I shall live and die at my post | # | YURINA&GABRIEL

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     Mar 11 Juil - 17:50

I shall live and die at my post

J’enfonce les mains dans les profondeurs des poches de mon jean skinny troué, un large sourire éclairant mon visage alors que je traverse lentement mais sûrement les différents étages de l’agence. Je suis un homme trop bon : j’abandonne mon dortoir, le lit d’amour à qui j’ai promis fidélité et lune de miel, pour rejoindre une jeune âme en peine qui ne doit rien attendre de plus que voir le dieu vivant Choi Gabriel devant elle. Réalise-t-elle sa chance ? Avoir des conseils, l’aide d’un homme aussi talentueux ? Je suis un meme vivant, une icône. La personne dont tout le monde entend parler, même lorsqu’on ne m’aime pas. N’est-ce pas la vérité ? Évidemment qu’on a demandé mon soutien.

J’arrive enfin à hauteur de la porte de la salle que je sais déjà vide. Personne n’y vient. Vraiment personne. À se demander pourquoi, d’ailleurs. Un rire franchit mes lèvres et je pousse du plat de ma paume la paroi de bois qui me sépare de cet antre de tranquillité avant de découvrir… Désignation profondément poétique pour ...

« Un débarras ? »

Bon, ce n’est pas tout à fait ce que j’imaginais. J’aurais plutôt imaginé une salle sur demande, un endroit vaste, tranquille, où personne ne vient jamais. Je doute que le concierge y passe beaucoup de temps. Dépliant une chaise qui se trouve dans un coin, je m’installe tranquillement et hausse les épaules en levant les yeux vers la porte. Ma pouliche – un petit surnom magnifique que j’ai bien décidé de lui attribuer – ne doit plus tarder à arriver. Je ferai d’elle la meilleure de sa catégorie ! Plus resplendissante qu’Erena ! Plus intelligente qu’Haru… Haru… J’ai oublié son prénom ! Plus belle qu’Asuka ! Ils me pensent incapable de tout ça, mais ces idiots ne font que nier la vérité.

Quand se profile enfin devant moi la silhouette de la future idole, je souris de toutes mes dents, prêt à passer à l’action et à lui faire profiter de toutes mes connaissances. Mais avant, une réprimande s’impose. « Il était temps ! J’ai cru que j’allais mourir ici. » Entouré d’araignées et de poussières qui veulent me dévorer. Nan, je plaisante, je sais bien que les poussières n’ont jamais mangé personne. Me prenez pas pour un con.

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     Mar 11 Juil - 19:40
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Il y a trois semaines, Yurina avait été contrainte de demeurer allongée dans son lit après qu’une chute de pression, causée très certainement par la sous-alimentation à laquelle la contraignait son géniteur, ait eu raison de ses réserves d’énergie. Elle aurait pu s’apitoyer, se plaindre ou, de façon plus réaliste, profiter de cette pause imprévue mais non. Oh que non! Comme toutes les autres fois ou une telle chose était arrivée, son géniteur croulait sous la culpabilité et, histoire d’alléger sa conscience et son portefeuille, elle avait listé les éléments qui pourraient acheter son pardon : un entraineur privé en chant et en danse. Et pas n’importe qui! Elle voulait quelqu’un de célèbre, quelqu’un de bon, quelqu’un de qui elle pourrait vraiment apprendre ! Elle voulait un tel guru de la célébrité qu’il en ferait quelqu’un de plus chaude et adorable qu’Erena, de plus brillante et souriante qu’Haruno et de plus attachante que Maiko! Quelqu’un qui l’aiderait à elle seule à écrabouiller les Hanabi et à en faire une star… Mais qui?

Son état ne lui avait pas permis de faire de demandes trop précises, c’était toujours comme ça avec son père, suggérer, et attendre qu’il use de ses contacts et de ses sous pour exaucer ses désirs! Ce n’est que trois semaine plus tard que Daimon Saito fit la surprise de téléphoner à sa progéniture pour lui annoncer qu’elle aurait sa première session de cours aujourd’hui même, dans un des local de l’Agence. Un local dont elle ignorait l’existence mais après tout, elle n’y passait pas beaucoup de temps… Ses salles de danses maison étaient mieux équipées et plus calmes pour pratiquer. Euphorique à l’idée de rencontrer l’acquisition paternelle – au point ou allait leur groupe, il pourrait peut-être lui avoir un KAT-TUN en perdition, Yurina avait enfilé sa tenue de dance la plus ajustée – et avec le soutif le plus remonté envisageable, histoire de donner à son sauveur une vue d’ensemble sur ce avec quoi il travaillait.

Attrapant son sac de sport, elle avait entrepris de trouver ce qu’elle imaginait être tout sauf… « Un débarras? » un de ses sourcils s’était haussé alors qu’elle poussait la porte, réprimait un rictus de dégout devant l’état des lieux. Est-ce que son père lui avait menti et envisageait de la faire tuer? Parce que clairement dans cette pièce, personne ne trouverait jamais son corps! C’était plausible… elle avait peut-être poussé le bouchon trop loin… Elle en était à cette analyse lorsqu’une voix la tira de ses rêveries. Et là, là tendre brebis, son regard se posa sur…. OH MON DIEU. Oui, elle connaissait les F!GHTERS, et OUI, Choi était son favori! Contenant à peine son excitation, elle avait pénétré dans la pièce et ajouté un : « Choi Gabriel! J’y crois pas! Il m’a acheté Choi Gabriel! » Certaines filles ont des pouliches, des chiots, elle, elle avait un modèle parfait d’américain!

Elle du rapidement se contraindre à son masque de calme et le saluer d’un sourire des plus doux, imaginant mentalement tout ce qu’elle aimerait faire avec son animal domestique. Pourrait-elle lui acheter des colliers agencés à ses sacs à main? Allait-elle devoir l’amener prendre des marches… Le mieux, ça serait de le faire castrer tout de suite… Euh Yurina… il est là pour t’entrainer, pas pour donner la patte…. Zut. « J’attends rien de mieux que la perfection! On s’entend tu dois m’apprendre à être aussi grandiose! Tu crois qu’on a une bonne base chef? » sur ces dires, elle avait refermé la porte et pivoté sur elle-même, qu’il admire l’état de l’œuvre d’art qu’il devait remettre à neuf.

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     Mer 12 Juil - 3:16

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Sans vouloir me vanter, je me trouve plutôt bon dans ce que je fais. Poser pour les photographes, faire hurler les fans. Faire parler de moi, aussi. J’ai toujours possédé un don pour me faire remarquer, même si certains idiots n’ont pas vraiment l’air d’accepter cette idée. Pas étonnant : ils ne sont pas moi. Ils ne réalisent pas que si j’en avais vraiment envie, je pourrais conquérir le monde à moi seul, être plus populaire que cet idiot coréen à la grande gueule. C’était quoi son nom déjà ? Ah oui ! Byun Baekhyun. Pauvre petite créature sans défense qui n’a même pas idée de l’arrivée de la déferlante Choi Gabriel. Lui et ses kékés des plages peuvent ranger leurs belles gueules.

Dans le fond, je comprends pourquoi les producteurs m’ont donné un rôle aussi peu significatif dans le groupe. Trop de lumière, trop de beauté. Pika pika, tout le tralala. Ils pensaient sûrement sur mon talent ferait de l’ombre à mes collègues, que je leur volerais une place de choix. Comme si j’étais aussi égoïste. Moi, l’ange Gabriel. Moi, l’homme qui souhaitait propulser les Fighters sur le début de la scène et obtenir la reconnaissance que je mérite depuis des années ! Ces gens sont aveugles à ma bonté. Le manque d’habitude, sûrement.

Le seul problème, c’était de trouver un local convenable pour notre petite réunion improvisée. Un endroit discret, m’a-t’on dit… Ne venez pas me dire qu’un débarras est l’endroit le plus visible du monde ! Je suis plutôt fier de cette petite idée, d’ailleurs. À voir ce que sa majesté en pensera, puisque c’est à elle que je me dois de communiquer mon incroyable savoir. Elle n’a même pas idée de tout ce qu’elle va pouvoir apprendre en ma compagnie. Vraiment. Elle vit peut-être dans un autre monde, elle aussi ? Ces gens m’intrigueront toujours.

Son exclamation me fait sourire jusqu’aux oreilles et je m’empresse de mimer une petite révérence. Ma main fait de petits cercles dans l’air. « Le seul, l’unique. C’est bon d’être apprécié par le petit peuple. Les araignées n’ont qu’à se tenir tranquilles maintenant que ma gloire est reconnue. Was ‘bout time, comme on dit.

En tout cas, cette fille a un sourire chelou. C’est tout ce qui me passe par l’esprit quand je vois le charmant visage de mademoiselle Daimon. Franchement, j’ai vu mieux comme idoles. J’ai vu pire aussi, bien pire, mais on voit clairement que je ne suis pas le chargé de sélection de cette agence. À part Maiko… On n’en verrait pas beaucoup, hein. Mais bien sûr, on ne demande pas mon avis pour ça non plus. Qui ça intéresse, hm ? Je ne comprends pas comment on peut être aussi peu doué en marketing. En étant une gonze sûrement. Mariko, vous me décevez profondément.

Mais qu’importe son physique, ma tâche est plus importante. Je dois lui prouver qu’elle peut surclasser les autres et, pour ça, rien de mieux que la confiance, pas vrai ? Je lui adresse mon plus beau sourire, hochant la tête vivement. « Clairement, clairement. On va pouvoir faire du bon boulot ! » Mais par où commencer ? Je regarde autour de nous et commence à dégager un espace vide afin qu’on puisse se déplacer sans tomber, sursautant au bruit d’un morceau de décor qui se brise sur le sol, juste avant de hausser les épaules. Tant pis. Ça n’avait qu’à pas traîner. Cela fait, je me tourne vers elle, frottant mes mains l’une contre l’autre pour en retirer la poussière. « Alors petite colombe, quel est ton problème ? »

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     Mer 12 Juil - 10:17
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Si elle avait été n’importe qui d’autre, elle se serait probablement sentie insultée que son père juge pertinent de lui trouver un coach personnalisé alors que les autres trainee ne pouvaient compter que sur elle-même… quelle impitoyable façon de lui faire sentir, une fois encore, qu’elle n’était pas à la hauteur. Mais Yurina aurait bien été incapable de nourrir la moindre rancune face à son géniteur, ce qu’il disait était pratiquement parole d’évangile, alors s’il pensait du plus profond de son cœur qu’elle avait besoin de cours privé, elle allait obéir. Et puis… au mieux, ça lui donnerait une longueur d’avance, une piste de solution pour écrabouiller le reste. Parce que c’était impensable qu’elle n’ait qu’un second rôle dans SUPERNOVA. Elle méritait plus, beaucoup plus, ces idiotes qui se permettaient de lui voler son moment de gloire n’avaient qu’à bien se tenir. Même sans être la leader ou la danseuse principale, elle ne pourrait qu’éblouir les foules et rendre invisibles ses congénères! Le talent pur était si mal exploité à l’Agence, ça devait être la jalousie de Mariko qui prenait le dessus, mettre les moche en avant plan pour ternir les dieu vivants!

Parlant de mauvais traitement fait aux perfections de ce monde, l’idole qui se tenait devant elle en était le parfait exemple! Choi Gabriel! De tous les cadeaux qu’elle aurait pu demander, il était de loin son premier choix! Il suffisait de voir combien sa beauté surpassait le reste de son groupe! Il devait la comprendre lui, la douleur de la supériorité! Devant la révérence de son vis-à-vis, elle n’avait pu s’empêcher de dissimuler sa bouche de ses mains dans un « squee » digne de la plus grande fangirl. Et Fan, elle l’était, autant dire qu’elle avait hurlé son prénom à s’en tuer les cordes vocales la dernière fois que les F!GHTERS s’étaient produits en public! Hors de question qu’elle lui dire, mais l’enthousiasme qu’elle avait devant son nouvel enseignant la trahissait… « C’est le plus beau jour de ma vie. » Il était définitivement son favori et de l’avoir là, devant elle, c’était comme un rêve devenu réalité. Papa Daimon ne s’était pas trompé en lui sélectionnant cet homme-là comme guru! Elle s’était empressée de fermer la porte et de se planter devant lui, plus qu’excitée d’apprendre de la légende qu’était son professeur privé.

Il n’était toutefois pas question qu’elle lève le petit doigt pour déplacer quelque chose de sal. Il était payé pour ça, alors elle le regarda leur faire un petit coin parmi les araignées. Il était serviable. C’était bien. Elle ne s’attendait pas moins de sa nouvelle possession. Parce que oui, s’il était généreusement financé pour ses conseils, elle pouvait se permettre des écarts de conduite… L’espace d’un instant, elle avait même sourit, en se faisant la réflexion mentale que tous ces abrutis qui la sous-estimaient seraient verts de jalousie en voyant avec qui elle trainait. Peut-être même que de s’afficher en publique avec cette star divine aiderait sa réputation… Ou pas. Une moue boudeuse avait pris place sur ses traits alors qu’il allait droit au but.

« En fait… » elle avait toujours besoin d’un moment de réflexion avant de parler, avant de donner son opinion. Comme si elle jonglait avec ce qu’elle pouvait verbaliser ou non, comme si elle était incrédule d’avoir droit à la parole. C’était après tout, quelque chose d’inconnu pour elle que le libre choix. Elle avait posé une main sur sa hanche en semblant réfléchir puis, elle avait décidé de tenter le tout pour le tout en expliquant la situation comme elle avait choisis de la voir : « Je suis maudite par l’absolu talent, et le petit peuple me jalouse... Et cette idiote d’Eita-san s’imagine qu’elle peut se débarrasser de moi en me mettant au second plan. C’est inacceptable! » oh oui, elle l’avait encore en travers de la gorge cette nouvelle-là. Elle travaillait tellement, tellement fort pour une opportunité minable… elle avait tapé du pied en soupirant. « Je veux apprendre à les écraser tous, à être hors de tout doute la meilleur, la plus chaudasse, la plus talentueuse, je veux que ce maudit groupe où on m’a mis ait l’air d’être mes backdanser personnel. » … elle avait finalement tiré son plus tendre sourire en concluant d’un : « Comme toi quoi. Je veux qu’on me considère à part, ton groupe devrait s’appeler Gabriel et ses F!ghter. »

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     Mer 12 Juil - 14:54

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Le plus beau jour de sa vie ? Ces mots résonnent, tintent à mes oreilles comme la plus douce des mélodies qu’il m’ait été donné d’entendre. Plus douce que la voix d’Ana, plus douce que le manqué de respect d’Erena. Plus douce que l’amitié de Maiko le jour où elle m’a si sauvagement laissé tomber des escaliers de cette attraction à Disney. Si c’est le plus beau jour de sa vie, j’espère que sa vie a été merveilleuse jusqu’à aujourd’hui, pleine de licornes et de joyaux resplendissants. Je n’ai pas envie de surclasser une vie lamentablement menée. Mais évidemment : Yurina est riche. Comment pourrait-elle avoir connu une vie malheureuse ?

C’est quand même drôle, ce genre d’inégalités. Ma famille, en Amérique, a du mal à nouer les deux bouts. Mon père s’en plaint tout le temps, surtout depuis que je suis parti au Japon. Il prétend que je leur coute énormément d’argent, qu’il serait temps que je devienne indépendant. J’ai déménagé, je vis à des kilomètres de ma terre natale… Ne devrait-ce pas être l’inverse ? Une bouche de moins à nourrir, de l’eau et de l’électricité à payer… Mon père a toujours adoré râler pour rien. Reste que pendant ce temps, d’autres se la coulent douce, signent quelques papiers et ramènent de l’or en barre. C’est clair que c’est pas eux qui vont en chier avec les protections sociales. On se demande pas pourquoi une bande d’abrutis a voté pour un mec qui souhaite faire disparaître l’Obamacare. Et construire des murs, ouais. Comme quoi Bob le bricoleur a été mal représenté depuis des années.

« C’est un plaisir pour moi aussi. » Jeune inconnue. Jeune fille sans aucune popularité qui n’attend qu’un tremplin pour s’élancer. Je pourrais lui donner tant et tant de qualificatifs que j’hésite sur lequel choisir. D’un autre côté, elle n’a pas l’air si particulière. Je veux dire, elle est plutôt banale, avec ses dents bizarres et son corps parfaitement plat ? Je mens, elle reste mieux que certaines filles que j’ai déjà pu croiser depuis mon arrivée au Japon, mais quand même ! Je lui offre un sourire quasi-rectangulaire, laissant derrière moi les pensées qui viennent de me traverser l’esprit pour me redresser et regarder autour de nous, prêt à en découdre avec cette pièce poussiéreuse et arachnofère.

Et là, j’attends. J’attends longtemps. Trop longtemps. Vous n’imaginez pas à quel point quelques secondes peuvent paraître éternelles pour une personne aussi énergique et rapide que moi. Elle a bien une idée de ce qui ne va pas, pas vrai ? Je l’écoute avec intérêt – ou du moins, j’essaie de le lui laisser penser, puisqu’elle doit être plus intéressée que moi par cette conversation – et à mesure qu’elle parle, je commence à réaliser que nous possédons en effet quelques points communs. Des points communs non négligeables.

Bon, je n’irais pas jusqu’à dire qu’elle a raison sur toute la ligne. On sait tous que personne ne m’arrive à la cheville et qu’il est difficile de faire mieux que moi. Genre, je suis sûr que certaines personnes hurleraient que c’est mignon si je venais à éternuer en public. Reste que Yurina semble avoir à faire au même problème que moi : le manque de reconnaissance de son talent. Mon petit cœur se serre à l’entente de son explication et mon expression suit, mes lèvres légèrement pincées, tordues en une petite moue désolée alors que je lui adresse le regard le plus concerné du monde. Inacceptable, comme elle dit.

«  Tu t’es adressée à la bonne personne alors, ma colombe. » Mon sourire se fait plus espiègle et je lui adresse un clin d’œil, prenant appui sur la pointe d’un pied, le plat de l’autre, un bras tendu vers le ciel et l’autre main appuyée sur ma taille. «  Je vais faire de toi une super star ! » Je m’étonne encore de ne pas être devenu acteur. Même Aladdin n’y verrait vu que du feu. « Déjà, il faut que tu saches que tu écrases pas mal des Madame Parfaite qui peuplent ces bois. » Je glisse une main sous mon menton, faisant le tour de la trainee pour inspecter la marchandise. « Après, ils sont plutôt têtus dans cette agence. Du genre à mettre au second plan les personnes qui ont trop de talent. » reprends-je en un soupir, les mains enfoncées dans les poches de mon jean, tripotant une pièce que j’y ai abandonnée plus tôt. «  Je crois que tu devrais t‘imposer plus. Faire comme moi, un peu. T’assurer que tout le monde te voit, tout le temps. Sans aucun répit. Tu vois ?» Ouais, c’est pas évident, mais je suis sûr qu’elle peut le faire.

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     Ven 14 Juil - 10:42
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Notre demoiselle hurlerait le contraire jusqu’à sa tombe, étant désormais beaucoup trop enveloppée dans son image de princesse choyée par son paternel, mais parfois la façon qu’avait son père de lui faire plaisir, de l’apprécier lui faisait peur. Souvent, elle était tout bonnement tétanisée devant la perspective qu’il ne serait jamais satisfait de ses efforts, de ses accomplissements, et qu’il ne savait l’apprécier que de deux façon : en la couvrant de cadeau, et en contrôlant la moindre parcelle de son existence comme si elle n’était rien de plus qu’un animal prisé qu’il allait exhiber dans un concours canin. Puis, à force de s’enfoncer dans le déni, elle s’était convaincue que, tant et aussi longtemps qu’il savait se montrer aussi généreux dans ses présents qu’il était dur dans ses ordres, elle pouvait s’y contraindre. Aujourd’hui était donc jour de joie, parce qu’il s’était surpassé, parce que plutôt que de lui acheter un sac à main griffé, il avait mis sous son nez, à sa portée, une des plus grandes Star de l’heure!

Bon, certains dirons que le jeune Choi était un brin exubérant, un peu trop présent, un peu trop imbu de lui-même mais elle, elle ne voyait que les qualités chez son ainé! Il avait percé avec ces petits défauts, il avait atteint la gloire et elle ne manquait pas une occasion de pousser des cris de groupie finie devant son écran en suivant attentivement tous ses commentaires au casting de l’Agence! Il était parfait, tout bonnement parfait! Et il semblait penser qu’il y avait de l’espoir pour elle, qu’elle n’était pas si moche! Son petit cœur en était toute chose, elle avait même rougis un instant en posant ses mains sur ses joues avant de lui sourire, ravie. « C’est vrai? Venant de lui, c’était tout un art. Après tout, il se voyait dans le miroir chaque matin, ses standards de beauté étaient surement élevés! « Je veux travailler fort et me montrer digne d’être aperçus dans la même ville que toi ! » OH MON DIEU. Elle pouvait mourir en paix, Choi Gabriel ne la trouvait pas immonde! Elle frôlait l’arrêt cardiaque.

Le seul hic? Il lui posait des questions directes, voulait son avis. Elle n’avait pas été programmée pour ça! Au contraire même, elle avait presque fait un shut down mental en tentant de contrôler la panique qu’une telle question suscitait en elle. Chez elle, s’exprimer était source de réprimande, son père avait été très clair : elle devait être mignonne, prisée, riche et ne pas dire un mot plus haut que l’autre. Une simple breloque en soi, une coquille vide! Mais c’était hors de question. Et peut-être était-ce l’aura de pouvoir qui entourait son idole, sa physionomie de dieu grec (ahem) ou la plus sournoise attitude non menaçant du fiasco en sport de chambre (elle vivait dans le déni mais ce genre de chose, ça se sens!) toujours est-il que Yurina avait l’impression de pouvoir parler en toute liberté avec lui. De pouvoir lui dire, ces mots qu’elle refoulait, ses ambitions, ses aspirations… et qu’il n’allait pas les lui refuser.

Aussi, au fil des mots, elle prenait de l’assurance, et de le voir si sérieux, dans cette pose de superhéros, elle avait retrouvé contenance et lui avait tiré un de ses plus beaux sourires. « Je m’en doute que je suis mignonne. Mais je ne veux pas juste les écraser avec mon joli minois, je veux qu’elles aient l’air de nullité absolue en comparaison! Je veux les rendre invisibles. » … Vraiment, elle était humble? Pas du tout. Elle avait beaucoup en commun avec son coach finalement! Écoutant ses paroles comme s’il était le nouveau leader de la secte à laquelle elle sacrifierait son âme, elle savait posé son index sur ses lèvres, en profonde réflexion, marmonnant un : « … Plus de visibilité… Hmmm. » … elle voyait son point. Mais comment? Gabriel était une étoile filante à lui seul, il n’avait besoin de rien faire pour se faire remarquer, il était si parfait, si beau, si talentueux… elle n’avait pas des gênes Choi, ça allait être plus complexe. Relevant son minois vers lui, elle avait demandé, en penchant la tête réellement embêtée. « Et je fais ça comment? Je ne peux quand même pas les pousser en bas de la scène… si? » … Non? Elle en rêverait d’envie par contre… « Ou alors je montre plus de peau? J’ai assez de buste tu penses? » vas-y championne, lui pointer tes seins refaits c’est une bonne idée! Et tu pourras aller demander l’avis de Naoto après coup… un second opinion! Idiote. Elle avait finalement conclus le brain storming d’un : « Peux-être qu’il me faudrait un twitter, y raconter des trucs géniaux, comme le tien…. Tu m’apprendras? Tu sais que je « like » tous tes tweet? » … et que tu pers une neurone par clic.

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