I'll carve my name into your skin - you're mine ft. Haruto

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     Mar 11 Juil - 17:32
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YURINA & HARUTO


Sa journée avait commencé comme toutes les autres : levée aux aurores, pesée comme un animal de foire pour s’assurer qu’elle n’ait pas triché son régime brutalement contrôlé puis, elle avait survécu aux deux heures de torture que son père qualifiait d’entrainement physique puis, sous l’œil sévère de son entraineur, elle avait avalé sans protester le même petit déjeuné qu’à l’accoutumé : un gruau, des fruits et un horrible cocktail de vitamines. Comme toujours, ça lui avait pris exactement quinze bouchées et, comme toujours, elle n’avait pas l’impression d’avoir réellement étanchée sa faim. La monotonie de son existence était déconcertante, mais depuis le temps, elle s’y pliait sans rechigner. On l’avait tant privé de son libre arbitre qu’elle aurait été bien incapable de prendre la moindre décision. Huit heures sonnaient lorsqu’on l’envoya en salle de danse pour les répétitions matinale, répétitions où elle ne pouvait souffler que pour pratiquer ses vocalises. Elle devait être impeccable en tout point, elle le savait, et elle ne le serait jamais, ça aussi, elle en était convaincu. Même son père avait cessé d’espérer, depuis des moins, il ne se donnait même pas la peine de venir assister au supplice qu’il lui faisait endurer. Une fois cet autre bloc de temps occupé sans qu’elle n’ait son mot à dire, Yurina regagna sa chambre où sa mère, fébrile, l’attendait déjà assise au bout du lit.

Tiens… ça, c’était différent. Sa mère était tout sourire alors qu’elle lui tendait un jus de fruit format enfant, probablement chipé quelque part : ça aussi, s’était interdit, avant de s’exclamer, plus énergique que jamais : « Une survivante! Comment a été l’entrainement ce matin? » notre bridée s’était contentée de hausser les épaules en attrapant le breuvage comme s’il s’agissait de sa planche de salut. « Merci. J’espère que tes plans pour mon après-midi sont plus agréables. C’est le grand jour non? » Le jour J, celui où elle ferait la rencontre officielle de son cher et tendre fiancé, celui où elle devrait gagner son affection et où elle pourrait enfin prétendre rejoindre le clan Kamiya! Si elle jouait bien ses cartes, elle pourrait même rencontrer son idole! OH MON DIEU. Si ses fiançailles la laissaient de marbre, elle ne pouvait contenir l’excitation qui lui tordait le vendre à l’idée de rencontrer Erena. Pour concrétiser ce rêve-là, elle était pratiquement volontaire à passer son premier rendez-vous à quatre pattes si nécessaire. Son adoration était grande! Mais avant… il y avait beaucoup à faire pour la rendre présentable. S’emparant du jus, il ne lui fallut que deux gorgées, c’est tout ce qu’elle s’accorda avant de rendre le contenant incriminant à sa génitrice.

Elle finit par maugréer un merci en se dirigeant vers la salle de bain. L’horloge indiquait midi. Les heures qui suivirent furent une mascarade de préparation, de choix vestimentaires – le seul domaine où elle se permettait d’avoir une opinion raffinée, et de coiffure. Lorsqu’elle fut à la hauteur des attentes maternelles, elle était soigneusement coiffée et vêtue d’une robe pêche hors de prix. Franchement, elle avait des airs angéliques. Ça serait donc le masque de l’agneau aujourd’hui… parfait, elle y excellait. Le tout, c’était de faire tomber le frère Kamiya dans ses filets, de l’entortiller autour de son petit doigt et d’en faire sa possession. Il était un prix convoité après tout. Attrapant son sac à main, elle avait suivi sans mère sans une protestation, souriant timidement alors qu’elle se rendait sur le lieu du rendez-vous arrangé : un petit restaurant où elle aurait l’intime honneur de prendre le thé avec son futur époux.

… Et si elle échouait? Ce n’était pas une option. Elle ne doutait pas une seconde que son paternel n’aurait aucune pitié pour ce nouvel affront.  La tête droite, le visage reflétant une candeur qui n’aurait rien en commun avec la vipère qu’elle était, elle était pénétrée dans le restaurant et avait laissé sa mère la guider vers le duo qui serait, pour l’heure, leur compagnie. Yurina était retombée dans ce rôle de petite princesse timide comme si elle ne l’avait jamais quitté. Les mains jointes devant elle pour tenir son sac à main griffé, elle s’était inclinée avec humilité devant sa future belle-mère alors que sa propre génitrice saluait avec un air des plus chaleureux la femme avec qui elle avait certainement marchandé longuement pour son fils. « Quel bonheur de vous revoir enfin, je vous présente ma fille, Daimon Yurina. J’imagine que ce jeune homme est votre ainé? Je vois qu’il a l’élégance de sa mère! » et le petit rire, franchement, elle avait tant à apprendre de sa génitrice, à croire qu’elle avait fait ça toute sa vie, séduire et jouer de manipulation… En fait, c’était exactement ça.

Yurina s’était délicatement inclinée avant de relever un regard faussement intimidé vers le garçon. Il était mignon, beaucoup plus qu’en photographie. Il y avait un petit quelque chose d’inatteignable (de gay XD) chez lui qu’elle ne s’expliquait pas… et qui lui donnait une envie plus vive de le posséder, de l’ajouter à sa collection. Il serait beau à son bras, et puis, femme de médecin, c’était trop bien. Elle avait même feint un rougissement en lui souriant timidement alors qu’elle ajoutait d’une voix délicate : « Enchantée de vous rencontrer.   » oui, vraiment, enchantée d’avoir à sa portée le frère d’une déesse! Quel que soit le funeste plan qu’elle avait en tête, elle s’était contentée de sourire timidement alors que sa mère proposait à l’autre matriarche de « Que diriez-vous d’aller discuter un peu plus loin, il me tarde d’entendre les dernières nouvelles … nous pourrions laissez ces jeunes gens discuter un peu. »

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     Sam 15 Juil - 19:24
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YURINA & HARUTO


Quand sa mère lui avait appris qu'elle devait faire des examens approfondis, Haruto avait été confiant. Haruka était un modèle de bonne santé, le style de Japonaise qu'on voyait devenir centenaire. Ce devait être une erreur, ou la fatigue, rien de plus. Bien sûr, pour un enfant, il était impensable d'imaginer l'un de ses parents malades. Les Kamiya étaient des personnes fortes, qui ne craignaient rien. N'y avait-il pas le caractère des divinités dans leur nom ? Si Haruto n'avait pas la prétention de se croire supérieur aux autres juste pour un beau kanji, il trouvait tout de même sa famille particulière. Il en était fier, aimait chacun d'eux profondément. Alors oui, il était incapable d'imaginer le pire.

Un cancer. Haruto se revoyait très bien assis dans la cuisine de son enfance, serrant la tasse de thé encore fumante entre ses mains. Sa mère lui avait annoncé de façon presque solennelle, comme si elle venait de lui apprendre qu'elle changeait de carrière. L'espace d'un instant, il s'était senti très bête, à répéter après elle ce mot qui ne semblait plus avoir de sens pour lui. Un cancer. L'étudiant en médecine qu'il avait été brûlait de lui poser des dizaines de questions techniques à ce sujet, afin de mieux cerner quel type de mal la rongeait, mais le fils aîné s'inquiétait trop pour ouvrir la bouche. Les yeux rivés sur la nappe fleurie, il n'avait rien trouvé à répondre. Haruka semblait, elle, prendre la chose avec philosophie. Elle avait peur, assurait-elle, mais elle se battrait. Etait-ce là une promesse rassurante ou une véritable résolution ? Haruto n'avait pas su dire. Il s'était contenté de serrer la main que sa mère avait posé sur la sienne. Le silence avait suivi, et elle avait prononcé ces mots qui le tourmenta longtemps. « J'aurais tant aimé te voir marié... » A ce moment-là, Haruto avait vraiment crû à une remarque innocente, dénuée de toute arrière-pensée. L'image de Ji Hoon avait bien flotté dans son esprit, mais pris de court, il n'avait rien répondu là non plus. Et sa mère avait profité du silence pour lui glisser qu'une amie à elle avait une fille charmante.

Sans trop savoir pourquoi, Haruto avait accepté de la rencontrer. Sans en informer Ji Hoon. Le GPS de sa voiture les guida, lui et sa mère, jusqu'au lieu de rendez-vous. Pour l'occasion, Haruka avait vêtu son plus beau tailleur de mère marieuse, ayant obligé son fils à porter un costume ridicule de gendre idéal. Mais Haruka irradiait de bonheur, et ça faisait longtemps qu'il ne lui avait pas vu une aussi bonne mine. Il pouvait bien faire ça pour elle. Un seul rendez-vous n'engageait à rien. Absolument à rien. Les yeux rivés droit devant lui, Haruto conduisit prudemment, alors qu'il revoyait le visage de sa mère, lui tendant le dossier de celle qu'il allait rencontrer aujourd'hui. Daimon Yurina, née le 9 août 1996. Soit cinq ans de différence avec lui. N'était-ce pas un peu trop vieux ? Elle était à peine majeure ! Et était trainee pour E. Ent. Une future star n'avait pas envie de s'encombrer d'un fiancé, n'est-ce pas ? Cela nuirait à sa carrière, à son image. Ne devait-elle pas donner l'illusion d'une jeune fille pure ? L'idée avait un peu tranquillisé Haruto. Sûrement trouverait-elle une bonne excuse à donner à son cher papa pour ne pas épouser ce psychiatre ennuyeux et déjà un peu trop vieux.

Mais sa mère avait ensuite prononcé de façon très appuyé le nom de famille de la promise. Daimon. Comme l'entreprise pharmaceutique Daimon ? Oui. Et Haruto avait compris. L'emploi de son père dépendait de cette société. Sans compter qu'il était un mécène apprécié de l'hôpital qui employait Haruto. Ce dernier eut immédiatement un très mauvais pressentiment. Durant des jours, il avait affiché une mine préoccupée, qui pouvait heureusement passer pour de l'inquiétude sur l'état de santé de sa mère aux yeux de Ji Hoon. Il ne pouvait pas lui dire. Tout irait bien, de toute manière, il y croyait de toutes ses forces. Néanmoins, aujourd'hui, alors qu'il aidait sa mère à sortir du véhicule, Haruto se demandait vraiment si tout se passerait comme il l'avait imaginé. Haruka marqua une pause devant les portes vitrées du restaurant chic, lieu du rendez-vous arrangé, pour vérifier que son foulard était bien en place. Son fils du se retenir de ne pas lever les yeux au ciel ; elle avait encore tous ses cheveux !

Ils étaient arrivés un peu en avance, et Haruto sentait l'angoisse le gagner. Un tic nerveux secouait sa jambe, et malgré les regards noirs de sa mère, il ne put rien y faire. Ce fut au sourire de cette dernière qu'il comprit qu'elles étaient arrivées à leur tour. Pour faire bonne figure, Haruto réussit à sourire aux deux femmes, et il dut admettre que le visage de Yurina était plus plaisant à voir en vrai qu'en petite photo apposée dans le coin d'un dossier omiai. S'inclinant respectueusement, faisant preuve de sa politesse légendaire, il les salua de sa voix grave et chaude. « Ravi de faire votre connaissance. » Une carrière d'acteur attendait-elle finalement l'aîné de la fratrie Kamiya ? L'intéressé se poserait la question plus tard. Laissant leurs mères se saluer comme deux vieilles amies, Haruto garda un visage composé. « Je vous présente ma fierté, mon fils... » « Kamiya Haruto. » Il sourit à Yurina, puis à sa mère. Un rire poli lui échappa, mais s'il s'était lui-même présenté, c'était surtout pour éviter une quelconque situation embarrassante. Haruka avait tendance à un peu trop exagérer les compliments lorsqu'ils concernaient son fils. Heureusement, elle accepta sans broncher la proposition de son amie et la suivit non sans un dernier regard lourd de sens en direction des jeunes gens.

Un ange passa. Haruto laissa un rire bref lui échapper, alors qu'il désignait la table la plus proche. « Et si on s'asseyait ? » Le fantasme de la différence de taille entre la fille et le garçon, il laissa ça aux amateurs de shojo, lui ça ne l'intéressait guère. Tirant une chaise pour que Yurina s'y installe, il contourna ensuite la table pour s'asseoir en face d'elle. « Eh bien, hm... Désolé, c'est mon premier rendez-vous... Arrangé, bien entendu. » Il se sentait si stupide, à bafouiller comme un adolescent de quinze ans. « Et toi ? » Ça ne se demandait sûrement pas, mais tant pis. Il n'était pas là pour la séduire ! Faire le minimum possible au niveau de la politesse, et pour le reste, lui faire comprendre qu'il était ennuyeux, et surtout : pas intéressé ! « Yurina-chan... Ah, je peux t'appeler comme ça ? » Haruto haussa les sourcils dans une moue concernée, espérant ne pas se montrer trop familier. « Désolé, c'est vraiment bizarre... Tu es à peine d'un an plus âgée que ma plus jeune sœur... » Qu'elle comprenne que ça n'allait pas du tout être possible entre eux. Ce mariage n'aurait pas lieu.

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     Sam 15 Juil - 20:37
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YURINA & HARUTO


Sa mère semblait radieuse, la dernière chose qui l’avait fait briller de la sorte, c’était les boucles d’oreilles en diamant hors de prix que lui avait offert son cher et tendre époux pour anniversaire. Autant dire que c’était quelque chose de grand, de phénoménale… et il semblait que l’idée de donner la main de sa fille en mariage lui procurait le même genre d’extase! Tout le long du trajet, la chanteuse n’avait pu concentrer son regard sur autre chose que la route, ses lèvres étaient coincées dans un sourire, faux, doux, cette marque de totale soumission, de faux bonheur qu’elle affichait en permanence. Elle semblait vraiment ravie de ce rendez-vous arrangé, de cette perspective d’union… intérieurement, la tempête qui déferlait était toute autre. Yurina avait l’estomac dans les talons, pour une des rares fois de son existence, elle n’aurait pas été capable d’avaler la moindre bouchée, la faim quasi-constante qui grondait en elle de par les rations minables qu’on lui autorisait chaque jour s’était tue pour laisser place à une brève nausée. Un mariage arrangé…ça y était… on l’avait pourtant prévenue depuis l’enfance, elle était résignée, oh oui…

Seulement voilà, plus jeune, lorsque les négociations allaient bon train avec la famille Serizawa, ça semblait moins effrayant, à l’époque, elle connaissait le prospect, elle avait interagi avec lui, suffisamment pour savoir qu’elle l’appréciait, qu’il était gentil… mais maintenant? Tout ce qu’elle savait de l’homme chez qui ses parents rêvaient de l’envoyer, c’était son nom, son visage et sa profession. D’accord, il était mignon, riche, il avait un bon boulot, il aurait pu être le parfait prince charmant… mais elle ne savait rien de sa personnalité. Était-il brusque? Avait-il comme elle, un masque de tendresse qui cachait une personnalité plus infâme? Quel genre de squelette avait-il dans son placard? Le pire, c’était probablement que toutes ses questions, quel qu’en soient les réponses, n’avaient pas la moindre importance. Elle le savait. Son père avait une fois de plus placé ses pions un à un. Il n’avait pas sélectionné un prospect que sa fille aurait eu besoin de charmer – il l’en croyait bien incapable. Au contraire, l’heureux élu était d’ores et déjà enchainé aux Daimon, de par sa profession, de par l’emploi qu’occupait son beau-père en devenir. Vraiment, on allait pratiquement la jeter dans la gueule du loup avec comme seule porte de sortie : sa propre volonté. Si on comptait sur sa capacité à tenir tête à son paternel pour la tirer de cette impasse, autant choisir le lieu de réception immédiatement, elle n’aurait jamais la force de le faire.

.. Et s’il s’y opposait lui? Qu’allait-il advenir d’elle? Elle le savait bien, l’affection paternelle avait des limites, un jour, il en aurait assez qu’elle n’excelle en rien, qu’elle obéisse si mal aux ordres de par sa capacité à les mener à terme… Et ça, c’était son plus grand cauchemar. Elle avait donc suivi sa jusqu’à l’intérieur du restaurant, jusqu’aux présentations houleuse avec ceux qui pourraient bientôt devenir le prolongement de sa famille – et aux vues des sourires et des murmures des deux mères, c’était chose faite. Notre bridée avait relevé ses yeux sombres sur le visage du jeune médecin. Il était vraiment beau, absolument mignon, franchement, si elle avait dû choisir un profil génétique pour ses enfants, il serait parfait. Il avait cette petite pointe de douceur chez lui, cette faiblesse qu’elle eut immédiatement envie d’essayer. Si elle s’était demandé quelle carte jouer, elle avait eu sa réponse au premier regard. La force, les menaces ou l’amour fou n’y ferait pas avec lui. Son meilleur atout, c’était cette compassion qui radiait de lui. Bingo. Il ne pourrait pas s’opposer à elle, la renvoyer, s’il savait que ça causerait sa perte.

Un sourire des plus candides avait étiré ses traits alors qu’elle le suivait vers une table plus isolée. « … d’accord. » . De toute façon, la perspective de décevoir son père rendait ses genoux bien faibles. Alors la chaise était la bienvenue… Feignant la totale timidité, elle avait passé une main dans sa tignasse en observant une seconde calculée ses propres pieds. Quelque chose chez le médecin lui indiquait qu’une attitude réservée, posée et délicate aurait plus de chance de le briser. Après tout, c’était un gentleman. Elle l’avait laissé tirer sa chaise, marquant une hésitation planifiée comme pour lui signifier que de telles attentions n’étaient pas nécessaires, bien qu’appréciées. La vérité c’est que c’était une exigence, elle n’accepterait rien de moins que d’être traitée comme une princesse! Il marquait des points. Elle avait relevé son visage avant de lui sourire une fraction de seconde, prenant bien soin de croiser ses iris avant de détourner les yeux, un rougissement entièrement feint en suivant, puis, elle avait croisé ses jambes comme le voulaient les bonnes manières et avait délicatement posée ses mains sur la table et lui avait finalement fait face.

Il était vraiment mignon. Elle pouvait déceler dans son visage des similitudes avec Erena. Juste pour cela, il valait bien le mariage… avoir son idole dans la famille! Il lui suffisait seulement de l’attraper dans ses filets, de narguer si fort la fibre de la culpabilité qu’il n’aurait d’autre choix que d’accepter. Accepter, puis lui obéir au doigt et à l’œil. Des sentiments, elle voulait bien en inventer, tant et aussi longtemps qu’il la traitait comme une reine, qu’il s’occupait d’elle et qu’il affichait cette image parfaite de fiancé éperdu en publique. En privé, elle s’en balançait, elle ne prévoyait pas vraiment devenir une épouse exemplaire non plus. Elle était si bonne actrice, des masques, elle en avait toujours eu… on avait inventé sa personne au complet, alors un peu plus un peu moins, Et pourtant, devant sa mise en contexte maladroite, ses doigts avaient timidement trouvé le verre d’eau sur le table et l’avaient entourés comme une bouée. Étape un : lui donner cette image d’innocence, de douceur, s’assurer qu’il croit avoir affaire à une brebis égarée. C’est avec une gêne feinte qu’elle l’avait observé de l’air le plus sincère au monde en murmurant, comme un secret : « … Je ne pourrais pas dire si vous vous en sortez bien ou pas… c’est mon premier rendez-vous tout court... » et officiellement, c’était le cas. Le truc, c’était de ne pas penser au vieillard qui lui avait offert un burger.

Elle avait tiré un petit sourire timide en mordant délicatement sa lèvre inférieure, hochant la tête. « Oui… tu peux. », nouveau sourire suivi d’un petit ton hésitant, tentative de « Haruto … san? ». Ça sonnait bien. Il était beau. Il était poli. Il était riche. Autant dire qu’elle voulait bien prendre son nom, elle n’avait pas de critères spécialement élevés de toute façon, ce n’est pas comme si elle allait pouvoir épouser un minable comme Naoto de toute façon! Elle profitait de ce silence pour l’analyser. Sous ses airs gênés de sainte vierge, son esprit marchait à 500 KM/H. Elle scrutait son attitude, observait. La façon qu’il avait eu de se tenir avec sa mère, cette façon qu’il avait de mentionner sa jeune sœur, il n’aurait pas pu être plus facile à lire. En toute délicatesse, elle avait chassé une mèche de sa tignasse derrière son oreille en l’observant directement, accrochant ses iris aux siens. Puis, retrouvant son aplomb, elle avait pris la parole, enchainant des qui avaient l’air spontanés, réels, mais qui était aussi planifié que cette rencontre. « … C’est étrange pour moi aussi… » elle avait jeté un regard furtif à leurs deux mères qui semblaient plongées dans une conversation agréable aux vues de leurs sourires. Sans doute choisissaient-elles déjà les centres de table… « … je suis vraiment désolée si tu t’es retrouvé coincé ici contre ton gré… je me doute bien qu’avec ton âge et tes accomplissements … et … enfin… tu dois le savoir que … enfin… tu … » petit rire timide, elle avait posé une main devant ses lèvres en parlant encore plus bas …

« … tu es charmant……….. Bref, tu as forcément quelqu’un dans ta vie… une personne très chanceuse… et la dernière chose que je veux, c’est de te rendre misérable… » la bonne blague, elle voulait surtout qu’il soit soumis à sa volonté, plié à ses demandes, et s’il avaient une petite amie, elle s’en fichait éperdument. Elle espérait même qu’il en ait une, ça rendrait leur nuit de noce moins maladroite! Elle avait forcé ses prunelles à s’embrouiller, comme si elle était toute émue d’avouer ça alors qu’elle concluait, espérant avoir visé dans le mile pour le briser… « … mais je ne pouvais pas être égoïste… penser juste à ma carrière……… ma famille… ils comptent sur moi… ils veulent s’assurer que quelqu’un reprend les affaires… ils ont besoin de moi... … et je ne peux pas leur tourner le dos, je ne peux pas les décevoir… » un petit soupire lui avait échappé, il suffisait de penser à ce qu’ils lui feraient si elle échouait, et les larmes embrouillaient vraiment ses perles sombres. Elle avait rivé son regard sur le médecin dans un faible : « Tu comprends? » elle ne serait pas celle qui porterait le blâme, s’il fallait un coupable, elle allait le tailler en morceaux! Et tout cela avec un sourire d’ange.

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     Sam 22 Juil - 22:59
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YURINA & HARUTO


Alors qu'ils attendaient dans ce restaurant un peu trop chic à son goût, Haruto tentait de se convaincre que ce n'était rien. Une sorte de rendez-vous d'affaires, quelque chose comme ça. Il se rattraperait en racontant tout à Ji Hoon ce soir. Ensemble, ils en riraient de bon cœur. Lui, se marier ? Quelle idée ! Mais que sa mère ouvre un peu les yeux ! Son homme plaisanterait encore sur le fait qu'être aveugle à ce point, c'était un exploit. Et lui essayerait de lui trouver des circonstances atténuantes qu'il avait de plus en plus de mal à dénicher. Il était vrai qu'à un certain moment, c'était quand même gros. Au point où le fils se demandait si sa mère ne faisait pas un peu exprès. Mais non. Impossible, n'est-ce pas ? Elle l'aimait, et malgré le choc de la nouvelle, elle finirait bien par accepter le fait que son trésor était tombé amoureux d'un homme. Haruto voulait s'en persuader.

Face au Daimon mère et fille, il avait décidé de se la jouer gendre idéal – ce qui pouvait sembler paradoxal, aux vues de son idée initiale. Néanmoins, cela lui laissait une porte de sortie ; lorsqu'ils annonceront qu'ils ne pouvaient se marier ensemble, Haruto pouvait toujours assurer à sa mère qu'il avait fait tous les efforts possibles, comme elle avait pu le constater lors des présentations officielles. Haruka n'apprendrait jamais le contenu de la conversation qui se tiendrait entre les deux jeunes gens. C'était important, Yurina devait être de son côté ! Ce fut pourquoi il se montra parfaitement charmant, un vrai gentleman. D'abord l'amadouer, puis lui faire comprendre par sous-entendus qu'elle ne pouvait l'épouser. Elle était jeune ! Promise à un avenir de star ! Pourquoi s'enchaîner dans un mariage dont elle ne voulait sûrement pas non plus, avec un ennuyeux psychiatre ? Le tout était de la convaincre qu'elle en était elle-même arriver à cette conclusion.

Yurina semblait être le modèle typique de la jeune fille de bonne famille, bien élevée, charmante, polie. Les gestes en toute timidité, un débit de voix modérée et charmant. Une candeur dans les yeux, et ses pommettes rougissantes dévoilaient sans mal son inexpérience dans le domaine de la romance – pour être châtié. Bien entendu, ça ne regardait pas Haruto, et surtout, ça ne l'intéressait pas. Il voulait à tout prix mettre fin à cette rencontre, sans pour autant avoir l'air d'être pressé de retrouver son appartement, et l'amour de sa vie qui l'y attendait, leur bébé sur les genoux. Bon, sûrement que Ji Hoon travaillait encore et que le bichon dormait paisiblement dans son panier. Mais rien que de penser à eux, le Japonais sentit son cœur se serrer doucement, se réchauffant en s'imaginant les retrouver et plaisanter sur ce rendez-vous. Il avait tellement hâte !

Souriant poliment lorsqu'elle lui confirma ses observation, Haruto hocha simplement la tête dans un geste compréhensif. Il ne la jugerait pas là-dessus, bien évidemment. C'était même plus simple, si elle n'y connaissait rien. Elle ne pourrait comparer son comportement à celui d'un prédécesseur, puisqu'il n'y en avait pas eu. Très bien ! Affichant un sourire aimable lorsqu'elle lui accorda une certaine familiarité, Haruto opina du chef. « Haruto me convient aussi, si tu préfères. » Il voulait vite en finir avec les banalités et entrer très vite dans le cœur du sujet. Il espérait tout de même que Yurina n'attendait pas grand chose de cette rencontre, qu'un autre garçon faisait déjà battre son cœur. Pourtant, aussi étrange que cela parut, le psychiatre qu'il était avait du mal à analyser avec exactitude l'attitude de la jeune femme assise face à lui. Elle agissait tout en retenue, mais de façon peut-être un peu trop parfaite. Non, voyons. Il devenait paranoïaque. D'un sourire affable, il l'incita à continuer, à parler. Peut-être que cela l'aiderait à mieux la cerner.

Effectivement, Yurina paraissait avoir compris ; Haruto ne souhaitait pas être là. Etre coincé ici, elle n'aurait pas pu trouver meilleure formulation. Contre son gré, elle avait deviné. Un sourire navré vrilla le coin de ses lèvres, il ne pouvait la contredire, préférant avoir l'air de celui que ne voulait pas l'interrompre. Un petit soulagement lâcha un poids de son cœur ; ce fut Yurina qui parla la première de son âge ! Le voilà dans la bonne direction ! Et Haruto ne put contrôler ce sourire qui éclaira ses traits, lorsqu'elle mentionna ses charmes. Oui, il avait quelqu'un. Le plus formidable des Coréens ! Ji Hoon et lui formaient un merveilleux couple. Elle ne voulait pas briser cela, n'est-ce pas ? Cependant, Haruto se garda de le dire de cette manière. Si Yurina parlait à sa mère, et madame Daimon à Haruka, il aurait sans douter des comptes à rendre ! Joignant les mains sur la table, ses doigts jouèrent entre eux. Le silence signifiait-il qu'il validait ses propos ? Qu'en conclurait-elle ? Néanmoins, avant qu'il n'ait pu prendre la moindre décision, la jeune femme enchaîna, et ses mots firent automatiquement relever le regard de Haruto sur elle.

Un rire nerveux lui échappa malgré lui. « Voyons, Yurina-chan, tu es encore jeune... » Non, stop. Hors de question de céder à la panique. Peut-être avait-il crié victoire un peu trop vite, soit. Mais ça ne voulait pas dire que tout était perdu ! Face à son sourire, Haruto se retrouva un peu décontenancé. Il devait se reprendre, remettre ses idées en place. Il n'avait pas le temps de s'apitoyer sur le sort de l'héritière ! « Bien évidemment que tu ne peux pas tourner le dos à ta famille. » Un goût amer glissa péniblement dans sa gorge. Parlait-il vraiment à Yurina ? « Mais c'est ton bonheur qui compte avant tout, non ? » Ne se parlait-il pas à lui-même ? Après une hésitation, Haruto tendit la main par-dessus la table, et ses doigts cherchèrent à serrer ceux de la jeune femme entre les siens. Sa jambe commençait à être secouée de spasmes nerveux qu'il avait de plus en plus de mal à contrôler. Dire que leur conversation débutait à peine ! Et son plan, alors ? Récupérant sa main, Haruto s'appuya des deux coudes sur la table, amenant ses mains devant sa bouche, comme en proie à une intense réflexion. « Yurina-chan... Il ne faut pas te précipiter juste parce que ta famille compte sur toi. » Pourquoi ne pouvait-il pas entendre ces mots pour lui ? Laissant doucement retomber ses mains, il lui sourit. « As-tu vraiment envie de te marier ? » C'était soi-disant le rêve de toutes les petites filles, un beau mariage de princesse. Mais Haruto espérait qu'elles aspiraient tout de même en majorité à quelque chose de mieux. « J'ai lu que tu étais trainee à Eita ? Tu souhaites devenir chanteuse ? » S'intéresser à ses désirs, et lui faire comprendre qu'elle devait s'affirmer. Il y arriverait. Hors de question qu'il perde la partie !

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     Dim 23 Juil - 23:04
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YURINA & HARUTO


Yurina n’avait jamais nourri grand espoir quant à son futur mari, rien d’autre que ce qu’on attendait d’elle : se plier à un mariage stratégique. Qu’elle apprécie, estime ou même tolère l’homme dont elle porterait le nom n’avait jamais été un élément pertinent dans l’équation et aux vues de ses occupations récentes, ce n’était pas non plus un facteur décisif quand venait le temps d’écarter les cuisses. Vu de cet angle-là, elle pouvait très bien se marier à un parfait imbécile sans sourciller, tant et aussi longtemps qu’il donnait l’image d’un prince charmant au grand public. C’est donc avec une indifférence glaciale qu’elle s’était résignée : si c’était la volonté de ses parents, le crétin à son bras, ça serait Kamiya Haruto. D’autant plus qu’il avait un pédigrée parfait, une famille exemplaire, des traits harmonieux et… quoi qu’il semble se formaliser des six années qui les séparaient, il était jeune. Daimon Saito avait considéré des prospects frôlant la quarantaine comme gendre… Elle avait de la chance qu’il ait encore des cheveux! La jeune chanteuse avait pris son air le plus bouleversé, le plus vulnérable, deux émotions qu’elle feignait à la perfection, en lui exposant avec une voix troublée, les soucis qu’étaient les siens… les leurs. C’était une tactique militaire, que de lui faire croire qu’elle croulait sous les mêmes ennemis… jouer sur sa compassion plutôt que sur les menaces.

Le poignarder ou ça faisait mal, s’immiscer, trouver ses failles, et lui porter le coup fatal. Elle en ferait son pantin, il n’est pas dit qu’elle ne tirerait pas les ficelles dans sa propre union! Et dieu sait qu’elle excellait, à dénicher les points faibles de ses interlocuteurs… Prenons ce cher docteur grandes oreilles…. il avait beau conserver un silence buté – ou poli, alors qu’elle lui exposait avec cette fausse candeur la situation dans laquelle elle se trouvait, son non-verbal le trahissait. Elle avait visé juste… ce sourire naïf, elle l’avait pris comme une confirmation de ce qu’elle avançait : il cachait forcément une petite amie à ses parents… et visiblement, une sotte que le clan Kamiya n’aurait pas approuvé …sinon il ne serait pas assis là… si? Sous l’air contrit, compatissant qu’elle affichait, Yurina jubilait. Elle le tenait, elle allait le briser, le torde, en faire son jouet personnel et tout cela en prenant cet air contrits comme si vraiment, elle avait sa joie à cœur. Alors qu’elle observait son visage harmonieux, elle ne put s’empêcher de se réjouir – sans rien ne laisser la trahir – du fait qu’il serait misérable. Savoir qu’elle avait entre ses mains la possibilité d’écraser ses rêves avait quelque chose de jouissif… comme si c’était le seul libre arbitre qu’elle ait … … C’était mal, ô si mal … mais tellement divertissant!

Seulement voilà, cet abruti avait eu la brillante idée de tenter de la sauver… comme si c’était vraiment possible, comme si elle avait vraiment son mot à dire! Le rire nerveux qu’elle avait arraché au jeune médecin lui donna envie de crier victoire : ça y était, elle pouvait le sentir craquer, sa résolution de dissoudre, à la fin de cette rencontre, elle aurait exactement ce qu’elle désirait : une promesse de mariage avec le frère ainé de deux de ses idoles! En prime? Elle y gagnerait un futur mari pas trop moche… une excellente promesse génétique pour sa descendance. Et pourtant, plutôt que de se réjouir, ou de l’écraser définitivement, elle s’était contenté de le fixer avec un air de réel trouble, avec de grands yeux embués de larmes, avec cet air tellement perdu, tellement navré, qui contrastait à merveille avec l’allégresse qui l’avait envahie. Sauf que ça… s’était sans compter la profession de son cher et tendre.

Il était psychiatre non? C’est probablement cet élément qu’elle aurait dû considérer avant de l’écouter… de l’écouter vraiment, remettre en question la seule réalité qu’elle connaissait : obéir. Yurina s’était figée une fraction de seconde, même, sa respiration s’était faite plus rapide, plus saccadée, comme si son être entier  se butait, luttait contre le choix qu’il lui offrait. D’une voix faible, ahurie, totalement incrédule aux mots qu’il avait employé, elle avait répété comme si ce fut une menace, un mirage, une manifestation de la plus grande folie : « … mon propre bonheur? ». Quel concept stupide... Elle haïssait que ça la ramène aux avances et à l’air d’abruti que son Naoto domestiqué affichait, elle le nierait jusqu’à la tombe…Elle ne pouvait pas préférer les mains de ce porc à un médecin si présentable… si? Bah… son esclave avait le mérite de faire cela gratuitement. Ses iris s’étaient accrochés au visage du médecin, une fraction de seconde, une craque dans son masque de résolution, dans cette vie entière de dévotion aux souhaits parentaux. Est-ce qu’il tentait vraiment de dire qu’elle avait le choix? Quel odieux mensonge, quelle déformation abjecte… elle n’était pas stupide à ce point, pas une miette… et pourtant. Elle l’avait laissé glisser ses doigts entre les siens, les serrer, osant même s’offrir la faiblesse d’y trouver du réconfort, de lui rendre cette étreinte. Elle était aussi prisonnière de cet arrangement que lui, ça avait le mérite d’être la seule vérité dite ce jour-là... Ça devait être si facile, de penser qu’on avait un mot à dire. De croire qu’il y avait plus d’une fin au récit… Les doigts qui avaient serrés ceux de son vis-à-vis s’étaient retirés, furtivement, et elle avait posé cette main contre son propre cœur, la couvrant de sa jumelle comme si le contact l’avait brulé. Et c’était certainement le cas.

Elle avait reposé ses prunelles sombres sur la table, soupirant avec un ton de condamnée à mort. « … c’est un très beau concept… qui m’en malheureusement inconnu. », la lourdeur qui l’accablait avait le mérite de ne pas être feinte. Ce qu’elle voulait, son bonheur, ce qui lui apportait de la joie, elle n’en avait aucune idée. Yurina n’avait jamais eu son mot à dire sur quoi que ce soit, son existence était une pièce de théâtre dont on lui imposait le rôle… « … et je doute qu’il soit compatible avec ce que ma famille désire… alors m’y attarder serait précisément leur tourner le dos j’en ai peur…   ». Ses lèves s’étaient étirées dans un sourire triste. Il avait l’air si nerveux, si vulnérable. Elle l’aurait voulu plus misérable. Là, maintenant, elle haïssait cet homme avec une telle intensité que ça l’effrayait presque. Comment osait-il lui poser ce genre de question? Elle avait assez de notions en manipulation 101 pour déceler son intention, pour remarquer qu’il tentait de lui faire porter l’odieux de l’échec. Il ne voulait pas être ici, il ne voulait pas de cet engagement… et il tentait de lui faire prendre le blâme.

Hors de question! Son visage s’était fait plus bouleversé encore, s’il y avait un point sur lequel elle n’avait pas besoin de mentir, c’était celui-là : elle ne serait pas sa porte de sortie. Elle craignait bien trop la fureur paternelle si elle devait avoir attendu vingt ans pour se découvrir un libre arbitre. Délicatement, ses mais s’étaient jointes autour d’un verre d’eau posé devant elle par un des serveurs et elle avait soupiré, cherchant ses mots alors qu’il la bombardait de questions auxquelles elle n’avait pas de réponse. Si elle voulait se marier… oui… avec lui? La bonne réponse était également affirmative… Pour le reste… « … Oui. » ne lui avait-on pas enfoncé dans le crâne que c’était la seule réponse? « … je veux dire oui, je voudras devenir une idole, tant que mes parents l’encouragerons. Et oui, je voudrais me marier… » … un jour… avec quelqu’un qui ne serait pas payé pour avoir envie de passer ses mains sur elle. C’était un souhait dangereux. Elle avait pris une grande inspiration. « … Haruto … » minable petit Haruto, elle voulait lui crever les yeux mais elle avait décidé d’opter pour un sourire navré, et un coup de poignard. « … il faut que tu comprennes que je n’ai pas le luxe d’avoir une carrière, tout ce que je possède appartient à mon père… alors le fait que ma famille compte sur moi … c’est vraiment la seule chose qui compte. » … elle avait fixé la table, comme si elle était gênée de le jeter sous un bus. « … ce mariage… j’avais déjà accepté avant d’être assise ici… »

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