Bienvenue sur TTK ! Le groupe Tokyoïte est fermé jusqu'à nouvel ordre, favorisez les autres groupes heart heart

 

 You're my kryptonite ft. Kanna

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Aller à la page : Précédent  1, 2
— I'M MADE IN JAPAN —
— I'M MADE IN JAPAN —
Voir le profil de l'utilisateur
avatar

     Sam 13 Mai - 15:54
You're my kryptonite
Kanna &
Philip


Il n’y avait personne de plus surprenant qu’elle, et toujours, quand il croyait être au bout de ses peines, avoir fait le tour, elle trouvait une nouvelle connerie pour lui faire perdre pieds. Elle avait toujours été ainsi, que ça soit par les faits absolument désuets qu’elle prenait un malin plaisir à lui lancer à n’importe quel moment, juste pour partager sa grande culture des Hobbits, aux pulsions beaucoup moins sages qu’elle avait parfois suivies, testant sur lui de nouvelles approches auxquelles il était très, très réceptifs. Il allait finir en enfer, c’était un fait, alors autant profiter du présent non… de toute façon, il ne serait pas seul à brûler dans les flammes salvatrices au jour du jugement dernier, elle serait à ses côtés, parce que son visage d’ange pouvait en berner certains, mais pas lui. Certainement pas lui, il y avait difficilement une facette de cette femme-là qu’il ne connaissait pas… et il y en avait plus d’une qu’il aurait voulu redécouvrir, ce bref rappel de leurs années de folies sous cette table de restaurant avait suffi à aviver en lui une flamme qu’il aurait espéré avoir éteinte à jamais. Étrange comme il n’avait plus le moindre contact avec sa peau qu’encore, il aurait pu jurer que ses doigts ressentaient toujours l’électricité de l‘avoir effleuré un bref instant. Et parmi toute chose, il fallait que ça soit un genou qui lui avait fait cet effet-là! Heureusement pour elle, il n’était par un Serizawa, il avait plus de retenue, et plutôt que de la laisser deviner l’attirance cuisante qu’il ressentait encore pour elle, il avait opté pour un masque de parfaite indifférence, n’allant lui témoigner qu’un peu d’intérêt que par cette main posée sur sa hanche… et ce sourire espiègle qui avait toujours eu le don d’apaiser la bête en face de lui.

Ses doigts s’étaient un instant resserrés sur sa hanche, prenant le fait qu’elle ne le repoussait pas pour une permission de rester là, de reprendre possession de ce territoire. Qui leurrait-il, il n’était pas prêt, ne le serait certainement jamais, à partager ce jouet-là. Elle était de loin sa favorite, quoi qu’il en dise. « … Tu simules très bien alors. T’es appris pendant ces six dernières années ? » Un sourire de chieur avait étiré ses traits alors qu’il accrochait ses iris à ceux plus sombres de sa vis-à-vis, sa main ayant entamé une descente vers le bas de son dos. Il crevait d’envie de l’attirer contre lui, de pousser cet affront, ne serait-que pour la toucher, pour réclamer chaque parcelle de peau, pour déterminer si, des années plus tard, ils étaient toujours aussi compatibles. Parce qu’on se le dise, s’il aimait jouer à s’emboiter comme un légo, décidément, Kanna venait du même kit, et il n’avait pas besoin d’instructions pour savoir qu’elle était précisément celle qui devait être juste en dessous de lui. Il s’était incliné près de son oreille, non sans perdre ce sourire de chieur, ses phalanges ayant un instant trouvé une issue de secours près de sa taille pour grimper sous son chandail, toucher cette peau qui lui avait tant manqué. « Même pas un peu allumée ? … Parce que moi si… On peut très bien retourner s’assoir là-bas, en souvenir du bon vieux temps… faire des ‘’trucs de Calaway’’. » Des trucs scandaleux quoi. Il n’avait jamais eu l’habitude de mâcher ses mots sur ce terrain-là. Surtout pas quand leur emplacement lui rappelait vivement des souvenirs plus… heureux.

Mais il était hors de question qu’il faiblisse le premier. Raison pour laquelle, plutôt que d’agir comme le connard qu’il s’était promis de ne plus être, spécialement avec elle, une centaine, des milliers de fois, il l’avait hissée sur son épaule en mode parfait kidnapping. Même pour fuir, elle ne semblait pas bien convaincante, il n’avait pas relâché sa prise, mais il avait ris, doucement, sincèrement, devant ses minables mais adorables protestations.  « Laisses-moi réfléchir… non. » Comment avait-il pu se passer d’elle pendant six ans? Elle avait cette manie de devenir gênée à rien, de rougir de la plus exquise des façons et de sombrer dans un déni qui n’avait rien de convaincant. C’était divertissant, Murakami Kanna était une boite à surprise et il ne cessait de s’émerveiller des différentes réactions qu’il pouvait lui arracher. Que ce soit cette gueule un peu ahurie qu’elle avait eu en le voyant à sa table, à cette délicieuse teinte rosée sur ses joues dont il savait être l’auteur, à cette façon qu’elle avait de couiner en se croyant convaincante, quand elle tentait de lui passer un mensonge minable pour vérité. Toutes ses grimaces sur ses traits étaient délectables, et plus encore, il y avait ces différentes facettes, ces autres intonations qu’il lui avait connu à une certaine époque, Il la voulait pour lui seule, comme une œuvre d’art dont il aurait fait collection.

… Philip ne s’était jamais demandé s’il avait déjà été amoureux de Kanna, parce que penser à cela aurait été ouvrir une boite de pandore dont il ne souhaitait pas voir le contenu. Avait-il déjà été amoureux point? Il vous dirait que non, il jurerait ne jamais s’être attaché, ne jamais avoir souhaité ce donner entièrement à quelqu’un, s’accorder cette faiblesse. Aimer, c’était pour les cons, ceux qui avaient un cœur fonctionnel, ceux qui avaient le luxe de croire au conte de fée et de s’imaginer que des jours heureux étaient devant eux. Pas pour lui. Lui, il avait une femme qu’il méprisait, des envies à combler, et absolument aucun élément positif dans sa vie sentimentale… Et pourtant, aussi entêté fut-il à clamer ne pas avoir eu de sentiment pour elle, il aurait été incapable de se convaincre qu’il n’avait pas eu, à tout le moins, une certaine affection pour la bridée. Rien de fantastique, elle ne s’attendait à rien, elle le savait marié de toute façon… mais il s’était pris à se souvenir de son anniversaire, à faire des choses qu’il s’était juré ne jamais faire, comme lui offrir des cadeaux, ou simplement l’appeler pour entendre sa voix… Il avait distancé ses conquêtes, contraint malgré lui de s’assurer qu’elle ne sache pas, qu’elle n’en souffre pas… Alors oui, à sa façon tordue, malsaine, brisée… peut-être qu’il l’avait aimé. Alors qu’il la reposait sur le sol, fort satisfait qu’elle accepte de fuir avec lui, il s’était retrouvé avec cette réflexion idiote. D’autant plus vu le sourire qu’elle lui tirait, à la simple mention de la date, maudit date, pourquoi ne pouvait-il pas chasser ça de sa tête?!

Les informations sur Kanna, il en avait assimilé plein, trop. Et après toute ses années, elles étaient encore là, encré en lui aussi certainement que ce besoin quasi-douloureux de s’approprier sa chaire le hantait. Elle avait été la seule personne avec qui il avait fait preuve d’un minimum de sincérité, la seule qui l’avait su marié, qui avait eu un aperçu de ses côtés moins jolis…Elle était unique, juste unique. Et c’est cette excuse qu’il garderait pour expliquer cette envie presque douloureuse de s’emparer d’elle et de ne jamais la laisser filer. Il ne pourrait que la faire souffrir, la décevoir, il le savait ça… mais il était également conscient que pendant les quelques heures ou il n’y aurait qu’eux, il ne lui ferait aucun mal. Son regard clair avait suivi la demoiselle alors qu’elle se hissait par la fenêtre, quand il éclair de géni le frappa : « Minute. Je reviens. »  il avait alors rapidement franchit la porte de la salle de bain, sortant un instant, juste assez vite pour chiper deux bouteilles de mousseau du cellier qu’il avait aperçu en route vers le petit coin. Avec le restaurant aussi bondé, personne ne l’avait vu. Une minute plus tard, il la suivant, s’extirpant par la fenêtre, bouteilles premières, avant de finalement se redresser avec son butin et un sourire de vainqueur. « Allez, on file! Maintenant que j’ai fait un tel effort pour ton anniversaire. »

Sans trop lui donner le choix, il l’avait guidé plusieurs coins de rue plus loin, dans un parc désert à cette heure, et s’y était enfoncé derrière les arbres. Loin des regards. Lorsqu’il fut enfin satisfait d’être à l’abri des regards, il se laissa tomber dans l’herbe, non sans l’attraper par le bras et l’attirer vers le sol avec lui. Il ne faisait pas spécialement chaud, l’air état même plutôt froid, début de printemps oblige. Sans lui demander son avis, il avait déposé les bouteilles et avait retiré sa veste, lui balançant avec nonchalance, et, ordonnant avec sa classe naturelle – aucune : « Mets ça, tu vas attraper froid. ». Il était hors de question qu’il soit plus sympa, ou laisse deviner qu’il s’en faisait pour elle… et puis, le plus vêtue elle serait, le mieux il se porterait. Elle avait un corps à vous damner! Son sourire en coin était revenu alors qu’attrapant on porte-clé super équipé de bucheron de la jungle, il avait entrepris d’ouvrir la bouteille, grognant de joie lorsqu’il réussit enfin. Il avait alors tiré un sourire à Kanna, en lui tendant le récipient en verre : « La première gorgée est pour la fêtée… et fait pas cette tête, je ferai rien de ‘’Calaway’’ sans ton autorisation… » Fidèle à son habitude, il avait laissé un rire amusé lui échapper alors qu’il concluait – histoire que ça soit clair et qu’elle soit au courant : « … mais je précise – tu sais, histoire que tu ais toute l’information, que si tu changes d’idée, t’auras pas besoin de simuler. » un nouveau sourire et il ouvrait la seconde bouteille, déposant la première dans les mains de Kanna avant de déclarer, oscillant entre le pervers moyen et le chic type : « Aux 26 ans d’une femme exceptionnelle! »

✻✻✻
CODES © LITTLE WOLF.
— I'M MADE IN JAPAN —
— I'M MADE IN JAPAN —
Voir le profil de l'utilisateur
avatar

     Mer 31 Mai - 20:17

Philip & Kanna

You're my kryptonite


Qu'est-ce qu'elle était en train de faire au juste ? On pouvait se le demander à la voir sortir de ce restaurant par la fenêtre des toilettes. A 26 ans, on était supposé être une adulte qui prenait de meilleures décisions. Mais la voilà qui abandonnait un avocat ennuyeux, mais aussi sans risques, pour prendre la fuite avec son ex petit ami à l'alliance pas si bien portée. C'était quoi ? Une nostalgie de son rôle de maîtresse ? Ou des troubles de la mémoire ? Dans le second cas, elle pouvait toujours prendre quelques minutes pour discuter avec Joon Ha, il saurait lui rappeler à quel point elle avait été idiote.
Oui, elle le savait, à l'époque, il n'y avait pas plus stupide qu'elle. Et il n'y avait toujours pas plus stupide qu'elle. Parce qu'après avoir "boudé" un temps, ils avaient repris contact et elle lui avait pardonné... d'une certaine manière... elle avait en tout cas pris la décision de passer à côté du mal qu'il avait pu lui faire pour le considérer comme un genre d'ami qui vivait derrière un océan. Ce n'était pas une décision très risquée, c'est vrai.... Mais maintenant qu'il se trouvait devant elle, est-ce qu'elle était toujours sans conséquences ? Est-ce qu'elle n'était pas supposée lui en vouloir un peu ? Dans un film, l'héroïne lui aurait au moins mis une claque. Mais elle... elle... elle n'avait jamais été l'héroïne. Elle avait plutôt le rôle d'un personnage secondaire assez discret malgré ses étrangetés.

Elle ne raisonnait pas comme les autres. Elle savait qu'elle était parfois un peu... naïve... ou stupide.... Elle avait probablement conscience d'être souvent un peu trop gentille. Elle était ce qu'on appelait un cas désespéré dans son genre. Il n'y avait rien à sauver. A la naissance, on aurait dû lui assigner un ange gardien qui aurait la possibilité de la surveiller à chaque minute de la journée, et de la nuit. Un genre de nounou version surnaturelle. Quelqu'un à consulter avant de prendre la moindre décision. Et cette personne maintenant, elle lui aurait dit de ne pas sortir par cette fenêtre, de retourner sagement à cette table et de supporter l'avocat à mourir d'ennuis. C'était moins pire. Et puis, après tout, elle s'était fichue dans cette soirée toute seule alors autant assumer les conséquences d'un manque d'assurance pour ce refus que ses amis avaient décidé de ne pas percevoir comme un non ferme.
Sortir avec Philip. C'était l'idée la plus stupide du genre !
Penser qu'ils étaient amis aujourd'hui et qu'il n'y avait rien de mal à ça. ça pouvait facilement dépasser la première idée en stupidité.
Evidemment que c'était mal, le Calaway était un sadique ! Dans une fable jouée, il aurait le rôle du loup quand elle serait l'agneau !

Et l'agneau s'était à présent retrouvé sur le trottoir à attendre le loup qui s'était éclipsé pour de mystérieuses raisons. Jetant un regard à droite, puis à gauche, la Murakami avait semblé guetter les sentences comme si elle venait de commettre un crime ou s'apprêtait à en commettre un. Elle avait pourtant déjà fait bien pire que sortir par une fenêtre de toilettes. Et curieusement, ou pas, ses pires crimes avaient été commis avec la personne qu'elle attendait désormais. Si elle y réfléchissait, elle ne voyait pas ce qui pourrait concurrencer leur scandale.
Abandonnant le rôle du guet au bruit derrière elle, elle s'était tournée vers Philip au moment où il passait à son tour par la fenêtre pour la rejoindre, muni de bouteilles.
Après tout, ils n'étaient plus à ça près. Ils pouvaient bien voler à boire.... Elle n'avait pas protesté de ce nouveau crime, elle avait préféré suivre son ravisseur qu'elle prenait probablement un peu pour un sauveur. Oui, l'avocat était la pire personne avec laquelle fêter ses 26 ans. Même Heaven lui aurait dit qu'un anniversaire s'arrosait. Evidemment, ce serait sans savoir qu'elle le célébrait avec son frère aîné avec lequel elle avait commis plusieurs crimes hors mariages... dans plusieurs pièces... endroits... oui, et un peu dans la chambre de Heaven aussi. Un jour, elle brûlerait en enfer, elle le savait ! Qu'on la pende haut et court !

Bref, la condamnée s'était retrouvée dans un parc, puis attirée sur l'herbe par son ancien amant qui avait ensuite eu la galanterie de la recouvrir.
Si elle lui donnait un bon point pour ça, on se chargeait de venir la pendre nous-même ou de lui greffer un cerveau. Elle était pourtant très intelligente... à certains moments... mais visiblement pas quand ça concernait un ex médecin de la trentaine bien entamée. Passant sa veste dans une moue légèrement boudeuse, comme si avec le recul elle comptait se défendre des mots scandaleux prononcés plus tôt dans les toilettes, il n'y en avait aucun qui avait franchi ses lèvres. Dieu merci, elle n'avait pas réellement remercié « Je sais. » qu'il ne ferait rien de Calaway ?
Est-ce qu'elle pouvait réellement en être certaine ? « C'est différent aujourd'hui. » et sa main sur ta cuisse, c'est différent ? « On est amis.... » "amis", c'était un joli terme... ça donnait des limites... ça imposait la sagesse... et puis, ils l'étaient vraiment non ? C'était bien le nom qu'ils avaient fini par poser à leur relation.
S'ils l'avaient été à la base, tout aurait été plus simple entre eux.
Mais si à l'époque elle n'avait pas été stupide, est-ce que Philip et elle seraient "amis" aujourd'hui ?
Peut-être qu'il n'aurait été qu'une vague connaissance. Peut-être qu'elle aurait passé plus de temps avec les autres Calaway et que ce ne serait pas lui dont elle essaierait d'obtenir des nouvelles auprès de sa meilleure amie. Elle appréciait tous les Calaway et pourtant, elle se demandait bien trop souvent comment l'aîné allait.

Dans un sourire, sa bouteille en avait rencontré une autre avant qu'elle ne la porte à ses lèvres pour en boire quelques gorgées. Un soupir pour remercier le liquide salvateur et son regard se portait à nouveau sur le membre le plus sadique et dangereux de sa famille préférée.
26 ans. Quand elle l'avait rencontré, elle n'en n'avait que 18. Quand ils s'étaient quittés, elle fêtait tout juste sa majorité. Ils ne s'en étaient pas trop mal tirés tous les deux... sur un point de vue professionnelle. Il était médecin. Elle écrivait des livres. C'est vrai, il manquait une bonne partie aux rêves qu'elle s'était interdit parfois de faire sur un futur avec Philip.
Chassant les comparaisons stupides de sa tête, elle avait finalement été celle à reprendre la parole « Alors ? Le Docteur Calaway est en visite au Japon ou de retour pour un temps plus long ? » pour Heaven, elle espérait entendre la deuxième réponse. Il comptait beaucoup pour elle et ces derniers temps, ça n'avait pas été simple pour sa meilleure amie. Avoir son frère avec elle, ça ne pourrait que lui faire du bien.
AVENGEDINCHAINS
— I'M MADE IN JAPAN —
— I'M MADE IN JAPAN —
Voir le profil de l'utilisateur
avatar

     Mar 6 Juin - 2:07
You're my kryptonite
Kanna &
Philip


Un jour viendrait où abdiquerait la guerre des apparences, ce jeu minable où il tentait de se convaincre qu’il était soit le pire des connards, soit un grand cœur incompris – selon son humeur. La vérité, c’est qu’il n’était au fond, ni l’un ni l’autre, il n’était rien de plus qu’un reptile manipulateur et calculateur, un joueur fourbe – il avait depuis tout jeune compris ce marché de faveur en  vertu duquel il pouvait obtenir tout ce qu’il convoitait. Philip, il avait toujours un coup d’avance sur son adversaire et qui ne laissait en aucun cas les émotions paver son chemin. Il était imprévisible, tout en ayant minutieusement tout planifié. Tout ce qu’il faisait avait un but, un aboutissement espéré, et il avait beau être égoïste dans le choix des objectifs à se fixer, il ne dérogeait que très rarement du plan établis. « … différent? » … sauf lorsque Kanna était impliquée, apparemment. N’avait-il pas déjà tranché sur son manque d’utilité dans sa vie, sur le danger qu’elle représentait, sur le choix sensé qu’était de se défaire d’elle avant qu’elle n’ait sur lui plus d’emprise qu’il ne voulait bien le reconnaitre? Juste qu’il se retrouve là, à avoir piqué une bouteille de vin, à s’être enfuit comme un minable d’un restaurant sans vraiment se soucier des conséquences, ça dévoilait bien ô combien son QI diminuait en sa présence. Et il était hors de question qu’il le lui fasse savoir.

Il en avait bien assez honte! Honte qu’elle lui ait manqué, honte qu’après six années à se convaincre dur comme fer que la seule chose qu’elle avait de charmant, c’était ses formes (il n’allait pas nier leur attrait même aujourd’hui) elle eut été la première personne qu’il contacte en remettant les pieds au pays. Peut-être qu’il n’était pas aussi fort qu’il y croyait, ou peut-être qu’il était encore plus cruel qu’il ne voulait l’admettre. Lui laisser sa vie, lui donner une chance de trouver un type bien, n’était-ce pas ce qu’il avait voulu pour elle? … Le hic, voyez-vous, c’est que cette noble demande allait en totale opposition avec cette autre partie de lui qui ne pouvait poser les yeux sur elle sans brûler de flamme dangereuse, cette ivresse douloureuse qu’était l’envie omniprésente qu’elle lui appartienne. Il n’avait jamais vraiment aimé partager… Son visage s’était penché vers la droite alors qu’il prenait une gorgée de vin et regardait son ex de démerder avec les qualificatifs qu’elle voulait donner à leur relation. Un sourire avait étiré ses traits et sa main avait lentement grimpée pour se déposer sur la hanche de l’écrivaine, alors qu’il répétait, comme s’il la mettait au défi de le redire. « on est amis? »  … Amis, c’était un terme ridicule, c’était une barrière invisible, c’était un nouveau défi qu’elle lui lançait, sans même le savoir, de gravir ce nouvel obstacle. Il n’aimait ni les limites, ni les refus, ça avait tendance à inspirer chez lui une telle envie de rébellion! « N’a-t-on pas toujours été amis Kanna? …   » … Entre autre choses oui. En public surtout.

Oh oui… mais alors pourquoi est-ce que sa main avait tout naturellement trouvé le chemin vers son corps hein? De vieilles habitudes, un besoin de valider que les années n’avait pas ramolli sa peau – les vieux gars, ça ne voyait souvent, lui-même avait quelques noms à l’esprit! Mais alors… si ce n’était qu’exploratoire, une vérification diligente sur le vif, pourquoi ne pas retirer cette vilaine patte, pourquoi entamer une délicate caresse en abordant l’air de plus indifférent du monde – et ce sourire de chieur.… Parce qu’il le pouvait. Et parce qu’en cas de violence, il blâmerait le tout sur un soucis professionnel, ça faisait au moins six ans qu’elle n’avait pas eu d’osculation complète, c’était d’une insouciance rare de ne pas consulter un médecin pendant aussi longtemps! Quoi qu’il aurait brisé les jambes au premier homme à lui proposer ce genre d’examen… Encore ce goût amère, c’était quoi encore… comment arrivait-elle à faire ça, à lui inspirer un tel dégoût ne serait-ce qu’à imaginer devoir la partager? Il avait grimacé en prenant une nouvelle gorgée de vin, son sourire revenant en force alors qu’elle lui demandait s’il était là pour de bon.

« Je te manque donc un peu alors? » crétin ! Et ce sourire de gamin espiègle qui dansait sur ses traits, cette façon qu’avaient ses yeux de l’observer sans aucune retenue, ne serait-ce que parce qu’elle avait ouvert une porte d’un millimètre. Elle devait être aveugle, pour ne pas remarquer que depuis huit ans, depuis qu’il avait relevé les yeux de son journal médical pour les poser sur son minois, il n’avait jamais cessé de l’admirer. Il était hors de question de lui avouer, cependant. Ce sourire toujours bien présent, ce petit creu sur sa joue en témoignant, il avait ajouté, comme si c’était une vieille nouvelle : « J’ai pris un poste sur Tokyo…. Un poste permanent. ». Pour être avec Heaven, entre autre choses, pour des occupations moins sages également. S’il avait suivi sa sœur dans le but de l’avoir à l’œil et de mettre ses affaires en ordre, il ne pensait pas que ça l’impliquerait elle, elle et ce désir quasi inexplicable de l’avoir à nouveau.

Ressassais toi Calaway, ce n’est que la nostalgie, l’ennui, la joie de retrouver un vieux jouet… pas du tout une envie d’avoir encore et toujours cette chance stupide qu’elle l’attende le soir, pas une envie de replonger dans cette dynamique de couple qui lui allait si mal… non? Alors pourquoi cette voix, pourquoi cette confidence, fais comme les hommes, les vrais, ceux en Seri et finissant par Zawa, refoule tes envies, enterre tes émotions tu ne t’en porteras que mieux. C’était dangereux, ce besoin de ne pas être un connard pour quelqu’un. « … je vis seul depuis une décennie, je n’ai pas revu Takara depuis deux ans, je crois qu’il est temps de mettre fin à mon mariage. » … Ou ces vœux pieux qu’il avait bafoué plus que nécessaire. S’il n’avait jamais caché n’éprouver que mépris et dégoût pour son épouse, il n’avait encore jamais verbalisé à quiconque cette pensées, cette petite idée qui germait depuis toujours : le divorce. IL avait épousé qui on lui avait dit, il avait fait son devoir… et jamais il n’avait vraiment pensé s’en échapper. Jamais. Surtout qu’à distance, sa femme était moyennement chiante. Mais pour les yeux sombres d’une illustratrice…. Il voulait bien se confier, un peu, juste un peu… quel mal y avait-il? Il avait dégluti, sentant l’alcool lui brouiller les sens. C’est que pour échapper à la nunuche en chef, une pouffie comme dirait Kotani, il s’était envoyé plusieurs verres avant cette échappée!

Sans oser regarder Kanna – et sans libérer sa hanche non plus, il avait poursuivi dans les confidence, d’une voix lasse, basse, comme si c’était quelque chose qui le surprenait lui-même, ce goût soudain de liberté. « J’ai… ce besoin, tu vois, de fréquenter quelqu’un avec qui j’ai envie d’être, plutôt que de faire ce qu’on attend de moi. » … lui parlait-il vraiment, ou était-il en plein rêve éveillé? Qui sait. Lorsqu’il réalisa les conneries qu’il profanait, il les avait enterrées d’un rire avant de l’observer comme un prédateur, ce sourire carnacier en plein come back. Ses doigts s’étaient resserrés sur sa hanche, alors que d’un ton totalement amusé mais plus doux qu’à l’accoutumée, il avait murmuré un : « J’veux dire, vraiment Kanna? Après la perfection signée Calaway tu te laisses approcher par la racaille? … Si j’te laisse m’appeler maître j’peux t’embrasser alors ? » … tu ferais mieux d’arrêter de boire. Arrêter avant de te retrouver à t’incliner vers elle, tes yeux clairs plongés dans les siens, et secoué de cette envie brutale de découvrir si ses lèvres avaient encore un goût sucré… Oups. Trop tard!

✻✻✻
CODES © LITTLE WOLF.
— I'M MADE IN JAPAN —
— I'M MADE IN JAPAN —
Voir le profil de l'utilisateur
avatar

     Mer 14 Juin - 9:38

Philip & Kanna

You're my kryptonite


Oui, c'était différent. Et pourtant, l'incompréhension plutôt que la certitude était passée sur ses traits lorsque Philip avait repris ce mot. Est-ce qu'elle en était réellement certaine ?
Et bien... ils ne faisaient plus rien de scandaleux dans un lit, ou ailleurs. De son côté, elle était parvenue à mettre les rancunes de côté et parce qu'elle était probablement idiote, ou trop gentille, elle était capable de le regarder sans avoir envie de lui éclater la tête contre un mur. En avait-elle seulement déjà eu envie ?
... pour être tout à fait franche, elle s'était sentie plus peinée qu'en colère. C'est vrai, elle lui en avait voulu. Pendant un temps, elle avait pensé qu'il était préférable de ne plus le croiser. Mais parce que ça lui faisait trop mal, elle ne se sentait pas capable de le regarder sans que son coeur ne l'élance dans sa poitrine. Et aujourd'hui ?
... c'était différent. Oui c'était différent. Ils étaient amis... des amis par téléphone. Normalement, elle n'avait pas à affronter son regard, à voir ce visage qu'elle avait autrefois aimer ou à souligner des expressions qui lui plaisaient un peu trop dans le passé. Le téléphone, c'était plus simple et plus pratique pour les lâches.
Mais... ils ne s'aimaient plus. Enfin, elle ne l'aimait plus. Elle n'était plus aussi stupide qu'avant maintenant. Elle ne se faisait plus d'illusions sur les sentiments de Philip à son égard. Elle le savait, il n'en n'avait jamais eu pour elle. C'était comme ça, elle avait été l'idiote amoureuse d'un homme qui n'était pas fait pour elle.
Elle avait un peu appris de ses erreurs non ?

... oui, dehors, c'était dangereux. C'était une raison de plus pour s'enfermer dans son petit monde où personne ne pouvait l'atteindre.
Les personnages de ses histoires parvenaient parfois à la faire pleurer. Mais ils étaient également capables de la faire rire ou de la rendre fière. Dans son imagination, il y avait de quoi être heureuse.
Elle se fermait parfois trop au monde, elle en avait probablement un peu conscience mais, quelle importance ? Elle n'était pas malheureuse... elle avait tout ce dont elle avait besoin maintenant... non ?
... les études psychologiques, elle avait déjà donné. Elle se sentait mieux. C'était tout.
Et pour Philip ?
Elle n'avait pas envie d'y réfléchir d'une manière trop poussée.
Parce qu'elle était convaincue d'avoir raison ?
... oui... et puis, si elle se trompait, ça voulait dire quoi ? Ne pas le voir alors qu'il venait de revenir dans le coin ?
Il n'allait pas la manger. Il lui avait manqué... tristement, elle le pensait.
Et la main sur sa hanche ?

Posant à nouveau le regard sur son ex, et surtout ami, sa bouche s'était ouverte pour dire quelque chose qui n'avait pas pu se faire entendre. Coupée par l'interrogation, la remarque suivante avait passé le level 2 à l'incompréhension sur les traits de son visage « Ah.... » il se fout de toi Kanna, n'accorde même pas une seule importance à cette remarque [color=#0099cc]« Oui... c'est vrai... »[/color=#0099cc] il plaisante, il se moque, ça n'avait aucune importance.
... mais en réalité, ça lui avait fait un peu de peine.... Si elle avait fait de son mieux pour ne pas le montrer en lui adressant un sourire avant de porter son verre à ses lèvres, elle avait senti cette légère pointe, manifestement toujours capable de harceler son coeur.
Parce qu'il avait raison.
Dans le fond, ils n'avaient jamais été qu'amis. Des amis un peu différents, c'est vrai mais officiellement des amis. Vidant son verre d'une traite, elle l'avait ramené sur ses jambes en s'efforçant de garder une expression décontractée. Elle aussi, elle pouvait être une cool personne. Elle ne se montrerait pas maladroite ce soir... enfin, elle essaierait [color=#0099cc]« Disons qu'on est des amis plus distants maintenant. »[/color=#0099cc]

Au moins, côté amical, ils pouvaient sonner plus officiel.
Tournant la tête vers le médecin, elle lui avait adressé un nouveau sourire.
Des amis plus distants, oui... mais visiblement, ils restaient quand même proches.
...
Est-ce qu'elle devait imposer des limites et lui dire de retirer cette main ? Son regard avait étudié cette dernière avant de relever les yeux vers son aîné.
Rien qu'une main. Ce n'était rien qu'une main. Mais s'il enfreignait les règles de l'amitié, elle serait une bonne amie et elle lui en collerait une.
...
Ou peut-être pas, mais elle lui ferait son regard mauvais.
Ce soir, elle avait 26 ans, elle revoyait Philip... un homme qui avait compté un peu trop pour elle malgré tout, qui lui avait manqué au point qu'elle soit obligée d'admettre à sa question « Oui... » idiote... « ... un peu. » ce n'était pas grave si elle ne lui avait pas manqué de son côté. ça ne lui ferait plus de peine aujourd'hui. Elle... elle ne savait pas tellement mentir... « Ta soeur doit être contente. » et elle ? ... c'était bien non ? Elle retrouvait... ou trouvait peu importe... un ami avec lequel il restait manifestement quelques traces de proximité physiques.

Elle s'était sans aucune doute tournée trop vite vers lui sa tête à cette remarque de divorce.
Oh allez Kanna, t'es pas assez conne pour y croire ? Il va te faire son numéro et ...
Est-ce qu'elle venait de rire ? « Ah ah, amusant. » ... « Elle est vraiment pas mal celle-là ! Avec un peu d'entraînement, ou une inconnue, ça pourra marcher ! » il était peut-être sérieux non ? « Toi ? Divorcer ? Non. » alors elle n'était pas si naïve que ça ?
Le jour où il divorcerait, il faudrait jouer à la loterie ! Et si la surprise était passée sur son visage, ça n'avait duré que quelques secondes, à peine. ça, elle le savait très bien qu'il ne divorcerait jamais « Me fais pas croire que tu t'es pas trouvé une nouvelle Kanna ! » Kanna ? Synonyme de maîtresse... triste association mais réalité, autant que cette impression d'une main plus joueuse, d'une proximité gênante et de mots accompagnateurs qui l'étaient tout autant au point que le teint de l'écrivaine ne prenne une belle coloration rosée. Frustrant, comme il gagnait trop bien à ce jeu là « Hein ? » t'as très bien compris Kanna « Arrête... c'est... c'est... m-même pas amusant ! » mais quelle rebelle, quelle guerrière, cette petite tape sur sa main avait dû lui faire un mal de chien !
...
Oui... bon... à chacun son niveau...

AVENGEDINCHAINS
— I'M MADE IN JAPAN —
— I'M MADE IN JAPAN —
Voir le profil de l'utilisateur
avatar

     Sam 17 Juin - 13:44
You're my kryptonite
Kanna &
Philip


Elle insistait drôlement sur le terme ami, pour quelqu’un qui ne se dégageait pas de son étreinte. Encouragé par le non-refus de sa vis-à-vis, il s’était approché, un sourire trônant fièrement sur son minois. Il ne voyait pas trop pourquoi elle insistait autant sur le terme moins proche, ou pourquoi elle peinait à dissimuler la blessure visible sur ses traits, alors qu’elle parlait d’avant, mais toujours est-il que sa voix était douce, rauque, alors qu’il l’avait contredit pour la première fois sur sa définition de leur relation.« … pas forcément. » ses prunelles claires ne l’avaient pas quittées, profondément ancrées sur les siennes, Philip ne savait que trop bien comment la tordre, la plier à sa volonté, elle protestait, un temps, puis finissait par abdiquer. Faible, c’est ainsi qu’il l’appréciait. Elle était son jouet, sa chose, sa possession…… et il aurait probablement dû déceler dans cette possessivité plus, plus qu’une simple partie de jambe en l’air. Mais il ne connaissait pas ce « plus ». Ni cette nouvelle barrière anti trucs scandaleux, apparemment, parce qu’il avait demandé, avec cette bouille d’ange des plus fausses :  « … tu es encore sur le marché non? » ça  y était, il avait pu sentir craquer sa résistance, c’est certainement pour cela qu’il avait laissé sa main grimper le long de son ventre, avant de reprendre sa position sur sa hanche, en grande exploratrice qu’elle était. « Ou non, mais qu’importe, si tu étais volontaire pour tromper ton copain avec l’incarnation de l’ennui, ça serait mal avisé de ne pas passer du temps « amical » avec ton médecin préféré. » et le voilà, cet air amusé, ce ton moqueur. C’est que maître  machin était un très mauvais choix… au moins, elle le reconnaissait non?

Il avait eu un air distrait, un moment, sans qu’il n’y prenne garde, ses doigts s’étaient mis à danser avec une lenteur délicate le long des côtes de la demoiselle, comment elle faisait ça? Cette emprise sur lui, ce besoin de la posséder. Avait-elle au moins conscience qu’il aurait été incapable d’arrêter de la toucher si elle lui avait demandé? Il n’avait jamais eu cette force. Combien de fois lui avait-il dit que c’était, répréhensible, pour replonger de plus belle vers ses lèvres? Elle avait un talent qui lui était propre : celui de lui faire oublier le monde extérieur le temps d’une étreinte. Et là, maintenant, il aurait voulu s’y soustraire. Mais elle était fourbe, cruelle, d’avouer de cette petite voix qu’il lui avait manqué … un peu. Et à lui? Évidement qu’elle lui avait manqué, même si chaque fibre de son corps se refusait à l’avouer. « … je veux bien me contenter d’un peu. » Encore cette main, encore cette caresse inconsciente qui n’avait pris fin qu’à la mention de sa sœur cadette. Cette fois, c’est un réel sourire qui avait traversé son visage. « J’imagine qu’elle est heureuse. Tu devrais voir le bordel qu’elle a fait dans mon appartement quand elle est emménagée. Il est possible que je sois maintenant propriétaire de coussins à poils rose. » ils s’étaient toujours bien entendu tous les deux, Heaven était probablement la plus idiote des idiotes, pour penser qu’il avait un bon fond… mais sa sœur était paradoxalement la seule personne qu’il n’avait jamais voulu décevoir. « Je la soupçonne de faire ça que pour m’énerver. » avait-il conclus, avant de formuler à voix haute ses projets matrimoniaux, ou plutôt, de rupture… Le divorce, il y songeait, de plus en plus, il devait prendre de l’âge, ou envisager les conneries dans lesquelles il s’était plongé, les dénouements possibles. La moindre des choses était de ne pas plonger sa femme en enfer le jour où on révoquerait sa licence… ou qu’on le retrouverait mort au fond d’un fleuve. Mais ce divorce semblait aussi improbable pour sa famille que pour son ex.

« Non? » Il avait haussé un sourcil en la toisant de la tête aux pieds, avec cet air d’intense réflexion. N’était-ce pas ce qu’elle voulait entendre? N’était-ce pas un mensonge qu’elle aurait gobé sans rechigner par le passé? Et pourtant, il s’était interdit, pendant des années, de le mentionner. Il n’avait jamais tenté de lui faire croire qu’il finirait par tout plaquer pour elle, il ne lui avait jamais inventé un roman ou des sentiments – elle était douée pour matérialiser ça toute seule dans sa cervelle d’écrivaine. En fait, il ne lui avait jamais fait miroiter un futur impossible, s’il avait eu une qualité, c’était bien celle-là, de ne pas se voiler la face. Elle était probablement la seule avec qui il avait été aussi honnête depuis le jour un, c’était certainement la raison de la durabilité de leur « relation », ou quel qu’ait été le qualificatif qu’ils donnaient à leur passe-temps plus ou moins catholique. Il n’allait pas divorcer il y a huit ans, les répercussions auraient été trop grandes… et maintenant? Sa mauvaise fois avait refoulé cet aveu comme une moquerie, comme une connerie proférée sur le moment plutôt que comme une réflexion longuement murie et une idée qu’il caressait depuis un certain temps. Si Kanna ne le croyait pas, pouvait-il la blâmer? « C’est fascinant…   » Qu’après toutes les vérités infectes qu’il lui avait mis sous le nez, que malgré le fait qu’il ne lui ait jamais menti, elle ne le croit pas. Plutôt que de l’avouer, toutefois, il s’était moqué avec ce rictus arrogant, non sans la quitter des yeux : « Je l’ai toujours su au fond, que ça t’allumais l’alliance. »

Peut-être qu’elle aimait être la maîtresse, ou peut-être qu’elle croyait naïvement qu’elle était protégée de lui, s’il appartenait à une autre. Ou alors, elle s’était fait à l’idée qu’il serait toujours un homme marié, que Takara serait en permanence une ombre au portrait, un boulet à son pied où qu’il aille, une entrave à sa liberté – comme si ça l’avait déjà arrêté… - quelque part, il le savait, n’ayant jamais spécialement tenu à lui cacher sa situation matrimoniale. Et elle était malgré tout demeuré à ses côtés, devant le plus laid – ou à tout le moins une portion répréhensible – de lui-même, elle n’avait pas bronché. Cette simple pensée suffisait à lui faire poindre un sentiment étrange au poitrail, une petite chaleur pas trop désagréable qu’il eut tôt fait d renvoyer dans les limbes d’où elle venait en prenant une nouvelle gorgée de vin. Le mieux, c’était de ne pas  y penser. De ne jamais y penser. Il y a des trucs comme ça, incluant un certain gamin, qu’il ne dévoilerait à personne. Fidel à lui-même, il avait tenté une nouvelle approche, resserrant sa main sur cette hanche sans se formaliser de cette caresse (claque?) qu’elle avait octroyé à ses doigts sans grande conviction. Il allait se moquer, la provoquer un peu plus, lorsque sa question lui fit l’effet attendu d’une claque.

Une autre Kanna? Pendant une fraction de seconde, il l’avait observé, tentant de déceler dans son regard une interprétation autre à son insinuation idiote. Une autre Kanna… pouvait-elle vraiment s’imaginer qu’il la remplacerait aussi aisément? Que toutes les autres aient pu remplir une certaine fonction, satisfaire un besoin pressant, il n’y avait jamais eu d’autre Kanna. Des maîtresses, ça oui, plus qu’il ne pouvait les compter… mais jamais deux comme elle. Jamais une autre pour lui faire perdre la tête, pour le tirer de ses buts soigneusement planifiés. Et plus que de lire son hésitation, il venait de comprendre, la pointe de douleur, ce petit doute, de n’avoir jamais été importante. Bingo. Il la tenait enfin. Ses lèvres s’étaient étirées en un nouveau sourire sans qu’il ne la quitte des yeux, tel un loup devant sa proie, il était hors de question qu’il ne la laisse lui filer entre les doigts. Plus jamais. Ses doigts avaient lentement remonter le long de sa taille, pour s’y resserrés alors que son autre main déposait la bouteille sur le sol avant de se poser sur sa nuque qu’il avait serré doucement, mais avec une certaine autorité, la forçant à poser son dos sur l’herbe. Il avait toujours aimé la vue que  ça lui donnait, la regarder de haut. Était-ce mal de lui donner ce qu’elle voulait, cette fois, juste cette fois? Sans attendre son accord, ses doigts avaient grimpés sur son ventre alors qu’il penchait sa tête vers elle, profondément sérieux alors qu’il lui susurrait, comme une malédiction ou un secret. « Je me suis trouvé beaucoup de maîtresses au fil des ans, c’est vrai… » pauvre fou, il aurait mieux fait de rester avec la folle qui voulait lui faire un enfant dans ce restaurant, tout sauf sentir sa personne s’enflammer comme s’il avait encore la vingtaine… en même temps, poser ses lèvres sur l’épaule de la demoiselle ne devait pas spécialement le calmer… « Mais il n’y a jamais eu qu’une seule Kanna. » et pour éviter qu’elle ne dise un truc stupide, ses doigts s’étaient resserrés sur sa nuque et il s’était emparé de ses lèvres. Si elle le frappait, ça le vaudrait, il en était certain à la seconde même où il retrouvait cette drogue-là.

✻✻✻
CODES © LITTLE WOLF.
— I'M MADE IN JAPAN —
— I'M MADE IN JAPAN —
Voir le profil de l'utilisateur
avatar

     Sam 17 Juin - 17:12

Philip & Kanna

You're my kryptonite


Réponds que tu as un petit ami….
C’est vrai, pendant un moment, elle y avait songé. Elle était douée pour inventer des choses non ? Sur l’improvisation, elle pouvait lui trouver un nom, une vie avec un emploi stable, inventer le petit ami parfait avec la famille parfaite. Elle serait même capable de l’imaginer dans sa tête. Elle pouvait aussi décider de faire passer une personne de son entourage pour son fiancé. Ce serait plus simple, elle n’aurait qu’à faire transformer un ami en petit ami par le simple pouvoir de l’invention. Il aurait déjà une tête, posée sur un corps, et toute une vie.
Mais pourquoi mentir ? Elle n’avait personne…
Est-ce qu’elle s’était cherchée un instant une barrière magique pour protéger cette nouvelle amitié qui était supposée avoir commencé à leur rencontre ? Oui, même pendant la période où ils avaient des activités un peu trop amicales dans un lit.
Ce n’était pas nécessaire non ? Ils étaient bien amis et… Philip ne faisait que plaisanter.
Est-ce qu’elle était trop naïve ?
Est-ce qu’elle avait un don pour s’aveugler ?
Ou est-ce qu’elle devait se répéter de trop nombreuses fois depuis tout à l’heure qu’il ne faisait que la taquiner pour voir s’il parviendrait à l’agacer ?

« Arrête de plaisanter avec ça… » si bas, elle n’avait fait que souffler cette demande dans son grand courage.
Mais elle, elle n’était qu’une idiote capable d’admettre malgré tout qu’il lui avait manqué. Si elle avait été une amazone, son peuple l’aurait banni en quelques jours. Elle se disait sans doute qu’elle pouvait se montrer amicale avec un ami mais ne pouvait-elle pas faire plutôt comme avec d’autres et se fermer dans son petit monde ? Elle savait bien non ? Bâtir de hautes murailles pour se protéger.
C’est vrai… mais il y avait des gens pour compter plus que d’autres, des gens qu’on avait du mal à chasser. Heaven faisait également partie de ces personnes et un sourire s’était installé sur ses lèvres pour parler de sa meilleure amie. A la mention des coussins, elle s’était même laissée aller à rire avant de répondre « C’est peut-être simplement une passionnée de la décoration d’intérieur ! » évidemment qu’elle défendrait son amie d’être démoniaque pour agacer un grand frère ! Heaven pourrait commettre un meurtre qu’elle se ferait toujours son avocate, même si on lui mettait des preuves sous le nez.

Il aurait mieux valu rester sur le sujet de la jolie blonde plutôt que de se mettre à parler du mariage du grand-frère. Si elle n’avait pas lancé le thème, elle était celle qui n’y croyait pas une seule seconde. Philip, ce serait toujours avec une bague au doigt non ? Ce léger détail qu’elle n’avait manifestement pas remarqué au début…. Pour au final presque faire comme si elle ne l’avait jamais réellement vu… tant pis pour la culpabilité… oui… mais ils n’étaient pas vraiment ensemble comme dans « ensemble » avec Takara. Alors, elle avait pris ce qu’il lui racontait comme d’excellentes excuses pour continuer les conneries qu’ils avaient déjà commencées….
Elle était douée pour ça… prendre de mauvaises décisions. Ça lui avait si bien réussi d’écouter l’envie plutôt que la raison ! C’est vrai, dans le second cas, elle n’était jamais trop bien en fonction en ce qui la concernait….
Et maintenant, elle se défendait d’une accusation mensongère en fronçant les sourcils « Non. » d’accord… elle était meilleure pour défendre Heaven, c’est vrai « Mais je sais très bien qu’il y en aurait toujours une à ton doigt. C’était bien tenté mais tu ne me feras pas courir là-dessus Docteur Calaway. » et voilà que fièrement, convaincu d’avoir raison sur ce coup-là, elle avait hoché la tête dans un sourire pour appuyer ses propos.

Vraiment ?
Evidemment ! Calaway serait toujours marié !
Pourquoi divorcer aujourd’hui alors qu’il était resté marié à Takara tout ce temps ? C’était étrange ! Elle n’avait même pas besoin d’étudier son sérieux ou non. Ça ne prenait pas avec elle !
Elle pensait le connaître si bien que ça ?
Elle se plantait probablement sur certaines choses mais… oui, elle le connaissait au moins un peu aujourd’hui, non ? Probablement qu’on développait des liens en étant… amis… de cette manière. De son côté, ça avait été le cas en tout cas. C’est vrai, elle était sans doute un peu naïve. Il y avait des choses qu’elle enrobait de joli papier glacé… peut-être qu’elle lui inventait certains compliments… peut-être que son portrait était trop rose même s’il s’était un peu assombri à la fin de leur « histoire »… mais elle ne pouvait pas se tromper sur toute la ligne non plus….
Pourtant, même si aujourd’hui elle avait ouvert les yeux sur de nombreux points, elle n’allait pas tarder à se planter à nouveau….

Naïve petite chose qui ne donnait qu’une tape sur la main. L’appréhension était passée dans son regard à cette main dans sa nuque mais il avait fallu que son dos ne rencontre l’herbe pour qu’elle ne demande d’une voix où une pointe de crainte la trahissait « Qu’est-ce que tu fais ? » n’était-ce pas évident ?
Il n’allait pas faire ça.
Non. Il ne pouvait pas. Il ne faisait que plaisanter. Encore. C’est vrai, qu’est-ce que c’était amusant hein ?!
Son regard s’était fait fuyant, cherchant manifestement une issu de secours tandis que les doigts d’une autre main tentaient de contredire la certitude qu’elle se répétait intérieurement. Comme un doute sur cette plaisanterie, sa main avait relâché son verre vide dans l’herbe pour venir se saisir de celle de son aînée avant qu’elle ne remonte plus haut « Philip…. » il n’allait pas le faire, il n’avait pas le faire.
Et puis l’incompréhension des mots entendus, le trouble ou l’inattendu, qu’est-ce qui avait fait que ces lèvres étaient parvenues à s’emparer des siennes ?
Elle n’avait plus respiré. En fait, elle n’avait même plus été capable de bouger. Seule sa main s’était serrée sur celle qu’elle retenait. Sa tête s’était vidée pendant de trop longues secondes tandis que son cœur martelait avec trop de forces contre sa poitrine.

Quand tremblante sa main libre avait fini par se relever, ça n’avait pas été pour le repousser mais pour se retenir de tomber alors qu’elle ne pouvait pas le faire plus bas maintenant. Au haut du médecin, elle s’était serrée pendant plusieurs secondes et puis quelque chose s’était irrigué dans son cerveau. A moins que ce ne soit cette pointe plus douloureuse dans son cœur… c’était probablement davantage grâce à elle que sa main s’était desserrée pour pousser sur ce torse qui n’était pas supposé se trouver si près d’elle à présent.
Même s’il y avait eu un temps où elle avait trop apprécié que ses lèvres là goûtent les siennes, c’était terminé aujourd’hui… ce ne serait plus agréable mais douloureux, elle le savait non ?

AVENGEDINCHAINS
— I'M MADE IN JAPAN —
— I'M MADE IN JAPAN —
Voir le profil de l'utilisateur
avatar

     Dim 9 Juil - 22:29
You're my kryptonite
Kanna &
Philip


S’il avait eu une gorgée de vin dans la bouche, pour sûr, il l’aurait recrachée illico, heureusement pour son charme et son air distingué de médecin pas trop chiant en comparaison avec un saint avocat, il n’en était rien. Malgré tout, il avait haussé un sourcil, profondément amusé par la défense que faisait son «amie» de sa sœur cadette. Il aurait dû le savoir, qu’elle prendrait toujours pour le caniche de la fratrie, mais là, c’était carrément de la mauvaise foi. Sa sœur était une peste, elle adorait l’énerver, le faire sortir de ses gonds… et elle y arrivait à merveille. Que Kanna l’ignore était un infâme mensonge qu’il accueilli avec une tête faussement choquée. « … J’ai toujours su que tu avais de l’imagination, mais là, franchement, c’est de l’aveuglément volontaire. Ma sœur est un démon au visage d’ange! » une vérité qu’il avait ponctuée d’une gorgée de vin, non sans s’avouer que c’était là une qualité qui coule dans la famille quand on y pense, parce qu’il n’était pas stupide au point de se convaincre qu’il était un saint, pas quand, une fois en enfer, il pourrait très certainement assuré le rôle de maître des lieux… tant qu’il décédait avant Serizawa Makoto. Peut-être qu’ils auraient dû rester sur le sujet des coussins, des rideaux, rendre leur conversation le plus gay possible, tout sauf ramener sur le tapis la bague qu’il avait toujours au doigt, et celle qui manquait à sa vis-à-vis.

C’était pourtant un fait qu’ils avaient mis au placard si longtemps, n’en parlant jamais, n’y faisant référence que dans de rares instances. Après tout, il n’appartenait pas plus à Takara qu’il n’appartenait à Kanna. Mais si la seconde souhaitait se consoler, il avait une nette préférence pour elle, ou au minimum, assez de respect pour ne pas l’ignorer des mois durant et la traiter comme un vieil animal qu’il rêverait de faire mettre à mort. Ses doigts avaient continué leur prise de possession du nouveau monde – ou du vieux continent, à voir, en conservant leur point d’encrage sur la cuisse de la jeune bridée. Qu’on se le dise, même lorsqu’il l’avait rencontré, c’était un perchoir qu’il avait rapidement découvert, et des années plus tard, il se devait de revisiter le paysage. Un instant, une fraction de seconde, il avait eu cet air absent au visage, comme s’il regrettait sa confession, comme si avoir avoué à voix haute que la vie rangée, barbante, triée sur le volet que son paternel avait décidé pour lui ne lui convenait pas était un acte de haute trahison qu’il n’aurait jamais cru commettre un jour. Parce que oui, il aurait pu s’opposer à cette union il y a des années, contester, se rebeller, mais il ne l’avait pas fait… parce que son père était probablement la seule personne au monde à qui il obéissait… après tout, papa Calaway était passé maître dans l’art de gouverner la vie de son ainé pour chasser de ses préoccupations le temps trop restreint de sa cadette mourante… Toujours est-il que cet air presque vulnérable n’était pas resté, qu’aux paroles de la jeune femme, son sourire arrogant, un brin chieur, celui qui lui creusait la joue droite et donnait généralement envie de le frapper ou de lui sauter dessus, au choix, était revenu narguer ses lèvres. Soit. Elle ne voulait pas entendre ça, elle était en plein droit. « Tu ne m’as jamais demandé de la retirer …   » ses yeux clairs s’étaient faits plus insistants alors qu’il poursuivait, à voix basse : « pourquoi? »

C’était probablement là qu’elle avait gagné des points, bâti sa différence, des maîtresses, il en avait eu des tas – diable, il en avait encore des tas – mais jamais très longtemps, parce que lorsqu’elles s’attachaient, elles demandaient plus, elles demandaient qu’il divorce, elles mettaient un ultimatum et lui, prenait la poudre d’escampette. Kanna elle, elle n’avait jamais osé formuler cette requête-là. Et quelque part en lui, ça le soulageait. Est-ce que cette demande aurait sonné différente venait d’elle? L’aurait-il écouté, s’y serait-il plié? Le bon côté de ne pas savoir, c’est qu’il pouvait se convaincre que non, ça n’aurait rien changé, il serait parti plus vite, il se serait moqué de sa bêtise et probablement que si elle avait été ainsi, il ne se retrouverait pas devant elle aujourd’hui, avec cette main qu’il se refusait à retirer de sur elle. Non, certainement pas. Elle ne lui plaisait pas plus qu’une autre, ça, il en était certain. Ou alors, il était de très mauvaise foi, au choix. Parce que s’il avait été d’une criarde indifférence envers l’écrivaine, il aurait déjà tourné les talons. Ou il aurait choisis un autre sujet de discussion alors que l’alcool lui enivrait le cerveau.

Ne pouvait-il pas s’en tenir à des sujets de discussion sans implications douteuses ou sans malaise? Était-ce si horrible, de se limiter à des paroles amicales, à tenter un sauvetage de leur complicité d’antan en la réinventant pour ce qu’elle aurait dû être dès le jour un : une amitié sans complexité ? Après tout, dans le genre relation interdite, il tapait fort, si son alliance n’avait pas suffi à le retenir, l’amitié de sa cadette pour la nipponne aurait dû y arriver… Dans un monde idéal. Alors, est-ce que c’était impensable, de mettre de côté leurs différents, leur attirance, et de s’en tenir à des activités moins scandaleuses? Probablement pas, c’était même certainement sage, et alors qu’il y réfléchissait seul, c’était pourtant la voie qu’il s’était décidé à adopter… jusqu’à ce qu’elle se retrouve devant lui. Peut-être que de ne pas l’avoir croisé pendant toutes ses années avait permis de brouiller ses traits, de la rendre moins attirante, moins jolie, d’enlever de sa mémoire la gueule d’ahurie qu’elle tirait dès qu’il la provoquait un peu. Il l’avait terni, et cette pâle copie dont il se souvenait, il arrivait à la laisser aller comme d’un vieux jouet usé et désuet… Le hic? L’avoir là devant lui, c’était un tout autre combat. Il n’allait pas mentir et prétendre que c’était quelque chose de noble, comme des sentiments qui le faisaient hésiter. Oh non.

Les sentiments, c’était pour les faibles. C’était plus tordu, plus malsain, ce qui grimpait en lui désormais, c’était un égoïsme pur, comme s’il se souvenait qu’elle était une breloque avec laquelle il avait eu de bons souvenirs, une possession prisée qu’il n’avait pas envie de partager. Mais il n’était pas stupide au point de penser pouvoir la rendre heureuse, l’avait-il déjà pu? Non. Bien sûr que non. Elle était d’une candeur légendaire, elle rêvait du prince charmant et de la relation digne d’un mauvais film d’Hollywood, et, comme par une erreur de casting, il était cet homme marié qui n’aurait jamais dû figurer au tableau. S’il avait été une bonne personne, il lui aurait fait voir ces choses-là, il l’aurait chassé, il n’aurait pas repris contact… Et pourtant, une partie de lui s’y refusait. Peut-être parce qu’il avait diablement besoin d’un passe-temps autre que de voir ô combien il pouvait la tordre avant qu’elle ne brise, ou alors, était-ce cette pointe de sadisme qu’il avait toujours su bien présente au fond de son cœur, qui le poussait à la provoquer ainsi? Il avait fait pire…il y avait cet enfant… Comme si son mécanisme d’auto-défense était bien réglé, il avait chassé cette pointe de culpabilité de son esprit aussi rapidement qu’elle était venue. Ne pas penser à ces années-là, à cette maison-là et encore moins à ce petit garçon chétif roué de coup. C’était préférable de nier que ça existait.

Et nier, il était doué pour ça. Nier qu’elle lui avait manqué, nier qu’il était horrible au point de la vouloir à lui seul en sachant pertinemment qu’elle en serait malheureuse. Devant Kanna, il avait l’impression de devoir la choquer, la provoquer, la blesser, ne serait-ce que pour juger ou se trouvait se limite. À quel moment elle le l’abandonnerait à son sort comme le reste de l’univers. Probablement bientôt. Ou du moins, c’est ce dont il était persuadé alors que ses lèvres retrouvaient les siennes et qu’il s’attendait à mériter une claque pour son affront. Il l’aurait bien cherché. Pourtant, plutôt que de le repousser comme il s’y serait attendu, la demoiselle s’était agrippée à son pull. Un encouragement? Probablement. Inattendu. Encore une fois, elle avait cette capacité de le surprendre et c’est certainement pour cela que sa main avait trouvé son chemin le long de sa jambe, pour mieux se poser sur sa hanche ou elle avait décidé de se resserrer pour l’attirer un peu plus contre lui, pour rompre cette fichue distance alors qu’il intensifiait l’échange. L’alcool ou ces formes qu’il retrouvait, il n’aurait pu dire ce qui était responsable de cet état enivré qui l’habitait. Parce que oui, son souffle s’était fait plus court, son cœur avait pris un rythme plus alarmant et ses doigts s’étaient perdus dans ses cheveux alors qu’il se demandait pourquoi diable il avait attendu six ans pour faire ça.

On ne se prive pas aussi longtemps d’un hobby aussi intéressant… si? Et maintenant que le mal était fait, c’était quoi, de laisser ses mains reconquérir le paysage qu’il connaissait par cœur? Son esprit s’était tout bonnement vidé de culpabilité, d’angoisse, il n’était plus qu’un amas de chaire attiré comme un aimant à cette fourbe qu’il retrouvait. Et n’eut était de cette légère pression sur son torse, il ne se serait pas arrêté, pas une seconde. Et pourtant, c’est bien un grognement qui s’était échappé de sa gorge alors qu’il rompait le baiser en lui donnant juste assez d’espace pour respirer, mais pas assez pour échapper à son étreinte. D’ailleurs, cette main sur sa nuque avait trouvé le chemin de son dos et il l’avait plus certainement attiré contre lui, ce sourire de chieur toujours accroché sur son minois. L’air innocent, il avait même osé demander, comme s’il ne le savait pas : « Quoi? » … Philip, la réponse à cette question a certainement à voir avec cette main sui s’était glissée à nouveau sur sa cuisse, sur cette autre fautive au creux de ses reins qui l’avait plus surement attiré contre lui, et, ô malheur, sur ces lèvres qu’il avait déposé sur sa tempe puis, sur son cou, dans une ultime provocation alors qu’il murmurait, contre sa peau : « … Tu crois vraiment que j’ai la force de te laisser filer? »

✻✻✻
CODES © LITTLE WOLF.
— I'M MADE IN JAPAN —
— I'M MADE IN JAPAN —
Voir le profil de l'utilisateur
avatar

     Jeu 13 Juil - 20:37

Philip & Kanna

You're my kryptonite


Un instant, elle lui avait adressé un regard boudeur comme s'il était défendu de dire du mal de cette blonde-là. Mais après tout, n'y avait t'il pas une règle là-dessus ? Défendre votre meilleure amie à tout prix, indéfendable ou non, toujours prendre son partie quoiqu'il en coûte. Heaven pourrait avoir le portrait idéal de la coupable, elle en dresserait toujours celui de l'innocente de son côté. Et puis, sa blonde avait tellement de qualités. Elle pouvait en faire une longue liste pour préparer sa défense face à l'accusation « Je ne suis pas aveugle. » sauf que, définitivement, elle ne ferait pas un avocat très terrible « Et toi, tu devrais te définir comme le plus chanceux des grands frères de l'avoir comme petite soeur. » pourtant, dans une cour de récréation, elle ne serait pas si mal cette défense. Philip ne pourrait de toute manière rien faire contre ça. Heaven, ça avait été un coup de foudre pour elle. Elle avait bien tenté de modérer ses sentiments mais elle avait déjà eu celui qu'il ne ferait que se concrétiser quand elles se verraient enfin pour de vrai. Et ça n'avait pas loupé. Elles s'étaient aimées si fort dès le début... évidemment, elle n'avait pas vraiment prévu d'aimer un peu trop son grand frère aussi à l'époque... et elle aurait sans doute probablement mieux fait de ne vivre que pleinement son amour pour la jolie blonde des Calaway. Un séjour purement amical, sans scènes censurées dans diverses pièces ! Aujourd'hui, elle ne serait probablement pas là à partager un verre avec le Docteur Calaway. Et Joon Ha n'aurait pas non plus à la réprimander s'il venait à l'apprendre.

Comme tout le monde, elle en avait commis des erreurs. Philip entrait probablement dans son top 10. Si sur le moment ça en avait été une belle... la Kanna sortante de cette relation aurait sans aucun doute quelque chose à redire à ça. Oui, ils avaient partagé de bons moments... pour combien de mauvais ensuite ? Pourtant, elle l'avait su assez rapidement que ça ne le mènerait nul part. Elle n'avait pas de justifications, elle ne savait pas ce qui lui était passé par la tête. Par moment, elle se disait juste qu'elle était simplement trop faible quand lui était beaucoup trop doué pour affaiblir. Et elle était si pathétiquement faible qu'elle parvenait aujourd'hui à souhaiter qu'ils soient amis.
Elle ne l'avait sans doute pas assez vu ce psy.... Il y avait pas mal à analyser dans ce coeur. Et le docteur du cerveau pourrait commencer par essayer de répondre à la question de son confrère.
C'est vrai. Pas une fois, elle n'avait émit le souhait qu'il retire cette alliance à son doigt. Est-ce qu'il l'aurait fait si elle le lui avait demandé ? Il était marié sans réellement l'être... c'était sur ces dires qu'elle avait fondé toute sa faiblesse. Avec sa femme, ce n'était pas vraiment le grand amour, ce n'était pas pareil... il n'était qu'un homme marié sur papier. Pourtant, s'il ne l'avait pas été, leur histoire aurait-elle eu une chance d'aller plus loin ?
Aujourd'hui, elle savait que ce n'était plus le seul problème. Elle savait qu'à de nombreuses reprises, elle avait fermé les yeux assez fort pour continuer à partager des moments avec lui.
Alors quoi ? Elle n'avait rien dit parce qu'elle y tenait trop ?
Non... elle n'en savait trop rien en réalité... et elle l'ignorait assez pour que la surprise et la confusion se lisent sur le visage qu'elle avait tourné vers lui.

« Je n'en sais rien.... » peut-être qu'elle n'était que stupide dans le fond ... « Ce n'était pas vraiment ma décision.... » oui, elle ne décidait jamais pour les autres, elle n'essayait jamais de les contrôler « Et puis... » elle avait déjà beaucoup à son sens ? Oser espérer plus, ça aurait été trop ? Elle était une rêveuse, c'est vrai, mais une rêveuse qui manquait de confiance en elle. Comment aurait-elle pu être celle pour qui il aurait tout arrêter ?
Non, il n'y avait que dans les rêves qu'on pouvait se permettre de viser très haut. Avec lui, elle aurait été probablement déçue... comme elle avait fini par l'être....

Et comme elle le serait ce soir si elle persistait à ne pas réagir. Oui, il y avait des contacts pour perturber encore son coeur. Mais c'était terminé tout ça. N'avait-elle pas dit qu'ils étaient amis ? Qu'est-ce qui avait changé avec hier ? Rien... rien pour justifier qu'elle cède à nouveau aujourd'hui à replonger dans quelque chose qui abîmerait son coeur à nouveau.
Elle ne voulait pas encore avoir mal non ? C'était trop lui demander d'ouvrir les yeux maintenant pour se protéger ? Sa main avait bien tenté de l'aider à se réveiller. Ce n'était pas correct. Ils ne pouvaient plus faire ça. Philip le savait. Elle le savait. Et il était temps de réveiller un peu ses neurones malgré le trouble qu'il était capable d'y mettre.
A ce "quoi", elle ne pouvait que répondre d'une seule manière. A cette attirance, elle n'avait plus le droit de répondre aujourd'hui. Elle était très mauvaise pour les devoirs par moment mais aujourd'hui « C'est mal.... »  ... aujourd'hui, elle pouvait bien lui répondre comme si elle était une gamine de 5 ans qui avait trop peur de se prendre des lignes. Une défense si utile qu'elle se retrouvait davantage attirée contre lui.

Voilà pourquoi on aurait dû coller une nounou à vie à Kanna. Pour cette main sur sa cuisse, pour ses lèvres audacieuses sur son visage, puis sur son cou et pour son talent à s'attirer des ennuis. Certes, les ennuis étaient sexy dans le cas présent, mais il était bon de se repéter une bonne dizaine de "c'est mal" pour rester Buffy et non Faith « Arrête... c'est pas bien... » ah oui, ça marchait aussi dans une autre formulation. Et c'était très probablement ses deux mains sur ce torse qu'il allait insister Philip à la relâcher.
Peut-être pas... sans doute pas... mais peut-être que ce qu'elle avait bégayé rapidement sans réfléchir aiderait « J-je vois quelqu'un ! » un psy ? « J-je veux dire... je... je suis avec quelqu'un ! » ... son avocat ?
... d'accord, c'était un mensonge. Mais c'était tout ce qu'avait trouvé son cerveau dans l'urgence tandis que les alarmes d'un code rouge résonnaient dans son crâne.

AVENGEDINCHAINS
 
You're my kryptonite ft. Kanna
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 2 sur 2Aller à la page : Précédent  1, 2
 Sujets similaires
+
 Sujets similaires
-
» Sceletium Tortuosum ou kanna
» Les "nigros" changent de nom!
» petits nigros
» ma liste
» Amatitlania kanna

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
E. Entertainment :: Wonderful Tokyo :: Chiyoda-