flashback | seeking a friend for the end of the world ▫ jared blackwell

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     Dim 28 Mai - 22:22
a friend for the end of the world




La musique te tape sur le haut du casque, ça fait pulser le sang dans tes veines, ça résonne dans tes os, transformant ton corps en une caisse de résonance faite de chair et de flotte. Tu sens la sono tremblée tandis que tu grimpes et c’est seulement une fois dessus, tout là-haut, que tu vois ta gloire s’étendre devant toi sous la forme d’un cortège déchaîné. Il y a des gens qui dansent près de la piscine, à l’intérieur de la maison. Il y a des connaissances et des inconnus qui se mélangent et qui trinquent en buvant, en fumant, en riant. Lorsque t’attrapes le micro, tous les yeux sont rivés sur toi. « Ok, les enfants sont allés se coucher. Maintenant. Maintenant, on s’amuse. » Et sur ces mots tu drop the mic, tu remets pied à terre et t’attrapes la première roulée qu’on te tend sous les acclamations d’un public en délire. Tu prends une taffe, tu leur craches ta fumée à la gueule et tu sautes à pieds joints dans la flotte.
Avec le bédo allumé, oui madame. Mais quel sale gosse.
Quand on en a plus grand-chose à foutre de sa propre existence, il faut plus qu’un pétard mouillé pour vous causer des angoisses. T’as rien à perdre. Ta carrière est déjà foutue, reposant sur le sens moral d’un journaliste de la presse à scandales et d’une femme qui ne cherche que le profit dans une entreprise où les êtres humains sont traités comme des machines, remplaçables, jetables à volonté. Et puis, de toute façon, c’est pas comme si ça avait quelconque forme d’importance maintenant. Tu cherches ton échappatoire là où tu l’as toujours trouvé, la tête dans un nuage de toxine, le cerveau noyé dans l’alcool, les cuisses écartées, n'importe où, du moment que ça te casse pas trop le dos.

Tu sors la tête hors de l’eau sous l’hilarité générale et on finit par te rejoindre dans la flotte.
Finalement tu sors, on t’échange ton spliff dégoulinant contre un nouveau. Tu tapes la bise à cette meuf qui vient d’arriver. « Amuse-toi bien. » Ouais, ouais. Garde tes mains loin de mon cul et tout se passera bien.
Encore autre chose qui « aide », cogner, ou plutôt se faire cogner dessus. Très fort.

Tu rentres à l’intérieur, attrapes un gobelet sur l’une des tables. On te le remplit de hashtag tusaispasetfranchementtut’enfous. Tu grimpes les marches quatre à quatre vers les chambres, prends une gorgée. Vodka Redbull. Classique. Fade.
Derrière la porte de l’escalier, on perçoit tout juste la musique, étouffée par d’autres sons. T’as pas besoin de te faire trop de films pour savoir ce qu’il se passe dans la chambre d’amis, que ce soit aussi bien celle à ta droite que celle à ta gauche. Tu presses le pas vers le fond du couloir et ouvres une des chambres ; havre de paix loin du baisodrome qui semble avoir investi l’étage.
Evidemment cette chambre-là est occupée aussi. Mais ça, c’est normal.

Tu fermes la porte au nez de toute cette hypocrisie surfaite pour venir t’écrouler sur le lit, à côté de ton visiteur en veillant à ne pas renverser ton verre. « Squatteur. » Seule réponse, ce salaud te pique ton joint d’une main en t’attrapant par ta manche trempée de l’autre. Tu te laisses faire.
Il te regarde, une exaspération presque naturelle sur ses traits, l’air de dire t’as encore sauté dans la piscine. Mais les mots ne sortent pas, il ne fait que te cracher sa fumée dans la gueule. Ça fait joli dans l’obscurité de la chambre, seulement éclairée par les jeux de lumière à l’extérieur. Une espèce de brume multicolore, un halo au-dessus de sa tête blonde. On croirait un saint. « J’ai encore sauté dans la piscine… » Tu réponds en posant sa tête contre son flanc, bien calé sur le dos. Pour faire le malin, tu l’entends dire, mais ces mots ne franchirent jamais le seuil de ses lèvres scellés en un rictus que tu te plais à qualifier de mécontent. Tu supposes qu’il déteste ça, te voir faire l’intéressant, mais il ne t'a jamais fait la leçon là-dessus, ni sur quoi que ce soit d'ailleurs. D’un accord commun vous gardez donc le silence et même si tu le sens frissonner au contact de tes fringues trempées, tu t’autorises à te blottir un peu plus contre lui.
Son t-shirt sent le musc, la fumée, la tristesse et tu le respires à plein poumons comme si c’était de l’oxygène. Sa main vient se réfugier entre tes mèches humides, écartant les mèches éparses qui collent à ton front, te faisant échapper un léger soupire de contentement. Là. Là tu te sens à ta place. Là, tu te sens bien.


Curieusement, il t’arrive de te demander comment tu peux te sentir en sécurité à côté d’un individu pareil. Peut-être parce que tu ne vaux pas mieux ? Impossible à dire. Mais il t’a donné, depuis le premier jour, il y a quelques mois de cela, l’impression d’être un peu au-dessus de tout. C’est peut-être l’accent ? Impossible à dire.
Dans tous les cas, tes souvenirs sur le sujet restent plus clairs qu’on ne pourrait le croire. Malgré le saké dont tu t’étais généreusement servi pour étancher ta soif, tu te vois encore titubant sur les marches d’un cinéma avant-gardiste, réclamant un ticket pour le prochain film sans même te renseigner sur le synopsis. Tu t’étais juste dit que ce serait drôle, avec toutes les couleurs et les délires bizarres et artistiques qu’ils mettent dans ce genre de films, que tu passerais un moment.  Ce fut mémorable, oh que oui.


☆☆☆ Beerus
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     Lun 29 Mai - 15:34




SEEKING A FRIEND FOR THE END OF THE WORLD


   Ce soir là, vous fixiez l'écran géant de manière infiniment plus affligée qu'à l'ordinaire. Vous n'auriez su l'expliquer éloquemment, mais vous enduriez un poids plus lourd encore que celui, d'habitude omniprésent, de votre existence. Et en même temps, vous aviez le sentiment étrange de flotter, à demi-conscient; emmailloté dans une poignée de secondes déjà passées qui se répéteraient indéfiniment.

  Vous vous raccrochiez désespérément au peu de réalité que vous parveniez à percevoir, en prétextant l'affection à l'égard de votre fade compagne.
  Dès l'instant où votre bras s'était refermé autour de ses épaules frêles, la demoiselle s'était lovée contre vous, souriant d'une façon qui aurait pu vous attendrir, si vous aviez eu un cœur. Elle pensait sans doute vos faveurs acquises; vous y réfléchiriez, éventuellement. Si vous vous sentiez d'humeur magnanime.
 
  «Aouch.»

  Votre tête tanguait, d'avant en arrière, et l'inévitable avait fini par se produire: votre crâne blond se heurta au dos molletonné de votre siège, et vos sourcils se froncèrent lentement. Profitant de la sérénité dégagée par la pénombre de la salle, vous décidiez de reposer vos yeux, un instant; le visage levé vers un plafond que vous ne voyiez pas.
  Soupir.
  L'air s'échappa soudainement de vos lèvres, et vous vous reteniez d'inspirer à nouveau, quelques instants. Peut-être.... oui, peut-être bien que vous pourriez rester ainsi. Ce serait si simple; si accommodant. Personne n'oserait troubler la paix d'un mort... n'est-ce pas ?
  Sans prévenir, une bouffée d'oxygène s'engouffra dans vos poumons, et un rictus amer se peignit sur votre profil de marbre.

 «Ce monde n'en a pas fini avec moi.» Chuchota une voix lointaine, dissimulée parmi les nuages de vos pensées embrumées.

  — Jared ? Tu te sens bien ? Murmura alors une autre voix, bien plus proche que la précédente. Plus inquiète, aussi.

 Vos yeux hagards cherchèrent la source de ces interrogations, et une fois trouvée, s'attardèrent sur son expression anxieuse. Sur son décolleté, également. Décevant.  

  — Hm hm. Affirmiez-vous simplement, tentant de sortir de votre stupeur.

  Vous vous forciez à vous rasseoir correctement, mais votre tête dodelinait d'elle-même. Combien de temps s'était-il écoulé depuis le début du film ? La séance avait-elle seulement commencé ? Vous aviez du mal à interpréter votre environnement.

  À plusieurs reprises durant les quelques minutes, secondes ou peut-être heures qui suivirent, vous jetiez un regard désabusé vers la sortie de secours. Vous étouffiez. Vous vouliez partir. Vous vous fichiez de déplaire à la jeune femme aux bras enroulés autour de votre taille; il fallait que vous vous dégagiez de sa mièvre étreinte et que vous sortiez de la pièce obscure. Cependant, vos membres engourdis semblaient ne plus vous obéir, malgré vos furieuses invectives mentales.
  Brusquement, tout se mit à vous exaspérer: ce stupide film d'auteur au scénario décousu, ces acteurs parfaitement dispensables, ces spectateurs béats d'admiration qui ne comprenaient probablement pas le quart de ce qui se disait , ces sièges hautement inconfortables et sur lesquels des dizaines de porcs s'étaient probablement avachis avant vous; sans parler de la stupide rouquine qui se pressait contre votre torse comme si son insignifiante vie en dépendait!

  Il fallait que vous trouviez un moyen de fuir ce cauchemar. Peu importait la nature de ce miracle, vous l’accueilleriez aussi tôt qu'il se présenterait.

(c) blondie sur epicode
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     Mar 30 Mai - 1:40
a friend for the end of the world

Le début du film avait été à l’image de ce début de soirée : vibrant de couleurs que la rétine humaine ne saurait percevoir, confus, donnant le sentiment d’un immarcescible moment. Tu ne comprenais pas vraiment ce qu’il se passait –à l’instar d’une grande partie de l’auditoire qui hochait bêtement la tête de façon approbatrice, voulant créer l’illusion que leur sensibilité était à la hauteur des images défilant devant leurs yeux-, ton cerveau ne prenait que ce qu’il voulait, jetait le reste, recomposait le tout en une expérience plus psychédélique et délirante que l’originale.  
Le mouvement frénétique du chat et ses yeux qui regardaient, tantôt à droite, tantôt à gauche, te donnait l’impression d’être devant l’un de ces dessins animés pour bambins, composés de formes abstraites et d’une fluidité qui laissait à désirer. Mais comme pour les enfants qui, du haut de leurs quelques mois et bavant sur leur ours en peluche, regardaient ce genre de programmes, ça avait aussi son effet sur toi. Tu babillais rêveusement enfoncé dans ton siège, la tête reposant tout à fait sur le dossier derrière toi, incapable du moindre geste. C’était comme si la surface molletonnée te retenait dans une étreinte confortable, l’idée de t’en dégageait ne te traversa pas l’esprit, pas à un seul moment.  L’ours en peluche n’était pas entre tes bras mais derrière toi, bienveillante figure immobile capable de supporter la façon dont tes mains remuaient frénétiquement sur ses bras. Tu ne bavais pas par contre, tu avais encore cette retenue-là, mais la façon dont tes pupilles se dilataient toujours un peu plus en suggérer peut-être davantage sur ce que tu avais pu prendre avant. Plein de couleurs. Les petites pilules. Ploc, ploc. Tu ne sais pas si cette pensée ou l’apparition soudaine de ce que tu identifiais comme un crapaud suintant d’une substance bleuâtre qui te rendit soudainement hilare.
Dans tous les cas, certaines personnes semblaient soudainement plus intéresser par le drôle d’oiseau  se tordant de rire sur son siège que par le film. Des regards embarrassés, d’autres surpris, d’autres amusés, et une femme, une rouquine, plus agacée que les autres, leva son index menaçant devant ses lèvres en crachant un shhhhh semblable au sifflement d’un serpent. « Sorcière. » Tu rétorquas en tirant  la langue, défiant la vilaine du regard. Mais au lieu de répliques verbales, tu ne reçus qu’un regard exaspéré avant qu’elle ne retourne se blottir contre le bras de son cavalier, lui murmurant quelques maléfices dans le creux de l’oreille. « Chochotte. » Fut le seul mot qui traversa ton esprit, franchit le seuil de tes lèvres sur lesquels s’était imposée une moue boudeuse. Même pas drôle.


☆☆☆ Beerus
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     Mar 6 Juin - 1:43




SEEKING A FRIEND FOR THE END OF THE WORLD


    —C'est fou ce que les gens peuvent être irrespectueux! Maugréa votre compagne, reprenant sa place initiale.

   Bien évidemment, vous ne saviez pas de quoi elle pouvait bien parler, et honnêtement vous n'en aviez cure. Mais au vu de ses yeux levés vers vous, la jeune femme attendait une réponse de votre part; il vous fallut donc prendre quelques secondes afin de scruter la salle de projection. Vous cherchiez un individu au comportement déplacé.... et vous n'aviez eu aucun mal à le repérer.
   Affaissé dans son siège, un japonais aux cheveux plus roses que la section filles d'un catalogue de jouets fixait l'écran. Son regard fasciné vous indiqua qu'il n'était probablement pas clean; d'où la raison de son allure léthargique.

   «Ça, ou il vient de comprendre le sens de la vie.» Songiez-vous, intrigué par la présence d'un personnage de ce genre lors d'une séance si peu adapté à la majeure partie du peuple.

   Après tout, le quidam en question avait le style vestimentaire d'un étudiant tombé dans les poubelles d'Harajuku, plutôt que celui d'un amateur de Pasolini. Bien qu'apprécier ce réalisateur puisse rendre quelqu'un, à vos yeux, cent fois plus méprisable que n'importe qui d'autre.

   —Au moins, il semble... s'amuser. Conveniez-vous finalement, ne daignant pourtant pas reporter votre attention sur la demoiselle, de peur que son étreinte se referme encore sur votre cage thoracique.

   —Chochotte.

   —Plaît-il ?

   Vous n'étiez pas totalement sûr que le type se soit adressé à vous, cependant ses yeux, entièrement noirs, étaient tournés dans votre direction. Et si prétendre vouloir mettre dehors un inconnu offensant pouvait vous permettre de tourner les talons et sortir du cinéma, vous oseriez sans doute perturber la séance.
   Un sourcil arqué, vous plantiez vos iris argentées dans celles, noyées dans deux pupilles dilatées, de votre malheureuse victime. Si cette dernière trouvait un moyen d'échapper à cette mascarade improvisée, vous vous adapteriez probablement; mais l'idée d'avoir trouvé un exutoire légitime vous poussa à espérer que le jeune homme réagisse de manière adéquate.

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     Dim 11 Juin - 3:13
a friend for the end of the world

Une croyance populaire voudrait que l’on puisse juger d’un individu par les objets qu’il porte avec lui, que ce soit dans un sac quelconque ou dans ses poches. Une croyance qui n’est peut-être pas tout à fait erronée, du peu que l’on sache l’analyser sous les perspectives et le recul nécessaires. De là, on pourrait distinguer quelqu’un de prévoyant à quelqu’un de tête en l’air, quelqu’un ayant une attention particulière à son apparence de quelqu’un qui se contentera de pouvoir rentrer chez lui.  Des profils qui se définissent par l’absence ou non de certains objets, par leur nombre, leur emplacement, leur état. Mais comme toute étude, ou science basée sur la variable capricieuse qu’est l’individu, l’erreur est une donnée à ne pas négliger.
Ainsi, à défaut de préservatifs et de tabac – des objets que l’on verrait tout à fait se glisser dans ta poche arrière, entre ton téléphone et un briquet usé – il y avait un paquet de chewing gum, emballé dans du papier bleu sur lequel se trouve la figure souriante de Doraemon se rafraichissant avec un éventail mais aussi un bâton de sucette dont le bout avait été longuement abusé par de nerveux coups de dent.  La science ne parait alors plus si exacte et, sans connaissance préalable du sujet, l’on serait tenté de dire qu’il s’agit des fonds de poche d’un manteau d’enfant.
Ton comportement à ce moment n’était pas si éloigné de celui d’une terreur des bacs à sable cela dit, ton langage d’autant moins. Les chewings gum trouvèrent d’ailleurs toute leur utilité lorsque tu remarquas, à côté de la sorcière rousse, le visage d’un homme qui semblait moins irrité que sa compagne. Cela dit, il dégageait un tu ne sais quoi d’agacer, sans que tu saches s’il s’agissait de ton fait ou s’il était naturellement comme ça. Tu ne l’entendis pas t’interroger, trop concentrer par son regard, glué sur toi, regard que tu affrontais sans mal, soutenais avec entêtement, toute trace de sourire disparue de ton visage. Un des chewing gum tiré de son paquet vint se loger entre deux de tes molaires, sans que ton regard s’écarte du sien. Les seuls mouvements de ton corps se résumèrent alors à ta main, partie remettre le paquet au fond de la poche de ton jean, et ta mâchoire, s’activant sans ménagement à mastiquer, mastiquer, sans que tu ne fermes la bouche pour faire taire le bruit ou cacher tes dents malaxant à l’envie cette pâte difforme.
Tu pouvais rester longtemps comme ça, sans prêter la moindre attention aux plaintes des spectateurs qui en regrettaient presque tes innocents gloussements. Ploc la bulle rose.


☆☆☆ Beerus
 
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