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 I belong to you, say you'll haunt me ft. KAZUYA

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     Mar 6 Juin - 1:25
 
I belong to you. Say you'll haunt me
KAZUYA & HEAVEN

Tout s’était déroulé terriblement rapidement, une seconde, elle luttait contre le mélange de fureur et d’angoisse de voir l’idole dans un état tout simplement pitoyable qui lui tordait les entrailles, et l’instant d’après? Elle se retrouvait agenouillée sur le sol à attendre qu’une ambulance vienne se charger de la loque inanimée qu’était devenu son ex-petit ami. Le voir inconscient avait fini de l’achever, elle avait senti son cœur s’arrêter de battre normalement, son souffle s’accélérer, et cette vieille amertume d’angoisse lui revenir en bouche. Dans son existence, elle avait connu la peur, a plusieurs reprises, la peur de mourir, la peur de s’étouffer dans sa propre honte d’avoir une fois de plus perdu un enfant… mais rien de comparable à ce qui avait grimpé en elle, l’avait pétrifié, alors que l’abominable idée qu’il n’ouvrirait plus jamais les yeux lui avait traversé l’esprit. Elle était dans un état second, incapable de poser le moindre geste, incapable de réfléchir, et même si elle tentait de se souvenir comment elle s’était trouvée dans le couloir immaculé d’hôpital, elle en aurait été incapable. Tout ce qu’elle pouvait voir, encore et encore, c’était ce moment où il s’effondrait devant elle, ne lui laissant rien de plus que le regret pesant de n’avoir pas su arranger les choses avant de le perdre…

Comme quoi, ils seraient deux à endurer cette torture aujourd’hui. Lorsqu’elle reprit ses esprits – partiellement grâce à l’aide d’une préposée qui l’avait guidée devant la chambre dans laquelle le jeune homme avait été installé, Heaven avait l’impression de vivre un cauchemar. Les choses ne devaient pas se dérouler ainsi! Elle n’était pas celle qui devrait se tenir devant une porte vitrée, tétanisée à l’idée d’affronter ce qui se tenait de l’autre côté. Ses doigts tremblaient alors qu’elle les avait posés sur la poignée. Et si le diagnostic était sans issue hein? S’il avait finalement réussi à s’envoyer assez d’alcool et dieu sait quoi d’autre, pour bousiller de façon irrémédiable son système? Ses perles océaniques s’étaient posées sur la poignée et, malgré l’angoisse qui la retournait, elle était demeurée immobile, plus d’une seconde sans se décider à franchir le seuil. Son pauvre cœur battait à un rythme catastrophique, au point où elle se demandait réellement si c’était une crise ou la situation qui allait l’achever. Sur le pointe des pieds, comme qui elle craignait de trouver son repos et l’air un minimum plus détendu que lui donnaient ce que les médecins avaient dû lui donner pour améliorer son état, Heaven s’était approchée de la porte, l’avait entre-ouverte, avant de la fermer immédiatement sans trouver en elle la force de franchir le seuil.

Si elle avait eu un peu plus de calme en elle, probablement de boucle d’or se serait surprise à constater qu’elle éprouvait très certainement ce mélange de fureur, de peur et d’auto-accusation qui avait dû l’étouffer lorsque les rôles étaient inversés. Tout était de sa faute. Plutôt que de l’aider, elle avait fait des conneries, elle l’avait poussé à bout, s’il était dans ce lit, elle était la seule à blâmer… de ne pas avoir pu le protéger, le soutenir comme il le méritait. Pour l’amour du ciel, elle ne pouvait même pas franchir le seuil d’une porte! Idiote! Le dégoût qu’elle éprouvait pour elle-même était cuisant, assourdissant. Elle s’insultait en pensée, encore et encore, de ne pas pouvoir faire ces quelques pas. Si elle en avait eu la force, elle aurait aimé lui prendre la main, lui dire que tout irait bien, n’était-ce pas ce que les couples devaient faire? Il y a pourtant longtemps qu’ils n’en étaient plus un… Comment avaient-ils pu en arriver là, étaient-ils idiots à ce point? Elle devait délirer elle-même pour penser que cette accumulation de conneries – elle avait presque marié un chinois! – était réellement une belle montagne de mauvaises décisions qu’ils avaient fait l’une après l’autre. Était-il trop tard? Un profond soupire avait franchi ses lèvres alors que l’incompréhension revenait en flèche.

Elle lui dirait quoi, s’il ouvrait les yeux? Il avait déjà fait son deuil, il la traitait comme un fantôme, comme une carcasse, n’était-ce que cela qu’il attendait d’elle ? Qu’elle disparaisse pour de bon? Heaven s’était mordu la lèvre, toujours figée, pétrifiée. Elle craignait que ça ne devienne réel, qu’il y ait des mots, un diagnostic sur son état si elle allait le voir. Elle qui pourtant se vantait de sa force, de sa vivacité, elle ne parvenait pas à y aller. Pas du tout… Et maintenant? Elle faisait quoi? Elle ne pouvait même pas se convaincre, avec certitude, qu’il serait heureux de la voir s’il ouvrait les yeux… ou qu’il les ouvrirait. Un jour. Clairement, elle avait besoin de caféine. Et de sortir de cette torpeur. Non sans avoir validé qu’il était toujours inconscient, elle s’était faufilé vers la machine à café la plus près. Le silence, la solitude, pour une fois, elle appréciait presque les murs blancs. Figée devant la machine dont elle connaissait le fonctionnement par cœur – elle était, après tout, une habituée des hôpitaux, elle n’avait pas aperçu l’infirmière approcher, poser une main sur son bras et la faire sursauter alors qu’elle le dévisageait. Ce qui eut pour effet de faire reculer son interlocutrice.

« Woah. Pardon. Je ne voulais pas vous inquiéter…. Je me souvenais de vous… l’autre jour………… vous allez mieux?   » Boucle d’or avait plissé les yeux, dévisageant désormais la bonne femme comme si elle était folle. L’autre fois… elle tentait de n’en garder le moins de souvenir possible, alors des visages… très peu pour elle, elle peinait à replacer ceux qu’elle avait vu, tant celui qui manquait à l’appel était remarqué. Heaven avait hoché la tête timidement, en appuyant sur les boutons pour obtenir, enfin, le café salvateur. « J’imagine que votre fiancé a du veiller sur vous, il était si attentionné…. S’en était touchant!   » … fiancé? Attentionné? Elle avait à nouveau eu cet air totalement incrédule, absolument surpris, comme si elle pensait maintenant que cette femme était folle. Et elle devait l’être, parce qu’elle n’avait absolument pas de petit ami ou de fiancé attentionné pour veiller sur elle! « Vous devez faire erreur. Je ne suis pas fiancée. » avait-elle finalement couiner d’un ton sans équivoque qui ne pu que se buter au sourire de l’infirmière. Cette femme était tenace, un peu plus et elle hallucinerait Haley vu la façon qu’elle avait de la reprendre avec une ferme douceur. « Votre petit ami alors… cet homme très délicat, l’avoir su moins célèbre, je l’aurais pris pour un gay… il n’a pas quitté le couloir devant votre chambre une seconde pendant que vous dormiez! » ………. EH? D’abord, elle avait fixé la femme l’air de dire ‘’vraiment mamie? Tu dérailles’’ avant que l’information percute son cerveau. Kazuya avait été à son chevet? Kazuya avait eu de la peine? S’était inquiété d’elle? Kazuya avait pris de ses nouvelles…………?!?!

« Je suis vraiment trop conne. » Avait-elle constaté à voir haute avant d’échapper son café qu’elle ne tenait que d’une main, de maudire l’univers d’un gros mot en s’ébouillantant dans le processus. L’instant d’après, quel que soit la douleur qui qui déchirait le cœur, elle s’était mise à courir, vite, très vite, vers cette chambre, vers lui. Parce qu’ils ne seraient pas deux à s’éveiller seul, à se sentir abandonné, vide, lessivé. Jamais. N’écoutant pas l’air qui lui manquait ou sa pompe à sang qui s’affolait, elle avait regagné cette chambre et cette fois, c’est sans une hésitation qu’elle l’avait poussé, osant même s’approcher du lit, passer ses bras autour des épaules du chanteur dans un : « … Si tu meurs, j’te tue. » soufflé d’un ton tendre.


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     Mer 7 Juin - 2:05
 
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Il était stupide, oui, mais qu’on lui pardonne, cela faisait déjà plusieurs jours - si ce n’était pas plusieurs semaines d’ailleurs - que l’idole ne parvenait plus à penser correctement. Apprendre la mort d’une personne qui était si chère à son coeur, qu’il avait toujours malgré tout souhaité protéger ne l’avait pas aidé à aller mieux. Cela l’avait juste achevé un peu plus et honnêtement, pendant l’espace de quelques instants, il aurait souhaité ne pas se réveiller. Parce que c’était lâche et qu’il n’était pas certain d’avoir envie d’affronter la réalité. Mais, heureusement, dans le fond, Kazuya était beaucoup plus courageux que cela et avoir de tels pensées qui lui traversaient l’esprit, ça le mettait hors de lui. Il était fatigué donc ce n’était pas comme s’il pouvait réellement lutter contre sa propre colère cependant cela ne faisait qu’ajouter un sentiment de culpabilité de plus sur ses épaules. Il n’avait rien fait. Il n’avait pas été présent pour elle, c’était tout à fait normal qu’elle cherche à le hanter de cette manière toutefois avait-il été si mauvais ? Sincèrement... N’avait-elle pas été un brin heureuse à ses côtés ? Il reconnaissait être un idiot, il reconnaissait de ne pas lui avoir assez dit qu’il l’aimait ou même prouvé mais c’était le cas. Heaven était plus que précieuse à ses yeux, la raison pour laquelle il n’avait pas su se pardonner cet incident, et qu’il n’avait pas su lui pardonner non plus cette fois où elle s’était infiltrée chez lui avec un autre homme. Son amour était plus grand, plus profond que sa bien aimée n’aurait pu le concevoir sinon il ne se serait pas laissé détruire autant... Il n’aurait pas tenté de soigner son chagrin dans l’alcool, dans la cigarette ou même le surplus de travail. Il n’aurait pas perdu ses étincelles qui faisaient briller ses yeux noisettes ou encore ce sourire sincère, charmeur, dont seul lui avait le secret et qui faisait rêver chacune de ses fans.

Il aimerait remonter la pente, être plus fort, se sortir de ce cercle infini dans lequel il s’était enfoncé seulement Kazuya n’avait aucune idée de comment faire. C’était beau d’en avoir envie hors fallait-il encore en avoir la volonté et ça, c’était autre chose. Puisque tant que toutes ses réflexions désastreuses lui occuperaient la tête, il lui serait difficile de trouver un moyen de les effacer, de les oublier donc il recommencerait. Il passerait des heures supplémentaires au studio, il s’arrêterait au supermarché pour s’acheter de quoi boire et il finirait ivre dans son appartement. Encore. Probablement que la seule chose dont il aurait besoin, c’était elle. C’était tout ce qu’il demandait, une faveur des plus égoïste néanmoins c’était impossible. Elle n’était plus là. Elle était partie depuis longtemps maintenant et il ne la retrouverait plus jamais. Mais, puisqu’il était exténué, il n’aurait pas été contre que cette hallucination apparaisse encore une fois, qu’elle le réprimande ou l’encourage n’avait pas d’importance. Simplement la voir lui suffisait, ça lui allégeait quelque peu sa conscience et lui donnait l’impression que quelque part, là tout près, Heaven était toujours là. C’était encore plus dingue qu’il s’enfonce de la sorte, qu’il compte sur un mirage pour s’en sortir et certainement que si ses proches se rendaient compte de cette folie, on le forcerait à consulter. La vérité était qu’en plus de sa puissante culpabilité, le manque était encore plus immense depuis qu’il savait qu’elle n’était plus de ce monde.

Ses paupières ne cessaient de papillonner, ayant un peu de mal à s’habituer à la lumière de la pièce alors qu’à nouveau, le jeune homme constatait qu’il était seul. Ce n’était pas l’envie de dormir qui manquait, il était épuisé, seulement il savait que même s’il essayait de plus bel, il ne parviendrait pas à trouver le sommeil. Comme toujours, il pensait trop. Doucement, il avait remonté légèrement le dossier de son lit avant que la porte de la chambre ne s’ouvre pour laisser apparaître l’unique personne qu’il voulait voir, celle qui hantait ses pensées depuis tellement longtemps maintenant.

Il n’avait pas bougé, sous la surprise, appréciant cette sensation agréable de chaleur qui lui entourait le corps. Comment cela pouvait-il paraître si réel ? Est-ce qu’il était encore en train de dormir finalement ? Si c’était un rêve, pour sûr, qu’il n’aimerait pas se réveiller. Petit à petit, ses mains se faufilèrent sous ses bras avec hésitation jusqu’à ce qu’il se résigne à nicher son visage dans le creux du cou de sa bien aimée et que ses doigts ne se serrent plus fortement contre son haut. C’était tout ce dont il avait besoin. Personne d’autre. Que cela ne soit que le fruit de son imagination n’était pas grave, au moins, il n’était plus seul et il pouvait la sentir contre lui une dernière fois...

Mais sa remarque, ce qu’elle lui disait maintenant... Etait-ce les portes du paradis ? Comment pouvait-elle le tuer s’il mourrait ? A croire que oui, en effet, Kazuya avait éventuellement perdu quelques neurones. Hors, c’était possible non ? Peut-être qu’elle le repoussait parce que ce n’était pas encore son heure, qu’il devait continuer à vivre et qu’elle refusait de l’accepter dans l’au-delà maintenant.

- Je ne vais pas mourir, Finit-il par répondre sans se décaler, d’une voix si faible qu’elle était quasi inaudible.

Il le savait, il le ressentait que son coeur n’était pas prêt de lâcher maintenant et que s’il était hospitalisé en ce moment, c’était parce qu’il s’était négligé, parce qu’il n’arrivait pas à penser correctement et qu’avec tant de surmenage, son corps ne l’avait plus supporté.

- J’aurais juste préféré que tout ça soit réel...

Sa voix n’était que murmure, meurtri, alors que ses phalanges s’agrippaient un peu plus fortement à la jeune femme qui en réalité n’était pas vraiment là. Hors, cela lui semblait si distinct, si proche, qu’il ne souhaitait pas se décaler, qu’il voulait profiter de cette présence, sans délecter afin qu’elle ne disparaisse jamais de son esprit... Il voulait s’imprégner de chaque geste, chaque sensation, jusqu’à ce que finalement elle ne s’en aille pour de bon, à tout jamais, et qu’elle puisse reposer enfin en paix. Et pourtant...

- Je ne veux pas me réveiller... Souffla fébrilement le chanteur.

Car au moins dans ses rêves, elle était là pour toujours.




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     Mar 13 Juin - 22:54
 
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Les mots de l’infirmière lui avaient fait l’effet d’une claque, pire encore, d’un coup de poing en plein visage. Quoi qu’elle n’en ait rien laissé paraître, boucle d’or était secouée au plus profond de son âme par la révélation qui venait de la heurter en plein cœur : Kazuya était resté à ses côtés? Les mots avaient raisonnés dans son esprit sans qu’elle ne puisse les assimiler. Étrangement, elle aurait dû s’insurger, protester, s’accrocher à l’idée que s’il n’était pas entré dans cette chambre, c’est qu’il avait pris la fuite, c’est qu’il l’avait laissé seule, qu’il n’en avait rien à foutre qu’elle soit au plus mal, qu’elle soit brisée et qu’une fois encore, elle ait perdu un petit être… jamais elle ne s’était imaginée que ça ait pu être aussi difficile pour lui que pour elle, au point ou franchir cette porte était au-dessus de ses moyens. Heaven avait dégluti, soudainement, ça la frappait, comme si la lumière qu’elle avait délibérément conservée close s’ouvrait enfin pour lui permettre de voir ce que la douleur qui lui martelait l’âme ne l’avait pas autorisé à apercevoir. C’était tellement logique, tellement probable… et elle qui lui avait prêté les pires intentions. D’un coup, la culpabilité lui avait retourné les tripes.

Comment avait-elle pu ignorer délibérément la souffrance de son ex-petit ami, ignorer ses bons côtés, les qualités qui l’avaient fait craquer, au point de se convaincre qu’il était infâme au point de la laisser seule au fond d’un gouffre? Ça lui prenait bien un diplôme en psychologie pour ne pas arriver à voir ce qu’elle avait sous le nez! Sa pauvre pompe à sang battait à tout rompre, alors que les parcelles de souvenirs, d’incohérences dans sa colère, de conneries qu’elle avait pu faire lui revenait. Elle avait été tellement égoïste, tellement aveuglée par la fureur, elle avait mis sur le dos de son petit ami tous les maux du monde… d’abord, parce que l’injustice qu’elle vivait demandait à avoir son lot de sacrifice côté responsabilité, et ensuite… parce que le silence du jeune homme l’avait poussé à lire dans sa distance un reproche, dans son absence, une accusation qu’elle était l’unique responsable de son malheur. Et elle avait fini par y croire. Si elle avait pu faire un truc aussi simple que mettre au monde un gamin, il ne serait pas parti… il était célèbre, talentueux, adorable, en plus d’avoir un physique d’enfer avec sa taille fine et ses mains de princesse, il était en tout point parfait, alors qu’il perde du temps avec elle était un mystère. Au fond, elle s’était tellement blâmée, de ne pas être à la hauteur, qu’elle avait fini par y croire, que lui aussi, il l’accusait.

Les yeux clairs de notre demoiselle s’étaient embués alors qu’elle regagnait la chambre à une vitesse grand V. Les mots de l’Infirmière la narguaient, raisonnaient en boucle dans sa tête. Il était là… il était là et elle ne l’avait pas cru, elle l’avait blâmé, elle l’avait poussé à l’autodestruction, elle était entièrement responsable pour la loque qui était allongée, inconscient dans un lit d’hôpital. S’il s’était laissé aller, s’il avait abandonné, c’était à cause d’elle. Sa gorge était nouée, encore une fois, elle n’avait qu’une crainte : était-il trop tard? Elle aurait dû le savoir, qu’elle ne lui apporterait rien de bon, elle aurait dû tourner les talons, le laisser là, parce que toutes les fois où elle avait tenté de le soutenir, elle avait échoué…mais elle voulait être égoïste, elle voulait être lâche, s’accrocher à lui et le supplier de rester. Parce que sans lui, elle ne voulait pas se relever, un monde où il n’existait pas, ça n’avait pas de sens. Notre demoiselle s’était faufilée dans la chambre et, sans attendre qu’il bouge, sans lui laisser la chance de remuer, elle avait noué ses bras autour de lui et l’avait serré, fort, contre elle, ne serait-ce que pour s’assurer qu’il respirait, qu’il s’éveillerait.

Il ne pouvait pas l’abandonner, elle avait tant d’excuses à lui présenter, ils avaient tant de discussions à avoir, pour sauver, si c’était encore possible, le duo qu’ils avaient formés. Quoi qu’elle n’osait pas espérer un tel dénouement. Au mieux, il allait ouvrir les yeux, l’insulter, et elle pourrait se résigner à le libérer en ayant au moins, la certitude qu’il était hors de danger. Si elle avait tenté de se convaincre de le laisser filer, de ne pas s’effondrer, il avait réussi à l’achever en passant ses bras autour d’elle. Cette étreinte, lui, elle en avait tellement eu besoin, elle en avait encore tellement besoin. C’était plus fort qu’elle, ses doigts s’étaient perdus dans les cheveux de l’idole et les larmes tellement retenues avaient enfin trouvé le chemin de la liberté, inondant ses joues de sanglots silencieux. Elle pouvait au minimum garder un brin de contrôle… non? NON! Après tout, il avait ouvert la bouche, il avait parlé, et le déversement s’était entamé. Elle avait accueilli sa tête contre son cou et avait resserré son étreinte, en couinant un : « … Chuuuut. Ne bouge pas, je suis là » rauque d’émotion. Puis, ses larmes avaient redoublées d’ardeur et elle s’était mise à hoqueter entre des sanglots.

Elle aurait voulu les retenir qu’elle en aurait été incapable. Avait-il la moindre idée comme elle avait eu besoin de cette étreinte ? Elle en avait rêvé, jour et nuit, il n’y a rien au monde que son âme réclamait d’avantage. Son pauvre corps frêle était secoué de sanglots alors qu’elle prenait place au bord du lit, se nichant contre lui autant qu’il était humainement possible de le faire. Qu’il ne le relâche jamais, c’est tout ce qu’elle demandait. Elle n’était pas prête à le libérer, à se faire à cette séparation. Jamais. Après de longues, très longues minutes, elle avait reculé d’un brin, accrochant ses prunelles aux siennes, toujours incapable de cesser ses larmes. Elle avait murmuré, plus comme une affirmation qu’une question : « Tu étais là…. Tu étais là hein…. l’infirmière me l’a dit…. » et une petite voix dans son cœur le lui disait, encore et encore, comme un oiseau moqueur. Ses yeux encore au bord du débordement, elle avait murmuré un : « … Oh Kazuya.... » avant de l’enlacer de plus belle. Ils devraient lui donner un calmant pour qu’elle le libère, parce que le laisser filer était la dernière des choses sur sa liste!


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     Mer 14 Juin - 9:09
 
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Pour lui, c’était impensable que tout cela soit réel. Il était trop dans les vapes pour penser rationnellement. Et de toute façon, on lui avait déclaré qu’elle était morte, on lui avait balancé ces mots si durement qu’il n’avait pu qu’y croire. Après tout, il l’avait vu son état lui aussi mais il l’avait laissé partir, sans la retenir, parce qu’il était trop en colère ce jour-là, qu’il avait choisi d’être égoïste et que sur l’instant, il n’avait eu que faire de ce qui aurait pu lui arriver à elle. A présent il regrettait d’avoir eu ce genre de réflexions puisque c’était sous le coup de l’énervement, à cause de la douleur, de toute cette souffrance qui lui martelait le coeur. Il n’avait jamais souhaité sincèrement à ce qu’elle disparaisse... Il l’aimait beaucoup trop pour la maudire d’autant de mal. Heaven était une femme formidable, innocente et tellement unique... C’était elle la femme de sa vie, il l’avait toujours su. Et même s’ils étaient fâchés, s’ils étaient séparés, il savait qu’il n’aurait jamais retrouvé quelqu’un autant qu’il l’avait aimé elle. Elle l’avait changé, elle l’avait aidé à voir plus positivement, à ne pas s’effondrer à cause de chaque problème que son groupe subissait. Probablement ne s’en était-elle pas rendu compte mais elle avait fait de lui un meilleur homme bien que non, il n’avait pas su se montrer présent dans les moments où elle avait le plus besoin de lui. Il aurait du être plus courageux à cet instant mais il n’avait jamais pu... C’était trop difficile. Franchir la porte de cette chambre lui était impossible. Pourtant, ce n’était pas faute d’avoir essayé, ce n’était pas faute d’avoir voulu y aller, se tenir à ses côtés puis la rassurer en lui disant qu’il serait là, qu’il ne lui reprochait rien, que le plus important était qu’ils soient tous les deux. Sauf qu’il avait trop culpabilisé, qu’il avait encore une fois pris trop de fardeaux sur ses épaules et qu’il ne saurait jamais comment se pardonner. Il s’était persuadé ne pas avoir le droit de se tenir auprès d’elle, de n’être qu’un misérable parce que malgré tout, il n’était pas capable de mettre de côté sa carrière pour elle... S’il occupait un métier moins compliqué, il pourrait être à ses côtés à chaque instant, mais il ne savait pas comment abandonner sa place. Il ne serait plus lui-même s’il quittait son groupe, s’il quittait le monde artistique pour n’être qu’un homme quelconque. S’il le faisait, Heaven n’aimerait pas ce garçon là et il savait que de toute manière, elle ne le pardonnerait pas s’il agissait aussi stupidement. Il n’était pas courageux, il n’était au bout du compte pas prêt à tout pour elle, et c’était ce qu’il se pardonnait le moins, ce qui accentuait sa culpabilité. Il ne l’avait jamais mérité. Jamais.

Aujourd’hui encore, même ce fantôme, il ne le méritait pas. Mais Kazuya était égoïste, plus que tout, il en avait besoin... Il avait besoin de la sentir près de lui, peu importait si c’était son esprit qui lui jouait des tours, il avait juste besoin de se convaincre qu’elle était là, qu’après cela, elle pourrait sûrement reposer en paix. Il n’avait que faire qu’on le prenne pour un fou, qui ne le serait pas après avoir perdu sa bien aimée dans de telles circonstances ?

Ses phalanges s’étaient agrippés avec force sur le haut de la jeune femme, refusant de la lâcher par peur qu’elle ne s’envole pour toujours. Elle était trop gentille ces derniers temps donc selon lui, c’était mauvais signe. Signe qu’elle était en train de s’en aller pour de bon, qu’il ne la reverrait plus et il avait peur de ça. Il voulait qu’elle puisse reposer en paix mais ne plus la revoir, plus jamais, l’effrayait tellement.

« Hein ? » Avait-il répliqué, penaud, ne comprenant pas de quoi elle parlait ni comment ce qu’elle disait était possible « Elle a pu te voir ? »

Oui, c’était cette question qui lui était venue en premier malgré ces larmes qui déferlaient sur le visage de celle qu’il aimait. Il ne saisissait pas. Etait-il encore en train de rêver ? Ce ne serait pas impossible et dans ce cas, il ne désirait réellement pas se réveiller...

Doucement, faiblement, l’artiste se décala de quelques centimètres et d’un geste tendre, noyant ses yeux sombres au creux des siens, il lui essuya les larmes qui coulaient à l’aide de son pouce.

- Je ne savais pas que les fantômes pouvaient pleurer aussi...

Sa voix n’était que murmure cependant il s’était vraiment interrogé sur le sujet et certainement qu’il serait plus judicieux de lui diminuer sa dose de médicaments. Mais, ça faisait un moment déjà qu’il n’était plus en mesure de penser correctement.

- Sèche tes larmes... Souffla le jeune homme sans défaire ses doigts de ses joues, Réel ou pas, je n’aime pas te voir comme ça.

Une vision qui lui brisait le coeur. Il la préférait tellement avec ce sourire radieux qui décorait ses lèvres et qui égayait son visage. La plus belle image qu’il avait d’elle et qu’il aimerait garder, même si c’était compliqué.


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     Jeu 6 Juil - 15:37
 
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KAZUYA & HEAVEN

Le regard de notre blondinette était passé du chanteur aux diverses machines dans la chambre, à la fenêtre, avant de finalement se reposer sur le visage du jeune homme. Peut-être qu’elle devrait tourner les talons, trouver un médecin, et recommander vivement à ce qu’on réduise la dose de dieux seul sait quelle médication on donnait à l’idole… sans le couper totalement des sédatifs, il devait être possible de lui éviter de divaguer… non? Parce que s’il faisait allusion à sa présumée mort une fois de plus, elle allait devoir se pincer pour s’assurer qu’elle n’était pas effectivement passée de l’autre côté de la clôture sans s’en rendre compte. Ça serait horrible non… d’avoir rendu les armes avant d’avoir eu la chance de réparer les pots cassés avec son ex. Pour elle qui avait l’habitude de lâcher prise quand les choses devenaient, c’était presque idiot de s’acharner à ce point-là, n’aurait-elle pas du simplement tourner les talons, abdiquer, se résigner que le reste des années qu’elle vivrait, ça serait sans lui? Elle aurait aimé pouvoir s’endoctriner en ce sens, ça ferait certainement moins mal… et pourtant, elle en était incapable. Ce maudit chanteur avait éveillé quelque chose en elle, une petite lueur d’espoir, un goût pour le bonheur dont elle ne voulait plus se priver. L’oublier était déjà difficile il y a dix ans, quand elle n’avait pas le courage de lui adresser la parole… mais maintenant… maintenant c’était tout bonnement impensable!

Ses phalanges s’étaient serrées dans son dos alors qu’elle profitait de l’étreinte, une minute, une seule, ne pouvaient-ils pas faire semblant pour une fraction de seconde que les derniers mois n’avaient pas eue lieu? Qu’ils n’avaient pas démoli pièce par pièce ce qu’ils avaient bâti avec tellement de précautions. Ne pouvait-elle pas juste une fraction de seconde, vivre dans le mensonge selon lequel il l’aimait encore, cette illusion qu’il était toujours là… Son pauvre cœur battait à tout rompre, la douleur était presque insoutenable, et pourtant, elle ne pouvait se résigner à le lâcher. La culpabilité aussi, la prenait comme une vague de nausée, s’il n’était pas coupable de l’avoir abandonné, alors ses actes étaient d’autant plus immondes. Comment avait-elle pu le blesser ainsi, lui prêter des intentions aussi horribles… et pourquoi l’avait-il laissé faire? Pour la première fois depuis ce soir maudit ou elle s’était retrouvée seule dans cet hôpital, Heaven s’était fait la réflexion que toute cette histoire, c’était probablement un trop lourd fardeau pour son vis-à-vis. Comment avait-elle pu être sotte au point de penser qu’il aurait la force d’affronter ses problèmes à elle hein? Mourir, c’est plus difficile pour les vivants, ceux qui restent derrières… Ne le savait-elle pas? Lorsqu’il avait ouvert la bouche, elle s’était décalée à nouveau, ses perles océaniques noyées de larmes.

« Qu’est-ce que tu racontes avec tes fantômes... » c’est tout ce qu’elle avait couiné, laissant sa main se déposer sur la sienne alors qu’elle le scrutait avec un peu plus de tendresse. Il était mignon comme ça, en plein délire, mais franchement, il l’inquiétait. Beaucoup. Elle avait cette boule d’angoisse dans la gorge qu’elle ne parvenait pas à chasser. Après tout, il lui manquait certaines explications quant à la situation présente! Même avec une dose massive de paranoïa, elle n’aurait jamais pu s’imaginer que son frère ainé avait été assez dérangé pour faire croire au chanteur qu’elle avait quitté le monde des vivants! C’était tordu, totalement débile, et franchement, la théorie selon laquelle son ex était défoncé était plus plausible. Pourtant… il semblait drôlement lucide sur le reste, pour être saturé aux médications… Un bref sourire avait étiré les traits de notre demoiselle alors que ses larmes redoublaient d’ardeur, en parfaite opposition à la demande du jeune homme qu’elle sèche ses pleurs. Pourquoi était-il si doux hein? Elle l’avait pourtant tellement, tellement blessé. Délicatement, Heaven avait pris la main du jeune homme entre les siennes, la guidant plus loin de son minois, allant impunément la poser sur son buste à elle, là où son cœur battait à tout rompre.

De façon irrégulière, douloureuse, probablement un brin trop fort, mais toujours est-il que sa pompe à sang battait distinctement dans son poitrail. Sans lui donner trop le choix, elle avait appuyé un peu plus sur sa main, la maintenant là alors qu’elle penchait la tête en murmurant, très doucement. « … Mais je suis réelle. Tu ne sens pas mon cœur battre? » Elle avait même osé froncer les sourcils en l’observant, ne sachant pas trop si le sortir de sa torpeur était une bonne idée. Le ramener à la réalité, c’était lui remettre en plein visage la douleur, les regrets, leurs conneries. Mais quelque part, elle ne voulait pas être la seule à endurer ça. Elle aurait pu le libérer, tourner les talons, le laisser se convaincre qu’elle était morte – pour dieu sait quelle raison – mais non, elle préférait maintenir sa main sur son cœur, le forcer à réaliser qu’il battait vraiment. Après de longues minutes de silence, elle avait libéré sa main, profitant de ces secondes précieuses pour poser délicatement, avec une hésitation, ses propres mains sur le visage du jeune homme. Ses doigts avaient tracés ses joues, en toute tendresse, comme si elle tentait d’immortaliser ses traits une dernière fois. Puis, elle s’était inclinée vers lui et avait posé ses lèvres sur son front. Le voir comme ça, c’était insoutenable, la pire torture. Elle aurait aimé le serrer contre elle, ne jamais le laisser filer. Et pourtant, c’était impossible. Elle avait tout fait pour se priver de ce droit-là.

Les lèvres à quelques millimètres de son front, elle avait murmuré, ultime aveux avant de tourner les talons et de le laisser seul, de lui rendre sa liberté. « Je suis tellement désolée… pour tout… pour nous… » ses yeux brûlaient, les larmes avaient finis par s’échapper, encore, et son cœur redoublait d’intensité. « J’aurais tellement voulu être capable de te le donner, cet enfant… » … mais ça aussi, elle échouait lamentablement.


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     Mer 12 Juil - 5:45
 
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KAZUYA & HEAVEN

Le plus douloureux, réellement, ça n’avait pas été de la perdre. Kazuya était un battant, il l’avait toujours été, peu importait la douleur, il aurait réussi à se relever rapidement. Ce qui le torturait le plus était comment tout ceci s’était terminé, comment leur dernière rencontre avait été saccagée et que plutôt que profiter l’un de l’autre, ils s’étaient jetés des horreurs à la figure. Parce qu’il avait trop de fierté, parce qu’à cet instant précis, trop rongé par la colère et la rancoeur, il l’avait détesté plus que jamais. Même encore maintenant, ce qui s’était passé ce jour-là n’était pas quelque chose qu’il était capable de pardonner. Mais à quoi bon ? Heaven n’était plus là pour qu’ils puissent en discuter plus calmement, pour qu’ils puissent s’avouer ce qu’ils s’étaient toujours cachés et ce qui les avait blessé énormément. Et dans le fond, c’était justement parce que l’idole ne s’était jamais confiée, qu’il n’avait pas assez exprimé ses sentiments, qu’il n’avait pas su lui expliquer que s’il ne s’était pas tenu à ses côtés, ce n’était pas à cause d’elle mais bel et bien à cause de lui. A cause de toute cette culpabilité qui n’avait fait que le dévorer de plus en plus chaque jour et qu’épuisé, il n’était pas parvenu à remonter cette pente tout seul... C’était normal que la jeune femme le déteste, qu’elle le maudisse et ne souhaite pas son bonheur. Donc, machinalement, plutôt qu’essayer de s’en sortir, il n’avait fait que s’enfoncer dans sa douleur, songeant qu’en partant comme elle l’avait fait, c’était sûrement ce qu’elle désirait au plus profond de son âme. Comment pourrait-il être heureux si ce n’était pas ce qu’elle souhaitait ? Il lui avait fait tant de mal, il n’avait que ce qu’il méritait... Juste qu’il aurait aimé avoir un peu plus de temps, juste un peu plus de temps pour discuter avec elle, pour s’excuser de son incompétence, de ne pas l’avoir aimé correctement, de ne pas avoir su être présent lorsqu’elle avait le plus besoin de lui, de lui avouer à haute voix tout ce qu’il ne lui avait jamais dit puis la laisser partir en paix. On ne pouvait pas le changer... Kazuya avait toujours été ce genre d’homme, à porter tous les fardeaux du monde sur ses épaules, ne cherchant jamais à les partager avec qui que ce soit et parce qu’elle était partie si subitement, même s’il lui en voulait de l’abandonner de la sorte, d’accentuer ce sentiment de culpabilité déjà bien grand, il ne pouvait s’empêcher de se dire que c’était de sa faute. Il n’avait pas su saisir cette chance de se réconcilier quand il en avait encore le temps, il n’avait pas su avoir le courage de lui dire tout ce qu’il avait sur le coeur parce que la regarder en face lui était devenu impossible... S’il l’avait laissé ce jour-là, ce n’était pas parce qu’il n’éprouvait rien pour elle. Au contraire, c’était assurément parce qu’il l’aimait trop et qu’il n’était qu’un incapable, qu’il se reprochait tout ce qui était arrivé, qu’il se reprochait son malaise, la perte de leur enfant... Il était idiot. Oui. Il ne pouvait pas se tenir constamment à ses côtés, il n’était pas un héro... Mais quand on aime comme lui aimait Heaven, on ne pense pas à ce genre de choses. On pense à tout ce bonheur qu’on aurait souhaité lui offrir et que par un moment d’inattention, on avait tout détruit. Ses promesses n’avaient pas été du vent, il était plus que sincère cependant c’était parce qu’il n’estimait plus avoir les capacités pour les réaliser qu’il les avait brisé.

Pourtant, égoïstement, juste un peu plus longtemps, il aurait aimé que cette vision qui se présentait devant lui ne se dissipe pas de suite, qu’on le laisse s’en délecter puis se souvenir d’ô combien, cette femme était la plus belle du monde. Ses yeux n’avaient pas cessé de la fixer, ne se détachant pas une seule seconde de ce regard océan qui lui faisait face... Si elle l’avait interrogé, le chanteur n’avait pas cherché à lui répondre, continuant de la contempler en silence et de profiter de sa main qui s’entrelaçait avec la sienne. C’était étrange... Terriblement fou... Tout lui paraissait si réel, bien plus que les autre fois où elle était apparu dans ses rêves pour le rabaisser et le rendre plus misérable qu’il ne l’était déjà. Heaven était, aujourd’hui, incroyablement douce... Il avait du mal à en trouver la raison et la seule valable qui lui traversait l’esprit était que, peut-être, c’était la dernière fois qu’il la voyait apparaître de la sorte. Un sentiment qui ne le fit que paniquer encore plus, il n’était pas encore prêt à la laisser s’en aller... Il avait tant de choses qu’il aurait aimé lui dire. Même si elle n’était pas réelle, ça l’aurait probablement soulagé d’un poids que de se confier et lui faire part de tous ses regrets.

Si ses lèvres s’étaient entrouvertes pour parler, elles s’étaient rétractées aussitôt, ses prunelles s’égarant sur sa main posée contre la poitrine de la jeune femme avant de la dévisager avec incompréhension, et surprise. Elle marquait un point... Depuis quand les fantômes avaient un coeur qui battait ? C’était invraisemblable mais apparemment pas assez pour le convaincre qu’elle disait la vérité. Il s’en était tellement persuadé ces dernières semaines que la voir réapparaître dans le monde des vivants lui était impensable. Hors, chaque geste qu’elle lui offrait, ce doux baiser contre son front qu’elle lui avait accordé lui semblait aussi si réel qu’il n’avait pu contrôler les battements de son organe vitale qui s’étaient accélérés. Comme si, peu à peu, il avait envie d’y croire... Mais pas trop. Il ne voulait pas que la chute soit encore plus brutale.

Machinalement, son visage s’était secoué à droite et à gauche, dans un vif mouvement, comme pour lui faire comprendre qu’elle n’avait pas à s’excuser, qu’elle n’avait pas à culpabiliser de la perte de leur enfant. Ce n’était absolument pas de sa faute. Et dans un élan désespéré, ses doigts s’étaient encerclés autour de son poignet afin de l’empêcher d’effectuer ne serait-ce qu’un pas de plus.

- T’en va pas, La supplia le garçon alors que ses yeux se posaient sur elle, Je t’en prie...

Tout en rétorquant cela, il avait tiré doucement sur sa main de manière à la convaincre de s’assoir à côté de lui à nouveau. En silence, tandis qu’il ne cessait de la contempler, ses phalanges se frayèrent un doux chemin sur son visage, dessinant le moindre de ses traits, chaque parcelle de sa peau : que cela ne soit le contour de ses joues, de ses lèvres, le bord de ses yeux jusqu’à l’arrière de ses oreilles, l’antre de ses cheveux... Et plus il s’attelait à la détailler, plus il commençait à prendre conscience de la réalité, faisant ainsi naître des larmes qui déferlaient le long de son visage pâle. Ce n’était que maintenant que Kazuya le réalisait. Il avait du mal à y croire néanmoins, si cette vision qui se tenait devant lui était bien trop ressemblante à sa bien aimée, c’était parce que oui... Elle était vivante. Tout était encore flou dans son esprit, il ne parvenait pas à comprendre comment ceci était possible cependant il ne pouvait pas aller à l’encontre ce que lui dictait son coeur. Lui mieux que personne pouvait savoir si ce n’était qu’une illusion ou si au contraire, Heaven était vraiment en vie.

Désespéré, certainement soulagé aussi, ses bras s’étaient faufilés de nouveau en-dessous des siens, la serrant le plus fortement possible, à l’en étouffer presque. Mais ça, c’était parce qu’il avait peur que s’il la relâche, elle ne s’en vole de plus bel. Ses doigts se crispèrent avec violence contre son haut alors qu’il n’était pas capable d’éteindre ses gouttes qui coulaient le long de ses joues. Il n’aurait pas pu dire quel genre d’émotions s’emparaient de lui à cet instant : Le soulagement de la savoir en vie, toute cette pression qu’il avait éprouvé jusque là qui redescendait, la peur de l’avoir perdu définitivement sans avoir pu s’expliquer et la peur de la perdre à nouveau... Probablement qu’il s’agissait d’un mélange d’un peu de tout, sans parler de toute cette incompréhension qui le gagnait.

- J’ai cru que t’étais morte, Souffla-t-il en s’accrochant à elle désespérément avant d’enfouir sa tête dans le creux de son cou, On m’a dit que t’étais morte...

Et qu’à présent, il avait largement de quoi s’en mordre les doigts. C’était atroce. Parce que si l’intention du frère Calaway avait été de le détruire et le briser complètement, il avait réussi.


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     Dim 16 Juil - 15:01
 
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La scène qui se déroulait devant ses yeux, l’enchainement d’évènements auxquels elle participait avait de quoi lui faire tourner la tête. Franchement, elle était dans un état second, incapable d’être certaine que ce qui se passait, de corroborer que les révélations qu’on venait de lui faire étaient bien réelles et non pas une fantaisie de son imagination. Du coup, elle était plutôt demeurée immobile à fixer le chanteur. Combien de fois avait-elle rêvé qu’on lui confesse ça… que lorsqu’elle était au plus bas, lorsque son cœur meurtris hurlait pour sa présence, pour son soutient, il ait été non loin, il ait eu une raison de ne pas entrer dans sa chambre, qu’il ait, en quelque sorte, fait n’importe quoi d’autre que de l’abandonner à son sort. Elle avait longtemps été incapable de croire ce blasphème, l’homme qu’elle connaissait n’était pas aussi égoïste, aussi lâche, l’homme dont elle s’était amourachée depuis le premier regard, des années plus tôt, il avait une intégrité à toute épreuve, une véritable volonté de combattre. Il n’aurait jamais sans bonne raison, laissé sa petite amie en proie à un désespoir aussi profond y faire face seule. Jamais. Alors plutôt que de croire qu’il était un monstre, elle avait voulu penser qu’il avait ses raisons, qu’on l’avait retenu, qu’on lui avait interdit, que quelque part, il souffrait trop pour être apte à la soutenir elle…

… Elle ne lui en aurait même pas voulu, d’avoir su… Mais voilà, les semaines, les mois avaient passés et il n’était pas revenu. Pas même une fois, il n’avait donné aucune explication, il n’avait pas tenté de la consoler, de savoir comment elle allait, il n’avait même pas vraiment réagis lorsqu’elle avait sorti ses affaires du logement qu’ils partageaient. Elle avait bien voulu, lui donner le bénéfice du doute, le croire plus fort qu’il ne l’était… mais n’aurait-il pas dû, à tout le moins, l’aider un peu à espérer le meilleur de lui? Heaven avait ensuite tenté de chercher des informations auprès de Daisuke, si quelqu’un savait… c’était lui non? Elle aurait probablement séquestré Tada s’il ne s’était pas volatilisé dans la nature lui aussi. Mais non, son ainé n’en savait rien, il ne pouvait rien corroborer et, franchement, avec ses propres soucis, il n’était pas spécialement enclin à mener l’enquête. Alors l’espoir s’était effrité de jour en jour… chaque silence, chaque texto sans réponse, ne faisant de fondre une à une ses résolutions jusqu’au jour où elle devint incapable de penser le meilleur de lui. La chute avait été longue, mais lorsque l’espoir s’était dissipé, lorsqu’elle avait dû faire face à la musique, sa douleur, sa peine, s’était métamorphosé en une colère noire : elle le blâmait pour tout… Ce fut le début de sa descente aux enfers et de sa série de mauvaises idées.

Mais elle avait eu tellement tord… parce que l’infirmière le lui avait dit non? Il était là… Dehors, pas loin. Il n’avait pas pris la fuite… et maintenant qu’on lui disait, elle avait du mal à l’entendre. Cette vérité, elle avait du mal à y croire, c’était trop beau, c’était comme un rêve … si elle était perdue dans des songes, elle ne pouvait qu’espérer ne jamais se réveiller. Et pourtant… si elle s’était octroyé un moment de paix, une illusion, elle ne l’aurait jamais placé dans un lit d’hôpital, branché à toutes ses machines, le teint grisâtre… non dans ses rêves il était plus radieux que jamais, il n’était pas cette loque épuisée, défaite, triste.. C’était bel et bien la dernière chose qu’elle souhaitait pour lui. Mais alors… si tout cela était bien vrai, elle l’avait mis dans cet état. Elle est ses échecs, elle et ses déceptions, elle était la cause des tourments qui habitaient l’idole et elle était bien incapable de se le pardonner. C’est précisément pour cette raison qu’elle voulait tourner les talons, se confondre en excuses et disparaître… il ne pourrait qu’aller mieux sans elle.

Sa fuite fut de brève durée, puisqu’aussitôt qu’elle avait tenté de rompre le contact avec l’idole, ses doigts s’étaient serrés sur son poignet, pour la retenir, pour la conserver, et son être entier s’était détendus au contact. Elle aurait pu fondre en larmes, qu’après tout ça, après toutes ses erreurs, ses bêtises, après avoir volontairement planté le dernier poignard dans son dos alors qu’il était affaibli… il voulait encore d’elle. Ses perles océaniques, noyées de larmes, s’étaient posées sur ses doigts à lui, sur ce poignet qu’il serrait, et le nœud qui lui tordait le ventre s’était resserré. Même sa respiration semblait plus difficile, plus retenue… quant aux larmes, c’était une véritable cascade sur ses joues désormais. Au diable la fierté, ce petit geste, cette attention semi consciente, elle ne voulait rien de plus. Elle ne se fit pas prier pour prendre place à côté de lui, et c’est dans un hoquet de larmes qu’elle apposa délicatement sa joue contre les phalanges qui choyaient son visage. Elle aurait pu fermer les yeux, crever là, tout allait bien, il était près d’elle. Son pauvre cœur s’était emporté, il tambourinait à une vitesse folle mais elle s’en fichait. Pour la première fois depuis des mois, elle ressentait autre chose que la cuisante douleur que leur séparation lui causait. Elle ressentait toute cette affection qu’elle avait voulu noyer, cet amour qu’elle essayait de nier. C’était comme respirer à nouveau après avoir suffoqué si longtemps.

Elle avait besoin de lui. Ça lui semblait d’une telle évidence. Les problèmes, les excuses, les pardons, ils règleraient ça plus tard, ils trouveraient bien. Tant qu’il était à ses côtés, tant qu’elle pouvait sentir son souffle sur sa peau, ses doigts sur son visage, ça irait. Elle n’avait peur de rien s’il était là, elle était invincible. Avec ses bras autour d’elle, tous leurs problèmes lui semblaient secondaires. Qu’il ait clairement un soucis de dépendance, qu’il la blâme pour son appropriation d’un coréen minable… rien de tout cela n’avait d’importance alors qu’elle refermait ses bras autour de lui et le serrait avec l’énergie du désespoir, ses doigts fins accrochés au dos de la robe d’hôpital qu’il avait enfilé avec la force d’une condamnée. Ça allait, juste un peu. Sa mains droite s’était délicatement posée sur la nuque du chanteur alors qu’elle choyait ses cheveux avec délicatesse, sa tête s’était posée contre sa sienne alors que tout son corps tremblait, les larmes si longuement retenue ne désirant pour rien au monde arrêter de couler.

« … Shhhhh. Je suis là, tout va bien. » c’est d’une tendre caresse qu’elle tenta de le consoler, de moins en moins certaine qu’il allait bien. Il l’avait cru morte? Pourquoi? Comment? Heaven s’était figée, crispée, alors que les mots du jeune homme la hantaient. Quelqu’un lui avait annoncé son décès? Qui? Qui diable était assez débile pour énoncer un truc comme ça? Son esprit était immédiatement passé à Daisuke, mais… non… même lui ne pourrait pas être aussi con. Si? L’idée que son frère ainé ait pu faire un truc pareil la dépassait, s’il y avait bien une personne au monde dont elle croyait dur comme fer l’intégrité – à tord – c’était bien Philip. Aussi, elle s’était décalée un peu du jeune homme, accrochant ses iris clairs aux siens avec un visage très, très sérieux. Qui était donc dépourvu de cœur à ce point pour faire une blague pareil? Qui était le connard qui avait osé mentir à sa tortue? Elle n’était pas certaine de vouloir la réponse, pourtant, elle avait demandé, très déterminée : « Qui t’as dis ça? »


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