne sortait pas trop de l’hôtel.
Mini Godzilla n’avait de toute manière pas insisté plus sur la débrouillardise qu’elle vantait. Malgré elle, un léger sourire était apparu sur ses lèvres et sans perdre cette culpabilité sur ses traits, elle avait ajouté « ça me fait quand même plaisir, savoir que t’es bien vivant quelque part. »

Oui… même si du coup, il était effectivement en droit de partir sans un mot….
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     Jeu 9 Mar - 2:34
 
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Un souffle, un seul, c’est tout ce qui lui avait fallu pour verbaliser ce secret qu’il enfouissait pourtant au plus profond de son cœur. Et il s’en était sorti sans faire une crise de panique, même si quelque part, ses entrailles grondaient d’avoir laissé échapper un aveu tellement honteux pour son clan – chez les Serizawa, on n’aime pas. Même pas son sang. Son éducation ne l’avait-elle donc pas privé de tout attachement, de toute forme de santé mentale et de saine relation? Si… mais il semblait que son être tout entier se révoltait contre cette dictature du silence et de l’acceptation, ou alors, qu’il avait définitivement perdu la tête en admettant à voix haute un secret qui aurait pu le faire pendre s’il n’était pas prudent. Désirer cette peste-là, c’était mauvais, ça pouvait ruiner sa carrière, et probablement le faire assassiner… Il n’y avait rien de simple à avouer espérer plus qu’une amitié avec sa vis-à-vis, rien du tout même, dans la lignée des femmes avec un palmarès complet d’excuses pour s’en éloigner, elle trônait en tête de liste : quasi-mineure, ex-employée, ex-belle-sœur (inceste indirecte?) et qui plus est princesse du clan du grand ours violent. Ajoutez à cela une idole qui a juré chasteté… Les raisons étaient multiples… mais il semblerait qu’il avait sous-estimé son masochisme parce que là, maintenant, planté devant elle, il était incapable de discerner le moindre jugement, il n’avait qu’une envie, rompre la distance entre eux deux.

Finalement… c’était presque une libération, que Rei soit Maiko, parce que ça lui enlevait l’odieux de s’expliquer, de mettre en mot l’intensité du rejet qu’il ressentait et qu’il avait bel et bien l’impression de mériter. Et aussi… ça répondait à la question qu’il aurait passé le restant de sa vie à se poser : quel que soit l’attachement qu’il avait pour celle qu’il pensait être une inconnue, n’était-ce pas une minable tentative d’enterrer toute forme d’attirance qu’il ait pu avoir pour une Kotani? C’était on ne peut plus clair désormais, que ça aurait été le cas… Plutôt que de la fureur, ou de la tristesse, c’est une vague de haine qui l’avait pris. Parce que des secrets, il en avait avoué à Rei … à elle, il avait bien voulu confesser que depuis une certaine soirée à la piscine de l’hôtel, lui d’ordinaire un fin collectionneur de femelles c’était enfermé dans un célibat stricte. Endurer des étrangères et oublier leur manque d’intérêt dans un sport horizontal ne l’avaient plus intéressé depuis des mois… depuis que quelque part, il s’était mis l’idée stupide en tête qu’il avait enfin une chance d’accaparer celle qu’il désirait depuis des années… Oh stupide espoir, ça ne mène jamais à rien de bon! Il suffisait de regarder les séries de zombies pour voir que les optimistes crèvent toujours en premier!

Il aurait dû fuir, tourner les talons, il était normalement tellement doué pour se prendre pour bambi devant le chasseur… À moins que fuir, il réservait cela à ses responsabilités… ou à son colocataire… il avait avec soin évité Xialei depuis leur engueulade… Et même s’il avait voulu, se complaire dans sa fureur, tourner les talons, la laisser là à se moquer des inépuisables tortures qu’elle lui avait fait subir en refusant de croire un seul mot sortant de sa bouche… Daisuke s’était retrouvé plongé dans une nouvelle vague de folie en lisant dans son regard… une forme de tristesse. Ses propres perles sombres, l’instant d’avant illisibles, fermées, s’était teintée d’une forme de douceur, et il avait cessé de faire la gueule, se contentant de l’observer avec attention… Il n’avait jamais été fort face à cette bouille sur une Kotani. Même son ex-femme. Alors elle… Au diable les résolutions, les promesses de changer de vie, cette tête lui avait extirpé une nouvelle vague de volonté… une nouvelle étincelle d’espoir… Franchement Dai, c’est une question de minute avant que quelqu’un ne veuille bouffer ta cervelle. Ouai bin le zombi, il allait crever de faim!

Alors qu’il tendait la main, comme un parfait abruti, bien déterminé à donner une crédibilité nulle à ses précédentes explications, la choses la plus invraisemblable était sortie de la bouche de Maiko : des excuses. S’il allait ouvrir la bouche, parler, il s’était plutôt retrouvé à la fermer aussitôt, profondément choqué, immobile, la main tendue, comme le roi des cons. Elle venait vraiment de dire ça? Avec cette gueule? En temps normal, il se serait certainement moqué, il lui aurait fait répété, aurait enregistré l’outrage qu’elle venait de faire à ses propres principes d’avoir toujours raison… mais sur le coup, rien. Pas un mot. Elle avait cloué le bec à un Serizawa. Ce n’était pas une mince épreuve! « » … Sous le coup de la surprise, ou de ses neurones qui refusaient de fonctionner, sa main s’était baissée et il avait serré le poing, ne cessant de la dévisager, hésitant entre cette pulsion de nouer ses bras autour d’elle, et celle de creuser sa  propre tombe. Très bas, il avait laissé fuser entre ses dents un : « Ce n’est pas ta faute… » … Tu connais ces mots? … Gracieuseté de Xialei.

Pétrifié sur place, il n’avait pu empêcher un sourire d’étirer ses lèvres alors qu’elle tentait de lui faire gober qu’elle pouvait s’occuper d’elle-même. La belle affaire ! La dernière fois qu’elle avait errée seule dans les rues de la ville, elle avait été victime de kidnapping. Et pour la peine, il n’avait aucune envie de se coltiner la version New-Yorkaise des moumoutiers! Puis, ça l’avait frappé… Maiko était Rei (oui, lui aussi il était long à la détente…). Alors, quel que soit l’air fort et en contrôle qu’elle voulait bien se donner, il le savait, il l’avait lu … elle se sentait seule. Si seule. Surement plus pour oser avouer en des termes peu élogieux, qu’elle était contente de le voir. N’écoutant de sa connerie, il avait fait un pas vers elle, déposant le sac à ses pieds. « Alors si c’est comme ça… » Puis, ça l’avait frappé… Maiko était Rei. Alors, quel que soit l’air fort et en contrôle qu’elle voulait bien se donner, il le savait, il l’avait lu … elle se sentait seule. Si seule. Il ne pouvait quand même pas tourner des talons!

Plutôt que de la planter là, avec ses excuses, avec ses problèmes, il avait profité de ses mains nouvellement libres pour l’attraper et la hisser dans ses bras comme une princesse – Il avait tout appris de son neveu, ce grand Casanova (et il nierait tout si on lui demandait!). Une main passée sous ses cuisses pour la tenir en otage et l’autre, autour de son torse, il s’était penché et avait attrapé le sac. Encore heureux qu’il avait été un fervent abonné du gym et non pas du fast food ces derniers temps! « Je ne te donnes pas le choix. » Bien chargé par sa conquête – ou Buzz – et la valise, il avait décidé de se diriger vers la sortie de l’aéroport. Ils avaient déjà perdu beaucoup trop de temps ici. « Je voulais garder ça pour la fin mais, j’ai déniché une boutique de peluche qui fait trois étages. TROIS. Tu dois voir ça! » … ne pas la laisser parler, c’était une solution pour qu’elle ne le frappe pas non? … Pas vraiment. Il ne savait que trop bien qu’avec une femme de la jungle, les coups venaient vites et souvent! « …Et à l’Agence, ça va bien? Tu aimes ça? Tu dois me le dire quand ils vendront des goodies, Alfred rêve d’avoir ta tête sur le frigo… » … Comme s’Il avait décidé de la prendre par les sentiments, il avait ajouté un : « Je suis désolé tu sais… si je ne t’avais pas menti … tu aurais moins de misère à me croire maintenant… » … Creuser cette tombe? Oh, il était déterminé! « … je pensais vraiment, qu’Akane te manquerait plus que moi, si tu avais à choisir… »  il n’avait pas croisé son regard, les excuses, la franchise, ça n’avait jamais été sa tasse de thé. Pour la peine, histoire de la faire taire, il avait quitté les lieux, sans la lâcher, en fredonnant : « I had the time of my life ~ » Oh oui. Il avait beaucoup trop écouté Dirty Dancing en son absence. Beaucoup trop.

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     Jeu 9 Mar - 8:56
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Oui, elle s’en voulait vraiment. Elle ne faisait pas semblant uniquement pour se donner bonne conscience…. La peine que Rei avait ressentie pour Han, à présent Maiko la ressentait pour Daisuke. Parmi les messages qu’elle avait reçu de lui ces derniers temps, elle avait eu le temps de ressentir la souffrance que lui avait causé la femme qu’elle était en réalité.
Ce n’était pas de sa faute ?
A ces mots, elle avait relevé les yeux vers son aîné et sa tête s’était secouée.
Ça l’était… probablement plus qu’un peu. Parce qu’il lui avait dit et même si elle pouvait se chercher des excuses en disant qu’elle ne l’avait pas cru et qu’au mieux elle avait douté, elle lui avait demandé d’être son ami. C’était injuste. Et égoïste. Une réponse plus correcte aurait été de lui dire qu’il vaudrait peut-être mieux pour eux qu’ils ne se voient plus pendant quelques temps.

Mais parce qu’elle avait retrouvé cet homme qui avait compté pour elle. Parce qu’elle était bien incapable de se séparer d’une personne quand elle avait de l’importance pour elle, elle lui avait fait cette demande en espérant retrouver un peu de leur ancienne relation. Et d’erreur, elle n’avait probablement pas commis que celle-là. Les brides d’une soirée où elle avait consommé trop de Latour lui revenaient en mémoire, en partie. Et ce doute là, il était plus fort que celui qui planait sur les sentiments que Daisuke avait déclaré avoir pour elle.
Il était toujours plus simple pour une Kotani, pour Yasuo et elle en tout cas, de frapper, de s’énerver, plutôt que de trop se montrer… c’est vrai. Mais cette vérité, cette fierté à laquelle elle s’accrochait toujours, elle avait été incapable de la garder maintenant face à lui.

Elle ne savait pas trop pour la suite. Elle s’imaginait probablement se terrer dans le premier hôtel qu’elle trouverait. Passer plusieurs minutes à se maudire avant de réaliser que la vie était bien étrange. Avant de se demander pourquoi il avait fallu que Han soit Daisuke. Peut-être qu’elle aurait fini par regretter être partie de cet aéroport comme ça… mais elle pensait sincèrement maintenant que c’était pour le mieux. Une Kotani avait beau être Kotani, elle pouvait aussi apprendre de ses erreurs.

Mais Daisuke s’était rapproché et elle l’avait dévisagé comme une idiote. Ses pieds avaient quitté terre et cet air d’imbécile sur son visage s’était accentué. Si pour se retenir son bras avait fait le tour de son cou et que sa main s’était appuyée sur son épaule, l’incompréhension s’était lue sous forme de question « Qu’est-ce que tu fais ? » clairement, c’est un kidnapping. Un kidnapping vers le paradis des peluches « Daisuke… » il n’était vraiment pas obligé d’être gentil avec elle. C’était bon. Elle avait compris maintenant. C’est ce qu’elle avait pensé lui dire au lieu de le regarder bêtement avec cette expression médusée… « T’as pas à…. » la porter comme une princesse et donner une excuse aux gens de les dévisager comme deux fous ? Son regard avait croisé celui de ce type qui s’était arrêté, interloqué par la scène. Puis de cette femme qui l’avait regardé un peu envieuse. Plus celui des jeunes niaises… non, ils ne passaient pas vraiment inaperçus et sa main libre était venue plaquer un peu mieux sa casquette Marty sur sa tête « Je peux marcher tu sais… » qui s’en souciait c’était New York après tout et… « Tu ne sais pas ? …. » c’était à peu près là que sa main s’était arrêtée de tapoter sur cette épaule pour demander à ce que ses pieds regagnent terre. Malgré la proximité un peu gênante, elle l’avait regardé avec cette expression peinée « … » et aucun mot n’était d’abord venu.

Non. Ou il n’y pensait pas…. Il n’avait pas encore fait le rapprochement avec cette amie que ses parents avaient rappelé à la maison et qui lui manquait un peu plus chaque jour.
Oui, l’Agence c’était bien. Elle n’allait pas se plaindre de voir son rêve se réaliser après tout… et si Rei aurait probablement répondu « Yue me manque… », Maiko, elle, avait répondu « ça va… » un sourire, un regard qui se détourne et c’était la seule réponse qu’elle avait été capable de lui fournir à ce sujet.
Pour le reste, pour ce « Patrick Time » qui avait provoqué un regard surpris de Maiko avant qu’elle ne souffle un « T’es bête… » et pour Akane…. Pour Akane, ils se trouvaient déjà dehors quand, après l’avoir fixé de nouvelles secondes, elle était revenue sur le sujet « … vraiment très bête même. » … à sa manière en tout cas « … c’était à moi de choisir… et pas à toi de mentir pour m’aider à le faire… ».
Probablement qu’elle ne s’en était pas rendue compte que sa main était passée de son épaule à sa nuque, que ses doigts avaient glissé un instant contre celle-ci tandis qu’elle lui adressait ce sourire désolé « Tu sais, ça ne me dérange pas de t’aider pour ton régime mais je peux marcher… vraiment… »

Demander sans frapper. C’était probablement le signe qu’elle couvait quelque chose.

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     Sam 11 Mar - 1:50
 
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S’il y a bien un reproche qu’on lui avait fait à répétition, depuis son plus jeune âge, c’était d’être impulsif, un incorrigible abruti qui agissait beaucoup trop souvent sur des coups de tête. Sa conscience chinoise lui avait répété dans toutes les langues possibles, avec ou sans coups (généralement avec) et même, par la menace! Hélas, rien n’y faisait! Il avait beau se poser, songer à la meilleure approcher, déterminer un plan logique et infaillible, face aux situations qui sollicitaient la partie émotive de sa cervelle, celle trop souvent refoulée de par l’éducation reçue par sa famille d’automates, c’était comme si son corps avait une volonté propre et qu’un bug de système le poussait à poser des gestes idiots sans avoir précédemment analysé l’impact de la chose. Comme à cet instant précis où il se saisissait de son ex-employée, comme si elle était soudainement devenue une princesse incapable de mettre pied à terre. C’était bête, et s’ils avaient été dans leurs pays d’origine, ça aurait pu leur causer des ennuis à l’un comme à l’autre. Il n’avait peut-être pas cédé sa vertu par contrat, mais il était absolument positif sur une chose : le jour où il serait surpris en publique avec une femme de plus de dix sans sa cadette, il avait intérêt à avoir une fichue bonne raison s’il voulait s’en tirer indemne. Si ce n’était pas Makoto qui trouverait là une raison de se débarrasser de son frère déchu, ça serait le chef des Kotani qui lui proposerait une séparation permanente entre sa tête et le reste de son corps.

Encore heureux qu’ils se trouvent au pays des Burgers, là où ce genre de prouesses crétine n’avait pas d’autre répercussions que d’attirer la convoitise des femmes locale, trop peu habituée à une telle démonstration de sex-appeal. Déjà que sa belle gueule – un calvaire, ce n’était pas facile d’être canon, son neveu aurait compris, les moches avaient la vie facile ! – lui attirait généralement des regards de la part de Cherry locale, si en prime il prouvait hors de tout doute raisonnable que ses muscles de Gaston étaient bien réels… Il avait hissé sa jeune kidnappée contre lui, totalement imperméables aux regards qu’ils attiraient. À dire vrai, il avait déjà du mal à distinguer la suite des évènements dans ses pensées brouillées – l’état de choc – et lorsqu’il revenait un peu à lui, il revivait cette réalisation qu’elle était là, juste devant lui, avec la casquette de sa confidente première… il avait Maiko contre lui et elle ne l’avait pas frappé. Juste ça, juste ce fait, même s’il ne durerait pas, il voulait bien en profiter… Il s’était imaginé que prendre la fuite atténuerait la douleur, le sentiment de vide et de déception d’avoir laissé filer la seule chose qu’il ait un jour voulue dans ce monde… il n’en était rien. Maintenant qu’il l’avait retrouvé, qu’elle le veuille ou non, il ne savait pas s’il aurait la force de la laisser filer.

… Parce que le jour où elle tournerait les talons, reprendrait cet avion sans avoir jamais clarifié les nombreuses bêtises qu’ils avaient fait, chacun de leur côté, il savait qu’il ne la reverrait pas. Que ça serait le point final, et qu’il n’y aurait dans la plaie béante qu’était désormais sa pompe à sang, pas que la jeune danseuse qui lui manquerait. Il y aurait Rei. Rei qui lui avait avoué se sentir seule, Rei qui avait eu la bravoure de le dire, que tout n’était pas si rose, qu’elle avait peut-être, juste peut-être, besoin d’un ami pour la remonter de ce coup du sort. Et perdre Rei… maintenant, alors qu’elle était à peu près le seul lien qui lui restait avec la partie moins automate de sa personne… c’était impensable. Pour la peine, l’ampleur de la situation, la fusion des deux femmes les plus importantes dans sa vie lui revenait en pleine gueule… Et il ne pouvait qu’anticiper la douleur à venir. Plutôt que de se plaindre, ou de s’y attarder, il avait préféré se lancer dans des banalités, lui parler de l’Agence… et surtout, dans une fourberie, chercher à savoir si l’honnêteté qui avait teinté leurs échanges anonymes était également une vertu que la sauvagesse pouvait adopter……Apparemment pas. Là où il voulait de l’honnêteté, il s’était buté à de la fierté Kotani, un vieux démon qu’il connaissait bien. Sa prise s’était resserrée autour d’elle, comme s’il ne parvenait pas à décider s’il voulait la serrer plus fort, ou la laisser tomber. Il se contenta d’un : « Ah bon. » sur le point de replonger dans cette danse de mensonges et de faux-semblants dont ils étaient passés maîtres.

Des masques, il en avait eu des tas avec elle, que ça soit le beau-frère sympathique qui ne voulait rien de plus qu’être un membre de la famille (sur ce coup-là, il se mentait à lui-même, n’osant surtout pas reconnaître l’intérêt probablement déplacé qu’il avait pour sa fée des coupons…) en passant par le patron tyranniques et froid jusqu’au type blasé qui voulait bien être son ami. Il avait menti, joué la comédie, comme on lui avait appris, comme on l’avait forgé, ne surtout pas dévoiler sa vulnérabilité, ses intentions… mais ça devait suffire. Il devait y avoir un point final à ce jeu ridicule de qui est le plus fier … Et il avait décidé de le tracer. Un sourire triste avait flotté sur ses traits, alors qu’il écoutait la demoiselle l’insulter avec douceur, réclamer sa liberté… et apposer un baume sur sa culpabilité. Délicatement, il l’avait reposée sur le sol, laissant cette main posée contre son dos se saisir de la sienne. Puis, une fois qu’elle eut reprit pieds, il ne contenta de l’observer de ses prunelles de jais, demeurant silencieux un instant en ne libérant toutefois ni sa valise, ni sa main.

Le souffle lui manquait, il y avait tant de mots qu’il voulait dire, tant de confessions qu’il voulait faire… sauf que sur le coup, il n’y arrivait pas, il semblait prisonnier de la cacophonie que déclenchait sa pompe à sang en s’affolant de battements frénétiques qui lui martelaient le crane. Ses doigts s’étaient resserrés autour des siens, comme s’Il avait peur, à tout instant qu’elle prenne la fuite. « … Tu as raison… je suis bête…   » rare qu’il le disait lui-même à voix haute, sauf que ça sonnait exact… Il avait relevé son minois, plongeant son regard dans le sien, déglutissant péniblement. La gorge lui brûlait, tous ses mots qu’il s’était juré de ne jamais dire à voix haute… voilà qu’ils le prenaient en otage, demandaient à être verbalisés… et il avait poursuivi, d’une voix un peu rauque, un peu troublée par la franchise dont il faisait preuve : « … c’était stupide de ma part de choisir pour toi. Mais sur le coup… je… » grande inspiration, il avait lutté de tout son être pour ne pas détourner les yeux, cette vérité-là, elle le hantait depuis des années. « … je n’ai peut-être pas été infidèle à ta sœur… mais … je l’ai blessée, et elle ne méritait pas ça. Je n’aurais jamais dû me lancer dans un mariage à sens unique… s’était cruel… » … cruel et nécessaire, il le referait sans sourciller, il le savait. Il n’y a pas une connerie de prescrite quand Naoki est en danger… « … je lui avais déjà fait du mal… je lui avais déjà brisé le cœur, et fait endurer l’odieux d’un divorce… ça me semblait évident qu’au moins sa famille… je lui laisserais intacte... » il avait poussé un soupir, voilà, c’était dit. C’était dit tout haut… et il ne s’en sentait que plus coupable.

Sentant son cœur s’emporter de nouveau, il avait décidé de faire un pas vers la longue lignée des voyageurs attendant un taxi. C’est dans un silence buté qu’il était resté planté là, puis, il avait fini par soupirer et par lui faire face. Une expression très sérieuse trônait sur ses traits. « … on devrait prendre une limousine, sinon, on ne partira jamais d’ici, tu as vu la longueur de la file… » alors que celle pour les voyageurs aisés, pas la populace, était inexistante. Un sourire très doux avait éclairé ses traits, finalement, alors qu’il reposait son regard sur elle, en ajoutant d’un ton qu’il voulait moqueur, mais empreint de cette tendresse bien intentionnée qu’il ne réservait qu’à elle. « Le choix t’appartient … mais qu’on reste ici ou qu’on visite, je crois qu’il est temps que tu me dises réellement comment tu te sens face à l’absence de Yue. » … Il le savait, la confronter à ses démons était mal avenu… mais Rei… Rei lui avait parlé de cette souffrance, et il était hors de question qu’il laisse la jeune demoiselle la refouler et l’ignorer… Sans qu’il ne le réalise, sa main avait relâchée la sienne et s’était à nouveau retrouvée sur as joue, qu’il avait délicatement caressée du pouce. Non, les limites de l’espace personnel, ça lui échappait. Lui et Sae venaient de la même lignée… des crétins! « ... toi et moi on a largement passé l’étape du déni et des mensonges… et tu sais… même si tu en doutes… » … maudite pompe à sang qui reprenait de plus bel son concert. « … si tu as besoin de de chasser l’orgueil un moment… de t’écrouler…   » ses phalanges s’étaient arrêtées sur sa joue, son souffle s’était coincé alors qu’il soufflait, comme une promesse ou un secret… « … sois certaine que je serai là pour te rattraper… toujours. »

electric bird.
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     Sam 11 Mar - 2:37
You are the one I want ! Oh, oh, oh. Honey

Oui ça allait. Evidemment que ça allait. Parce que dans le fond, elle n'avait aucune raison d'aller mal. Ce n'était pas elle qui était rentrée chez ses parents. Ce n'était pas vraiment elle qui allait mal. Non, c'était cette amie pour laquelle elle s'inquiétait. C'était cette amie qui, égoïstement, lui manquait beaucoup trop. C'était injuste, lui donner quelque chose de si parfait pour lui reprendre. Lui offrir le métier parfait, son rêve sur un plateau, avec une cerise en or... sa meilleure amie en collègue. C'était injuste si au final on lui retirait ce qui rendait le rêve beaucoup plus beau. Ne plus pouvoir partager chaque journée avec Yue.... Se retourner pour lui dire quelque chose et constater qu'elle n'était pas réapparue par magie.
... elle le savait, il y avait des personnes qui avaient cent fois plus de raisons qu'elle de se plaindre. Mais ce n'était pas une motivation suffisante pour chasser ce manque qu'elle ressentait depuis le départ de Yue. Depuis celui de Kô. Et oui... aussi un peu depuis celui de cet imbécile qu'elle avait trouvé le moyen de frapper en même pas deux minutes de temps....
Si elle persistait à se montrer aussi violente, la très entourée Kotani qu'elle était ne tarderait pas à vivre en ermite.

Ceci dit, la violence ne semblait plus être au goût du jour. Le Serizawa était épargné et avait même accompli le miracle de la porter à l'extérieur sans se recevoir de nouveaux coups. C'était probablement le jour pour jouer à la loterie. Ou pour scinder la mer en deux.
Et un tel miracle nous apparaissait comme possible quand cette main ne se dégageait pas de la sienne. Maiko l'avait pourtant remarqué. Son regard s'était bien baissé vers elle à un moment mais elle ne lui avait pas retiré. Dire qu'elle n'y avait pas pensé pourtant aurait été un mensonge.
Est-ce qu'elle avait vraiment le droit de laisser faire maintenant qu'elle savait tout le mal qu'elle lui faisait ?
S'il en avait envie et puis....

Coupée dans sa réflexion par l'aveu, évident, de son aîné, ses yeux avaient retrouvé le sien et elle n'avait pas pu s'empêcher de hocher la tête. Elle ne le frappait plus, il y avait du progrès. Ne plus dire qu'il était idiot, on aurait pu l'emmener directement aux urgences en déclarant qu'elle était probablement à l'agonie.
Sans l'interrompre, elle avait écouté une explication qui avait le mérite d'être présente au contraire du soir où il lui avait avoué la réalité. Pourtant, cette histoire, elle ne parvenait toujours pas à la comprendre. Autrement ses sourcils ne se seraient pas froncés, elle ne l'aurait pas regardé plusieurs secondes, sa bouche ne se serait pas ouverte pour une question qu'elle n'avait pas posé au final.
A la place, après un temps, sa tête s'était secouée et sa voix s'était fait entendre pour autre chose « Tu sais... je pense que j'en voudrai moins à Akane aujourd'hui si vous n'aviez pas menti... parce que la voir faire comme si... se comporter en victime, en rajouter des tas... je suis déçue... quand au final j'aurai peut-être fini par comprendre... » oui, en gros, il s'était fait détester pour rien. Voilà qui devrait lui remonter le moral. Mais elle n'y avait pas pensé quand sa langue s'était déliée pour demander enfin ce qu'elle ne parvenait toujours pas à comprendre « Daisuke... si tu l'aimais pas ma soeur, si tu l'as jamais aimé... pourquoi tu l'as épousé ? J'veux dire, c'est pas comme un épisode d'une série pourrie... on n'est pas exactement les mieux placés pour vos trucs de mariages arrangés... on arrive probablement même en dernier. »
Ouais, à la cour, c'était comme si le Roi mariait le troubadour, ça n'avait aucun sens !

Comme prendre une limousine vu la tête de la Kotani quand le Daisuke l'avait mentionné « Une quoi ? » limousine Maiko. Tu sais, c'est ce truc long de riche qui vaut... allez, c'était l'alimentation d'une famille pour combien de jours ?
Donnez lui le prix, elle serait capable de vous le dire. Enfin, sauf si Daisuke décidait de continuer sur le chemin de l’honnêteté, du dialogue, des confidences.... Et sur le coup, l'air choqué avait devancé l'air peiné.
C'était Han.
... évidemment qu'il lui demandait... c'était juste étrange de le voir faire avec la tête de Daisuke. Et l'imbécile qu'elle était l'avait dévisagé plusieurs secondes alors que la main de son ancien patron se trouvait déjà sur sa joue.
Il était... il était...
Perturbant ? C'était probablement l'adjectif qu'elle cherchait ...

« Daisuke... » ou Han... là, d'un coup... il y avait comme une confusion. C'était une seule et même personne, elle avait beau se le répéter, c'était trop bizarre de voir son ancien beau frère se comporter comme l'homme avec lequel elle avait discuté tout ce temps par des messages.
Vraiment ?
... dans le fond, si elle prenait la peine d'y réfléchir, elle en trouverait des points communs, ... entre Han et le Daisuke qu'elle avait côtoyé avant que tout ne foire entre eux. Et oui, cette affirmation qu'il venait de lui dire... il y avait eu une période où elle le savait, qu'il ne la laisserait jamais tomber... malgré la fierté Kotani, elle l'avait su cette vérité à un moment « Pourquoi t'es aussi cool ? » hein ? Est-ce qu'il tournait la scène d'un drama ?
Cette pensée stupide, qui était en fait une question tout à fait sérieuse pour la Kotani, ne l'avait pas empêché de le dévisager quelques secondes de plus « Pardon... » d'avoir cassé sa réplique classe ? « ... j'y penserai. »

... à lui donner ce rôle là....
Fierté ou non... Kotani ou pas... est-ce qu'elle n'avait pas besoin de son Han en ce moment ?


 
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