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 Don't you know? ¤ Mirai & Kiyoshi

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     Mer 7 Juin - 2:58
 
Don't you know? Kisses are promises
Kiyoshi & Mirai

Mirai connaissait ce Kiyoshi-là. Il le connaissait même trop bien. Celui qui est incapable de se protéger autrement qu’en pilant sur les autres pour être sûr d’être au sommet de la montagne, se foutant éperdument de l’état de ceux qui tombaient sous son chemin. Il l’avait eu sur le dos trop longtemps dans son enfance pour ne pas le connaître. Il lui avait pourri la vie, et avait fallu que Mirai connaisse sa version plus calme, plus gentille, pour comprendre que son ancien voisin n’avait que cela comme moyen de défense. Si lui-même avait opté pour la défense, l’autre optait pour l’attaque. Grimper dans les rideaux, embarquer dans le jeu, c’était justement ce qui motiverait Kiyoshi à continuer de lui taper sur la tête.

« Arrête. Tu sais autant que moi que tu essaies juste de me rabaisser. Me semblait que tu m’avais promis de ne pas me recommencer ce manège-là quand tu t’es excusé.» Il essayait le plus possible de rester calme, même s’il savait que ne pas se laisser descendre pourrait stresser Kiyoshi et le motiver à s’y mettre de plus belle pour être sûr d’être une hauteur d’avance sur Mirai. « Justement, si je ne suis pas aussi combattif que tu le pensais, je ne suis pas une menace. Tu as assez de jus pour avoir le dessus, arrête. C’est assez. » Il n’avait jamais tenu tête à ce point-là à quelqu’un. Habituellement il optait pour l’évitement, ignorant les commentaires désobligeants et les laissant couler comme de l’eau sur le dos d’un canard. Kiyoshi avait toujours su l’affecter, et l’ignorer ne donnerait rien et clairement lui riposter non plus. Il devait se tenir plus droit, même si ça lui faisait mal. Il ne devrait pas avoir à justifier que ce soit Kyosuke qui l’ait aidé à se retrouver une voie. Si Kiyoshi avait été à ses côtés quand c’était arrivé, il l’aurait écouté comme il l’avait fait avec Kyosuke. Seulement, l’aîné des deux n’était justement pas présent pour Mirai à ce moment-là. Il n’avait aucun droit de lui faire subir ses sautes d’humeurs. Donner le point à Kiyoshi était la seule option possible pour calmer le jeu, il savait son vis-à-vis comme étant beaucoup plus sensible qu’il ne voulait le montrer et jamais il ne céderait, il continuerait à taper sur le clou tant que Mirai lui donnerait des marteaux pour le faire. Pour éviter ça, il devait se calmer.

Enfin, il essayait, parce qu’il avait tant de raisons à rispoter à Kiyoshi qu’il continuait de répondre, même si c’était des accusations. Il était prêt à prendre le blâme pour bien des choses, mais pas pour les actions que l’autre avait commises par lui-même et qui l’avait tant blessé… voir même blessés tous les deux.  « Tu sais très bien que je me fous de tout ce que le voisinage avait à dire. Tu sais aussi que mes parents et ta mère n’en ont rien à faire. On était amis, on était bien, non? Sinon pourquoi on se voyait tous les jours? » Il n’était peut-être pas le crayon le plus aiguisé de la boîte, mais il était quand même aiguisé un peu. Kiyoshi avait mal et ça allait bien au-delà de leur conversation. Il était si brillant et il connaissait Mirai mieux qu’il l’admettrait jamais, donc s’il en était à se faire des idées pareilles, surtout l’idée que leur amitié n’était pas suffisante, c’est qu’il était motivé par autre chose à penser ainsi. Le futur acteur ne savait pas quoi, il n’était pas perspicace comme un certain Chinois, mais il voyait bien que quelque chose clochait. « J’ai beaucoup trop de respect pour toi pour faire ce que tu me soupçonnes d’avoir été près de faire. Je n'aurais jamais risqué de tout perdre pour quelque chose qui ne m’était pas du. Tu ne me devais rien autre qu'être mon ami.» Un ami, c’était si difficile à avoir? Kiyoshi était même dans ses meilleurs amis avant que tout foire. En quelques mois, il était passé du pire cauchemar de Mirai à une personne qui lui était si chère que ne plus le voir lui coupait parfois le souffle s’il pensait trop à son absence. Il se serait pilé 20 fois sur le coeur avant de s'imposer avec ses sentiments considérés comme malsains aux yeux de la majorité de la société. Quand tu aimes quelqu'un, tu dois apprendre à respecter qu'il se peut que tes sentiments ne soient pas réciproques. C'était un concept qu'il s'était soumis à appliquer et qui était à la base même de sa relation avec Kyosuke. Bien qu'il se doutait que parfois son amant voudrait bien avoir le coeur saccagé de Mirai, jamais il ne lui en parlait, il se contentait des quelques noms affectueux qu'il recevait de temps à autres. Mirai avait même essayé de se convaincre de dire les fameux mots si importants, il s'était poussé jusqu'à en pleurer, mais il n'en avait jamais été capable. À chaque fois, Kyosuke avait compris, non sans le gronder d'avoir cherché à se mentir à lui-même.

« Si je n'avais pas le bagage des six dernières années... Je te dirais que c'est bête, oui... Mais... Il m'aime, beaucoup trop pour son bien. » Pourquoi est-ce qu'il expliquait cela à Kiyoshi, ça n'allait rien faire d'autre que de rempirer le tout.  « Je ne serai jamais capable de l'aimer, il le sait. Il m'a relevé lorsque j'étais en ruines, il sait que je suis allé au bout de ma capacité, que j'ai tellement mal. Je ne mérite pas tout ce qu'il fait pour moi mais je reste parce que ça me fait du bien... Au delà d'être bête, c'est tellement égoiste... C'est un prince charmant, mais pas le mien... » Il se sentirait coupable jusqu'à la fin de ses jours pour chaque soir qu'il a empêché Kyosuke de décrocher de ses sentiments. Encore, pourquoi il disait cela à Kiyoshi? Quelqu'un qui le connaissait mal dirait que c'était une vengeance, qu'il voulait montrer à son premier amour combien il l'avait ravagé, mais non, il voulait s'expliquer. La question était posée, il fallait y répondre. De plus, Kiyoshi ne pouvait pas prendre le blâme à lui seul du coeur brisé de Mirai. Il en avait fait beaucoup, mais Sae avait terminé le travail. Si Kiyoshi lui souhaitait un plan A, il le souhaiterait longtemps, car Mirai avait juste arrêté de penser qu'il se trouverait quelqu'un.

Quant à l'ex-athlète, il souhaitait juste que Kiyoshi sèche ses larmes lorsqu'il s'était approché pour prendre son visage et lui offrir ses pouces pour essuyer ses yeux humides. Voir la personne que l'on aime se mettre à pleurer, c'est absolument insupportable. Mirai l'a déjà dit qu'il adore les yeux de Kiyoshi, n'est-ce pas? Et bien il les préfère clairs et sans larmes. S’approcher pour le rassurer était la façon la plus naturelle pour Mirai, mais il oubliait souvent qu’il n’était pas comme le commun des Japonais. Il touchait beaucoup trop pour que cela soit acceptable. Bien qu’il sache comment se tenir en public, dès qu’il tenait à quelqu’un, il avait besoin d’être près d’eux. Sa famille, ses amis et ses partenaires avaient tous appris sa nature à être plus enclin au toucher que la normale, mais Kiyoshi ne faisait pas partie d’aucune de ces catégories et la réalisation lui rentra dedans comme un train lorsqu’il sentit le frisson traverser le plus grand. Oh non, il venait de gaffer, solide. Aussitôt que son vis-à-vis s’était éloigné, les yeux de Mirai étaient devenus ronds comme des billes. Il n’aurait pas dû, il aurait dû réfléchir… et d’entendre Kiyoshi spécifier de ne pas le toucher et bien ça rendait le tout encore pire. Peut-être qu’il n’avait pas de reproches de la part de l’autre, mais lui-même était en train de se faire la morale mentalement… jusqu’à ce que Kiyoshi lui donne des explications, ce qui le stoppa immédiatement dans ses reproches envers lui-même. Ça clochait. « ...même tes sœurs? » avait-il couiné, incrédule. Il savait qu’il y avait plusieurs branches aux Matsuda, Kiyoshi avait déjà mentionné des cousins, mais s’il y avait une chose que Mirai pouvait jurer sur la tête de son propre petit frère, c’était que Kiyoshi aimait profondément ses deux petites sœurs. S’il ne tolérait pas que ses sœurs le touchent, même un câlin, alors Mirai était sûr et certain que personne ne serait un jour capable d’approcher Kiyoshi sans qu’il frissonne comme il venait de le faire. L’idée lui fendait le cœur, mais lorsqu’il était question de son ancien voisin, plusieurs choses lui fendaient le cœur.

…avoir tort sur ses connaissances par rapport à son vis-à-vis faisaient partie des choses qui lui coinçaient la poitrine.  Entendre le rire vide de l’autre, c’était la preuve que Mirai se trompait sur ses mécanisme de défense. Lorsqu’il ne tapait pas sur la tête de quelqu’un, il trouvait à rire, surtout si c’était pour rire de lui-même. Un rire qui au lieu de le faire sourire en retour, lui donnait envie de pleurer… comme si ses larmes actuelles n’étaient pas suffisantes. « J’ai… J’étais fâché contre moi-même. » Étrangement, c’était exactement comment il s'était senti. Fâché de ne pas avoir réussi à être quelqu’un qui méritait une explication. « J’ai jamais été fâché contre toi… Jamais dans les six dernières années. » La précision était importante. Mirai avait été profondément en colère contre Kiyoshi toute leur enfance, jusqu’à ce que son voisin vienne le voir pour s’excuser au début de ces fameuses vacances d’été. Après la fin désastreuse de ces mêmes vacances, non, il n’avait été fâché autre que contre lui-même. Si bien qu’il n’avait pas réfléchi lorsqu’il avait fait sa déclaration, beaucoup plus intense qu’il ne l’aurait faite il y a six ans. Il avait eu une demi-douzaine d’années pour se faire un scénario de ce qu’il ferait ou dirait s’il voyait son premier amour et on était loin de là. Si bien qu’il en tremblait et il avait les yeux humides, tellement qu’il se demandait s’il allait réussir à ne pas réellement pleurer en entendant rien d’autre que l’unique syllabe qui avait traversé les lèvres du plus grand. Il aurait dû se taire, finalement. Il ne voulait pas faire fuir Kiyoshi. Il ne pourrait jamais autant comprendre ce que Kyosuke lui disait lorsqu’il jurait qu’il n’y avait rien de plus important à ses yeux que d’avoir Mirai près, peu importe comment, juste d’être capable de lui parler. Mirai ne voulait rien de plus de Kiyoshi à cet instant précis : être en mesure de continuer de le voir. S’ouvrir la trappe sur ses sentiments était tout sauf un pas en cette direction, et il en avait tellement honte qu’il trouvait le pavé sous leurs pieds très intéressant.

Il avait gardé la tête basse jusqu’à ce qu’il entende son nom. Ce nom qui lui avait déjà apporté tant de problèmes prononcé par la personne qui venait de le dire mais que lui-même avait toujours aimé. Bien qu’il ait parfois souhaité ne pas le porter, il avait toujours une satisfaction à le signer. En ce moment, il aurait préféré s’appeler Yukishige, mais il avait tout de même relevé les yeux suffisamment pour voir la main de Kiyoshi se tendre vers lui. Soudainement c’était lui la biche devant la voiture. Il semblait qu’il détestait les contacts, qu’est-ce qu’il faisait à initier un mouvement vers… le sac à dos. Le plus petit relâcha le souffle qu’il retenait dès qu’il sentit son sac bouger contre son dos. Hors de question de sortir Kiyoshi de sa zone de confort plus que cela.

« Je… Je suis vraiment content de te revoir aussi. » Sa voix tremblait, il était vraiment stupide. Reprend-toi, crétin! Comment pouvait-il, lorsque Kiyoshi était maintenant celui qui disait des bêtises?!  Au fur et à mesure que l’autre parlait, il secouait de plus en plus la tête. « Tu n’as pas à être désolé, tu n’as rien à rattraper, tu ne me dois rien. » Lui aussi essuya ses larmes avant de continuer, un petit rire incrédule lui traversant les lèvres. « Je ne te mentirai pas en te disant que ce qui s’est passé il y a six ans n’a rien à voir avec ma situation actuelle mais Kiyoshi…. Ce n’est certainement pas toi qui m’as donné le coup de grâce. » C’était très méchant envers Sae, mais en même temps, elle était autant coupable de l’état de Mirai que Kiyoshi. Il faudrait probablement le blâmer lui-même aussi, n’ayant pas parlé de ses cicatrices en lien avec ce fameux été de ses 16 ans. « Ce n’est pas me contenter de quelque chose. C’est ce que je veux. Je ne peux pas t’expliquer six ans en dix minutes mais… j’ai eu suffisamment mal. » Kiyoshi, Sae… il porterait les marques de ses sentiments toute sa vie. Sa première solution l’avait marqué aussi, et il détestait profondément Yuya pour l’avoir blessé encore plus. Kyosuke lui avait offert une solution qui lui faisait le moins mal. « C’est inacceptable de me protéger? » La voix lui avait manqué alors qu’il couinait tout bas, regardant ses pieds. Il ne se protégeait pas vraiment, il avait mal autrement, en se noyant continuellement dans sa culpabilité, en détestant son cœur pour ses malfonctions tout en sachant qu’il n’aurait pas de regrets le jour où Kyosuke trouverait la bonne personne.

Il aurait voulu ajouter quelque chose, mais il venait d’entendre quelque chose qui l’alarmait encore une fois. Si Kiyoshi n’avait pas répété le ‘personne’ dans ses paroles, Mirai se serait simplement dit que son vis-à-vis n’avait pas trouvé sa perle rare encore, par contre il y voyait maintenant autre chose en attendant cette insistance. Comme si Kiyoshi était en colère contre lui-même. « Personne… » Répéta-t-il lui-même, très lentement, en observant le visage rougissant de l’autre trainee.

« …Kiyo-kun, tu as terminé tes cours pour ce soir? On devrait aller ailleurs, tu penses pas?» Il était hors de question qu’il tente d’en savoir plus dans un lieu où n’importe qui pourrait les entendre. Ils étaient mieux d’aller ailleurs.

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     Mar 11 Juil - 22:34
 
Don’t you know? Kisses are a curse.  
KIYOSHI & MIRAI

Il s’était incliné vers l’avant un instant en sentant tout le poids du monde s’abattre sur ses épaules alors qu’il affrontait le regard de son vis-à-vis. Il s’en était douté, au moment où il prenait la fuite lâchement, que cela aurait des conséquences désastreuses sur son ancienne victime. Il le savait, comment aurait-ce pu en être autrement, le sportif était d’une telle émotivité… mais il ne s’était pas imaginé que son comportement laisserait des plaies encore béantes des années plus tard. Il n’avait pas envisagé que le mal qu’il souhaitait à s’épargner à lui-même, il le causerait à un autre… et s’il avait su, aurait-il quand même agit comme un bambi en pleine chasse? Probablement, c’était cette réalisation, plus que toutes les autres qui lui retournaient les entrailles. Autant ça le peinai de voir ce qu’il avait fait endurer à Mirai autant… il n’était pas prêt. Pas prêt à affronter la musique, à regarder en face cette déficience qui le caractérisait, à mettre des mots sur l’incapacité qu’avait son enveloppe corporelle à chercher le contact, à chercher des sentiments. Pour lui, tout était noir ou blanc, et dans cette réalité tranchée au couteau, être ami avec son ancien voisin était impensable. Comment aurait-il pu se tenir à ses côtés, sentir sa pompe à sang s'affoler et le reste de sa personne se crisper et prétendre que c’était une complicité amicale des plus banales. Non. Mirai était un poison, il l’avait été du moins, pendant cet été maudit, il en était venu à lui faire douter de ses attirances, de sa normalité, il l’avait même forcé à chercher de l’aide vers des thérapies… douteuses.

Mais il avait seize ans, il ne savait pas ce qu’il voulait, il explorait comme on dit… était-ce encore la même chose désormais ? Certainement, son cœur avait redoublé d’intensité en voyant le jeune homme, mais il la confusion était plus sobre. Il savait désormais, qu’il ne souhait pour rien au monde se lancer dans ce genre de relation mauvaise, sale, il ne voulait pas que Mirai l’approche, même pas un peu… mais alors pourquoi diable n’était-il pas prêt à faire taire cette pointe de jalousie? Pourquoi ça l’énervait autant qu’il ait dans d’autres bras alors que pour rien au monde il ne voulait l’accueillir dans les siens? Lui-même ne s’expliquait pas la chose. « C’est une drôle d’amitié ça! Et après tu veux me demander de signer pour le même genre de traitement? Ça ne se fait pas… abuser des gens… si tu tiens vraiment à quelqu’un, et surtout si tu sais que tu ne pourras jamais lui donner ce qu’il veut, tu devrais le laisser filer. » Un bon conseil, un conseil qu’il appliquait à la lettre depuis cet été-là… il y a 6 ans. Ça aurait certainement été plus simple si Marai n’avait pas flanché pour Kyosuke, s’il avait trouvé une petite amie, s’il avait affiché son attirance pour le sexe opposé, il aurait été moins intimidant pour notre grande perche. C’est probablement pour cela qu’il avait pincé les lèvres en l’écoutant parler de Kyosuke, l’infâme Kyosuke. Et fidèle à son habitude, quand la jalousie gagnait chez lui, il avait piqué exactement où ça faisait mal : « … tu pleures beaucoup pour quelqu’un qui reste parce ce que « ça fait du bien » je trouve. » ce fut sa seule constatation alors que lui-même était proie à des larmes qui perlaient dans ses yeux sombres. Pourquoi l’idée de savoir son ancien « ami » avec un autre homme le rendait-il si énervé ? Il pouvait sentir cette colère gronder en lui, cette petite partie de lui hurler que ça ne devait pas se passer ainsi.

Il était tellement préoccupé par la situation qu’il en avait oublié de contrôler ses larmes. Larmes que son vis-à-vis avait tenté d’essuyer. Devant la tentative de consolation tactile du plus petit, il s’était décalé brusquement, sans réfléchir, enveloppant sa personne de ses propres bras en se coupant de tout contact. Il ne le disait pas, mais ce bref impact avec eu l’effet d’une brûlure, il pouvait sentir ses entrailles se tordre et l’angoisse le prendre, vraiment, il n’appréciait pas se faire surprendre de la sorte. Même les rares personnes dont il tolérait le contact – et encore – devaient le prévenir AVANT d’entrer dans sa bulle. Il lui fallait une préparation mentale pour ne pas défaillir. Évidemment, Mirai n’avait pas prévenu, pourquoi l’aurait-il fait, il n’avait pas l’habitude de contourner les défenses d’une loque humaine. Autant Kiyoshi était rebuté par l’approche, autant il ne pouvait pas lui en vouloir… comment aurait-il pu savoir. Ce n’était pas normal, de réagir aussi fort, de souhaiter aussi profondément demeurer isolé. Il n’avait pas souhaité qu’on le touche, ni maintenant, ni jamais, et de ne pas avoir eu le temps de s’y préparer avait suffi à déclencher chez lui une vague de panique qui lui donnait la nausée. Il n’avait qu’une envie, s’enfoncer dans son mutisme, tourner les talons et ne plus jamais le revoir. La solution facile quoi. Mais il avait devant les yeux les vestiges de sa dernière fuite… il ne pouvait quand même pas laisser cet affront sans explications, pas quand il sentait dans les yeux de son vis-à-vis, aussi ronds de des balles de tennis, toute l’incompréhension que sa réaction vive avait causée. Des mots… il lui fallait user de mots.

Peut-être que l’ancien joueur de basket ne le remarquerait pas sur le coup, mais l’effort surhumain qu’il avait dû faire pour parler, pour trouver assez de souffle pour avouer avec une certaine honte et un rictus d’autodérision qu’il était brisé à bien des égards, il l’avait fait pour lui. Parce que quoi qu’il dise, il n’avait jamais voulu lui faire du mal. Pas à ce point, pas maintenant, et parce que c’était Mirai, précisément pour lui, il voulait bien encaisser un peu de la douleur et faire l’effort de se confesser. « Je... » sa voix n’avait été qu’un couinement, et devant l’incompréhension du plus petit, il s’était reculé d’un pas et séché ses larmes, comme si au minimum, conserver un visage impassible lui donnait contenance. Il avait reporté son attention sur ses pieds en soupirant avec un nouveau rire faux, las, triste, un rire qui voulait tant bien que mal prétendre qu’il s’en fichait bien, de ce vide, de cette crainte qui lui broyait le cœur à chaque seconde. Que n’aurait-il pas donné pour être juste… normal. Plus faible encore, il avait avoué : « Non. Ni Sayu-chan, Ni Satsu-chan … et encore moins ma mère... » Toshi, il n’y avait que Toshi. Et c’était bien parce que son ainé avait mis des années à tester les limites de sa tolérance, à s’annoncer avant ne serait-ce que de lui replacer une mèche de cheveux. Oui, il n’y avait eu que Toshi pour mettre assez de temps et d’effort à gagner sa confiance, à lui offrir cette certitude que quel que soit le contact qu’on lui imposait, il était le seul maître quant au moment où il arrivait, et à celui où il arrêtait.

Il avait soupiré à nouveau en sentant son sang se glacer devant les aveux de l’acteur. Ne pouvait-il pas tout lui pardonner aussi aisément? Autant le fait qu’il déclare ne pas lui en avoir voulu lui enlevait un poids, autant la culpabilité l’étranglait d’avantage. Il aurait été préférable pour lui de le mépriser, de l’haïr, de ne surtout pas se laisser avoir par la pitié qu’il pouvait lui inspirer… Et pourtant, son ton s’était presque attendri, une seconde, alors qu’il marmonnait d’un ton réprobateur mais doux : « … Ça aussi c’est bête. Je pourrais te faire une liste des raisons pour lesquelles tu devrais m’en vouloir. Ça serait plus facile… » … À commencer par sa lâcheté, par ses mensonges, et par le fait qu’il venait de lui dire ouvertement être hétérosexuel à cet instant précis alors que la vérité était beaucoup plus complexe. Tordue, étrange, il n’avait pas la moindre idée de l’énergumène qu’il était et en toute franchise, il avait une peur monstre de le découvrir. Cette absolution dont il héritait n’arrangeait rien. « Je ne te dois rien Mirai? …. J’ai mal agis… alors pour les comptes à rendre… Si… un peu quand même. Tu ne vas quand même pas m’enlever ça avec ce ton de grand sage… t’as vus comme t’es rendu sérieux… sans mon sarcasme! » les deux pas arrière qu’il avait fait plus tôt, il les avait fait vers l’avant. Sans vouloir le toucher, une petite partie de lui avait envie de l’avoir tout près, de savoir qu’il était à distance de bras, si jamais l’envie lui venait de le toucher, de lui prendre la main….. envie qu’il n’aurait pas, hurlait son déni! Histoire de changer l’atmosphère lourde, il avait néanmoins ajouté, d’un ton de confidence :« … Bah, en même temps on dit que les filles vieillissent plus vite que les garçons, tu portes bien ton nom. »  La moquerie classique, qui lui avait pourtant dit d’un ton plus doux cette fois, avec une petite étincelle d’amusement dans les yeux comme si c’était une blague entre eux deux et pas une insulte.

Il avait même poussé la délicatesse jusqu’à très très doucement poser sa main sur le sac de l’acteur avant de se raviser. Quoi qu’il en soit, c’était presque trop bien de le retrouver, de l’avoir à nouveau à portée. Cette constatation l’angoisserait plus tard. Probablement. :« J’ai fini oui… alors si tu veux…. Enfin… » c’était son tour de tourner nerveusement ses mains comme s’il avait peur du refus.  :« … on pourrait aller manger quelque chose? Je dois justement mettre ma liste noire à jour, alors tu pourras me raconter qui a fini de te briser le cœur autour d’un repas? Et puis, si on est assis tous les deux, t’as presque l’air d’un géant, je sais que t’adore ça! » nouveau sourire en coin, juste comme ça, il pouvait presque y croire à cette amitié, à ces sentiments pures, à ne jamais avoir à lui donner plus, de toute façon, il avait Kyosuke pour ça… non? Entamant le chemin vers la sortie de l’école, il avait quand même ajouté, à l’intention du jeune homme : « C’est probablement mieux qu’on fasse la paix. Sayumi-chan et Satsuki-chan n’ont pas encore fini par choisir laquelle des deux allait t’épouser. Je vais devoir m’y faire à t’avoir dans la famille de toute façon. » Il profita de la distance qui les séparaient pour texter un « SOS SANASA » à son cousin bienaimé, espérant que quelqu’un en ce monde pourrait le sauver de ses propres tourments.


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